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Date de sortie : 27/01/2017

Style : Thrash/Heavy Metal

Pays : Allemagne


Note : 17/20
Kreator
“Gods of Violence”

Cinq ans, c’est la durée qui sépare Gods of Violence de l’avant-dernier rejeton de Kreator, Phantom Antichrist, et c’est la première fois que les Allemands prennent autant de temps entre deux albums. Comme vous l’avez sans doute déjà entendu et/ou lu depuis la sortie de Gods of Violence, cette longue période de gestation a accouché d’une œuvre qui divise la fanbase du combo. « L’album le plus mélodique de Kreator », « Influences heavy metal déclarées » : voici ce que la plupart des observateurs ont relevé à l’écoute de cette nouvelle galette. Certains ont même été jusqu'à comparer celle-ci avec Outcast, ce qui est franchement un non-sens vu le caractère expérimental que revêtait ce disque de 1999 et dont Gods of Violence, par sa célébration d’un style classique (et donc ancien) et par l’adoption de références qui font partie du panthéon du metal depuis des lustres, est par conséquent totalement dépourvu. Enfin, la petite « polémique » créée par ce disque perd toute véhémence si l’on veut bien admettre que Phantom Antichrist, œuvre mélodique et versatile, avait déjà largement préparé le terrain à ce cru 2017…

Cela étant, il faut appeler un chat un chat : Gods of Violence n’est pas juste un « album de plus » pour les Allemands, et son caractère mélodique est plus prononcé que jamais. Pourtant, malgré cette identité distincte, les constats généraux que l’on peut faire au sujet de cet album sont à peu près les mêmes que ceux émis au sujet de son prédécesseur. Musicalement, le groupe a mis la barre très haut, se révélant aussi létal en labourant (riffs agressifs, batterie uppercut) qu’en tricotant (sections lead échevelées, mélodies absolument superbes), et le producteur suédois Jens Bogren a réalisé un nouveau sans-faute, mettant bien en valeur toutes les nuances des morceaux. Celui qui semble s’être pleinement épanoui sur cet effort est assurément Sami Yli-Sirniö, le guitariste finlandais faisant exploser son talent encore trop souvent sous-estimé sur des soli magnifiques (« Satan Is Real », « Totalitarian Terror », « Gods of Violence », « Side by Side »,… on pourrait citer tous les titres !). De temps en temps, Kreator cède encore au cahier de charges en livrant un titre entendu mille fois (l’inaugural « World War Now », certes garni de riffs costauds mais peu représentatif d’un disque aussi riche et nuancé ; le mid-tempo « Fallen Brother », très teuton). Et comme sur Phantom Antichrist, le chant de Mille Petrozza n’est pas toujours à la hauteur des ambitions musicales (« Satan Is Real », aux mélodies génériques, ou « Army of Storms » sur lequel Petrozza tente d’épouser les inclinations mélodiques). Soyons toutefois beau joueur et admettons que le membre fondateur des thrasheurs allemands n’a pas ménagé sa peine sur ce disque, avec quelques bonne surprises à la clé. Il en va ainsi des parenthèses calmes sur lesquelles il chante ou parle doucement, sur « Side by Side » (dont l’entame tonitruante et le refrain martial sont trompeurs au vu de l’énorme travail mélodique qui est abattu par la suite) et « Death Becomes My Light ». Il faut également mentionner « Hail to the Hordes », dont l’assise heavy n’a jamais été aussi prégnante chez Kreator, et sur lequel le chant est parfaitement maîtrisé.

Les quelques insuffisances vocales ne font de toute manière pas oublier l’essentiel : les guitares sont reines sur Gods of Violence. Le morceau-titre en est la parfaite illustration, lui qui offre un très large espace d’expression aux guitares et aux mélodies fouillées (quel travail !), au détriment du chant, une approche plutôt originale qui non seulement fonctionne bien, mais qui prouve aussi la maturité d’écriture du combo germanique. Toutes les qualités de l’album sont concentrées dans « Totalitarian Terror », le premier titre de Gods of Violence qui m’a paru tout à fait abouti : agression parfaite des six-cordes, chant très engagé (on peut compter sur Petrozza pour cela), accroche et leads de toute beauté. Un morceau typique de Kreator, il faut le rappeler à l’heure où certains voient dans Gods of Violence un chimérique disque de rupture, mais plus riche, plus varié et plus mélodique que les brûlots que le combo de Essen a publié dans la première moitié des années ’80, ça ne fait pas débat. L'ambition du quatuor est également résumée dans la production, assez impressionnante, qui a convoqué une équipe technique étoffée et des chœurs et orchestrations signés des membres de Fleshgod Apocalypse. Le piège du metal bombastique et boursouflé est cependant parfaitement évité car Kreator a vraiment misé sur la qualité d’écriture et n’a rien renié de son engagement.

Après une période de créations sans surprise (Enemy of God, Hordes of Chaos), nous saluons les récentes prises de risque de Kreator, qui fait preuve aujourd’hui à la fois d’une maîtrise musicale et d’une ouverture d’esprit qui élargissent forcément son propos. Les fans de pur thrash old-school en seront peut-être pour leurs frais mais pour ma part, il n’y a aucun doute : la maturité a du bon !


Tracklist :

1. Apocalypticon

2. World War Now

3. Satan Is Real

4. Totalitarian Terror

5. Gods of Violence

6. Army of Storms

7. Hail to the Hordes

8. Lion with Eagle Wings

9. Fallen Brother

10. Side by Side

11. Death Becomes My Light



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Totalitarian Terror", "Gods of Violence", "Hail to the Hordes"

 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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