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Date de sortie : 23/10/2012

Style : Black Metal

Pays : Norvège


Note : 16/20
God Seed
“I Begin”

Deus Ex Machina. Et pourtant c’est la main de l’homme et non Dieu qui sortit les compères King ov Hell et Gaahl d’une situation à priori sans issue. La bataille juridique quant aux droits de propriété intellectuelle sur le nom de Gorgoroth étant gagnée par Infernus, King et Gaahl n’ont eu d’autre choix que de former leur propre formation God Seed.  Pour un art musical qui se veut avant tout spirituel et individuel, I Begin est paradoxalement la conséquence d’une décision humaine et collective.

Afin d’enfanter leur rejeton infernal (aucune allusion "people-gossip" quant à une alliance entre les deux, autre que musicale...), King et Gaahl on su s’entourer de membres de Trelldom et de Geir Bratland, ancien d’Apoptygma Berzerk officiant aux claviers pour les tournées de Dimmu Borgir. Mais la présence récurrente de cet instrument n’est pas la seule différence notable avec Gorgoroth. En effet, I Begin porte bien son nom tant il s’agit pour King et Gaahl d’une seconde naissance, laissant aux artistes nommés la possibilité de s’exprimer en dehors des routes balisées traversant la contrée de Gorgoroth. De Black Metal, il en est totalement question, mais de nombreuses touches sûrement personnelles rendent le divin enfant vraiment séduisant.

Pourtant le réveil amorcé par « Awake », première plage du méfait chroniqué, semble reprendre là où Ad Majorem Sathanas Gloriam s’était endormi. King ov Hell nous gratifie de riffs dans la continuité et soutenus par la voix maîtrisée de Gaahl. Si à ce moment là il est possible de penser que la force créatrice de Gorgoroth se repose sur ses lauriers, un clavier légèrement typé 70’s et quelques éléments industriels viendront semer le doute. Parce c’est de cela dont il s’agit pour God Seed : distiller des adjuvants extérieurs à son Black Metal qui permettent d’accomplir le processus de renaissance. Selon les dires de King, avoir grandi, entre autres, dans les vinyles de Black Sabbath et Deep Purple n’y serait pas étranger. Ceci étant dit, il ne faut pas s’attendre à un Paranoïd ou un Machine Head version Black Metal. Des titres comme « From the Running of Blood » ou « Adrande Tre » (l’arbre Yggrdasil), rappellent, outre les thèmes classiques abordés, que l’on écoute la scène Black Metal de Bergen en Norvège : les blasts et autres riffs acérés sont de rigueur. « This from the past » confirme le processus. La fureur des débuts laisse place à deux minutes finales pleines d’emphase, limites planantes et aidées par quelques sonorités électroniques. 
Des titres plus mid-tempo comme « Alt Liv » (accompagné d’un clip plutôt bien réalisé), « Hinstu Dagar » et « Lit » permettent de varier les plaisirs. D’autant plus qu’ils instaurent une véritable ambiance rituelle grâce aux claviers et au travail fait par Gaahl sur ses parties vocales. Certains claviers sur « Lit » nous transportent dans une autre époque alors que l’utilisation de voix claires sur « Hinstu Dagar » confère au titre une personnalité qui lui est propre. Ces accalmies sont d’ailleurs souvent suivies de brûlots infernaux qui rappellent d’où vient la Bête (l’enchainement « Lit » et « The Wound »).

Et c’est ce qui fait la force de I Begin. Chaque titre possède assez de personnalité pour être considéré dans son unicité mais aussi assez de cohérence avec les autres pour composer un album entier. On pourrait alors critiquer le liant de l’album, constitué de titres comme « Diversion 1 », « Bloodline » et « Diversion 2 », peut-être un peu faciles et manquant d’investissement lors de la composition. Ces plages ambiantes électroniques, à la manière de celles proposées sur  l’album Erotic Funeral de Gaahlskag (autre projet du sieur Gaahl) sont certes plutôt simplistes mais s’accordent finalement bien avec l’ensemble.

Si la pochette de l’album, censée représenter le chaos organisé, répond aux attentes de tout amateur de Black Metal, il en va de même pour le contenu. King ov Hell a su composer une œuvre noire dans la lignée de ses précédentes créations au sein de Gorgoroth mais en y ajoutant des éléments plutôt novateurs qui ne devraient pas trop effrayer le puriste. Pour ce qui me concerne, je leur souhaite de développer les aspects les plus ambiants et originaux de l’album afin de passer du statut de nourrisson ambitieux à celui de Bête décomplexée.

Si avenir juridique il y avait pour King et Gaahl face à Infernus, God Seed, I Begin constituerait un bon dossier en appel face au très décevant Quantos Possunt ad Satanitatem Trahunt et permettrait de pourquoi pas faire jurisprudence à la fois auprès du Juge et du Démon.

Tracklist :

1. Awake
2. This From the Past
3. Alt Liv
4. From the Running of Blood
5. Hinstu Dagar
6. Diversion 1
7. Aldrande Tre
8. Lit
9. The Wound
10. Blood Line
11. Diversion 2
 
Chroniqué par : DIVISION HELL
 
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