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Date de sortie : 29/07/2016

Style : Death Metal

Pays : International


Note : 14/20
Sinsaenum
“Echoes of the Tortured”

Le Français Frédéric Leclercq, bassiste des « bigger than life » DragonForce, nourrit des envies de projet extrême depuis la fin des années ’90, époque à laquelle il commença à rassembler des idées musicales. Ces aspirations peuvent surprendre au vu du CV du musicien, écrasé par la présence quelque peu encombrante du combo power metal londonien, mais son jusqu’au-boutisme et le résultat concret que nous tenons aujourd’hui entre les mains prouvent largement l’honnêteté de ses convictions. La patience dont il a fait preuve lui a également permis de rassembler ce qu’il faut bien nommer un supergroupe sous le patronyme Sinsaenum. On retrouve en effet à ses côtés Stéphane Buriez (guitare/Loudblast), Heimoth (basse/Seth), Joey Jordison (batterie/ex-Slipknot), Sean Zatorsky (chant/Dååth) et Attila Csihar (chant/Mayhem). Leclercq joue quant à lui toutes les guitares rythmiques et a composé l’ensemble de la musique de ce premier opus, Echoes of the Tortured.

Depuis sa sortie, l’album a suscitépas mal de réactions tièdes, beaucoup d’observateurs se déclarant déçus par son caractère conventionnel. Je rejoins cet avis, car il est en effet un peu dommage qu’une équipe de ce calibre ait accouché d’un disque de death metal certes bien maîtrisé mais sans grande originalité ni signe distinctif. Bénéficiant d’une production assurément moderne (Jordison fait un excellent boulot mais on regrette le son très triggé de sa batterie) mais puisant dans les racines américaines du death (parmi lesquelles surnagent Death et Morbid Angel), Sinsaenum a tout de l’élève doué mais sans grande personnalité. Ce qui ne veut pas dire que l’on s’ennuie ! Un titre véloce comme « Splendor and Agony », qui ménage une parenthèse ambiante/bruitiste assez intéressante, est très bien fichu dans le genre. « Inverted Cross » se présente lui aussi comme une boucherie respectueuse des figures fondatrices du death made in Florida, et les riffs saignants, la dynamique et l’accroche bien maîtrisée de « Final Curse » en font un des meilleures morceaux du lot. Il est difficile de ressortir beaucoup de titres de ce long album (21 morceaux pour une heure de musique, environ), car si tout se tient et est parfaitement huilé, on demeure dans un registre classique, sans fioritures.

La multitude d'interludes (une plage sur deux), sans doute conçue comme un élément « original », s’avère en réalité une fausse bonne idée. C'est certes original mais on a dû mal à en comprendre l'intérêt : dans le cadre d'un concept-album ou d'un disque avec un fil rouge bien défini, ils auraient pu avoir une justification. Mais comme ils sont souvent ambiants alors que 90% des « vrais » morceaux ne le sont pas du tout, ces interludes ne renforcent aucunement les morceaux. Du coup on a deux propositions différentes sans cohérence… En termes purement qualitatifs, seuls quelques interludes valaient en outre vraiment la peine d’être inclus (« Materialization » et « Emptiness », essentiellement).

Pour ma part, la vraie déception se situe au niveau du chant. Sean Zatorsky est le chanteur qui convient sans doute le mieux au projet Sinsaenum : excellent timbre death, approche très conventionnelle. Par contre, je n’ai presque jamais distingué les éructations originales et le style théâtral d’Attila, dont j’attendais beaucoup sur ce disque. Il n’y a que deux titres sur lesquels Attila intervient de façon significative : le single mid-tempo « Army of Chaos », qui devient vite lourdaud à cause d’un refrain bourrin et plat, et « Anfang des Abtraumes », dont le côté bizarre et l’ambiance chargée conviennent évidemment parfaitement à la voix du Hongrois. Répétons que la discrétion de ce dernier sur Echoes of the Tortured est à n'en pas douter un choix parfaitement conscient de Leclercq, le timbre purement death de Zatorsky collant mieux à la musique. Mais quel dommage de ne pas avoir profité davantage de l’intéressante alternance de voix dont il disposait ! Si vous voulez mon avis, le barré Attila ne restera pas bien longtemps dans Sinsaenum…

Ne soyons toutefois pas trop durs avec ce disque. Les amateurs de death « classique » et respectueux du passé passeront un excellent moment, et il faut souligner l’intelligence de Leclercq de ne pas avoir cédé à la tentation de la démonstration de force avec un line-up comme celui-ci sous la main, au profit d’une attention sans cesse portée à la qualité des compositions. Il faut aussi souligner le très bel apport des soli de Buriez, qui font une réelle différence sur plusieurs morceaux (« Sacrifice » en est un exemple). Bref ce premier essai de Sinsaenum tient la route et ne souffre d’aucun vice majeur… si ce n’est une absence totale de prise de risque que l’on espère voir comblée sur la prochaine galette.


Tracklist :

1. Materialization

2. Splendor and Agony

3. Excommunicare

4. Inverted Cross

5. March

6. Army of Chaos

7. Redemption

8. Dead Souls

9. Lullaby

10. Final Curse

11. Condemned to Suffer

12. Ritual

13. Sacrifice

14. Damnation

15. The Forgotten One

16. Torment

17. Anfang des Albtraumes

18. Mist

19. Echoes of the Tortured

20. Emptiness

21. Gods of Hell



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Splendor and Agony", "Inverted Cross", "Final Curse"

 
Chroniqué par : MASTEMA
 
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