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Date de sortie : 30/09/2016

Style : Black/Folk Metal Atmosphérique

Pays : Roumanie


Note : 13/20
Negura Bunget
“Zi”

A l’heure où les Roumains de Negură Bunget publient le second volet de leur « trilogie transylvaine » (après Tău, 2015), il est utile de rappeler brièvement son histoire récente… Après une grosse période de turbulences, l’album Vîrstele pămîntului (2010) avait réussi l'exploit d'amener le groupe sur une nouvelle voie plus volontiers folk tout en rassurant sur la créativité du combo roumain. Un changement de cap presque trop bien négocié… Car depuis lors, peut-être à cause d'un changement de personnel de trop, Negru (batterie, percussions et divers instruments traditionnels) a du mal à confirmer cette nouvelle jeunesse, Tău s’étant avéré le disque le plus décevant du groupe. Avec des compositions opaques et des riffs sans saveur, il était handicapé par des qualités d'écriture en chute libre. Admettons que la qualité générale de cet opus nous avait bousculés au point de nous demander : et si Vîrstele pămîntului n’avait été qu’une heureuse parenthèse ? A cette question, Zi apporte hélas une réponse affirmative. Même s’il fait globalement mieux que son prédécesseur, ce cru 2016 n'altère pas, en effet, le constat général, avec une écriture parfois franchement faible, surtout dans des sections folk pas toujours maîtrisées et conférant donc une patine quelque peu « amateur » à l'ensemble. Voilà en bref la conclusion que l’on peut tirer après plusieurs écoutes attentives…

L’entame comportait pourtant de plus belles promesses. Fort d’un line-up enfin stabilisé, Negru lorgne du côté de Vîrstele pămîntului en livrant, avec « Tul-ni-că-rînd », une longue mise en place atmosphérique où les instruments folk occupent l’espace, avant une apothéose métallique. Les auditeurs attentifs y reconnaîtront une structure étrangement proche de l’impressionnant « Pămînt », qui ouvrait le fameux album de 2010, comme si Negru avait voulu y rattacher Zi à peu de frais… Le parallèle s’arrête pourtant là car dès le long « Grădina stelelor », pourtant suffisamment contrasté pour rester digeste (contrairement aux morceaux de Tău), on est frappés par la banalité des riffs et par les sections folk simplistes avec un chant clair naïf, œuvre d’un Tibor Kati dont nous avions déjà remarqué la faible prestation sur le disque précédent… Les fluctuations en matière d'inspiration et de maîtrise sont assez surprenantes et donnent toujours cette impression un peu amateur. Cela dit, le titre n'est pas dépourvu de qualités pour autant, le groupe demeurant dans une voie diablement originale. Dommage que nos amis roumains aient opéré des choix discutables en matière sonore également, le mix certes organique mais franchement foutraque ne permettant pas à cette musique dense et complexe de donner la pleine mesure de son potentiel.

A partir de là, le combo de Timișoara ne parvient plus vraiment à relever la barre, même si, je le répète, Zi est nettement plus abouti que Tău. Musicalement, le titre ambiant « Brazdă dă foc » dégage bel et bien quelque chose, mais le chant n’apporte strictement rien. C’est également le cas sur « Baciu moșneag », compo plus rythmée mais le chant clair n’y est pas maîtrisé et le chant extrême insipide. Dans ces conditions, forcément, la musique se voit rapidement déforcée… Mais le pauvre Tibor Kati ne peut pas servir seul de bouc émissaire car, sur le plan musical, ses comparses se sont indéniablement perdus ces dernières années. La preuve du manque de cohérence dont ils souffrent, c’est la transition entre le bondissant « Stanciu Gruiul », fortement imprégné de sonorités folk et tziganes, et le long et atmosphérique « Marea cea mare », sur lequel les claviers dominent… Difficile de ne pas entendre là une formation en pleine interrogation. Si Zi est moins ennuyeux que son prédécesseur, il met tout autant à nu les bases branlantes sur lesquelles repose le gang de Negru. Observer un groupe qui a signé, entre 2000 et 2006, quelques disques formidables d'autorité, de maîtrise et d’originalité, se trouver aujourd’hui dans une telle situation de « précarité » artistique, est pour le moins déstabilisant. Un retour aux affaires est urgemment exigé.


Tracklist :

1. Tul-ni-că-rînd

2. Grădina stelelor

3. Brazdă dă foc

4. Baciul moșneag

5. Stanciu Gruiul

6. Marea cea mare



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Tul-ni-că-rînd"

 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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