Peau neuve mais feeling old-school
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Rock'N'Balls Interview
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"Peau neuve mais feeling old-school"

Entretien avec Roger « Infernus » Tiegs (guitare, composition)
Interview, traduction et édition par Mastema

 
Le cauchemar légal enfin terminé, Infernus se trouve à nouveau seul à la tête de Gorgoroth. Il avait promis à ses fans la sortie rapide d’un nouvel opus, et il a tenu promesse. Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt est un disque libre, honnête, inspiré et surtout old-school composé par le leader historique de la bande, bien entouré désormais par une brochette d’ex-membres et de grosses pointures de la scène extrême. C’est avec un Infernus libéré et manifestement heureux que son groupe ait retrouvé une seconde jeunesse que nous nous sommes entretenus. L’homme a, comme toujours, été à la hauteur de sa réputation : pas de langue de bois, pas d’ambition démesurée, pas de complaisance.

Mastema (Rock ‘n Balls) : Salut Infernus, comment vas-tu ? Te souviens-tu que nous avons eu une interview ensemble il y a de cela quelques mois ? C’est assez ironique car il y a environ un an, l’avenir était encore assez incertain, personne ne savait qui allait obtenir le droit de garder le nom « Gorgoroth ». Aujourd’hui, c’est du passé, tu as gagné, tu as un nouveau groupe et même un nouvel album ! Te sens-tu soulagé d’avoir passé cette épreuve ? Y repenses-tu souvent ?

Infernus : Salut à toi ! Je ne me suis jamais senti aussi bien, merci. Oui je me souviens de cette interview, mais également du fait que les choses n’étaient pas aussi incertaines que ce que tu affirmes. J’admets que j’étais encore quelque peu nerveux, car je voulais que tout se termine bien, même les plus infimes détails. Mais je n’étais plus incertain quant au problème principal. Oui j’ai gagné. Et bien sûr, je suis heureux de cela. Aujourd’hui, l’équilibre est revenu et nous avons adopté un rythme de croisière solide avec le line-up. Près de deux ans et demi se sont à présent écoulés depuis le remplacement des précédents chanteur et bassiste, et les choses sont rentrés dans l’ordre. Tout fonctionne très bien, aussi bien au niveau interpersonnel que professionnel. Comment je repense aux événements qui ont mené à cette situation ? Je crois m’en être expliqué clairement par le passé. A présent il est grand temps de regarder vers l’avenir, et de le faire avec fermeté.

M : Quantos… a partiellement été composé durant cette période orageuse avec King et Gaahl. A quel point ta colère et ta frustration ont-elles été injectées dans ce disque ?

Infernus : J’ai toujours ressenti des frustrations plus importantes que celles que m’ont causées ces deux types. Si je saisis bien le sens de ta question, alors non, je n’ai pas laissé toutes ces merdes de procédures légales et ce grand nettoyage effectué après leur première attaque influencer ma composition. Cela a affecté les parties cognitives de mon cerveau, ma raison, et cela m’a mené à m’occuper d’un certain nombre de choses en rapport avec le groupe. Mais il est évident que des affaires aussi futiles n’ont pas pénétré dans l’univers pour lequel je vis : créer de la musique, et le faire au nom de Satan.

M : Le line-up compte deux ex-membres et le style général de l’album est très old-school. Après cette série d’albums composés par King, ressentais-tu le besoin de retourner aux racines de Gorgoroth ?

Infernus : Je voulais composer un album. C’est aussi simple que ça, je pense. Je voulais composer un album dont je puisse être fier, qui me représente de la façon la plus authentique. De fait, je ne peux composer de la musique comme quelqu’un d’autre. Que ce processus me ramène aux racines de Gorgoroth ou ailleurs, je laisse les autres en juger.

Gorgoroth.

M : Certaines chansons ont été écrites il y a un certain temps, n’est-ce pas ? Quand as-tu démarré la composition et quel était ton but artistique, initialement ?

