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Date de sortie : 23/09/2016

Style : Heavy Metal Musclé

Pays : USA


Note : 14/20
Charred Walls of the Damned
“Creatures Watching over the Dead”

Dans le dernier entretien qu’il nous avait accordé, début 2012, le très sympathique Richard Christy pensait pouvoir tenir le rythme de croisière des deux premiers opus de Charred Walls of the Damned en publiant le successeur de Cold Winds on Timeless Days dès 2013. Notre ami frappeur de fûts avait sans doute oublié l’agenda surchargé de chaque membre de ce supergroupe : Steve DiGiorgio (basse) avec Testament, Tim « Ripper » Owens avec Dio Disciples, Jason Suecof et ses innombrables travaux de production, et Christy lui-même, sollicité dans le cadre des rééditions d’albums de Death et de la sortie (sans cesse repoussée) du fameux album posthume de Control Denied, deux combos dans lesquels il a évolué aux côtés de feu Chuck Schuldiner. Et encore, cette liste ne comprend que les projets principaux du quatuor ! Et voilà comment Creatures Watching over the Dead a pris pas moins de cinq ans à voir le jour…

Cette longue attente ne doit certainement pas faire croire à un essoufflement de ce groupe qui, dès les premières mesures de « My Eyes », prouve que chacun de ses illustres membres s’est impliqué dans sa réalisation. Si musicalement, l’exécution est intouchable, notons cependant que Owens n’y est pas complètement convaincant, la faute à une surcharge de trémolos qui passaient bien dans Judas Priest, mais sonnent quelque peu datés dans ce contexte-ci. Et puisqu’on en parle, autant ajouter que ce décalage entre musique et chant est un problème récurrent sur ce troisième effort. Owens est un atout gênant : certes ses capacités vocales sont exceptionnelles, techniquement parlant, mais il a un style tellement archétypal, avec ces voix suraiguës, qu'il ne trouve pas facilement sa place sur des morceaux modernes, simples et accrocheurs. Pas de chance, c'est exactement l'évolution que connaît la musique du groupe ! Forcément, le fossé entre musique et chant se creuse (« Lies », « Living in the Shadow of Yesterday », « Time Has Passed »)...

Attribuer l’impression mitigée que nous a laissé Creatures Watching over the Dead à son seul vocaliste serait toutefois réducteur. Le groupe, et surtout son compositeur Richard Christy, tente sur ce disque un grand écart entre plusieurs ambitions, qui s’avère un peu trop périlleux pour réussir. Etre à la fois technique et accrocheur, moderne et respectueux du heavy de tradition (ce dont Owens est supposé être la caution), rentre-dedans et positif, et concis et emphatique, voilà un programme fort intéressant mais que le combo a bien du mal à concentrer dans neuf morceaux d'une durée totale d’à peine plus d’une demi-heure. Il faut bien admettre que bon nombre de formations s’y serait cassé les dents… Ajoutons à cela des choix de production surprenants de la part d’un artisan expérimenté comme Suecof, notamment ce son de caisse claire bien trop invasif.

Malgré la sensation générale que l’on éprouve à l’issue de l’écoute de cet album, reconnaissons malgré tout que le combo sait faire parler la poudre quand il parvient à réaliser ce fameux grand écart que j’évoquais plus haut. Depuis les débuts de Charred Walls of the Damned, je persiste à croire que c’est le registre agressif qui sied le mieux à ce groupe, et les réussites de ce troisième album viennent encore le prouver. « The Soulless », « Reach into the Light » et « Tear Me Down » (qui contient un excellent solo final de Rob Cavestany de Death Angel) sont des titres de heavy particulièrement rentre-dedans, avec une section rythmique Christy/DiGiorgio qui envoie le pâté comme elle sait si bien le faire. Il faut d’ailleurs souligner la plus-value énorme de ces deux-là à l'ensemble des morceaux. Étonnamment, alors que ce n’est pas son « biotope », même Owens est galvanisé par ce genre de morceaux couillus et livre sur ceux-ci ses meilleures prestations ! Enfin, pour être complet, notons deux autres bons moments, dans un registre différent : la fausse ballade avec « Afterlife » (à l’exception de quelques transitions mélodiques pas très fluides) et le mid-tempo avec le simple et efficace « As I Catch My Breath », au refrain fédérateur.

On passe globalement un bon moment avec ce disque, et il faut encore louer les efforts du groupe pour se trouver une niche bien à lui dans une scène singulièrement surchargée. Personnellement, je pense néanmoins que l’orientation générale vers une plus grande efficacité, accroche et concision n’est pas nécessairement celle qui sied le mieux à l’ensemble des quatre membres de ce supergroupe, et en particulier à Tim Owens. Assumer plus volontiers les racines death metal de la plupart de ses membres dans des compositions complexes et même « progressives » me semble être une voie nettement plus intéressante à explorer à l’avenir. Mais tout cela reste très subjectif, j’en conviens.


Tracklist :

1. My Eyes

2. The Soulless

3. Afterlife

4. As I Catch My Breath

5. Lies

6. Reach into the Light

7. Tear Me Down

8. Living in the Shadow of Yesterday

9. Time Has Passed



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "The Soulless", "As I Catch My Breath", "Tear Me Down"

 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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