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Date de sortie : 22/11/2011

Style : Métal Noir

Pays : Canada


Note : 17/20
Forteresse
“Crépuscule d'Octobre”

Ces dernières années ont vu l’éclosion d’une série de groupes canadiens, québécois pour être exact, s’inscrivant dans une mouvance black metal sincère et personnelle. La plupart de ses groupes se retrouve sous la bannière du label Sepulchral Productions. C’est grâce ce label que l’on connait désormais le travail de qualité de Sombres Forêts, Gris, Neige et Noiceur, Borgne, Monarque, Utlagr (R.I.P.) et aussi Forteresse auquel nous nous intéressons ici. Ce groupe de Montréal vient de sortir un quatrième album qui nous plonge dans de vraies sonorités black metal mais qui n’est ni daté ni stupidement intègre juste pour avoir le look et l’attitude. Tout cela sur fond de traditionalisme et de régionalisme québécois.

Bien entendu, serait-on tenté d’ajouté. Vu d’ici, on a l’impression qu’un Québec libre et indépendant fait partie des revendications chaque de habitant de la belle province. Forteresse en a fait son credo. Au-delà d’un nationalisme bête et méchant, Forteresse se dresse en rempart contre l’oubli de leurs ancêtres et l’oubli des anciennes traditions de leur région. Au travers des thèmes abordés dans leurs chansons, ils préservent et perpétuent fièrement l’identité québécoise, son histoire et ses paysages. Le nom du groupe prend alors tout son sens. Pour cela aussi, ils qualifient leur hommage musical de métal noir (pas du black metal) patriotique et épique. On retrouve donc ces thèmes dans la composition musicale. Par exemple, « La Lame Du Passé » débute par une musique et des échantillons sonores de ce que j’imagine sans peine être une foire traditionnelle québécoise. L’intro des « Spectres du Solstice » est du folk traditionnel sans doute joué au violon et se termine par des bruits de pluie. Cet élément fait toujours son effet pour instiller des ambiances ; celles d’automne en l’occurrence comme le nom de l’album le suggère. Fidèle à sa logique, l’album Les Hivers de notre Epoque commençait par des bruits de pas dans la neige fort à propos.

Pas de malentendu toutefois : le côté folklorique et épique se limite à ces petits passages davantage destinés à présenter le contexte qu’à vraiment déteindre sur la musique. Les morceaux de l’album précédent (Par Hauts Bois et Vastes Plaines en 2010) étaient majoritairement longs, lents, ambiants, dépressifs et presque contemplatifs tandis que ceux de Crépuscule d’Octobre sont plus rapides, plus rythmés et plus agressifs. A l’exception de « Silence d'Octobre », une intro ambiant dans la lignée des deux précédents albums, les claviers et ambiances atmosphériques ont disparu ici au profit d’un son plus brut et direct. En fait, ce nouvel opus est assez homogène en terme de compos. Aucune ne se démarque vraiment par rapport aux autres. Elles ont toutes en commun la dominance de la guitare mélodique. Un accord, souvent fort aigu, parfois dissonant, est joué en continu pendant tout le morceau avec peu de variations dans les lignes mélodiques. Ces accords dominants et transperçants impriment vraiment l’identité de chaque chanson (« Le Triomphe Des Douze », « La Lame Du Passé », « Mon Esprit Rôde Toujours »). Ils sont répétés encore et encore mais sans que ça devienne jamais lassant grâce à quelques variations de tempo qui apportent un peu de dynamique à la structure des titres.

La rythmique justement, elle est beaucoup plus brutale et rapide qu’avant (sauf au début plus lent et atmosphérique presque planant de « Mon Esprit Rôde Toujours »). Constitué à l’origine par le duo Moribond (guitares, basse) et Athros (voix), la formation compte actuellement un troisième membre en la personne de Fiel à la batterie. Son apport est percutant. Le début des « Enfants Du Lys » sonne presque comme du Marduk et comprend l’un des seuls passages très lent / ambiant après lequel la batterie claque comme le tonnerre. Ce dernier titre de l’album est le morceau le plus varié et le moins linéaire, clairement le plus passionnant. Il se termine même par un truc tout calme de 2 minutes avec un bruit d’eau qui coule. Le repos après le coït, l’ambiance zen comme pour une séance de massage ! A l’opposé, les « Spectres du Solstice » est un peu moins fluide avec des plans de batterie un peu plus simplistes. J’ai comme l’impression que chacun a maintenant bien trouvé sa place dans le groupe et peut se concentrer sur son domaine sans se disperser. Les vocaux d’Athros par exemple sont plus présents qu’avant et je les ai trouvé meilleurs, moins poussifs. Même si parfois ils sonnent comme lointains, cela donne un sentiment de perdition dans les vastes étendues canadiennes. Et tout cela est parfaitement exploité par une production claire et compacte pour un rendu bien brut qui laisse comme on l’a dit la part belle aux guitares répétitives et hypnotiques.

Pour conclure, disons que l’originalité n’est pas la première qualité de Forteresse (Burzum vient à l’esprit assez vite) mais les québécois ont le mérite de composer avec intelligence. Le minimalisme des structures est certainement intentionnel et puis l’exécution est suffisamment convaincante pour se laisser emmener vers leur province sans jamais être lassé. Avec Crépuscule d’Octobre, laissez-vous porter sans vergogne au fil des forêts, des rivières et des prés pour se souvenir et ne jamais oublier la fureur d’un combat pour la liberté !

Tracklist :

1. Silence d'Octobre
2. Le Triomphe Des Douze
3. La Lame Du Passé
4. Mon Esprit Rôde Toujours
5. Spectres Du Solstice
6. Enfants Du Lys 


 
Chroniqué par : VANARKH
 
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