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Date de sortie : 19/08/2014

Style : Pop/Rock Gentil

Pays : USA


Note : 12/20
Neal Morse
“Songs From November”

Ah, qu’il peut être dur de critiquer un artiste que l’on aime ! Neal Morse, c’est le genre de gars qui irradie tellement la bonté qu’il est impossible de le détester réellement. Est-ce cette bonté ou son talent incroyable qui nous permet de lui pardonner ses bondieuseries niaises et ses échecs artistiques ? Les deux, pardi ! Je vais donc débuter cette critique d’un album que je ne considère pas très bon de façon originale, en pardonnant d’avance l’ami Neal ! Ce n’est pas le premier album oubliable qu’il produit, et ça ne sera sans doute pas le dernier. Mais quelle importance ? Vous savez comme moi qu’on peut aussi – et surtout ! – s’attendre à voir à l’avenir d’autres chef-d’œuvres compléter la discographie du chrétien born again. Et quand le temps aura fait son œuvre, ce sont ces albums-là qui hanteront encore nos mémoires, non ces Songs From November, hélas.

Le projet de Morse était pourtant séduisant : abandonner pour un temps le progressif et ses structures alambiquées pour embrasser des sonorités pop. En novembre 2013 (d’où le titre de cet album), notre ami protestant a pondu (trop) rapidement une ribambelle de titres censés traduire cette envie en compagnie d’un tout jeune batteur de 18 ans, Gabe Klein. L’handicap fondamental de ce disque apparaît bien vite : il semble que pour Morse, « pop » équivale à « ballade mièvre », puisque neuf titres sur onze répondent à ce qualificatif ! « Whatever Days » ouvre trompeusement Songs From November avec son ambiance légère et festive, garnie d’arrangements de cuivres. Un titre efficace, positif et léger, sans prétention mais qui donne le sourire. Bref, tout ce qu’on espérait de cette entreprise « pop ». Idem en fin de parcours, en moins concluant toutefois, avec « The Way of Love », là encore enjoué et là encore enrobé de cuivres. Le reste de l’album n’est constitué que de ballades parfaitement inoffensives et éphémères, sur lesquelles Morse célèbre son amour des choses simples du quotidien.

Il faut être juste : dans cette série de feel good songs, il y a du bon. Malgré son titre qui fait craindre le pire, « Flowers in a Vase » convainc par son écriture efficace, son côté country et sa voix féminine qui épaule discrètement Neal. Ce dernier parvient à nous toucher aussi sur « Tell Me Annabelle », ballade très douce mais mélancolique et nuancée. C’est encore principalement le chant qui sauve le titre suivant, « My Time of Dying », sur laquelle Neal évoque sa sérénité face à la mort. La succession d’ombre et de lumière et le cœur que Neal met dans son interprétation font oublier le côté mélo (on a carrément sorti les violons sur ce titre). Enfin, quand Morse veut bien mettre un peu de rythme dans son étalage de miel, ça passe tout de suite beaucoup mieux (« Song for the Free », qui bénéficie aussi d’un feeling plus contemporain). Pour le reste, pas grand-chose de mémorable à signaler. Nous avons invariablement droit à des titres diffusant bonheur et bonté, ce qui n’est pas dérangeant en soi dans ce monde cynique, mais ce principe unique finit logiquement par lasser. De mièvreries sans nom (« Heaven Smiled », ballade sur laquelle Neal célèbre simplement une belle journée, conviendrait parfaitement à un goûter de célébration de la Pentecôte... et Dieu sait s'il n'a pas été composé dans cette optique !) en banalités plates et laborieuses (« Love Shot an Arrow », « When Things Slow Down », qui porte bien son nom, ou encore « Wear the Chains » que l’ampleur des arrangements orchestraux ne dynamise guère), on n’a pas souvent de quoi s’extasier. A peine se permettra-t-on un sourire gêné à l’écoute de l’embarassant « Daddy’s Daughter », où Morse évoque sa fille qu’il n’a pas vu grandir ! Disons-le comme ça : ce moment de musique aurait mérité de rester dans la sphère privée.

Si l’on accepte le prérequis « positif » qui caractérise Morse et sa musique, il est indéniable que certains titres sont à retirer de cet album pour le moins mineur. J’irais même plus loin : certaines ballades ornant Songs From November m’ont plu davantage que certaines platitudes que Neal a pu proposer au sein de groupes qui font pourtant l’unanimité ! De là à vous recommander de vous procurer ce disque de bon père de famille protestant, il y a un pas que je ne franchirai pas… Mais comme je l’écrivais plus haut, même en se forçant, il est impossible d’en vouloir longtemps à Neal Morse. Allez, c’est pardonné et oublié, passons à présent rapidement à la suite !

 

 

Tracklist :

 

1. Whatever Days  
2. Heaven Smiled
3. Flowers an a Vase
4. Love Shot an Arrow
5. Song for the Free 
6. Tell Me Annabelle 
7. My Time of Dying 
8. When Things Slow Down 
9. Daddy's Daughter 
10. Wear the Chains 
11. The Way of Love


 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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