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Date de sortie : 17/05/2010

Style : (Prog ?) Rock '70s

Pays : Suède


Note : 12/20
Pain of Salvation
“Road Salt One”

Linoleum, l’EP de Pain of Salvation sorti en novembre de l’année dernière, ne nous avait guère convaincus. Une sensation désagréable qui date déjà de l’époque BE (2004), un album un peu trop ambitieux, un peu trop impénétrable. Scarsick (2007), s’il m’avait plutôt séduit, ne rencontrait pas les mêmes réactions d’une frange assez large du public des Suédois. L’air de rien, cela fait donc un bon moment que PoS n’a plus mis tout le monde d’accord. Hélas, ce n’est pas Road Salt One qui va changer la donne ! Suite logique de Linoleum, ce septième album studio comporte les mêmes problèmes, suscite les mêmes interrogations que son prédécesseur au format court. « No Way » et « She Likes to Hide », les deux premiers titres de la galette, sont ainsi marqués à nouveau par un héritage ‘70s, et pas qu’un peu. Les riffs, la façon de chanter (*), même la production volontairement étouffée (surtout la batterie) sont une référence directe, presque brutale, au rock de cette décennie en or. La situation se présentera encore plusieurs fois (l’interlude « Of Dust », « Tell Me You Don’t Know », « Innocence »), à tel point qu’on ne parle plus ici d’une influence parmi d’autres, mais bel et bien d’un élément fondateur du style actuel de Pain of Salvation ! C’est forcément bizarre car ce n’est pas ce à quoi ce groupe nous avait habitués, jamais n’avait-il été si proche d’un référent quelconque, lui qui se distinguait justement par une extrême originalité. Mais l’on pourrait encore imaginer que cela fonctionne malgré tout. Or ce n’est pas le cas parce que ça cloche. Tous les éléments des ‘70s sont là, on l’a dit, mais il y a aussi ce côté un peu décalé, cette sophistication vocale parfois exacerbée qui, eux, ne collent pas du tout au style, et qui ne sont d’ailleurs pas utiles tout court.

Au milieu de tous ces titres qui ne nous font ni chaud ni froid, et sur lesquels Daniel Gildenlöw, quoi qu’il soit un chanteur d'exception, en fait beaucoup trop comme c’est désormais sa fâcheuse tendance, on retrouve pourtant quelques réalisations impeccables. Sans surprise, il s’agit des morceaux les plus simples, les plus dépouillés, là où PoS revient à l’essentiel. Le magnifique « Sisters », par exemple : la mélodie y est enfin plus identifiable et Gildenlöw y chante vraiment bien. Ou encore le plus sombre « Darkness of Mine », avec son atmosphère intéressante, ce côté plus facilement identifiable qui fait beaucoup de bien. Même « Innocence », très ‘70s pourtant, est réussi car plus direct (et quelle belle performance de Léo Margarit derrière les fûts). Quand ils veulent, ils peuvent !

Est-ce encore du progressif ? On est en droit de se poser la question. Le surprenant « Sleeping Under the Stars » semble nous pousser vers l’affirmative, mais c’est un des rares exemples qui vont dans ce sens. Ce qui est sûr, c’est qu’on est très loin des quatre premières perles de Pain of Salvation, sorties entre 1997 et 2002, qui étaient frais et innovants du début à la fin. Avec Road Salt One, on est paradoxalement dans quelque chose de plus convenu, de plus identifiable, mais dans lequel on ne parvient pas à rentrer car ça ne tourne pas rond, ça n’est pas naturel. On peut se demander si une partie au moins de l’explication ne réside pas dans la place énorme que Gildenlöw a prise dans ce groupe : il a écrit les paroles et la musique de l’album, il a joué de cinq instruments différents (dont des batteries additionnelles !), il s’est occupé du mix et du mastering, et il a même collaboré à son artwork ! En tout cas, une petite remise en question ne serait pas du luxe au sein de ce groupe indomptable, car les résultats qu’il nous soumet ces dernières années sont malheureusement de moins en moins convaincants…

 

* On se souviendra avec amusement que Mike Portnoy (Dream Theater) avait lourdement dû insister, il y a quelques années de cela, pour convaincre Gildenlöw d'entrer dans la peau de Robert Plant au sein de son groupe de reprises de Led Zeppelin, Hammer of the Gods. Le chanteur Suédois disait qu'il hésitait car il ne connaissait quasi pas le répertoire du Dirigeable. Il semblerait qu'il se soit bien rattrapé par la suite, tant sa façon de chanter ressemble par moments à celle de Plant…

 

Tracklist :

1. No Way 
2. She Likes to Hide 
3. Sisters
4. Of Dust 
5. Tell Me You Don't Know 
6. Sleeping Under the Stars 
7. Darkness of Mine 
8. Linoleum 
9. Curiosity 
10. Where It Hurts 
11. Road Salt 
12. Innocence


 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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