;






Date de sortie : 10/06/2016

Style : Black Thrash Metal

Pays : Etats-Unis


Note : 19/20
Skeleton Wolf
“Skeleton Wolf”

Chaque année, un groupe dont j’ignorais tout, qu’il soit nouveau venu ou vieux briscard, me tape dans l’oreille et devient un vrai coup de cœur. En 2016, la palme revient à Skeleton Wolf. Haut la main et loin devant les autres. D’abord, ce qui est génial, c’est que Skeleton Wolf m’a pris totalement par surprise, leur album ayant surgi de nulle part dans un mail promo arrivé à la rédaction. Seul l’étiquetage « black thrash » (ou est-ce une divine intervention ?) m’a donné envie d’écouter ce jeune groupe américain formé en 2015. Et là, révélation ! La claque monumentale.

Ce premier album éponyme commence avec « Bow Down to Death » sur un riff très heavy ou power metal emballé par une rythmique écrasante. Comme une constante sur tout l’album, la batterie va vraiment articuler et donner de la cohésion à chaque morceau, sans jamais négliger un bon groove qui tache. Et le plus étrange, c’est que le groupe se présente comme un trio composé de Brett Schlagel à la guitare, Tim Green au chant et Jeff Mason à la basse. Pas de mention d’un batteur donc. J’ai un peu creusé mais le mystère reste entier sur les parties de batterie. Serait-elle programmée ? On leur posera la question en temps voulu. Concernant le line-up, l’Encyclopaedia Metallum nous signale que Brett et Tim ont fait partie de Mäax, un groupe de black’n roll totalement inconnu jusqu’ici. Pour revenir au premier et excellent morceau « Bow Down to Death », Brett déroule un riff de tueur et Tim possède une voix vraiment bien agressive et rugueuse. En un morceau tout semble déjà dit, j’aime la moindre seconde et la moindre note de guitare. Que demander de plus ?

Une ambiance plus nuancée peut-être ? Cela vient tout de suite avec « At the Sixth Foot » et son intro lugubre faite de cris de corbeaux et bruits d’une pelle qui creuse. Cela part en douceur avant de déployer à nouveau une batterie énorme et un riff monstrueux. Ce riff, tout comme le refrain, sont un pur produit de l’école Amon Amarth. Et quand on croit qu’on a compris dans quelle direction ils nous emmènent, pour brouiller toutes nos certitudes de chroniqueurs étiqueteurs compulsifs, ces damnés loups partent vers d’autres horizons. « M.P.F.F. » relève en effet de la nouvelle école du thrash à l’ancienne. Pendant le refrain aux accents bien punk, je pense à Toxic Holocaust mais on pourrait aussi nommer Skeletonwitch, Iron Reagan ou Onslaught qu’ils citent parmi leurs influences. Même les passages plus calmes sont posés à bon escient et sont bons.

« Whatever Demons » est un poil plus épique. La guitare reste incontestablement excellente et les vocaux hyper arrachés comme j’adore. Ce qui me fait dire que la voix de Tim Green est en fait carrément black metal comme l’atteste « Eternal Lies ». A ce stade, je me suis demandé si Skeleton Wolf me rappelle quelque chose ou si j’ai tellement écouté cet album que ça sonne déjà familier. Un peu des deux sans doute même s’il faut bien reconnaitre que la guitare sonne très fort comme un certain Immortal. Rien d’étonnant, c’est une autre influence revendiquée que l’on sent aussi par le côté clinique et implacable de la musique. Pour enfoncer la comparaison, dans « She’s Insane », la voix a parfois des intonations d’Abbath. Ils savent aussi ralentir et nuancer les compos (dans « Eternal Lies », un passage tout clair prend des airs pagan que n’aurait pas renié Bathory) mais rien, absolument rien, n’est à jeter. Même le solo ne me dérange pas ! Du coup, quand on considère qu’un album est captivant de A à Z et qu’on se surprend à headbanguer tout seul dans sa bagnole, un 19 sur 20 n’est pas usurpé. L’album se termine sur « Forever Awake » au riff façon Maiden. La basse n’est jamais sous-mixée comme c’est souvent le cas mais c’est vraiment le riff qui est le matériau de base de Skeleton Wolf. Cela légitime tout à fait l’appellation black thrash. L’impression globale qui se dégage de l’album est l’aspect direct, spontané, do-it-yourself à l’ancienne qui a une saveur délicieusement addictive.

Oh, j’entends déjà dire que cet album ne réinvente rien, qu’il manque de personnalité et emprunte allègrement à gauche à droite sans véritablement de fil conducteur fort. C’est peut-être en partie vrai mais je m’en moque totalement. Car moi, j’aime cet album. Il correspond à ce que j’ai envie d’entendre en ce moment, à savoir une musique simple et efficace. Sans en faire trop, juste en trio, ils tirent toute la quintessence du metal dur : une rythmique mid-tempo en béton, des vocaux bien abrasifs, ni trop basiques ni trop gueulards et surtout des riffs accrocheurs et agressifs. Et comme ils enrobent cela d’une ambiance parfois pesante et ne veulent pas non plus taper dans la surenchère, je dis juste bravo et merci. Les petits groupes underground et inconnus ont encore leur place et des choses intéressantes à proposer. Dire que ce coup de cœur tient juste à un clic que j’aurais pu ne pas faire ! Toi, cher lecteur, tu ne pourras pas dire que tu ne savais. Buy it, it’s awesome !

Tracklist :

1. Bow Down to Death
2. At the Sixth Foot
3. M.P.F.F.
4. Whatever Demons
5. Eternal Lies
6. She’s Insane
7. Forever Awake



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : « Bow Down to Death »

 
Chroniqué par : VANARKH
 
RETOUR
+ DE LIVE REPORTS

16-06-2016
  TREMONTI + MAN THE MIGHTY + CROBOT
Theater (Heerlen, NL)

30-05-2016
  KORN / BEYOND THE BLACK
Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

20-02-2016
  SYMPHONY X / MYRATH / MELTED SPACE
Biebob (Vosselaar, BE)

14-02-2016
  DAGOBA / LIGHTMARE
L'Entrepôt (Arlon, BE)

 

30-12-2015
  MONARCH / BIRUSHANAH / ORNA
Magasin 4 (Bruxelles, BE)

17-11-2015
  SLAYER / ANTHRAX / KVELERTAK
Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

11-11-2015
  VREID / KEEP OF KALESSIN
Kultur Fabrik (Esch-sur-Alzette, LU)