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Date de sortie : 29/04/2016

Style : Electro Metal

Pays : France


Note : 18/20
Sidilarsen
“Dancefloor Bastards”

Dancefloor Bastards est le sixième album des toulousains de Sidilarsen et il faut bien dire que ces bâtards sont foutrement doués pour faire bouger le dancefloor mais aussi pour fédérer autour de leur musique et du message que celle-ci véhicule. C’est en 2011 avec leur quatrième album Machine Rouge que les cinq musicos m’avaient littéralement conquis. Trois ans plus tard, Chatterbox mettait tout le monde d’accord. Il m’a pourtant fallu un peu de temps pour rentrer dans l’univers Sidilarsen et j’ai eu besoin d’une période d’adaptation à chacun de leurs albums. Ce dernier opus ne déroge pas à cette règle. Il m’a fallu quelques écoutes pour vraiment l’apprécier mais une fois familiarisé, on tombe à nouveau dans l’affecte total. A l’image de ce que dégage le groupe sur scène, ce disque devient vite très attachant. Et pour tout dire, j’éprouve même une certaine tendresse pour Sidilarsen ; une chose rare dans le style agressif dont on parle dans ce webzine. Leur musique mélangeant électro, rock et metal mais aussi leurs textes poétiques ne sont évidemment pas étrangers à ce sentiment.

De prime abord, j’ai été étonné par « Spread It » qui commence toutes guitares dehors dans un format purement rock metal. Pas vraiment ce que l’on attend de Sidilarsen qui s’est fait surtout connaitre pour son fort penchant électro. Et pourtant, le refrain « tuons nos dieux, sauvons les hommes » fonctionne à mort. A tel point qu’on a vraiment envie d’en faire un mot d’ordre, un slogan en ces temps obscurs. Vient ensuite « Dancefloor Bastards » qui remet les beats électros à leur juste place et qui fera bouger sans conteste, compensant le refrain cette fois légèrement plus faible. Les machines occupent une place centrale dans la musique de Sidi à tel point qu’ils sont plusieurs à mettre à main à la machine. A la naissance du groupe en 1997, c’était surtout David "Didou" Cancel et son frère batteur Samuel qui s’en chargeaient mais le bassiste Julien "Fryzzzer" Soula s’en occupe aussi depuis quelques années (c’est lui qui lance les boucles en concert).

Après deux titres attendus, « Frapper la terre » est la première incartade de l’album. Ça commence tout doucement et l’espace de quelques secondes, on soupçonne la balade. Mais arrive ensuite du gros son et un rythme mécanique qui est absolument implacable et donne envie d’aller danser comme un Cheyenne avec eux dans la poussière. Le duo basse/batterie de Fryzzzer et Sam supporte parfaitement le chant de Didou et Benjamin "Viber" Bury. C’est d’ailleurs une constante sur l’album, les deux chants se complètent très bien. Celui plus doux et mélodique de Didou alterne bien celui plus enroué et rock de Viber.

Racontant leur vie sur la route, « Go Fast » est surtout très chouette grâce à l’énorme rythme électro qui le parcourt. Cela donne un entrain et une énergie qui compensent largement des paroles sympathiques mais peu intéressantes et des samples de moteur de bagnole un peu clichés. Voilà un titre qui devrait transformer tout moshpit en dancefloor (en espérant qu’ils aient mis le turbo pour arriver à temps et faire une bonne balance). « Guerres à vendre » est bien plus intéressant textuellement car c’est engagé et lucide (« plus de réaction à l’affect, employer la force est un échec »). Pour porter leur contestation, la musique est sans doute la plus metal et la plus dure qu’ils aient fait. Là, ils vont clairement ratisser sur les plates-bandes de Mass Hysteria. Mais on en redemande et ça viendra plus loin avec le non moins excellent « Religare ». La musique mélodique et entrainante est encore bien construite autour du double chant, dur et souple à la fois, sur des paroles de tolérance et d’espoir. A cet égard, j’apprécie toujours l’utilisation du français qui donne plus d’impact pour les francophiles.

Avant cela, l’album connait une petite baisse de régime avec « Le jour médian ». Comme ils l’ont déjà fait auparavant, on est davantage dans la chanson pop que du gros metal car les guitares des deux Benjamin (Bury et Lartigue) sont vraiment en retrait au profit de sons électros et de piano. Ce morceau est l’exemple même de ce que je disais au début. Je ne raffole pas mais j’ai fini par chantonner le refrain et je n’arrive jamais à complètement détester les Sidi quoiqu’ils fassent parce qu’ils ont ce petit quelque chose d’attachant. De toute façon, on n’a pas vraiment le temps d’être déçu car s’en suit une autre claque de l’album à savoir « Walls Of Shame ». Parmi tout ce qu’on peut trouver dans l’électro métal, un titre comme cela reste le must. Cela donne vraiment envie de danser tout en donnant la rage pour s’indigner à propos d’un sujet grave (ériger des murs pour stopper les migrants et ainsi bâtir des forteresses territoriales pour donner l’illusion de protéger nos valeurs et notre confort). « Méditerranée Damnée » va dans le même sens d’un discours ouvert et métissé. Cela commence lentement comme un truc lounge mais se termine en apothéose sur un rythme drum ‘n bass et des guitares bien en avant. Je trouve que cela met convenablement en musique cette allégorie sur la solidarité avec les peuples de la méditerranée.

« Sois mon rêve » me fait très fort penser à Deftones (en particulier le riff du début) mais c’est tellement mieux que ce que font les californiens ! C’est tellement plus imprégné et plus à fleur de peau que les jérémiades de Chino. Tout en force et en nuances, « Au maximum » contient beaucoup de sons électros et à nouveau, j’adore le tempo et la rythmique. C’est à ce niveau que l’électro metal prend tout son essor et Sidilarsen remplit parfaitement le job. Musicalement, « I Feel Fine » est du vrai bon metal industriel (rappelons qu’ils sont fans de Nine Inch Nails). Je suis moins convaincu par l’utilisation de l’anglais même s’il n’y a rien à redire sur l’accent. Enfin, l’album se termine par un « 1976 » où ils se permettent un peu tout ce qu’ils n’ont pas fait sur les autres titres. Un poil de hip hop, un rythme drum n’ bass, une note symphonique, un peu d’électro et la guitare obligatoire (sans quoi j’aurais zappé), c’est un peu trop décousu et inégal mais comme tout le reste il y a un je-ne-sais-quoi d’hyper attachant.

Autant par le passé j’ai pu caler sur certains textes manquants parfois de cohérence et de sens, autant ceux de Dancefloor Bastards possèdent une certaine poésie sombre et humaniste qui cette fois ne me laisse pas insensible. Autant dans leurs précédents albums, il y avait deux ou trois titres qui me plaisaient moins, autant cette fois, je relève à peine un ou deux morceaux qui me ravissent moins (« Le jour médian » et « 1976 » si vous n’avez pas bien lu). En bref, Sidilarsen entretient et ravive parfaitement l’affection que la fanbase lui porte. N’est-ce pas parce que leur œuvre respire humanisme, idéalisme et sincérité ?

Tracklist :

1. Spread It
2. Dancefloor Bastards
3. Frapper la terre
4. Go Fast
5. Guerres à vendre
6. Le jour médian
7. Walls Of Shame
8. Méditerranée damnée
9. Religare
10. Sois mon rêve
11. Au maximum
12. I Feel Fine
13. 1976



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Walls of Shame", "Religare"

 
Chroniqué par : VANARKH
 
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