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Date de sortie : 15/09/2014

Style : Death Metal

Pays : Etats-Unis


Note : 12/20
Cannibal Corpse
“A Skeletal Domain”

Affutés comme un couteau de boucher et prévisibles comme un obsessionnel compulsif, les 5 vétérans de Cannibal Corpse reviennent pour leur offrande biannuelle. A Skeletal Domain est déjà leur 13ème service sous la bannière du death metal. De toute évidence, ils ne semblent pas prêts à rendre les armes et encore moins enclins à dévier de leur matraquage death ultra classique et convenu. A tel point qu’on peut dire que Cannibal Corpse est devenu le gardien du temple death metal. Cela a un côté rassurant (tant qu’ils seront actifs, le death old-school vivra) mais aussi trop confortable dans le sens où il n’y a plus vraiment d’excitation ni de surprise à la sortie d’un de leurs albums. Quel chambardement ça ferait s’ils pimentaient un peu leur style ! Voyez le ramdam autour de l’album Illud Divinum Insanus de Morbid Angel. No stress pour les plus conservateurs : A Skeletal Domain est conforme à ce que l’on attendait des floridiens. Peut-être trop conforme justement. Car je n’ai guère frissonné de plaisir masochiste ni headbangué furieusement. Ça s’écoute, un petit café à la main pour le pas perdre le fil, et puis se posera la question : what’s else ?

Le reproche principal que je ferais à cet album, c’est que la musique est souvent trop technique et découpée. C’est le premier album du cadavre cannibale où le guitariste Pat O’Brien a écrit autant de morceaux (5 sur les 12). Eh bien, sorry man, ce sont ceux qui me plaisent le moins. Prenez le premier morceau « High Velocity Impact Spatter », c’est bien brutal, aucun problème à ce niveau, mais ça manque furieusement de groove et ce, malgré la basse de Webster bien présente. « Sadistic Embodiment », « A Skeletal Domain » et « Hollowed Bodies » sont tout aussi rapides n’offrant même pas quelques riffs propices au headbanging. C’est vraiment très saccadé à tel point qu’on n’a pas le temps d’assimiler tout ce qu’ils nous assènent. Des morceaux composés par O’Brien, seul « Funeral Cremation » se démarque par son ambiance sombre, funéraire même (ben tiens !).

Les 3 titres écrits par l’autre gratteux Rob Barrett restent aussi décousus et peu mémorables (suis-je bête, on parle de death metal !). Le meilleur « Icepick Lobotomby » et « Asphyxiate To Resuscitate » donnent quelques accroches plus intéressantes tandis que « Kill Or Become » déroule une voie royale au vocaliste George "Corpsegrinder" Fisher. Après autant d’années à gueuler, il ne faiblit pas. Lui, il est impeccable, toujours aussi grave et profond.

Alex Webster s’en sort un poil mieux que ses confrères. De ses compos, « Headlong Into Carnage » est celle qui passe le mieux car est un peu moins complexe. Idem pour un « Bloodstained Cement » plus basique et direct tout en restant bien vicieux. Par contre, la lassitude pointe à l’écoute de « The Murderer's Pact » et de « Vector Of Cruelty » dont on se demande si on ne l’a pas déjà entendu à un autre moment, autre disque. Le batteur Paul Mazurkiewicz n’a pour une fois rien écrit d’autre que des paroles pour 5 ou 6 morceaux.

Ils ont beau dire qu’ils ont changé de matos et de producteur (Mark Lewis après 3 enregistrements avec Eric Rutan), seul un Cannibalcorpsologue aguerri pourra déceler quelques différences de son. Webster l’admet lui-même, A Skeletal Domain ne varie guère de leurs efforts précédents. Au final, ça reste un disque de death metal. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne font pas les choses avec sérieux et consistance. On entend effectivement qu’ils répètent tous les jours (si, si). Vous en connaissez beaucoup vous, des groupes qui vont en salle de répète pour jouer du death comme vous allez au bureau ou à l’usine pour vous faire chier ? Ils sont complètement dévoués à leur art et leur technique. Avec pour conséquence de passer parfois à côté de leur sujet. Des passages plus répétitifs génèrent plus d’emphase que la technique pure. Un peu de musicalité permettrait aussi d’aérer un peu l’oppression permanente. Il y a de bonnes choses mais c’est dommage qu’ils ne les poussent pas plus loin pour se contenter de baston technique.

Cannibal Corpse est un élève irréprochable. Toujours à l’heure, toujours appliqué et consciencieux, il connait ses leçons et fait parfaitement ce que l’on attend de lui. Méticuleusement exécuté, leur travail satisfera les amateurs de death imparable et comblera le noyau dur des inconditionnels. Pour tous les autres, A Skeletal Domain s’écoutera comme un album supplémentaire de Cannibal Corpse, pas désagréable en soi mais dont on ne reparlera pas longtemps. Un élève studieux fera toujours moins d’émules qu’un élève exceptionnellement brillant ou que l’apprenti rebelle et frondeur.

Tracklist :

1. High Velocity Impact Spatter
2. Sadistic Embodiment
3. Kill Or Become
4. A Skeletal Domain
5. Headlong Into Carnage
6. The Murderer's Pact
7. Funeral Cremation
8. Icepick Lobotomby
9. Vector Of Cruelty
10. Bloodstained Cement
11. Asphyxiate To Resuscitate
12. Hollowed Bodies

 


 
Chroniqué par : VANARKH
 
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