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Date de sortie : 07/08/2009

Style : Death/Black Metal

Pays : Pologne


Note : 16/20
Behemoth
“Evangelion”

La plupart d’entre vous le savent : Behemoth s’est, depuis Demigod (2004) (confirmation ensuite par The Apostasy, 2007), hissé jusqu’au plus haut échelon du death metal. Rien de moins. Le groupe compte une petite minorité de détracteurs mais je ne ferai pas preuve d’anticonformisme gratuit, et ne les rejoindrai donc pas. Non, Behemoth mérite mille fois le succès qu’il récolte aujourd’hui. Albums énormes, imagerie travaillée, proposition artistique intéressante, tournées gargantuesques…les Polonais se sont mouillés la chemise, et la sueur et l’effort mêlés au talent indiscutable ne méritent que l’ovation.

Après avoir sorti leur premier album live (At the Arena ov Aion – Live Apostasy, 2008) ainsi qu’un EP « pour patienter » (Ezkaton, 2008), le combo mené par Nergal nous revient avec une nouvelle offrande qui, une fois de plus, ne fait pas de quartier. Evangelion, à l’artwork toujours travaillé et riche, prend la suite de l’impitoyable The Apostasy : une formule directe, très brutale et sans concession, teintée de relents mystiques. Ainsi, « Daimonos » ouvre le bal en nous flanquant une raclée dont nous nous souviendrons encore longtemps. Le son est colossal, les riffs sont épais et la batterie surpuissante. Le refrain est typique : une rencontre entre le mystique et l’appel sauvage à une guerre totale (sur fond de blast démentiel d’Inferno) : Ouf ! Les limites de l’album apparaissent pourtant vite : le groupe manque de nuance. Nous avons droit à une ribambelle de titres d’une brutalité inouïe (« Shemhamforash », « Defiling Morality ov Black God », « Transmigrating Beyond Realms ov Amenti »,…), remplis de blasts étourdissants d’un Inferno plus que jamais impérial derrière son kit. Seulement, Behemoth a poussé le bouchon un peu loin et autant d’assauts provoquent finalement une certaine saturation. Un bon exemple en est « He Who Breeds Pestilence » : des croassements de corbeaux et une intro plombée nous font d'abord pénétrer dans un univers différent, mais sans crier gare, le morceau bascule dans la brutalité la plus pure. Après avoir subi plusieurs assauts du même genre, on espérait franchement autre chose…

Mais rassurez-vous, il y a aussi du bon, du très bon sur ce disque. Comme « Transmigrating Beyond Realms ov Amenti », qui certes est loin d'être une ballade, mais étonne aussi par son « attaque » originale pour Behemoth et ses « Jerusalem is falling ! » scandés en fin de morceau, particulièrement jouissifs. Il y a aussi « Alas, Lord is Upon Me », le meilleur morceau d’Evangelion : un long début ambiant parfaitement maîtrisé pèse de tout son poids sur nous, avant que n’éclate une partie très dense, technique et agressive. Puis le morceau s’arrête là-dessus, tout simplement : pas de surenchère, Behemoth a laissé tout le monde sur le carreau. Enfin, il y la final « Lucifer », long titre de 8 minutes, ambiant et rehaussé d’orchestrations du meilleur effet. Ce titre apporte la touche de nuance nécessaire à l’album, et est une conclusion parfaite à l’album.

Une des évolutions d’Evangelion sont les riffs, plus techniques qu’auparavant et très travaillés (« The Seed ov I » par exemple). La voix de Nergal est toujours aussi vindicative et constitue un autre point fort du disque. Inferno, comme je l’ai dit précédemment, bluffe toujours autant mais a cette fois placé plus de parties extrêmes qu’il n’en fallait réellement. Comme je l’ai dit, Behemoth nuit un peu à son propos par une surenchère dans la brutalité qui ne sert pas toujours les morceaux. Cela n’empêche évidemment qu’il reste une machine de guerre parfaitement huilée, et il est évident que si Evangelion était son premier opus, il mettrait tout le monde d’accord. Toutefois, depuis Demigod (qui reste selon moi leur chef-d’œuvre), les Polonais misent sur une formule très extrême et perdent ainsi leur héritage black metal, c’est-à-dire leur côté plus posé et atmosphérique. La qualité majeure du groupe consistait justement en ce mélange des genres, qui est aujourd’hui moins prégnant. Mais que ces remarques ne vous font pas manquer l’essentiel : Behemoth est moins sournois qu’avant, mais reste un groupe absolument essentiel dans la musique extrême ! Ils ont simplement mis la barre très haute avec Demigod, voilà tout. Faire moins bien que cette pièce d’orfèvrerie ne signifie pas que l’on ait affaire à un échec, loin de là ! On espère toutefois être davantage surpris au prochain épisode.

 

Tracklist :

1. Daimonos
2. Shemhamforash
3. Ov Fire and the Void
4. Transmigrating Beyond Realms ov Amenti 
5. He Who Breeds Pestilence 
6. The Seed ov I 
7. Alas, Lord Is upon Me 
8. Defiling Morality ov Black God 
9. Lucifer


 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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