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Date de sortie : 18/05/2015

Style : Alternatif

Pays : Etats-Unis


Note : 13/20
Faith No More
“Sol Invictus”

18 années se sont écoulées depuis leur dernier album Album of the Year. 18 ans, déjà comme ça c’est énorme mais dans le monde la musique c’est carrément une éternité. C’est comme passer des 80’s et sa musique New Wave à l’avènement des boys bands fin des années 90… D’ailleurs, qui aurait cru en 1998 lors du split du groupe qu’ils reviendraient sur scène 11 ans plus tard et accoucheraient en cette année 2015 de Sol Invictus ? Personne… D’autant plus que le groupe avait clairement annoncé dès le départ qu’il n’y aurait pas de nouvel album mais nos chers fous furieux ont décidé durant ces années de festivals à travers le monde de se donner une nouvelle chance. Autant le dire tout de suite, l’attente fut énorme pour tout le monde. Les enfants terribles d’un style qu’on pourrait classer dans le rock alternatif faute de ne pouvoir le classer ailleurs, n’ont laissé que d’excellents albums derrière eux. Evidemment, il y a les optimistes, convaincus que le groupe sortira une tuerie quoi qu’il arrive et reprendra le flambeau là ils l’avaient jadis laissé. Et il y a les pessimistes, qui doutent de l’originalité, de la qualité et de la spontanéité d’un énième come-back. Pour ma part, je me situais plutôt du côté des pessimistes. Faith No More est un de mes groupes favoris et il est toujours tracassant, voire inquiétant, de savoir que la légende pourrait se casser la gueule. Toutefois, j’ai toujours été confiant sur le fait que le groupe offrirait une galette aboutie et au grand jamais ne se moquerait de son public.

Comme tout album de Faith No More, Sol Invictus doit se laisser apprivoiser et nécessite plusieurs écoutes et comme chaque album, celui-ci s’avère déroutant et se situe dans une sphère musicale où on ne pensait pas spécialement le trouver. Cela commence avec le titre éponyme, court morceau mené principalement par le piano de Roddy Bottum. Un morceau calme et apaisant pour démarrer? C’est quelque chose dont Faith No More ne nous a pas habitués. Rappelez-vous de The Real Thing, Angel Dust, King for a Day et Album of the Year. Ils commençaient tous par un titre rythmé. Une fois de plus, Faith No more prend tout le monde à contre-pied et pose les bases de son album: un disque plus calme, plus lancinant. « Superhero », single présenté quelques mois avant le sortie de l’album, reprend la recette qui a fait le succès des californiens dans le courant des années 90 : un jeu basse/batterie percutant digne de King for a Day, un chant schizophrène et une mélodie qui n’aurait pas fait tâche sur Angel Dust. Un titre direct et c’est pourtant presque le seul morceau dans cette veine. « Sunny Side Up » enchaîne le pas et se montre plus révélateur de la couleur de l’album avec un piano omniprésent, une basse ronronnante et un chant tantôt crooner, tantôt plus appuyé. L’âme de Tomahawk (ndlr : autre groupe de Mike Patton) plane au milieu de l’album tant « Separation Anxiety » ou encore « Cone of Shame » auraient pu se trouver sur un de leurs albums. Et il y a aussi « Motherfucker », titre également sorti plusieurs mois avant l’album et qui avait fait couler beaucoup d’encre tant le morceau ne décolle vraiment jamais et ressemble plus à une intro qu’à une vraie chanson. Situé en 8e place, « Motherfucker » relance la machine et l’auditeur en se lâchant dans sa 2e partie. Il est aussi intéressant de constater que c’est Roddy Bottum qui chante les couplets pendant que Mike Patton gravite autour de lui, telle une bête attendant patiemment qu’on la fasse sortir de sa cage. Il est presque temps de finir l’album avec « Matador » où Mike Patton sublime le morceau par sa voix et un timbre que l’on n’avait jamais eu l’occasion d’entendre chez Faith No More. « From The Dead » termine par un contre-pied l’album comme celui-ci avait commencé. Là où on s’attendait à une chanson agressive (ce titre ne vous rappelle pas « Surprise! You’re Dead! » ?), le groupe clôture sur une touche folk et Mike Patton de nous rassurer avec son « welcome home my friend ». Oui, ils sont bel et bien de retour!

Alors oui, Faith No More est de retour mais est-ce pour autant un retour triomphal dans nos platines? Non. C’est vrai, on ne peut nier la qualité de l’écriture ainsi que la production solide faite maison. Seulement, on n’y retrouve pas le génie, l’originalité et la folie qui dégoulinent de leurs anciens albums. Des titres comme « Separation Anxiety » ou « Rise of The Fall » trouvent leur place dans l’univers musical du groupe mais il manque à chaque fois ce petit quelque chose en + que Faith No More a toujours apporté. Cela s’entend également par exemple sur « Black Friday » qui manque de conviction. Le groupe a changé des sonorités qui lui étaient propres. Roddy Bottum n’utilise à proprement dit plus de synthé mais très majoritairement un piano et c’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Au revoir les nappes de synthé de « Midlife Crisis », « Stripsearch » et j’en passe. Mike Patton aussi en fait beaucoup moins que par le passé. Il est + crooner que psychopathe mais il reste le chanteur exceptionnel qu’il a été et qu’il sera toujours. Sa palette vocale est sans limite et ses intonations toujours aussi pertinentes. Il suffit d’écouter « Rise of The Fall » où il murmure des « com’on » aussi intrigants qu’inquiétants. A contrario, la guitare reste le parent pauvre du groupe. Jon Hudson et sa guitare sont bien présents mais restent relativement discrets et fondus dans le mix et peut-être que ça aussi, cela joue sur le manque de folie de l’album.

Sol Invictus n’est ni bon, ni mauvais, ne mérite ni le tapis rouge, ni les œufs pourris. Sol Invictus marque le retour d’un groupe de trentenaires partis beaucoup trop tôt et qui nous reviennent cinquantenaires.  C’est peut-être une suite logique à Album of the Year, un album calme et posé à écouter non pour son excentricité mais pour ses ambiances. Imaginez Roddy Bottum assis devant son piano à queues, Mike Patton debout sirotant un verre de rouge et le reste du groupe prenant leurs instruments sereinement, sans précipitation, se foutant du qu’en dira-t-on. C’est peut-être ça, la maturité.

Tracklist :

1. Sol Invictus

2. Superhero

3. Sunny Side Up

4. Separation Anxiety

5. Cone of Shame

6. Rise of The Fall

7. Black Friday

8. Motherfucker

9. Matador

10. From The Dead


 
Chroniqué par : PROPHET
 
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