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Date de sortie : 15/02/2013

Style : Black Metal Epique

Pays : Etats-Unis


Note : 15/20
Caladan Brood
“Echoes Of Battle”

Pour le second volet de notre trilogie de chroniques du black metal symphonique, ce sont les américains de Caladan Brood qui s’y collent. C’est la belle pochette mystérieuse et dépaysante qui a en premier lieu attiré mon regard et suscité mon intérêt pour ce nouveau groupe originaire de Salt Lake City. Ça et le fait que sans avoir jamais sorti de démo, le groupe voit sortir son premier album directement chez Northern Silence, gage de qualité à mes oreilles. Visuellement, Caladan Brood est donc très soigné, même si j’aime aussi beaucoup le côté dark fantasy d’Ellfor. Il est intéressant de noter que l’artwork des 3 groupes est très soigné, répondant aussi à des codes précis inhérents au genre. Une bonne pochette de black sympho est très importante. L’image doit avant tout titiller l’imaginaire et susciter pour l’auditeur une envie d’évasion vers des horizons lointains, oubliés, oniriques (autre chose que toutes ces pochettes similaires montrant des démons ou des têtes de mort). Les trois groupes y réussissent assez bien. Un dernier mot sur la pochette d’Echoes of Battle : il s’agit en fait d’une peinture d’Albert Bierstadt (1830-1902). Wikimachin nous enseigne qu’il s’agit d’un peintre américain d’origine allemande, connu pour ses paysages de l’Ouest américain, représentant une nature sauvage, romantique, baignée d’une lumière radieuse.

Visuellement, le premier album de Caladan Brood suggère donc un univers épique, la bande son d’une quête dans une nature toute puissante, l’exploration de contrées sauvages et hostiles, la Terre du Milieu, des créatures dissimulées, etc. Conceptuellement, le nom du groupe vient d’un maître de guerre du même nom, figurant dans la décalogie « Le Livre Malazéen des glorieux défunts » de Steven Erikson, romancier canadien de fantasy. Pour une fois, cela diffère de l’univers de la Terre du Milieu de Tolkien si cher à Silenius et Protector. Musicalement, par contre, le duo américain ne propose rien de neuf ou innovant. Il s’est plus que largement inspiré du duo autrichien. Caladan Brood = Shield Anvil (claviers, voix, guitares, basse, programmation de la batterie) + Mortal Sword (voix, guitares, claviers). Summoning = Protector (voix, guitares, claviers, programmation de la batterie) + Silenius (voix, claviers, basse). Etonnante similitude.

Dès « City of Azure Fire », on sait qu’on est dans le clonage musical de Summoning. Cela commence très très lentement pour évoluer vers une mélodie inspirée de la marque de fabrique Summoning. Les guitares sont bien présentes mais tout le royaume a déjà compris qu’il ne faut pas s’attendre à des riffs mordants et détonants. Il s’agit de donner une légère teinte agressive à un ensemble globalement dominé par des claviers aux mélodies épiques. Point de blasts non plus, la rythmique est monotone comme une boîte à rythme qui tourne trop lentement (éternel point faible aussi chez les inspirateurs autrichiens) mais qui pourtant fait partie intégrale du style.

Le titre éponyme « Echoes of Battle » confirme le pompage. La mélodie est chouette mais on l’a déjà entendu ailleurs et la façon dont sonne la batterie programmée confirme largement cette impression. On a même droit au classique interlude avec des sons de bataille à l’épée. Malgré toutes les ressemblances, il faut bien admettre que Caladan Brood le fait avec goût et classe. Le groupe américain possède aussi sa botte secrète : le chant. Les voix devrait-on dire. Dans chaque morceau, une voix claire intervient. Elle apporte indéniablement une touche épique supplémentaire. Pris isolément, cela fonctionne bien. Mais ça marche encore mieux lors des passages en double voix, claire épique versus black arrachée. C’est un gros plus pour l’originalité.

Après, « Wild Autumn Wind » est quand même fort mielleux. Les titres sont vraiment très longs (min 9'21" – max 14'55") et du coup, à certains moments, ça manque cruellement de pêche. Par exemple, « Wild Autumn Wind » pourrait s’arrêter honorablement à la 9ème minute mais ils en remettent une couche pendant plus de 4 minutes, pas vraiment nécessaires. « To Walk the Ashes of Dead Empires » suit les mêmes sentiers : mélodie plutôt gentille, guitare électrique même pas présente tout le temps, un chant bien méchant (ouf) ainsi que l’une ou l’autre variation ou accélération bienvenue. « A Voice Born of Stone and Dust » se veut plus guerrier et sombre au début sauf que malheureusement, il manque un peu de vraie distortion black metal sur la guitare par la suite. La même remarque est valable pour « Book of the Fallen », il manque de la dynamique et de l’entrain d’une grosse guitare hurlante. Ils pourraient switcher une partie des mélodies du clavier vers les guitares pour gagner en violence et pêche. Cela n’empêche d’avoir encore de bons moments comme le début et la fin en double chant (clair vs. black) ainsi que le passage central à la « flûte » pour un rendu plus folk.

L’auditeur averti sait pertinemment bien qu’il ne faut pas rechercher du headbanging et de la grosse hargne dans le black sympho. On est dans une autre démarche. La musique raconte une histoire. Dans chaque morceau, il y a comme une trame avec différents ambiances. Par exemple, pendant le break dans « To Walk the Ashes of Dead Empires » où l’on entend la pluie, on imagine le héros après une bataille, réfugié dans un sous-bois, démoralisé, recouvrant ses forces. Le but de Caladan Brood est d’écrire des histoires musicales épiques. Et donc, pour conter en musique –ou du moins suggérer des images de saga chez l’auditeur– cela impose des choix et orientations au détriment parfois de l’efficacité que pourrait apporter la guitare. Ils réussissent ce pari de conteurs dans au moins l’histoire 4 et 6. Celles-ci fonctionnent plutôt pas mal dans le sens où on ne s’ennuie pas une seconde pendant 13 et 15 minutes. Finalement, seules la voix black et une guitare souvent discrète viennent rappeler qu’on peut appeler ça metal mais surtout apportent une forte présence maléfique et mystique, essentielle dans toute saga héroïque qui se respecte.

Si vous aimez Summoning, si la musique épique enregistrée en lo-fi sans blasts ni moultes accélérations ou variations vous inspire, si votre esprit vagabond accroche facilement aux ambiances atmosphériques invitant à l’épopée ou si vous cherchez une bande sonore très plaisante pour agrémenter vos lectures de fantasy, cet album Echoes Of Battle de Caladan Brood devrait vous plaire aisément

Tracklist :

1. City of Azure Fire
2. Echoes of Battle
3. Wild Autumn Wind
4. To Walk the Ashes of Dead Empires
5. A Voice Born of Stone and Dust
6. Book of the Fallen

 


 
Chroniqué par : VANARKH
 
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