Infernus : J’ai commencé il n’y a pas si longtemps, en réalité : j’ai écrit à peu près la moitié de l’album durant l’hiver 2006-2007. Après, parallèlement aux répétitions avec Asklund [note : Tomas Asklund, batterie], j’ai continué à composer et j’ai terminé le boulot peu de temps avant le début des enregistrements, à l’été dernier. Je veux que cela soit clair : ceci n’est pas un concept-album. C’est juste un album de plus dans la série de disques que nous avons sortis depuis bientôt deux décennies maintenant, une série qui – si dieu le veut – se poursuivra encore dans les années qui viennent. Le choix du titre de l’album est né d’un certain besoin d’encore clarifier les choses pour tous ceux qui se seraient endormis ces dernières années. Il faut le considérer comme une déclaration et un engagement rappelant à tout le monde la raison pour laquelle nous faisons encore cette musique : convertir le plus possible de gens au royaume de Satan.

M : En fait, cet album est très mélodique. Beaucoup de gens ont tendance à oublier ce côté mélodique qui fait partie intégrante du black metal des premiers jours. Quelle place accordes-tu à la mélodie dans le black metal ?

Infernus : C’est évidemment quelque chose que j’aime. Il ne faut pas se limiter au cadre du black metal, mais considérer d’autres sous-genres du metal. Je prends par exemple beaucoup de plaisir à écouter des albums classiques de heavy metal de groupes comme Judas Priest, Accept et Yngwie Malmsteen. Des gens comme eux, qui ont contribué en grande partie à l’histoire de la musique metal, devraient recevoir leur lot de respect et de reconnaissance – voire même d’admiration – de tous ceux qui s’intéressent au phénomène black metal. Sans exception. C’est ma vision des choses, et honnêtement je n’en accepte aucune autre. Mais cela suscite une question : comment mesurer les niveaux de mélodicité d’un album ? Je choisis de ne pas spéculer sur ce genre de choses, même concernant Gorgoroth. Tant que les choses sonnent bien, c’est ainsi qu’elles doivent être. En tant que compositeur, c’est un impératif facile à respecter. Je n’ai besoin de rien d’autre.


« Il faut le considérer comme une déclaration et un engagement rappelant à tout le monde la raison pour laquelle nous faisons encore cette musique : convertir le plus possible de gens au royaume de Satan. » (Infernus, à propos de Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt)

M : Comment était-ce d’enregistrer à nouveau avec Pest après tant d’années ? L’ambiance était bonne en studio ?

Infernus : Ah, c’était génial ! Ca me manquait vraiment de travailler avec lui, et j’étais très excité de l’avoir à nouveau en studio. J’oserais même dire que l’ambiance en studio fut bonne du début à la fin, et c’était pourtant une longue session. J’ai la chance de travailler avec les meilleurs gars de la scène, et nous nous entendons tous très bien. La concentration était maximale, chaque jour et chaque nuit, et nous nous sommes vraiment poussés à fond. Ca aussi, ça a défini l’ambiance. C’était la meilleure expérience de ma vie.

M : Comment qualifierais-tu ta relation avec Pest, si tu devais la comparer avec celle que tu entretenais avec Gaahl ? Quelles sont les différences entre les deux vocalistes ?

Infernus : Tout le monde peut donner son avis sur les différences entre ces deux vocalistes, vu qu’ils ont tous deux enregistré un certain nombre de disques et joué beaucoup de concerts durant plusieurs années. Je ne vois pas pourquoi je devrais donner mon avis là-dessus. Il devrait être inutile de dire que tout ceux qui ont fait partie du line-up, passé ou présent, l’ont été pour une raison, et avec ma bénédiction. Ma relation avec eux sur un plan humain, c’est un autre problème. Mais je pourrais facilement traverser cette fine frontière entre la vie privée et le fait de répondre à une certaine demande en tant que personne publique. Donc je vais te répondre très simplement, et nous en resterons là : Pest ami, Gaahl non.

M : Après avoir traversé cette période pour le moins difficile, peux-tu encore écouter les anciens albums composés par King et en tirer de la fierté ? Les considères-tu comme partie intégrante de l’histoire de Gorgoroth, au même titre que les autres ?

