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Date de sortie : 13/05/2016

Style : Stoner Metal

Pays : Norvège


Note : 12/20
Kvelertak
“Nattesferd”

Alors que je n’ai pas hésité à crier au génie dès la parution du premier album des norvégiens de Kvelertak, succès confirmé par le second opus Meir, j’ose affirmer que les 6 musiciens de Stavanger ne réussissent pas assoir définitivement leur statut avec leur troisième opus. Comme les précédents, on ne peut nier que cet album possède une sorte de fraicheur innovante mais il manque des choses essentielles pour me convaincre, dont les deux principales sont la fureur et la spontanéité.

Cet album Nattesferd commence pourtant bien. « Dendrofil for Yggdrasil » est dans la lignée ce qu’ils ont fait à la fin de Meir. On retrouve avec plaisir un mélange très intense de hardcore (le chant) et de black metal (les guitares) ainsi qu’une rythmique stoner, un peu à contre-temps et pas toujours très groovy mais bien pêchue quand même. En bref, Nattesferd reprend exactement où Meir c’était arrêté. A tel point qu’à la première écoute, j’imaginais ce premier titre plutôt en fin d’album à cause de la longue outro instrumentale. C’est là que je me trompais. Ce long passage instru n’est qu’un maigre aperçu de ce qui va suivre…

Dans le single « 1985 », j’aime bien l’idée de la guitare bluesy en opposition au chant hurlé d’Erlend Hjelvik. Malheureusement, c’est trop répétitif et ça ne décolle vraiment jamais : j’ai attendu, attendu une graine de démence et de saleté qui n’est jamais venue (zaï zaï zaï). S’il n’y avait le chant, on croirait entendre du rock des années 50 ou 60. Ça me fait même penser à un générique de série télé. En réalité, il paraît que c’est une sorte d’hommage au « Jump » de Van Halen (faut gratter mais on peut entendre des petites similitudes dans le riff). Las, en fin de morceau ils déroulent le même schéma pendant 2 minutes. Après cette longue outro, c’est une longue intro menée par la basse qui ouvre « Nattesferd ». C’eut été mieux de commencer l’album avec ce titre étiqueté stoner au riff impeccable. Mais à nouveau, le chant gueulé est à contre-emploi pendant le couplet et devient très doux (du chant clair) pendant le refrain. On notera l’excellent travail sur les harmonies à trois guitares. Mais là où avant ils bousculaient les codes et ruaient dans les brancards, ils adoucissent maintenant le ton en faisant juste une chanson rock. Le dérapage que je craignais à la fin de ma chronique de Meir s’est bel et bien mué en une glissade incontrôlée. Je relevais en effet déjà une tendance à de longs passages à tendance rock blues et à des délires hard rock voire progressifs.

« Svartmesse », qui ressemble soit au générique de Beverly Hills 90210 (j’ai lu aussi à « Eye of the Tiger » de Survivor), manque aussi cruellement de mordant au niveau des guitares. Là, je relève trop de retenue dans la production. Le son manque de crasse et de fureur. C’est une bonne idée d’avoir produit l’album eux-mêmes et l’avoir fait mixer/enregistrer par Nick Terry (Turbonegro, The Libertines) pour ne pas s’enfermer dans le son "Converge" Kurt Ballou (qui avait produit les deux premiers albums). Bien qu’il ait été enregistré en condition live à Oslo, au Norway’s Amper Tone Studio, Nattesferd manque de mordant, d’une dureté et une froideur purement nordique. Prenez « Bronsegud » par exemple. Il y a très peu de distorsion sur les guitares. On dirait du surf punk rock psychédélique. Malgré un très bon riff et une chouette mélodie, « Ondskapens Galakse » ne fait pas mieux. S’il n’y avait pas le chant, ce serait du rock gentil, tout ce qu’il y a de plus radiophonique. Quand on parle de manque d’énergie, « Heksebrann » se pose là. Sur les 9 minutes, il faut attendre la 4ème pour entendre le chant qui apporte à lui seul une dose d’agressivité et de pêche. Le reste de la musique pourrait se rapprocher des Who (très fort sur la fin). Ils avaient le riff de « Nekrodamus » avant même le premier album mais n’avaient jamais pu le caser. Il est chouette, pas de tromperie sur le talent, par contre, ils interprètent ça comme du blues ou du stoner pour faire plus viril. Ce serait pourtant intéressant d’entendre une version métal et rapide de ce titre !

En conclusion, je dirais que c’est très bien construit, rien à redire sur ce point. Cela semble plus complexe et enrobé de davantage d’arrangements. Bien que ce ne soit pas le même style, j’ai plusieurs fois pensé à The Hunter de Mastodon parce qu’on ressent une envie de transcender les genres, faire exploser les barrières et proposer autre chose moins enfermé dans le métal sticto sensu. Ils osent des choses, pas uniquement au niveau des guitares (combinaison de grattes 12 cordes et acoustiques), mais aussi parfois du chant avec l’apport d’un chant féminin (« Nattesferd » et « Heksebrann »). Bravo. Mais il y a un hic. Ils ont perdu leur côté black metal et même l’énergie hardcore du premier album. Snif, ça m’a souvent manqué au cours de l’écoute. Par contre, si vous aimez les longs passages instrumentaux et du métal psyché, vous y trouverez votre compte.

Tracklist :

1. Dendrofil for Yggdrasil
2. 1985
3. Nattesferd
4. Svartmesse
5. Bronsegud
6. Ondskapens Galakse
7. Berserk
8. Heksebrann
9. Nekrodamus



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : « Dendrofil for Yggdrasil »

 
Chroniqué par : VANARKH
 
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