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Date de sortie : 18/10/2010

Style : Death/Doom Old-School

Pays : Suède


Note : 17/20
Necronaut
“Necronaut”

Necronaut est le nouveau bébé de Fred Estby, ancien batteur de Dismember (qu’il a quitté il y a trois ans) mais aussi de la formation culte Carnage. Au sein de ce projet tout neuf, Estby a opté pour une formule simple et conviviale : lui-même joue de tous les instruments, et il a invité sur chaque titre un vocaliste et un guitariste lead différents. Vu le CV de notre homme, vous aurez compris que les invités qu’on retrouve sur ce premier opus de Necronaut ne sont pas les premiers venus, il s’agit tout simplement de la crème de la crème de la scène suédoise. Mis à part le légendaire Chris Reifert (Autopsy), tous les invités sont d’ailleurs…Suédois.

D’habitude, ce genre de disques « à invités » (car l’initiative n’est pas neuve) donne lieu à des produits bien calibrés, l’artiste pensant que le côté « sympa » de la démarche suffit à lui seul à en faire un bon disque. Necronaut est l’antithèse de tout cela. Son metal est archi old-school, extrême et tellement pur qu’on pourrait presque le qualifier d’élitiste. Les compositions sont simplistes, le niveau instrumental en étant réduit à sa plus simple expression (aux standards de la musique extrême, s’entend). C'est qu'on ne la fait pas à Estby, il connait la chanson : c’est l’atmosphère qui compte avant tout. Passé le petit temps d’adaptation que nécessite forcément un disque aussi volontairement anachronique, quel bonheur ! Prenez ces deux premiers titres (après l’intro), par exemple : riffs simples mais ultra efficaces, son necro et voix dégueu (Andreas Axelsson (Marduk, Edge of Sanity) sur « Twilight at the Trenches », et Hellbutcher (Nifelheim) sur « In Dark Tribute », morceau proche d’un Bloodbath). Quel pied ! Ce qui est bien, c’est que ce n'est pas de l'old-school pour faire de l'old-school ; tout est simple, cru et même basique, mais l'écriture est soignée, c'est souvent accrocheur et même mélodique, donc on va au-delà de l'effet de style, on renoue avec un genre primitif qui produisit aussi de bons morceaux. C'est ça qui compte, et ce résultat ne pouvait être atteint que par un vrai acteur de cette scène et non un émule admiratif.

Fred Estby a également réussi a proposer un disque primitif mais non monolithique, grâce à quelques variations bienvenues, principalement des morceaux aux forts accents doom : « Soulside Serpents », par exemple, avec JB (Grand Magus) au chant et Robert Dahlqvist (Dundertaget, The Hellacopters) et Robert Pehrsson (Dundertaget, Death Breath) aux guitares lead, est vraiment excellent. D’autant plus qu’on enchaîne avec un titre lourd de lourd avec le chant brute de Chris Reifert (Autopsy, mais aussi batteur sur le Scream Bloody Gore de Death !). Après la raffiné, le primitif ! Un des meilleurs titres de la galette, « After the Void », revient à quelque chose d’assez lent et traînant, avec Joakim Nilsson au chant (celui-ci, qui évolue dans le groupe de hard rock Graveyard, s’en sort remarquablement bien dans ce style très différent) et David Blomqvist (Dismember) à la lead. Les riffs pachidermiques sont géniaux et le final dantesque, mais toujours dans une simplicité, un épurement extrêmes, qui n’ont rien de gratuit, qui sonnent tellement justes. D’autres titres encore possèdent des accents un peu différents, notamment punk dans le cas de « The Lie in Which the Truth is Buried » (avec Estby au chant) et plus sombre sur « Returning to Kill the Light » (avec le chant habité d’Erik de Watain), tous deux excellents. Le seul minuscule regret que pourraient nourrir les plus exigeants d’entre vous est le chant de Nicke Andersson (The Hellacopters, Entombed) sur « Tower of Death » : on pouvait espérer l’entendre revenir pour l’occasion à son chant rugueux époque Clandestine, mais c’est à son chant clair des Hellacopters qu’on a droit. Pas très grave, vous en conviendrez.

Ce disque renvoie aux Venom, Bathory et même Black Sabbath des débuts, il y a là une approche foncièrement passéiste mais adoptée par un vrai de vrai et ça se ressent ; autant faire du « old-school » est à la mode, autant on entend ici immédiatement que certains s'y connaissent plus que d'autres, ce qui est normal car Estby fait partie de cet héritage ancien. En outre, le choix des invités est génial, c'est vraiment le gratin d'une scène qui a peu à peu été supplantée par de plus jeunes formations qui ne possèdent pas le quart du charme de leurs aînés. Alors ça fait du bien d'entendre toutes ces grandes figures du death « classique » scandinave faire parler la poudre comme en ‘40, dans un style qui n'a pas cédé un pouce à la modernité, un style volontairement figé, sclérosé, mais assumé avec tellement de fierté et de conviction que ça ne peut que charmer tous les amateurs. Ce disque est une leçon, point barre, alors soyez-en des élèves assidus !

 

Tracklist :

1. Crimson Fields
2. Twilight at the Trenches
3. In Dark Tribute
4. Soulside Serpents
5. Infecting Madness
6. After the Void
7. The Lie in Which the Truth is Buried
8. Returning to Kill the Light
9. Tower of Death
10. Rise of the Sentinel


 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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