Infernus : Bien sûr, pourquoi en serait-il autrement ? Je les aime toujours et je les considère évidemment autant comme des éléments de l’histoire de Gorgoroth que les autres. Ce serait assez immature de soudainement les considérer comme des représentations moins appropriées de notre passé commun, simplement parce qu’il se trouve que je ne m’entends plus avec quelques ex-membres, n’est-ce pas ?

Gorgoroth

M : Frank Watkins (basse, Obituary) étant américain, cela ne rend-t-il pas les répétitions plus difficiles à mettre sur pied ?

Infernus : Non, pas du tout. Il n’y a que 6 ou 7 heures de vol entre les Etats-Unis et l’Europe, et nous nous rencontrons aussi fréquemment que possible. Au cours de l’année dernière, nous avons répété bien plus que nous ne l’avons jamais fait depuis la moitié des années ’90.

M : Allez-vous jouer des morceaux de l’ère « King » en concert à l’avenir ?

Infernus : Peut-être, oui. En fait nous l’avons déjà fait plusieurs fois. Nous avions intégré le morceau « Forces of Satan Storms » [note : de l’album Twilight of the Idols, 2003], dont il a écrit la musique, dans nos set-lists du festival Hole in the Sky et de la release party de Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt, à Trondheim.


« Il devrait être inutile de dire que tout ceux qui ont fait partie du line-up, passé ou présent, l’ont été pour une raison, et avec ma bénédiction. Ma relation avec eux sur un plan humain, c’est un autre problème. » (Infernus)

M : Comment penses-tu que Satan interagit avec ta musique : l’influence-t-il ? Lui est-elle destinée ? Où est-elle simplement un « message » sataniste ?

Infernus : Je suis un sataniste et je l’ai été depuis aussi longtemps que la plupart des gens de cette scène s’en souviennent. Gorgoroth est le véhicule et le trône par lequel je recherche la proximité de la vérité et de la bonté ultimes, et par lequel je rends hommage à et adore celui devant qui je me pose comme humble serviteur et esclave.

M : Que penses-tu de tous ces groupes de black metal qui s’affublent d’une imagerie « sataniste » mais n’y sont aucunement liés spirituellement ?

Infernus : Je n’en pense pas grand-chose. Je ne cherche pas à savoir beaucoup sur ce qui se produit dans la scène actuelle, et je n’ai aucun besoin social de le faire. Je reste seul et proche de ceux qui me sont cher, et je laisse les autres vaquer à leurs propres occupations. Contrairement à la plupart des autres, je n’ai jamais cherché à définir ce qu’est le black metal.

M : Comment es-tu « devenu » sataniste ?

Infernus : C’est le résultat d’un long processus fait de contemplation et de réflexion, et non d’un événement marquant ou l’autre. Si je ne suis pas né ainsi, c’est en tout cas devenu clair pour moi très tôt dans la vie. Peut-être même durant l’enfance, cela dépend de la façon dont j’interprète et juge le passé. Quoi qu’il en soit, je n’en ai pris conscience que quelques années avant de former Gorgoroth.

M : Si tu n’étais pas musicien, que penses-tu que tu ferais pour gagner ta vie ?

Infernus : C’est difficile à dire. J’ai clairement une sorte de besoin de m’exprimer de façon créative. Mais j’ai bien d’autres intérêts en-dehors de cela. Si je devais imaginer cette situation, je suppose que je combinerais deux-trois boulots différents, de façon à équilibrer mon besoin de participer à la vie sociale. Peut-être lancerais-je ma propre boîte de sécurité privée, en m’engageant moi-même pour aller nettoyer mon quartier, le soir venu, qui sait ?

M : Beaucoup de musiciens de metal ont des side-projects, toi non. Cela signifie-t-il que Gorgoroth te satisfait pleinement ?

Infernus : De temps en temps j’en ai eu, et c’était sympa [note : citons Desekrator, projet de thrash « fun » qui a réuni le temps d’un album, Metal For Demons (1998) des membres d’Enslaved et de Gorgoroth, ou encore Orcustus. Pour la petite histoire : Infernus jouait également de la basse sur le premier opus éponyme de Borknagar, en 1996]. L’avenir pourrait me réserver d’autres situations similaires, le temps nous le dira assez vite [note : doit-on y lire un sous-entendu ?]. Mais pour le moment, je suis satisfait avec ce que j’ai. Je suis concentré à 100% sur ce que j’aime vraiment faire. Et j’ai la chance de pouvoir le faire avec des gens, des compagnons avec qui je voulais travailler depuis des années. Cela me fournit le cadre dont j’ai besoin pour fonctionner, et je serais complètement fou de vouloir apporter un changement là-dedans.

