;






Date de sortie : 13/10/2008

Style : Metal Moderne/Prog-Death

Pays : France


Note : 15/20
Gojira
“The Way of All Flesh”

Je n’ai pas l’habitude de pratiquer la langue de bois. Je vous avoue donc que jusqu’il y a quelques années, la scène metal française ne m’inspirait mais alors pas du tout... C’est qu’en pensant à cette scène, je pensais à des noms tels que Malédiction, Blasphème, Trust,... Bref, la vieille garde « hard » horriblement ringarde avec, en outre, un chant en français (ce qui m’horripile particulièrement). Mais ces dernières années, un vent frais souffle au sein de cette scène française. Il était écrit que le salut de nos voisins viendrait de l’extrême : Anorexia Nervosa, Blut Aus Nord, Deathspell Omega, Arkhon Infaustus,… Tant de groupes réellement originaux et au talent indéniable. Et puis, il y a aussi (et surtout !) Gojira ! La formation de Bayonne me séduit depuis l’énorme The Link publié en 2003 : riffs colossaux et technique de jeu impressionnante étaient alors au service d’un style aussi moderne que neuf et atypique. Les Français avaient encore enfoncé le clou deux ans plus tard avec From Mars To Sirius, sur lequel expérimentation et maturité étaient les maître-mots. C’est également cet album qui les a fait exploser au niveau international. Gojira a notamment remporté un joli succès outre-Atlantique lors de tournées en première partie de très grosses pointures (encore récemment de Metallica !).

Dès lors, la pression a dû souffler sévère dans la nuque du groupe à l’entame de l’enregistrement de cet album très attendu…par un public cette fois démultiplié ! Tout d’abord, signalons qu’au niveau du son, les frenchies ont fait le bon choix en confiant le mixage et le mastering à Logan Mader : l’ex-Machine Head a fait de The Way of All Flesh un album puissant et moderne, qui ne perd pas une parcelle de son identité si précieuse. Passons maintenant au principal sujet d’intérêt : la musique. Je n’apprendrai rien à personne en disant que Gojira n’est pas vraiment un groupe « facile d’accès », mais cette caractéristique est particulièrement accentuée sur ce nouvel opus, qui nécessitera donc de nombreuses écoutes avant d’être appréhendé correctement. D’emblée, le quatuor ne nous rend pas la tâche facile avec un titre d’ouverture assez étrange, « Oroborus ». Très moderne et désarticulé, ce titre n’est pas dépourvu d’intérêt mais apparaît davantage comme une intro trop longue que comme un bon choix d’ouverture d’album. Heureusement, derrière on retrouve « Toxic Garbage Island », aux riffs dantesques et à la technique vertigineuse. Le travail rythmique est énorme (quel batteur que ce Mario Duplantier !) et Joe Duplantier a également élargi sa palette vocale, en faisant désormais un hurleur des plus crédibles. Gojira parvient aussi, et cela fait partie de ses plus grands mérites, à créer des ambiances très particulières, difficilement descriptibles car appartenant vraiment à son univers propre (« Yama’s Messengers », « Esoteric Surgery »).

Randy Blythe de Lamb of God vient pousser la chansonnette sur « Adoration For None » et le résultat est excellent : son timbre vocal original se marie bien à ce titre alambiqué qui envoie bien la sauce. Le long « The Art of Dying » est encore un grand moment : une intro en douceur, des riffs furieux, un mid-tempo lourd de chez lourd, des vocaux mélodiques et évidemment une rythmique de dingue (cf. le passage black maîtrisé à la perfection). Gojira semble n’appartenir à aucun genre : il distille ses influences dans une tornade sonore complètement unique. « Vacuity » est un bon single, avec son rythme de forgeron et ses mélodies vocales soignées. Le blast de Mario donne une fois de plus envie de se rompre les vertèbres cervicales et les riffs sont vraiment impressionnants. Le groupe termine avec « Wolf Down the Earth » dans la plus pure tradition Gojira : un vrai délice !

Au final, Gojira n’aura certainement pas usurpé sa réputation de groupe unique en son genre : cet album mérite le respect ne fut-ce que par les challenges musicaux qu’il impose à l’auditeur. Les Français occupent une place à part dans la scène internationale et poursuivent leur chemin sans se préoccuper de qui que ce soit, de quelque mode que ce soit. Forcément, dans une telle entreprise, le groupe ne crée pas que des perles, et on retiendra alors tout de même quelques titres assez dispensables ou pas très réussis sur The Way of All Flesh. Ils sont selon moi au nombre de trois : « Oroborus », « A Sight To Behold » et « The Silver Cord ». Ce n’est finalement là qu’une remarque mineure ! Gageons que les Français ont encore de bien belles pages à écrire à l’avenir !

Gojira, un groupe pionnier ? Sans aucun doute.

 

Tracklist :

1. Oroborus
2. Toxic Garbage Island
3. A Sight to Behold
4. Yama's Messengers
5. The Silver Cord
6. Adoration for None
7. All the Tears
8. The Art of Dying
9. Esoteric Surgery
10. Vacuity
11. Wolf Down the Earth
12. The Way of all Flesh  


 
Chroniqué par : MASTEMA
 
RETOUR
+ DE LIVE REPORTS

16-06-2016
  TREMONTI + MAN THE MIGHTY + CROBOT
Theater (Heerlen, NL)

30-05-2016
  KORN / BEYOND THE BLACK
Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

20-02-2016
  SYMPHONY X / MYRATH / MELTED SPACE
Biebob (Vosselaar, BE)

14-02-2016
  DAGOBA / LIGHTMARE
L'Entrepôt (Arlon, BE)

 

30-12-2015
  MONARCH / BIRUSHANAH / ORNA
Magasin 4 (Bruxelles, BE)

17-11-2015
  SLAYER / ANTHRAX / KVELERTAK
Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

11-11-2015
  VREID / KEEP OF KALESSIN
Kultur Fabrik (Esch-sur-Alzette, LU)