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Date de sortie : 30/09/2016

Style : Post-Metal Onirique

Pays : France


Note : 17/20
Alcest
“Kodama”

Après Shelter, un disque particulièrement lumineux, éthéré et aux influences shoegaze prononcées, un disque qui en a décontenancé plus d’un, Alcest revient sur Kodama à un style plus dynamique et direct, qui implique notamment un rôle prépondérant de Winterhalter (batterie) mais aussi la résurgence sporadique du chant extrême de Neige. Personnellement, j’avais beaucoup aimé Shelter et… j’aime également son successeur. Celui-ci a beau être plus lisible pour le fan de rock/metal, ne vous attendez pas pour autant à des structures éculées et des refrains fédérateurs. La musique d’Alcest a en effet conservé son essence onirique et son expressivité subtile. On est d’ailleurs en terrain connu sur le morceau-titre qui ouvre la galette, long déploiement (9 minutes) empli d’émotion sur lequel le chant de Neige se fait rare (comme souvent). La symbiose entre écriture mélodique envoûtante et travail de production privilégiant les strates de sons créé une captivante orgie de couleurs, de reliefs et d'idées. Certes, il faut pouvoir accepter de se laisser porter par cette musique qui préfère la lente infusion à l’impact direct, mais une fois passé ce cap, elle transporte réellement ailleurs, conformément à l’ambition de Neige qui a toujours conçu Alcest comme la traduction musicale de ses rêves étranges… Bref, une bien belle entrée en matière.

Reste que si le biotope du groupe n’a pas fondamentalement changé, il semble bien cette fois plus énervé que sur Shelter (ce qui n’est pas difficile, à vrai dire). « Eclosion » voit ainsi la dynamique gagner encore en intensité en intégrant quelques blast beats et des parties de chant crié, tout comme « Oiseaux de proie », dont la thématique évoque la revanche de la nature sur les hommes qui l’ont tant maltraitée. Alcest a certes une façon bien à lui de la faire passer (ambiance, onirisme, couches de sons), mais il y a bel et bien de la colère sur ce disque, et le résultat n’y perd ni en cohésion, ni en capacité d'évocation, ni en inspiration. A peine reprochera-t-on au groupe un morceau moins passionnant (« Je suis d’ailleurs ») ainsi qu’une outro ambiante et instrumentale (« Onyx ») pas forcément indispensable. « Untouched », quant à elle, se présente comme la plage la plus proche de Shelter car très douce et aérienne, avec un chant occupant plus d’espace. Mélodiquement, ça reste très intéressant et l’intimité est authentique, mais j’avoue préférer sur ce disque les morceaux plus énergiques, qui semblent mieux correspondre au projet de Kodama.

En définitive, les Français poursuivent leur route et semblent aujourd’hui avoir atteint un aboutissement en matière stylistique et sonore. Le retour à une inclination plus « attendue » de sa part ainsi que l’impression de maturité qui se dégage de l'ensemble peuvent toutefois susciter une interrogation quant aux choix futurs du duo afin d’éviter de tourner en rond.

Reste une énigme, certes mineure : l’influence déclarée du Japon sur cet album (ce qui explique notamment le style de l’artwork), que j’ai eu bien du mal à identifier... 


Tracklist :

1. Kodama

2. Eclosion

3. Je suis d'ailleurs

4. Untouched

5. Oiseaux de proie

6. Onyx



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Kodama", "Oiseaux de proie"

 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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