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Date de sortie : 26/08/2016

Style : Black Metal

Pays : Allemagne


Note : 13/20
Imperium Dekadenz
“Dis Manibvs”

L’air de rien, Dis Manibvs est déjà la cinquième réalisation d’Imperium Dekadenz. Cette longévité confère bien évidemment aux Allemands une légitimité et une réputation, mais aussi une maturité et une expérience enviables. Oui mais voilà : ces qualités n’empêchent pas l’impression d’avoir affaire à un groupe ayant dépassé son pic de créativité, atteint en 2010 avec Procella Vadens et la signature sur Season of Mist. Sans être un échec, Meadows of Nostalgia (2013) n’avait pas pleinement convaincu dans sa tentative d’explorer une voie moins épique et plus mélancolique. Malgré un retour à des velléités plus proches des premiers albums, Dis Manibvs vient hélas confirmer le petit creux dans lequel se trouvent nos amis germaniques. Après une intro prometteuse, à l’ambiance mystérieuse et au pouvoir d’évocation fort, le long « Only Fragments of Light » permet de constater que le duo Vespasian/Horaz ne parvient plus à renouer avec le souffle épique et la grandeur de Procella Vadens. Certes, on sent l’implication et la maîtrise, mais tout est déroulé de façon tellement prévisible, des riffs grandiloquents aux chœurs virils (pas très réussis), en passant par la reverb sur le chant, caution stylistique pour le moins conservatrice. De plus, les riffs et mélodies ne laissent aucune empreinte. Bref, le groupe n’a plus les moyens de faire tenir ce genre de titres sur une durée aussi longue (plus de huit minutes)… Même manque d’excitation sur le morceau-titre, dont on ne retient pas grand-chose (ni positif ni négatif), l’interlude ambiant « Pantheon Spells », très stéréotypé (avec voix susurrées et tout le toutim) et l’instrumental acoustique « Somnia », sans intérêt. Il n’est pas étonnant que les exemples cités s’inscrivent tous dans un registre différent : ils prouvent que le groupe s’est attaché à diversifier son propos avec une ambition bienvenue… mais sans l’inspiration qui devrait l’accompagner.

Heureusement, la musique d’Imperium Dekadenz retrouve du relief sur la deuxième moitié de l’album. Sur « Vae Victis », on apprécie le retour à une dynamique plus agressive, un changement de registre qui permet de sortir de l'habitude des nombreux effets dont le groupe est friand. Une concentration de notre attention sur l’essentiel qui fait beaucoup de bien. Les effets « imposés » ont beau faire un retour pesant sur « Volcano » (ce voile éthéré confère un certain style, mais déforce immanquablement la musique), le morceau convainc malgré tout grâce à des mélodies et des guitares inspirées. Il n’empêche que les longs développements progressifs et ambiants des Allemands y gagneraient beaucoup s’ils étaient débarrassés des effets de style pompeux et inutiles. « Pure Nocturnal Rome » est plutôt bon, lui aussi, avec à nouveau des mélodies mélancoliques et éthérées ponctuées d’accents durs. Sur la durée, le groupe reste toujours coincé entre le mysticisme de Blut Aus Nord et les envolées épiques et tristes caractéristiques de l’école allemande du black metal (avec Burzum comme référent naturel). Les moyens manquent à Imperium Dekadenz, on y revient, mais il possède malgré tout un pouvoir d’attraction indéniable. On passera par contre poliment sur le conclusif « Seikilos », lancinant et atmosphérique, sur lequel les Allemands se contentent d’ânonner la formule éculée « Death is certain, life is not » via des chœurs masculins. Hum…

Imperium Dekadenz est un « cas » difficile à juger. Le succès artistique non renouvelé de Procella Vadens nous fait pencher tantôt vers l’idée que le groupe est en phase de transition vers quelque chose de passionnant, conformément aux qualités aperçues ci et là, tantôt d’avoir affaire à un groupe destiné à avoir connu un succès sans lendemain. Seul l’avenir nous dira laquelle de ces deux options est la bonne.



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Vae Victis"

 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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