Gorgoroth

« Contrairement à la plupart des autres, je n’ai jamais cherché à définir ce qu’est le black metal. » (Infernus)

M : Nul doute que cette question va vite devenir bateau, mais quand même : Varg Vikernes est sorti de prison, a ressuscité Burzum et la sortie du nouvel album est imminente. Es-tu curieux d’entendre ce que ça va donner ?

Infernus : J’ai toujours aimé Burzum, et je suis très curieux d’entendre ce qu’il a composé cette fois, oui.

M : Quel est l’album qui a changé ta vie à jamais ?

Infernus : J’ai toujours du mal à choisir un seul album qui mérite cette royale distinction. Mais les candidats sont les suivants : The Return of Darkness and Evil [note : Bathory, 1985], Obsessed By Cruelty [note : Sodom, 1986], To Mega Therion [note : Celtic Frost, 1985] et Beyond the Gates [note : Possessed, 1986]. De la musique qui a eu un impact gigantesque sur moi, rien de moins. De la musique inscrite en lettres d’or dans l’histoire du metal, qui sert encore d’influence alors qu’on se noie dans toute cette musique en plastique produite en masse, ces fausses bonnes idées et ces tentatives ratées d’apporter quelque chose de plus au black metal, alors qu’il est évident que beaucoup devrait être enterré et oublié. Ces albums se sont élevés de la masse dans les années ’80, et ils brillent encore aujourd’hui de mille feux. A l’époque, ces disques représentaient Satan et le fait d’être soi-même. Et ça, selon moi, ça ne se démodera jamais, non jamais.

M : Merci beaucoup pour cette interview, Infernus. Félicitations pour ce nouvel album, et bonne chance pour l’avenir. Je te laisse le dernier mot pour nos lecteurs… A bientôt !

Infernus : Le plaisir était mien, merci pour ton temps et ton intérêt. Et vous les lecteurs, merci à vous également. Maintenant, allez acheter vos tickets pour la prochaine mini-tournée européenne en avril. Je vous verrai sur la route !






Lire la version française

"Fresh blood, old-school feeling"

Conversation with Roger “Infernus” Tiegs (guitar, composition)
Interview and edition by Mastema
 
All legal matters finally put aside, Infernus is once again the undisputed leader of Gorgoroth. He promised his fans a quick release of brand new material, and he kept his promise. Free, honest, inspired and mostly old-school: these are the words that describe best Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt, a record written by the band’s founding member, who now gathered around him a new line-up consisting of former members and big names of the extreme metal scene. We had a chat with a liberated Infernus, a man which feels ecstatic that his band got a chance for a second life. The man always matches his reputation: no shit-talk, no overweening ambitions, no complacency.

Mastema (Rock ‘n Balls): Hi Infernus, how are you doing? I don’t know if you remember this, but we already had an interview together a few months ago. It’s quite ironic because last year, the future was still very uncertain about who would have the right to keep the band’s name. And today, you’ve won, you have a new line-up and even a new record! Do you feel relieved about this situation? How do you look back to these times?

Infernus: Hey there! Never been better, thank you. Yeah, I remember. I also remember that things were not precisely as uncertain as you indicate. I admit that I was somewhat stressed, as I wanted everything to turn out for the best, even the smallest little details. I was not that uncertain about the main issue. Yeah, I won. And I am of course content about that. And we have by now got settled and have a firm and steady course with the line-up. It is now nearly two and a half years since the replacement of the former vocalist and bass player, and things are back in shape again, and everything is running smoothly. Both on an interpersonal level, as well as on a professional one. How I look back on these events leading up to this situation, I assume I have made myself clear about earlier on. Now it is high time to point the focus forward again, and maintain a certain firmness as such.

