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Date de sortie : 03/11/2014

Style : Thrash Metal

Pays : Brésil


Note : 11/20
Cavalera Conspiracy
“Pandemonium”

Suite à la piètre qualité du précédent album Blunt Force Trauma, on attendait un sursaut salvateur des frères Cavalera. Après plusieurs écoutes de Pandemonium, on l’attend toujours… Allez, ne soyons pas si vaches, ce n’est pas si mauvais que ça. C’est juste qu’après l’excellentissime album de Killer Be Killed, on pensait que le père Max reviendrait en meilleure forme. Pourtant, lui, il semble assez satisfait de son travail. Il a même dit que « Babylonian Pandemonium » est son morceau préféré depuis ces dix dernières années. Je trouve qu’il n’est franchement plus très exigeant avec lui-même ! Le riff principal me paraît tout à fait banal. Celui de « Banzai Kamakazi » me fait bien plus d’effet. Ce second titre est bien mieux torché que le premier. Il à la fois retord et dépourvu de plans chiants. La fin est même très percutante.

Plus globalement, il y a deux choses qui marquent en commençant l’écoute de cet album. Premièrement, le chant de Max y est vraiment death. Il me semble assez évident qu’il y a un effet dessus, c’est comme étouffé. A d’autres moments (« Not Losing The Edge » par exemple), on retrouve la voix normale de Max, celle qu’on connait dans Soulfly. Deuxièmement, tout est très brutal, rapide et agressif. Igor martèle ses fûts comme un damné. Leur volonté était de « bannir tout ce qui ressemble de près ou de loin à un rythme groovy ». Cavalera Conspiracy étant la mise en musique de l’union fraternelle entre Max et Igor, pas étonnant qu’ils aient voulu revenir là où tout a commencé : un thrash-death assez violent tel qu’ils le pratiquaient l’époque de Morbid Visions, Schizophrenia ou Beneath The Remains.

Pour les frangins, revenir à leurs premiers émois musicaux semble donc vouloir dire composer quelque chose de brutal et… basique. Car oui, si on prend « Scum » ou « I, Barbarian », il n’y a pas grand-chose à en dire. Le chant est plus monocorde que jamais (en a-t-il déjà été autrement avec Max ?), Igor se contente de cogner comme une brute sans rien apporter de plus, certains effets de guitare sont pénibles et les solos sont… chiants. Et qui retrouve-t-on derrière la seconde guitare ? Marc Rizzo, le faire-valoir de Max Cavalera. Il est peut-être ultra talentueux mais moi, son jeu m’énerve au plus haut point. J’en veux pour preuve les solos d’entrée de « Carmunhão » et « Insurrection » se veulent de Slayer mais sont juste ultra-convenus, comme le reste. Dans « Apex Predator » et « Insurrection », les guitares sont conventionnelles, les effets inutiles, les solos pompants et le chant dépourvu d’émotion. Ces deux titres ainsi que « Father of Hate » sont sans doute les plus rapides écrits par Max depuis des lunes, mais ça n’en fait pas des supers morceaux pour autant.

Attention, tout n’est pas à jeter. Un bon point à « Deus Ex Machina » qui offre (légèrement) plus d’ambiance et quelque chose de (légèrement) plus subtile. « Not Losing The Edge » propose autre chose avec un son plus clair (qui rappelle une cithare) au milieu du brouhaha et un riff central plus intéressant. La frontière avec Soulfly est ténue, tout comme dans « Porra » où Max ressort le berimbau ainsi qu’un chant en portugais. Ce dernier titre leur est bien propre, c’est purement brésilien. On n’entend pas ça ailleurs, au contraire du reste de la plaque.

Mêlant le chant le plus death que Max ait jamais sorti et le chant hurlé du seul invité de la plaque (Nate Newton de Converge qui y joue aussi de la basse), « The Crucible » se détache. Ce titre me penser à Nailbomb (groupe éphémère fondé en 1994 par Max Cavalera et Alex Newport de Fudge Tunnel) et même à Napalm Death (époque Inside the Torn Apart). C’aurait pu être le meilleur morceau s’il n’y avait pas ce solo final totalement pourri. Mais putain, virez moi ce Marc Rizzo une fois pour toutes !

Pandemonium étant la capitale de l’enfer, ce titre représente toute la violence du monde. La musique est en phase puisque l’album peut se résumer en 3 mots : brutal, agressif et basique. C’est surtout un album pour se faire plaisir entre frères. On ne peut pas dire que ce soit mauvais, c’est juste un album de metal en plus. Un de plus à l’actif de Max. Pandemonium s’écoute facilement mais s’oublie presqu’aussi facilement car les frères Cavalera n’ont rien d’exceptionnel à proposer ici. On sent que c’est vite fait. Max met parfois plusieurs idées sans donner l’impression de vision ou de cohérence (« Carmunhão » par exemple). On trouverait ça terrible de la part de n’importe quel nouveau venu mais pas d’un mec avec un tel CV ! Il reste une icône, un mec que j’admire pour sa carrière et son intégrité, mais aujourd’hui, Max Cavalera a besoin d’être poussé dans ses retranchements ou de collaborer avec d’autres artistes pour se dépasser et rester le meilleur. D’où ma conclusion en forme de question : pourquoi ne pas mettre tout son talent et son énergie dans un seul groupe avec son frère Igor à la batterie ? La quantité tue la qualité. Qu’il prenne plus de temps la prochaine fois pour être à la hauteur de son glorieux passé.

Tracklist :

1. Babylonian Pandemonium
2. Banzai Kamakazi
3. Scum
4. I, Barbarian
5. Carmunhão
6. Apex Predator
7. Insurrection
8. Not Losing The Edge
9. Father Of Hate
10. The Crucible
11. Deus Ex Machina
12. Porra

 


 
Chroniqué par : VANARKH
 
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