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Date de sortie : 13/11/2015

Style : Black Metal

Pays : Norvège


Note : 16/20
Kampfar
“Profan”

Profan est le 3ème chapitre d’une trilogie entamée par Kampfar en 2011 avec Mare. Celui-ci abordait le thème des sorcières. Le second volet, Djevelmakt, évoquait l’enfer et l’interprétation que la société en fait. Profan parle de ce qui vient après l’enfer, un endroit désert et froid où il n’y a que vide et solitude. Les idées sous-tendant l’album sont un peu floues et ça n’a finalement que peu d’intérêt. Je trouve même que l’imagerie importe peu, bien que le groupe prétende le contraire. C’est encore une laide peinture de l’artiste polonais Zdzisław Beksiński qui a été choisie pour illustrer ce que Kampfar veut exprimer musicalement. Pour moi, ce visuel ne reflète pas vraiment le contenu de Profan. Déjà, cette couleur jaune est en contradiction avec la rigueur et la noirceur qui se dégage des 7 titres de ce 7ème album. Cela fait aussi trop artificiel et ésotérique alors que la musique est plutôt organique et humaine, pleine de colère et de désespoir. La vidéo (la toute première de leur carrière) qu’ils ont réalisée pour le titre « Daimon » représente bien mieux que la pochette l’inquiétant voyage dans lequel Kampfar nous emmène.

En fait, pas besoin de textes ou de visuel, la musique parle d’elle-même. Profan m’a plongé dans les mêmes ambiances froides et nordiques que je décrivais pour Djevelmakt. Un constat somme toute logique vu que ce nouvel album est la suite naturelle du précédent. Pourtant, les premiers moments de « Gloria Ablaze » pourraient laisser croire que Kampfar chasse sur les terres de Marduk avec un black metal plus brut et primitif. La suite infirmera cela, notamment quand ils ralentissent, posent une ambiance discrète ou quand Dolk pousse vers un chant plus haut perché et mélodique (comme il le faisait déjà sur Djevelmakt). Ma première impression était qu’il ne leur manque plus que les corpse paints pour avoir la panoplie du True Norwegian Black Metal. Mais ce n’est pas tout à fait ça. Ce qui les différencie, c’est qu’ils ralentissent souvent le tempo et insèrent des vrais refrains (« Gloria Ablaze », « Icons » et « Pole in the Ground » ; tiens, je me rends compte que ce sont pile les 3 titres en anglais). « Profanum » par exemple commence brutalement et fini plus calmement. C’est un bon équilibre, le morceau n’est ni coupé en deux ni déforcé. Le passage étiré, limite black progressif tire son épingle du jeu grâce à celui du batteur Ask Ty.

Alors qu’on pensait leur approche pagan définitivement révolue, « Icons » fait le pont entre le passé (je pense à l’EP Norse) et le présent en mélangeant un riff mélodique glacial et des chœurs vikings et une approche plus travaillée au niveau des ambiances. Le long « Skavank » est la pièce épique de l’album. C’est à nouveau du travail soigné auquel on ne peut décemment rien reprocher si ce n’est le break central où on dirait qu’il prend son bain.

Depuis le départ du premier guitariste Thomas Andreassen, Kampfar fait évoluer son identité musicale. Elle reste très forte et bien construite mais n’est pas figée ou engoncée dans sa propre projection auto-parodique. En bref, ils ne stagnent pas mais évoluent subtilement. « Daimon » offre un bon exemple. Il y a du didgeridoo en intro ; rien de neuf cependant, il y en avait déjà sur Fra Underverdenen (dans « Troll, Død Og Trolldom » et dans l’instrumental final). Le riff est excellent (il y en a toujours 2 ou 3 qui ressortent sur chaque album). Par contre, l’utilisation d’un chant plus haut et mélodique pour un vrai refrain ainsi qu’une structure plus étirée apportent une certaine fraicheur. Je n’aime pas tout le morceau (notamment les passages litaniques) mais il y a quand même de bonnes idées et une envie de ne pas sonner comme tout le monde (comme du TNBM en somme). Bon, évidemment, c’est à double tranchant. La première moitié plus conventionnelle de « Pole in the Ground » marche assez bien (la rythmique et les guitares) mais le long passage instrumental à tendance black prog/atmo en seconde partie de morceau me plait beaucoup moins. C’est l’inverse dans le dernier morceau « Tornekratt ». Le début ne me convainc guère jusqu’au passage en chant clair qui apporte une vraie dynamique mélodique, sensible et profonde.

Ce que je retiens de Profan est un gros travail décisif au niveau des guitares et, dans une moindre mesure, du chant clair. A ce propos, je n’ai pas encore compris où se trouve l’apport de Ask Ty au niveau du chant. A peine, quelques incursions ici et là qu’il est impossible de différencier de Dolk. Soit. C’est surtout le guitariste Ole Hartvigsen qui mérite les louanges. Non seulement, il a bien bossé ses parties de guitare mais en plus, il les a enregistrées (ainsi que la basse) au Knøsesmauet Studio à Bergen. Le chant a été enregistré au Waterfall Studio à Oslo. Quant à la batterie, ils voulaient absolument l’enregistrer aux Abyss Studios à Pärlby avec Jonas Kjellgren (qui a aussi mixé et masterisé le tout). Du coup, ils ont reçu un subside moindre de la part du ministère norvégien de la culture car tout n’a pas été enregistré en Norvège. Mais pour compenser, la batterie de cet album a l’honneur d’être le dernier enregistrement réalisé sur l’ancienne table de mixage du mythique Abyss Studio qui a vu passer un tas de groupes légendaires depuis la moitié des années 90. En conclusion, le son est irréprochable et à la hauteur de la qualité des compos. Au terme de cette trilogie, on peut dire que l’incorporation d’Ole Hartvigsen au sein du groupe en 2011 a véritablement permis à Kampfar de franchir un cap tant ils semblent avoir trouvé le bon équilibre pour utiliser à bon escient leurs points forts.

Tracklist :

1. Gloria Ablaze
2. Profanum
3. Icons
4. Skavank
5. Daimon
6. Pole in the Ground
7. Tornekratt

 


 
Chroniqué par : VANARKH
 
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