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Date de sortie : 27/10/2014

Style : Melodic Death Metal

Pays : Suède


Note : 15/20
At The Gates
“At War With Reality”

Tout s’équilibre dans l’univers. Certains groupes changent de voie, d’autres reviennent. Rien ne se perd, tout se re-crée. Alors qu’on a encore répété récemment (lire la chronique d’In Flames) que le fameux Göteborg sound, le swedish melodic death metal, avait sombré corps et âme, At The Gates revient en grande pompe sur le devant de la scène. Et ça fait du bien par où ça passe.

Groupe historique de la scène suédoise, At The Gates s’était formé en 1990 avant de splitter en 1996 peu après la sortie de Slaughter of the Soul, un album qui reste une référence pour beaucoup. Le line-up présent sur cet album mythique c’est-à-dire Tomas Lindberg (chant), Anders Björler (guitare), Jonas Björler (basse), Adrian Erlandsson (batterie) et Martin Larsson (guitare) s’était reformé en 2007 pour une série de concerts. Il n’était alors absolument pas question d’enregistrer quoique ce soit de neuf sous le nom d'At the Gates. Jusqu’en 2014 où finalement, le plaisir de jouer ensemble, entre amis, entre musiciens talentueux qui se respectent, l’a emporté sur toute autre considération.

Avant de passer le seuil et entrer véritablement dans le disque, l’album s’ouvre par un extrait, en espagnol, du roman Sobre Héroes y Tumbas (Héros et Tombes) d’Ernesto Sabato. C’est avec « Death and the Labyrinth » qu’on entre dans le vif du sujet. Et quel sujet ! On prend en pleine face, notamment avec un passage groovy au milieu du morceau qui déchire franchement. Avec son riff purement suédois, « At War with Reality » fait du bien aux esgourdes. Des guitares limpides aux riffs acérés, rehaussés par une batterie bien en phase, une évidence se dégage de cet album : the Göteborg sound is back !

S’en suivent « The Circular Ruins » et « Heroes and Tombs » dans la même ligne artistique c’est-à-dire une habile combinaison de mélodie et d’agressivité. Tous les morceaux sont bien construits et équilibrés. On y (re)trouve la mélodie des riffs créés par Anders Björler, le groove de son frère Jonas et d’Adrian Erlandsson (la même section rythmique que The Haunted donc), des solos souvent bien sentis (il faut le mentionner), des passages plus lents mais aussi de la brutalité. L’agressivité, elle découle surtout du chant de Tomas Lindberg. Alors que je n’ai rien à redire sur l’instrumentation, je coince sur le chant. C’est trop gueulard à mon goût. Prenez « The Conspiracy of the Blind » ou « Order from Chaos ». D’accord, c’est un peu plus subtil et mélodique que The Haunted mais le chant est trop poussif, à la peine. J’affirmais récemment qu’Anders Friden n’est pas un excellent chanteur, je dis maintenant que Lindberg n’est pas un excellent hurleur. Je comprends surtout pourquoi je n’ai jamais écouté At The Gates en boucle au début dans les années 90 contrairement aux autres groupes de Göteborg.

On peut parfois sentir quelques longueurs ou des similarités ici et là mais il n’y a globalement pas grand-chose d’autre que le chant à contester à At War With Reality. En quittant The Haunted, Anders Björler a fait le choix judicieux de focaliser toutes ses idées sur At The Gates. En attestent les riffs de « The Book of Sand (The Abomination) », « The Head of the Hydra » ou encore celui de la fin de « Eater of Gods ». Il y a en permanence une ligne mélodique clairement affichée derrière ce death/thrash de façade. Sans oublier un certain groove, le tout culminant dans le très chouette « Upon Pillars of Dust » avant de laisser tomber la pression dans le final plus calme « The Night Eternal ».

Notons que la version limitée de l’album contient deux morceaux bonus (« The Language of the Dead » et « The Skin of a Fire ») qui s’insèrent au milieu de la playlist en plage 9 et 10. Comme les autres, ils font la part belle aux guitares. En pondant 15 nouveaux titres, At The Gates nous montre qu’il avait encore des choses à exprimer. Le concept textuel choisi par Tomas Lindberg pour cet album est d’ailleurs suffisamment vaste. At War With Reality est basé sur un genre littéraire appelé « réalisme magique » où des manifestations magiques ou surnaturelles surgissent dans une réalité reconnaissable. Celle-ci doit donc être constamment redécouverte et réinterprétée.

In Flames ayant perdu la flamme pour une musique basée sur des riffs puissants et Dark Tranquillity attendant que la magie revienne, c’est très sympa d’entendre un album si typiquement suédois, au son si typiquement imprégné d’années 90. C’était d’ailleurs la volonté du groupe d’atteindre ce résultat en choisissant d’enregistrer au Studio Fredman à Göteborg avec Fredrik Nordström, l’homme qui a façonné le son death mélodique de cette ville. Le mix réalisé par le toujours excellent Jens Bögren au Fascination Street Studios à Örebro apporte la touche minimum de modernité requise. Au final, At The Gates n’a rien perdu depuis Slaughter of the Soul. C’est comme si At War With Reality était sorti en 1997. S’il n’y avait le chant qui gâche un peu mon plaisir de bien me concentrer sur tout le travail de composition et les chouettes riffs mélodiques, ce serait un album à 18 ou 19 sur 20.

Tracklist :

1. El Altar del Dios Desconocido
2. Death and the Labyrinth
3. At War with Reality
4. The Circular Ruins
5. Heroes and Tombs
6. The Conspiracy of the Blind
7. Order from Chaos
8. The Book of Sand (The Abomination)
9. The Head of the Hydra
10. City of Mirrors (instrumental)
11. Eater of Gods
12. Upon Pillars of Dust
13. The Night Eternal

 


 
Chroniqué par : VANARKH
 
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