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Date de sortie : 19/08/2014

Style : Néo-Métal

Pays : Etats-Unis


Note : 4/20
KING 810
“Memoirs of a Murderer”

Le nouveau petit protégé de l’écurie Roadrunner Records s’appelle King 810. Ce groupe a décroché la timbale en ouvrant pour Slipknot aux States fin 2014 et en Europe début 2015. Il n’en fallait pas plus pour donner l’envie de jeter une oreille sur leur premier album nommé Memoirs of a Murderer qu’on attendait un peu comme la relève du néo-métal. Résultat : plus qu’une déception, c’est un album totalement indigeste, surfait et carrément infâme.

Fondé en 2007, King 810 est composé du chanteur David Gunn, du guitariste Andrew Beal, du bassiste Eugene Gill et du batteur Andrew Workman. Ils sont tous originaires de Flint, Michigan. Le nombre 810 de leur patronyme fait d’ailleurs référence au préfixe téléphonique de la région de Flint. Comptant une centaine de milliers d’habitants, Flint est aussi la ville d’origine du cinéaste Michael Moore. Il en parle dans son premier film documentaire Roger and Me en 1989 mais également dans son célèbre Bowling for Columbine. Flint détient le triste record d’être la ville la plus violente des Etats-Unis. C’est devenu un désert économique suite au déclin de l’industrie automobile et de General Motors (précisément l’objet du film Roger and Me). Ce déclin a laissé la ville en déshérence, entrainant chômage et misère sociale qui ont ensuite dégénéré dans une spirale de drogue et de violence. Alors que Michael Moore décrit la situation avec un humour interpellant, les mecs de King 810 se contentent de dépeindre l’âpre réalité de la vie à Flint sans aucune mise en perspective.

Pour retranscrire en musique leur concept misérable, ils ont pris le parti de mettre la voix très très en avant dans le mix. A de trop nombreuses reprises, ils laissent des passages dépouillés, seulement meublés par la voix. C’est un choix complètement pourri qui plombe tout l’album. On comprend tout cela dès l’ouverture « Killem All ». Le chant (peut-on appeler cela ainsi ?) de Gunn donne vraiment l’impression d’écouter un mec torturé qui souffre. Dans « Murder Murder Murder », ce mec a l’air tellement désespéré et triste qu’il ferait mieux de se tirer une balle. C’est assez perturbant et la musique l’est aussi. Elle n’est pas rapide, même plutôt lente. Malgré une petite touche industrielle ici et là, c’est surtout très saccadé et décousu. « Best Nite Of My Life » est le seul morceau qui fonctionne dans son entièreté car il y a un peu plus de musicalité dans le refrain, une batterie plus dynamique et un peu d’harmonie. Mais bon, pas de quoi fouetter un chat non plus, c’est du copier-coller de Mushroomhead. « Fat Around The Heart » ne propose rien de mélodique, ni de rapide, ni même de puissant. C’est juste torturé et dérangeant. On dirait que la musique se contente juste d’emballer et meubler autour du chant. Celui-ci peut de temps en temps faire penser à Corey Taylor, à Jonathan Davis (au début de « Treading And Trodden ») voire à Dez Fafara (« Desperate Lovers »). Ces deux titres-là sont très typé néo-métal, ce qui apporte enfin plus de groove. Malheureusement, ça manque encore de fluidité et ça reste trop dépouillé pour que les morceaux soient bons. Franchement, ils auraient pu faire un effort pour y mettre de la cohésion. En fait, ce n’est pas mélodieux pour un sou. Il y a des idées mais le concept prend le pas sur la musique, ils oublient qu’ils doivent faire de la musique aussi.

King 810 tend un peu vers le metalcore dans « War Outside ». Le refrain est l’un des rares bons moments de ce disque et prouve qu’avec un peu de volonté, tout aurait pu être plus agréable. Autre chose en tout cas que « Boogeymen », aussi lourd qu’oppressant et glauque. Je n’en veux pas tant à ce type d’atmosphère qu’à la façon dont ils la produisent. Le break où David Gunn murmure et gémit, c’est exactement cela qui me déplait dans cet album. Ça me dérange à un tel point que je n’ai jamais réussi à tout écouter d’une seule traite. Le chanteur geint en permanence et plusieurs fois en début et fin de morceaux, il y a des murmures, gémissements, bruits de respiration comme si on écoutait un pervers qui se tripote. J’ai d’ailleurs souvent cru que King 810 avait sonorisé le pervers (pas Hannibal Lecter, l’autre) du Silence des Agneaux.

Et voilà, sur un total de 16 plages, les 8 titres plus ou moins digne d’intérêt viennent d’être évoqués. Les 8 autres sont d’une nullité sans nom. Pour la forme (et parce que j’aime argumenter), voici pourquoi il faut encore moins les écouter que les autres. « Take It » est une sorte de blues/folk sombre et crépusculaire à la Woven Hand. Sauf que David Eugene Edwards a un certain romantisme sombre alors que King 810 donne juste envie de s’enfoncer des couteaux dans les oreilles. Sa voix de détraqué mental est à vomir. « Eyes » fait dans la balade toute calme à la Linkin Park mais c’est peu mélodique et encore moins émouvant. « Devil Don't Cry » et « State Of Nature » sont deux autres morceaux acoustiques qui ne suscitent absolument rien, juste de l’indifférence totale. Je ne comprends pas où ils veulent en venir avec ces titres acoustiques et surtout avec les multiples passages parlés, murmurés. On atteint le pire du pire avec les deux interludes déclamés que sont « Anatomy 1:2 » et « Anatomy 1:3 ». C’est tellement intrusif et dérangeant d’entendre cette voix de pervers que ça me met très très mal à l’aise et me donne envie de gerber (et honnêtement, je ne force pas le trait). J’ai rarement été autant dégouté d’entendre quelque chose ainsi. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on dirait qu’ils sont convaincus d’avoir trouvé le bon filon puisqu’ils remettent ça encore et encore. « Carve My Name » est un bidule parlé/murmuré avec juste une batterie pendant les deux tiers du temps. Idem pour « Write About Us » qui ne ressemble à rien. Est-ce original ? Même pas. C’est juste infiniment nul et emmerdant. Si leur but était de mettre en « musique » la triste réalité quotidienne de leur cadre de vie, c’est réussi car c’est aussi attrayant et agréable qu’une maison ou une usine désaffectée. Ce n’est clairement pas la joie à Flint mais ce n’est pas une raison pour nous infliger ça.

Finalement, je ne sais même pas pourquoi j’en parle. J’ai essayé de comprendre leur "monde" pour éventuellement trouver du positif à dire de Memoirs of a Murderer. Las, une rapide recherche sur le net à propos du groupe met vite en évidence la violence intrinsèque de ses membres plus qu’autre chose. Concert annulé ou arrestation pour cause de bagarres et menaces, voilà l’environnement de David Gunn et consorts. Si au moins ces gars avaient l’air sympas, constructifs ou intelligents, ça aurait permis de me faire oublier les immondices sonores qui constituent plus de la moitié de cet album. A oublier au plus vite.

Tracklist :

1. Killem All
2. Best Nite Of My Life
3. Murder Murder Murder
4. Take It
5. Fat Around The Heart
6. Treading And Trodden
7. Anatomy 1:2
8. Eyes
9. Desperate Lovers
10. Boogeymen
11. Devil Don't Cry
12. Anatomy 1:3
13. Carve My Name
14. War Outside
15. Write About Us
16. State Of Nature

 


 
Chroniqué par : VANARKH
 
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