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Date de sortie : 15/01/2013

Style : Modern Metal

Pays : Belgique


Note : 18/20
Goliath
“Goliath”

Je pense que pour la première fois de ma vie, j'ai peur d'écrire... Pas que j'aie beaucoup de mal à dire de cet album, ou que les mots ne me viennent pas, non... j'ai peur parce que celle-ci se doit d'être parfaite. Parfaite parcequ'elle est plus qu'une chronique, c'est un hommage. Un hommage à un homme, que dis-je un homme... un géant ! Un géant qui fut de surcroît mon ami, pendant quinze ans. Oh pas un ami proche, non, mais un ami quand même, le genre de ceux sur qui on peut compter pour vous dire les choses en face, sans détour ni hésitation. Le genre d'homme qui se bat toute sa vie pour un sourire, ou une baffe, au choix, car pour lui l'un équivalait l'autre, la réaction était plus importante. Et pourtant les mots ne me viennent pas, je cale devant une page vierge sur laquelle je me dois presque de coucher une ôde au « Z » et à ses accolytes, cette bande de dégénérés du riff qui, avant le drame, tentaient de pondre l'album parfait avec, pour souligner leur musique, une voix revenue de l'enfer où elle avait probablement administré au Malin sa première dégelée ! Il est 3h du matin et je ne dors pas... mais alors que j'essaye de trouver le sommeil, j'entends cette voix qui me dit « Allez espèce de tapette, bouge ton cul de là, et écris-moi ce que j'ai mérité ! ». Alors je m'exécute...

Cet album avait évidemment besoin d'une naissance, et l'« Introduction » qui ouvre la setlist donne le ton d'emblée. Le son de Goliath est reconnaissable entre tous, un son où les guitares sont maîtresses et la batterie l'amant qu'elles méritent. Déjà dans ces premiers riffs, l'émotion est présente. On sent que ce qui arrive derrière risque bien d'être énorme, et le son général administré par le groupe lui-même (grandement aidé par son guitariste live Nicolas Lomartire et son expérience d'ingénieur du son) nous ascène déjà une fameuse claque. Même si on connaissait déjà la plupart des morceaux présents sur cet album, la production de ce nouveau disque apporte clairement à ces titres une nouvelle essence, et l'« Antre-Miroir » ne sera pas là pour me contredire. Une première raclée flanquée par le sieur Zoina à coup de vocaux gutturaux, en français s'il vous plait, pour tenter une enième fois de secouer tous ceux qui s'appitoient sur leur sort et de leur faire relever la tête. Place ensuite à « Black Milk », la matière sombre dont les membres de Goliath se sont abreuvé dès les débuts du groupe, puisqu'il s'agit du tout premier titre composé par ceux-ci. Un riff catchy à mort, des guitares tantôt mélodiques à souhait, tantôt destructrices, et l'inévitable ton du « Z », font de ce titre le plus efficace de l'album, un single en puissance pour toutes les radios et chaînes spécialisées ! Sur « The Uncoming », c'est Nico « Hagrid » et sa basse qui apportent une nouvelle dimension à ce disque, avec une introduction complètement intriguante et pleine de tensions. Au pays de Goliath, la lourdeur est autant reine que le riff est roi, et c'est un vrai bulldozer qui déferle sur nos petites gueules ébahies devant une ambiance aussi pesante. On appréciera particulièrement le passage pachydermique qui s'installe de tout son poids à la troisième minute, ne laissant aucune chance à celui qui tenterait une approche furtive. « Djihad », c'est le combat d'un homme. Un homme qui lutte pour sortir la tête de l'eau, comme l'a fait notre frontman préféré pendant plusieurs années. Ce morceau, peut-être le plus rentre-dedans de la setlist, est probablement aussi, dans son aspect littéraire, le plus arraché et le plus inflexible de tous. Trois minutes suffisent aux titans namurois pour envoyer le bois sans prendre le temps de nous laisser souffler une seconde.

Arrive alors « Liar », et là... je vous conseille de vous préparer à quelque chose de gigantesque, car il s'agit clairement là de la pièce maîtresse de Goliath ! Tant pour son atmosphère que pour l'harmonie des instruments, en passant par l'interprétation du chant ou la structure du morceau, tout dans cette chanson est absolument incroyable. N'ayons pas peur des mots, je n'avais jamais entendu de ma vie en Belgique un titre aussi parfait à tous points de vue ! Même la basse de Nico se permet un petit solo hyper bien placé, et ça le fait. Vous réécouterez cette chanson à coup sûr des dizaines fois parce qu'elle est extraordinaire, tout simplement. Mais n'oubliez quand même pas de jeter une oreille à « Ré-Génération » qui clôturera cet album de la plus belle des manières. Même si les aficionados du groupe connaissaient ce titre depuis longtemps, et que certains l'avaient déjà entendu sur le premier EP de Goliath, tous le redécouvriront avec plaisir grâce à ce nouveau son énorme dont profite l'entièreté du disque, et profiteront des nouveaux solos de Lud qui a tout déchiré sur ce coup-là, il faut le dire !

Goliath est plus qu'un album, c'est une apologie ! Une apologie de vingt huit minutes pour laquelle quatre hommes se sont grandis, ont donné le meilleur d'eux-même, pour finalement se faire tout petits et laisser la place à un colosse, une présence mastodontique qui, quand vous la rencontrez, vous change à jamais. Cet album, les cinq membres de Goliath l'avaient vraiment sur le coeur, l'un pour sa lutte constante, les autres pour un nouveau combat dont ils se seraient bien passé... et ça se ressent grandement. On soulignera l'incroyable travail du groupe qui, avec des bribes d'enregistrements du chant de Steph stockés par-ci par-là avant sa disparition, a su placer sa voix de façon magistrale sur ces six morceaux qui en ressortent totalement grandis. A l'écoute de ce disque, je me sens personnellement à la fois triste, parce que certains souvenirs me reviennent et que je ne pourrai plus les partager avec qui de droit, mais aussi heureux, parce que pendant un instant, Lud, John et les deux Nico ont su transformer leur malheur en énergie, en courage et en détermination, assez de tout cela pour offrir au « Z » l'album qu'il méritait, celui qu'on attendait, et que vous aimerez, je vous l'ordonne ! Au-dessus de nos petites têtes de gamins amoureux de musique nous sourit certainement un homme qui aurait voulu être là pour nous dire « Eh t'as vu, je l'ai fait ce putain d'album ! », et on a juste envie de lui dire une chose : « Tu l'as fait ma poule... tu l'as fait ! ».

Tracklist :

01. Introduction
02. L'Antre-Miroir
03. Black Milk
04. The Uncoming
05. Djihad
06. Liar
07. Re-Génération

 
Chroniqué par : SPONGE
 
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