M: Quantos… has partly been written during all the problems with King and Gaahl. How much of your anger and frustrations have you put into it?

Infernus: I have always had bigger frustrations on my mind than would ever be the case concerning possible frustrations these two guys could bring into my life. If I understand your question right, then no, I did not let the hassle about the legal proceedings and the cleansing process after their first move affect my songwriting. It affected the cognitive parts of my brain, my reason. And it led to a certain amount of things which had to be taken care of regarding the apparatus around the band. But, of course, I could not let such petty issues enter into the core of what I live for. Creating music and doing so in the name of Satan.

M: The line-up partly consists of ex- band members, and the record’s overall feeling is very old-school. After a couple of records written by King, did you want to come back to the roots of Gorgoroth?

Infernus: I wanted to write an album. Cannot be easier said than that, I guess. I wanted to write an album which I could stand behind, being myself in the purest form. Accordingly, I cannot write music like someone else. If that brings me back to the roots of Gorgoroth or takes me somewhere else, I will let others judge.

Gorgoroth

M: Some of the songs have been written quite a long time ago, right? When did you start writing and what was your initial artistic purpose for this record?

Infernus: Not so long time ago, no. I started during the winter of 2006/2007, and got through with some half of the work then. Then I continued in parallel to the rehearsing process I went through with Asklund and got finished with it a rather short time before the recording started last summer. Let it be understood once and for all, this is not a concept album. It is just one more in a long line of albums fitting in somewhere in our line of releases which can be traced back nearly two decades now, and which will - with the blessing of god - continue for years to come. The choice of the name for the album came clearly as a reflection of a certain understood need of once again making things clear to whoever might have fallen asleep during the latest years' class. It is to be seen as a statement and a commitment reminding you and us of the reason why we are still doing this. To convert as many as possible to the realm of Satan.

M: I think the album is actually very melodic, and people tend to forget how melodic early black metal actually was. How do you conceive the place of melody in black metal?

Infernus: I obviously enjoy it. Not only within the frames of black metal, but also when other sub-categories of metal are taken into consideration. I do for example find great joy listening to classical heavy metal albums from bands such as Judas Priest, Accept and Yngwie Malmsteen. Substantial contributors to the history of metal music such as these should be given their place of respect and recognition - even awe - by whoever is interested in the phenomena of black metal. Without exceptions. That is my view, and I cannot honestly see that there is room for another one. But, there is of course a question rising. How should one be measuring these levels of melody at work when listening through someone's recordings? I choose not to spend my time speculating much on such, even as for what concerns Gorgoroth. As long as it feels right, it must be so. It is an easy imperative to follow as a composer. One doesn't need much more.


“It is to be seen as a statement and a commitment reminding you and us of the reason why we are still doing this. To convert as many as possible to the realm of Satan.” (Infernus, about Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt)

M: How did it feel to record with Pest again after so many years? How was the atmosphere within the studio?

Infernus: Ah, it was great! I really missed working with him. And it was ecstatic getting him back in the studio. I would even dare to say it was so during the whole of the process, which in fact was a long one. I have the best guys there are in the scene to work with, and we are coming along very well together, all of us. The focus was crystal clear every day and every night and we really pushed ourselves to the max. That also defined the atmosphere. It was the best time of my life.

M: How would you qualify your relation with Pest, compared to Gaahl? What are the differences between both vocalists?

Infernus: The differences between them as vocalists is something everyone in the world can mean something about, as they both have done a great number of recordings and been doing live appearances for years. I do not see why I should be commenting upon that. It should be needless to say that everyone in the line-up, now or before, is or has been there for a reason. And with my blessing. How my relation to them as persons is, is another issue. But it would easily end up crossing that fine line between privacy and meeting a certain demand as a public person. I would phrase it simply like this, and leave it with that: Pest friend. Gaahl not.

M: After the difficult times you went through, can you still look back to the records written by and recorded with King, and still be proud of them? Do you consider them as much part of the Gorgoroth history as the others?

Infernus: Yeah, why shouldn't I? I still like them, and I do of course consider it as much a part of the band's history as the others. It would be rather childish to suddenly deem them as less appropriate representations of our common past just because I now happen not to get along with a couple of ex-members, right?

