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Date de sortie : 28/10/2016

Style : Metal Extrême

Pays : Royaume-Uni


Note : 13/20
Anaal Nathrakh
“The Whole of the Law”

Rares sont les groupes auxquels peut s’appliquer aussi parfaitement la formule « metal extrême ». Cette étiquette assez lâche est en effet utilisée pour catégoriser des artistes qui, souvent, penchent plutôt dans un sens ou un autre (death, black, indus, grindcore,…). Au carrefour de toutes ces tendances dures, on trouve Anaal Nathrakh qui, depuis son second opus Domine Non Es Dignus (2004), puise dans tous les registres, de manière plus ou moins indifférenciée. Avec un seul et unique objectif : tout raser sur son passage. Sur Rock 'n Balls, nous avons déjà souvent eu l’occasion de souligner le caractère pour le moins éprouvant de l’écoute des albums du duo britannique (à quelques exceptions près), et The Whole of the Law ne fait que confirmer le jusqu’au-boutisme de son extrémisme musical. Au point d’occuper aujourd’hui une position qui, dans la niche dont il est question ici, n’est pas contestée par grand-monde – sauf ceux qui ont évacué les dernières reliques de musicalité. Et comme à chaque sortie du groupe, cette position presque nihiliste produit tantôt des choses intéressantes, tantôt des expériences offensives et, pour ma part, abrutissantes. Dans la première catégorie, on peut citer « Depravity Favours the Bold », entrée en matière ravageuse sur fond d’accents lyriques féminins. Rien à dire, le baroque extrême d’Anaal Nathrakh produit son petit effet, du moins sur ceux qui seront prêts à le suivre dans cette death ride cauchemardesque. Les compos qui laissent un peu plus de place à l’atmosphère et à la musique sont également à ranger parmi les meilleures : « In Flagrante Delicto », le mid-tempo « Extravaganza! » (qui porte bien son titre, avec ce chant décalé de l’électron libre Dave « V.I.T.R.I.O.L. » Hunt, le seul vocaliste qui peut se permettre d’enchaîner un curieux chant clair comme « lamenté » et une partie suraiguë à la King Diamond !), le riche et nuancé « On Being a Slave », ou encore « The Great Spectator », où l’on retrouve une importante charge horrifique assurée par des claviers emphatiques ainsi qu’un chant réduit ici à un exercice formel qui ne laisse pas indifférent.

Il nous faut hélas être moins conciliants à propos des autres compos proposées par le duo de Birmingham, explosions de violence hystérique sur lesquelles un chant incroyablement violent est tellement omniprésent qu’il couvre tout. Comme les poètes d’Albion ne sont pas vraiment adeptes de la retenue, ils s’amusent sur celles-ci à pousser la frénésie aussi loin que possible, sans pitié pour nos pauvres cervelles. Pour cela, tous les moyens de destruction sont bons : blast beats (toutes les parties sont une nouvelle fois remarquablement programmées par Mick « Irrumator » Kenney) implacables, bouillie vocale (celle sur « Of Horror, and the Black Shawls » est particulièrement usante, surtout en fin d’album), rythmiques électroniques soulignant la déshumanisation générale (« Hold Your Childen Close and Pray for Oblivion », par exemple), etc. Dans le genre « mandale dans la gueule », on peut difficilement faire mieux que « …So We Can Die Happy » et « We Will Fucking Kill You ». Si la dose d’agressivité ne conviendra évidemment pas à tout le monde, pour ma part c’est surtout le chant qui déçoit. On connaît pourtant les qualités de Hunt, un vocaliste possédé capable de tout (chant clair compris, et ils sont nombreux sur ce disque). Mais il fait ici un usage beaucoup trop fréquent de distorsion et d’autres effets très invasifs, avec pour résultat de rarement laisser respirer la musique. Certes, cela ne fait que confirmer la volonté d’étouffement du groupe, mais la musique est ainsi souvent mise en retrait, ce qui est dommage car les compos sont nettement plus variées et intéressantes qu’on pourrait le croire.

Si la façon qu’a Anaal Nathrakh de pousser le curseur sans cesse dans le rouge ne fait que confirmer sa position de chef de file de l’extrémisme musical, et si on apprécie son refus de la demi-mesure à une époque ou trop d’artistes cèdent à de tristes impératifs externes (succès, public, genre,…), il va sans dire qu’une fois de plus, l’écoute de The Whole of the Law est une épreuve, certains morceaux se révélant simplement harassants. A ce titre, je n’ai d’ailleurs pas évoqué les deux reprises proposées sur l’édition digipack de l’album, dont un « Powerslave » d’Iron Maiden (forcément) méconnaissable. Tout, décidément, concourt à cette entreprise de défiguration, de choc et de fureur dont Anaal Nathrakh a fait le principe même de sa musique. Pour le meilleur et pour le pire.


Tracklist :

1. The Nameless Dread

2. Depravity Favours the Bold

3. Hold Your Children Close and Pray for Oblivion

4. We Will Fucking Kill You

5. ...So We Can Die Happy

6. In Flagrante Delicto

7. And You Will Beg for Our Secrets

8. Extravaganza!

9. On Being a Slave

10. The Great Spectator

11. Of Horror, and the Black Shawls



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Depravity Favours the Bold", "Extravaganza!"

 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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