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Date de sortie : 24/07/2015

Style : Thrash/Groove Metal

Pays : États-Unis


Note : 20/20
Lamb Of God
“VII: Sturm Und Drang”

Entre la sortie de Resolution en 2012 et cet été 2015, le monde entier a suivi les péripéties de Lamb of God, et notamment l'arrestation en République Tchèque de Randy Blythe, alors accusé de meurtre sur la personne d'un jeune fan qui, lors du dernier concert du groupe, s'était retrouvé éjecté de la scène, et avait semble-t-il succombé à ses blessures quelques jours plus tard. S'en était suivi plusieurs mois de prison préventive pour le chanteur américain, ainsi qu'un procès à la sauce tchèque, pour finalement se voir acquité, alors que l'intégralité de la scène internationale l'avait soutenu et attendait avec impatience son retour sur scène, qui fut évidemment un grand moment. Ayant presque mis Lamb of God à mort, puisque le groupe avait investi tout son argent dans le soutien à son frontman, toutes ces histoires ont finalement mis le feu aux poudres et donné encore plus la niaque aux cinq agneaux de Richmond, Virginie, qui sont à nouveau entrés en studio avec Josh Wilbur, et ont pondu ce qui pourrait s'apparenter à leur meilleur disque de tous les temps !

VII: Sturm Und Drang, puisque c'est son joli nom, débute avec "Still Echoes" qu'on avait déjà eu l'occasion d'entendre en avant-première sur YouTube, et on sent dès lors que Lamb of God est remonté comme jamais : la batterie de Chris Adler est chirurgicale, les grattes de son frère de et Mark Morton sont plus aiguisées que jamais, et la voix de Randy est au mieux de sa forme. Les paroles écrites par lui-même et son compère Morton sont toujours aussi dures, mais frappent là où ça fait mal. On enchaîne ensuite avec "Erase This" qui possède aussi d'énormes qualités, notamment son refrain hyper puissant poussé par une production parfaite dont Wilbur a le secret depuis maintenant trois albums, mais aussi un break génial auquel le son de guitare wah-wah apporte une ambiance vraiment prenante. Il fallait évidemment que Randy Blythe aborde son passage en prison sur cet album, et c'est avec le sublime "512" (le numéro de sa cellule à Prague) qu'il partage avec nous toutes ses frustrations. Un morceau plus lent mais tout aussi pêchu, aux arrangements remarquables et au refrain catchy au sens métallique du terme. Il s'agit certainement là d'un des titres les plus marquants de l'album, si tant est qu'un de ceux-ci le soit moins que les autres... Avec "Embers", Lamb of God tente une approche un poil plus mélodique dans l'instrumental, mais tout aussi déchiré au niveau vocal, en tout cas pendant les trois premières minutes, puisqu'afin de nous abreuver de leur meilleur nectar, les Américains ont invité à clôturer cette chanson ni plus ni moins que Chino Moreno (de Deftones, pour les incultes) qui pose ici sa magnifique voix sur une série de riffs prêts à l'accueillir avec respect et efficacité. Ce final est juste énorme, et offre à la discographie du groupe quelque chose de clairement nouveau, sans pour autant renier son esprit originel. Si vous n'en avez pas encore eu assez, sautez sur "Footprints" et ses blastbeats d'introduction pour quatre minutes de grosse claque pseudo-écologique, où Blythe tape sur les doigts des touristes irrespectueux de l'environnement qu'ils visitent et salissent à longueur d'année. Lamb of God y démontre encore une fois tout son savoir-faire, et valide avec brio son statut de "Pantera du 21ème siècle". "How the fuck did you think this would end?!", absolument jouissif ! La grosse surprise de cette nouvelle plaque est certainement "Overlord", un morceau complètement mélodique sur lequel Randy a choisi de chanter, vraiment, avec une voix mélodique superbe qu'on ne lui connaissait que très peu, et qui pourtant ouvre des voix parfaites pour l'avenir du groupe ! L'ambiance générale me fait personnellement penser au "Bleeding Me" de Metallica, mais ne vous méprenez pas, il s'agit bien ici d'un titre 100% lambofgodien, qui fait mouche et a tout de suite conquit la sphère métallique internationale (voir le clip officiel sur YouTube !).

La tracklist officielle contient encore quatre titres tous aussi puissants les uns que les autres. Tout d'abord, "Anthropoid" et son départ thrashy, avec une voix vraiment arraché et des riffs irréprochables : Adler et Morton maîtrisent de mieux en mieux leurs instruments et mettent la claque, assurément. Ensuite "Engage The Fear Machine", qui aborde le thème des médias-mensonges et des grandes puissances qui utilisent la peur et la force pour maîtriser le public mondial. Un titre un peu plus groovy, mais qui fonctionne tout aussi bien. Et si vous aimez le Lamb of God plus violent, alors foncez sur "Delusion Pandemic" et son riff principal absolument jubilatoire, qui vous emmènera jusqu'à un passage juste... colossal, à 3min25 et dont je ne me suis toujours pas remis ! La version 'normale' du disque se terminera sur "Torches", un titre sur lequel Greg Puciato (The Dillinger Escape Plan) vient poser une voix plaintive mais tout aussi importante pour l'atmosphère pesante du morceau, qui deviendra plus rentre-dedans vers le milieu, pour finir comme il avait commencé. Les chanceux qui se procureront la version limitée du disque profiteront de deux morceaux bonus : "Wine And Piss", qui aurait au final très bien pu figurer dans la tracklist originale, tant il démonte tout sur son passage, grâce notamment à un premier riff original, et "Nightmare Seeker", plus mélodique surtout au niveau des guitares, plus classiques, mais largement à la hauteur du disque !

Vous l'aurez compris en lisant ces quelques lignes, VII: Sturm Und Drang est juste une réussite totale, un album épique d'un bout à l'autre, et un magnifique cadeau pour les fans qui ont soutenu Randy Blythe tout au long de son aventure ! Lamb of God nous a pondu son meilleur opus en quinze ans, et les problèmes rencontrés sur la route n'y sont certainement pas pour rien, tant on sent la haine qui suinte des riffs qui composent cette tracklist. Les Américains ont mis la barre vraiment haut, pour eux-même mais aussi pour tous les groupes qui tenteront de faire mieux qu'eux par la suite, et on sera également très impatients d'entendre ces nouveaux morceaux en live (même si on a déjà eu l'occasion d'entendre "Still Echoes" et "512" au dernier Graspop). Pour la musique, les textes, la puissance, l'efficacité, les guests et l'histoire, ça mérite la note maximale !

Tracklist :

01. Still Echoes
02. Erase This
03. 512
04. Embers (feat. Chino Moreno)
05. Footprints
06. Overlord
07. Anthropoid
08. Engage The Fear Machine
09. Delusion Pandemic
10. Torches (feat. Greg Puciato)
11. Wine and Piss (bonus track)
12. Nightmare Seeker (The Little Red House) (bonus track)

 
Chroniqué par : SPONGE
 
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