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Date de sortie : 08/10/2012

Style : Southern Metal

Pays : France


Note : 15/20
God Damn
“Back to the Grindstone”

God Damn, interjection utilisée pour renforcer le substantif qu’il accompagne afin d’exprimer un mécontentement, de la colère ou une surprise. Exemple : No god damn discussion, folks! Back to the Grindstone is a fucking good record, it’s rock ‘n roll with balls! Fin de la chronique. Mouais, un peu court. Ne discutons donc pas mais expliquons.

Comme son nom ne l’indique pas et sa musique southern metal encore moins, God Damn est originaire de Lyon. Formé en 2004, un premier album Old Days sorti chez Season Of Mist en 2009, un paquet de concert sous le coude, les 5 lyonnais reviennent avec un deuxième opus des plus affûtés sur le petit label UFO Records. Si pour bien faire du southern metal, il faut venir du sud des States, porter un chapeau de cowboy ou je ne sais quel autre cliché, eh bien, écoutez God Damn. L’expression « la musique ne connait pas de frontière » prend alors tout son sens. Cela sonne exactement comme au Texas ou en Louisiane : c’est lourd, gras, ça sent le fuel et la sueur. Back to the Grindstone, c’est un savant mélange de hard rock, de stoner, de metal, le tout avec du groove, de la crasse et une bonne dose de burnes.

Tout ça fait penser à qui ? Les désormais référentiels Down. Et ce n’est pas l’excellente voix de Renat qui va démentir cela puisqu’il est, à ma connaissance, le chanteur dont le timbre vocal se rapproche le plus de Phil Anselmo. Belle réussite! Mais ramener God Damn à un clone de Down serait un peu trop réducteur même si pas totalement dénué de sens. Des morceaux bien ficelés et très homogènes comme « Never Look Your Fate Down », « Legends Come Down from Us » « The Lambest » ou encore « Replacing Older Time » jouent cette carte avec efficacité car tout est bien en place et carré. De plus, ce n’est pas du tout risible (genre petit groupe amateur qui essaie de faire comme mais qui sonne davantage comme un pastiche ridicule). Que du contraire.

Pour faire simple et clair, j’affirme que Back to the Grindstone est simplement meilleur que le dernier EP d’Anselmo, Windstein & co. J’ai en tout cas pris plus de plaisir à l’écouter car il y a plus de diversité et une sorte de décomplexion totale qui fait plaisir à entendre chez des français. Le premier morceau « Hangman's Rope » donne à lui seul le ton. Ça démarre comme du Tool (la basse) et puis la voix se fait très semblable à celle de Poun de Black Bomb A avant de virer dans le registre Anselmo. Mais la grosse surprise vient de la présence d’un orgue (hammond ?) lors d’un passage plus calme donnant un truc très old blues. « I Could Be Jay » est un autre exemple évocateur : cela passe d’un début rapide presque hardcore pour ensuite virer dans un truc rétro, rock ‘n roll à souhait. « All In » n’est pas sans rappeler aussi un certain Godsmack mais ici, God Damn n’hésite pas à faire le grand saut des styles et passer du heavy metal au stoner en ajoutant quelques touches de claviers rappelant le grand Deep Purple des 70’s.

Décomplexés ces gars disais-je. Prenez « No Way to Overtake » : avec encore cet orgue (toujours pas sûr qu’il soit hammond ?), il y a un côté blues rock fort sympa. Aucun doute, ils aiment jouer à fond le trip rétro. On sent une sorte de douce affection bienveillante pour le vieux rock ‘n roll des pères fondateurs, les good Old Days. Oserais-je parler d’une sorte d’hommage à la musique roots basique, son esthétique, son contenu tout en y incorporant évidemment la dose d’énervement et de brutalité  propre au metal ? On n’en est pas loin si l’on accepte le fait que les « 90's » ont aussi enfanté des musiques nouvelles tel un Pantera qui lui-même n’a jamais nié quelques accointances avec le blues [note : pour rappel, le père Abbott, musicien de country, possédait son propre studio où Darrell et son frère Vinnie regardaient des bluesmen jouer]. Cette musique née dans les champs de cotons est donc toujours bien vivante et actuelle.

Déjà beaucoup plus personnel que leur premier album, notamment avec ce synthé/orgue et une orientation stoner, on peut dire de God Damn qu’il est le plus sudiste des groupes français. Et paradoxalement, l’un des groupes de southern metal les plus crédibles avec un enregistrement hyper pro et des guitares très soignés sous des dehors bien cras. On a en tout cas moins l’impression d’improvisation ou de jam session que chez d’autres (voir ma chronique du Purple EP) car on sent des compos bien travaillées, arrangées et fignolées. Et puis surtout, le chant, au-delà des comparaisons, est vraiment de qualité. Et sans un pet d’accent, svp ! Il faut le mentionner car à l’écoute d’un tout calme « Interlude », je n’ai jamais entendu un french band aussi bon en anglais et aussi convaincant dans une sorte de sombre balade plus américaine que nature.

Ça me fait mal de l’écrire mais je ne suis pas le mec le plus ouvert musicalement qui soit. Pour faire consensuel, je dis toujours que j’ai des goûts très précis, même en metal. Il y a des tas de styles auxquels je suis totalement imperméable. Pourtant, j’adore les mélanges. Alors quand il s’agit de mixer ce qui coule dans mes veines (du metal) avec la racine de toute chose musicale, le vieux blues, je dis bravo. Et quand le cocktail final a un furieux goût de hard rock vintage, chaud et sale : je dis santé ! Au-delà de toute chapelle stylistique, il n’y a rien de tel que du bon gros rock ‘n roll couillu qui tâche ! God Damn, c’est tout cela. Ils renouent avec l’essence de la musique avec une aisance déconcertante qui fait autant plaisir à écouter qu’ils ont dû le prendre à jouer. Du rock et des burnes qu’on vous dit.

Tracklist :

1. Hangman's Rope
2. All In
3. Never Look Your Fate Down
4. No Way to Overtake
5. 90's
6. I Could Be Jay
7. Interlude
8. Legends Come Down from Us
9. The Lambest
10. Replacing Older Time
11. Under Pressure

 


 
Chroniqué par : VANARKH
 
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