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Date de sortie : 10/02/2017

Style : Thrash Metal

Pays : USA


Note : 13/20
Overkill
“The Grinding Wheel”

Au sein de la vieille garde du thrash, rares sont les formations aussi régulières et résilientes que Overkill. Près de 40 ans (!) de carrière (ils se sont formés en 1980 sous le nom de Virgin Killer) et 18 albums publiés, et je ne vais même pas me risquer à faire un décompte de leurs tournées, au risque d’avoir le tournis… Mené par les inoxydables Bobby « Blitz » Ellsworth (chant) et D.D. Verni (basse), le gang du New Jersey a tout vu, tout connu, et n’a assurément plus rien à prouver. Evidemment, cela ne veut pas dire pour autant qu’il transforme tout ce qu’il touche en or. Les 18 opus sortis à ce jour ne sont pas tous des classiques du genre, rien de plus logique à cela. Mais aussi fidèle à son style de prédilection qu’un cabot à son maître (en près de 40 ans de carrière, il n’a jamais eu besoin d’un seul disque « expérimental »), Overkill maîtrise tellement les codes que même ses sorties mineures ne sont jamais bâclées. En un mot, on appelle ça un artisan.

The Grinding Wheel, c’est exactement cela : un album d’artisans. Pas un chef-d’œuvre, non, mais un disque réalisé avec la même conviction que celle qui animait le groupe à ses débuts. Rien que cela mérite d’être salué car, franchement, à qui/quoi est-on réellement capable de rester fidèle pendant autant de temps sans se lasser ? La routine semble être un mot ignoré de Blitz et Verni, la cinquantaine pourtant bien entamée. D’accord, cet album ne parvient pas à s’inscrire en héritier du récent et formidable coup de fouet donné par les Américains à leur carrière via Ironbound et The Electric Age. C’est évident dès « Mean, Green, Killing Machine », entame épique semblable à celles des deux disques de 2010 et 2012, mais sans en égaler la force de frappe. Les nombreux titres old-school, aux riffs tranchants comme un rasoir, sont légion (« Our Finest Hour », particulièrement nerveux, « Red, White and Blue », « « The Wheel ») et démontrent que les compères ont encore une sacrée gnaque après tout ce temps. Mais disons qu’aucune compo n’a ici une chance de s’imposer comme un classique du combo, et certainement pas le quelconque « The Long Road », ou encore « Shine On », sur lequel le timbre particulier de Bobby est particulièrement irritant, surtout sur le refrain simpliste et répétitif (il faut dire que le « gamin » est surmixé sur tout l’album, ce qui n’aide pas).

Et pourtant, The Grinding Wheel n’est pas juste un disque de plus, oublié dès le lendemain. Car ses géniteurs ont, comme d’habitude, mouillé le maillot tout en ménageant même quelques surprises. Celles-ci tiennent essentiellement aux influences punk et heavy metal qui irriguent les morceaux. Le punk fait partie des racines musicales des deux membres historiques du combo, mais rarement a-t-il été autant mis à l’honneur que sur cet album (« Goddamn Trouble », « Let’s All Go to Hades »). Les influences heavy metal sont encore plus originales car nettement plus surprenantes. Elles ne manquent pas de charme, notamment sur le bien nommé « Come Heavy », bricolage pas très cohérent qui jouit néanmoins d'un vrai cachet, ou le morceau-titre dont la dernière section est particulièrement épique et théâtrale. La version digipack de l’album se termine par ailleurs sur une reprise du « Emerald » de Thin Lizzy, conclusion logique d’un opus qui fait la part belle aux sources musicales historiques des thrasheurs. The Grinding Wheel n’est donc en rien un opus indispensable de Overkill, mais il ne ternit certainement pas son héritage non plus. Pour conclure sur le titre de l’album et en citant ce penseur postmoderne qu’est Franck Ribéry : « la routourne tourne »…


Tracklist :

1. Mean, Green, Killing Machine

2. Goddamn Trouble

3. Our Finest Hour

4. Shine On

5. The Long Road

6. Let's All Go to Hades

7. Come Heavy

8. Red, White and Blue

9. The Wheel

10. The Grinding Wheel

11. Emerald (reprise de Thin Lizzy; bonus track digipack)



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Mean, Green, Killing Machine", "Come Heavy"

 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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