Gorgoroth

M: Frank Watkins being American, isn’t distance a problem to rehearse and play with him?

Infernus: No, it isn’t. USA - Europe is just a matter of a 6-7 hour flight, and we meet up as often as possible. During at least the last year, we have been rehearsing more than we ever did since the mid-nineties.

M: Will you play songs of the “King”-era live in the future?

Infernus: Perhaps we will. We already did, a couple of times, actually. We did fit the song “Forces of Satan Storms”, which he wrote the music for, into the set-list we had at the Hole in the Sky Festival and at our release party for Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt in Trondheim.


“I should be needless to say that everyone in the line-up, now or before, is or has been there for a reason. And with my blessing. How my relation to them as persons is, is another issue.” (Infernus)

M: How do you think Satan interacts with your music: does He influence it? Is it meant for Him? Or is your music simply a satanic ‘message’?

Infernus: I am a Satanist, and I have been so for as many years as most of the people in the scene can remember. Gorgoroth is the vehicle and the throne upon which I seek closeness to ultimate truth and goodness and where I pay homage to and adore him which I stand before as a humble servant and slave.

M: What do you think of all the BM bands that have a “satanic” imagery but who are clearly not spiritually?

Infernus: I do not know much about it. I do not seek to know much of what is happening in the contemporary scene, and neither do I have much of a social need as such. I keep to myself and those dear to me, and I let others run their own business. I never tended to define black metal as most others anyway.

M: How did you “become” a Satanist?

Infernus: It was as a result of a long process of contemplation and thought. Not through any kind of drama. If I were not born into it, I would claim it became rather clear for me at an early point in time. Perhaps even in childhood, depending on how I interpret and judge the past. Nevertheless, I was not that much conscious about it before a couple of years before I started Gorgoroth.

M: If you weren’t a musician, what do you think you would do for a living?

Infernus: Difficult to say. I clearly have some sort of a need to express myself as a creative being somehow. But I have a multitude of interests well beyond that. If I should allow myself to speculate further upon this, I guess I would have been combining two-three different jobs, and in this way balancing my need of participating in social life. Perhaps I would open my own private security company, hiring myself out for making the neighbourhood clean at night-time. Who knows?

M: Lots a metal musicians have side-projects, you don’t. Does that mean Gorgoroth fully satisfies your needs?

Infernus: Now and then I have had so, and it has been fun. And the future might lead me into the same kind of situation, time will tell about that soon enough. But right now, I am as content as I can get. I am 100% focused on what I really enjoy doing. And I am in the lucky position to be able to do so together with the people and companions I for years wanted to work with. This provides the framework needed for me to function within and I would have to be rabidly mad to bring a change to that.

Gorgoroth

“I never tended to define black metal as most others.” (Infernus)

M: This will certainly become a very corny question, but still. Varg Vikernes has recently been released from prison and is preparing a new record. Are you curious to hear the upcoming album?

Infernus: I was always fond of Burzum, and I am very curious to see what he is able to come up with this time, yes.

M: What would you say was the album and/or musician that changed your life?

Infernus: I still have difficulties in deciding exactly which album I should donate such a royal crown. But the candidates are: The Return of Darkness and Evil, Obsessed by Cruelty, To Mega Therion and Beyond the Gates. Music with a tremendous impact on me, nothing less. Music which carved itself into the history of metal and which is still providing a poor soul influences in times needed when drowning in mass produced plastic music and semi fertile misconceptions and failed attempts to bring in more to the genre of black metal, when such obviously should be buried and forgotten. These albums stood out from the crowd back in the eighties. And they still shine brilliantly. This represented Satan and being oneself in music back then. And such - according to me - will never go out of fashion, no.

M: Thank you very much for the interview, Infernus. Congratulations for this new record, and I wish you good luck for your future endeavours. You can leave a few last words for our readers… Take care!

Infernus: The pleasure was mine, thank you for your time and interest. You readers, thank you too. Now, go get your tickets for our upcoming European mini tour in April. See you then!



Interviewé par : MASTEMA
 
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