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Date de sortie : 15/04/2016

Style : Metal Industriel

Pays : Etats-Unis


Note : 13/20
Surgical Meth Machine
“Surgical Meth Machine”

Plus besoin de présenter Al Jourgensen (Ministry, Revolting Cocks, Lard entre autres). Voici son nouvel exutoire nommé Surgical Meth Machine. Rien que le nom du groupe est tout un programme. Et le contenu de ce premier album éponyme est un drôle de bazar assez lié aux circonstances de sa création.

En fait de groupe, Surgical Meth Machine est juste l’association de Jourgensen et Sam (Sammy) D’Ambruoso, l’ingénieur du son des derniers albums de Ministry. Le premier s’est occupé de la guitare, de la basse, des vocaux et des samples tandis que le second s’est chargé de la programmation de la batterie, de la guitare rythmique ainsi que de certains vocaux. Il faut savoir qu’au départ, Surgical Meth Machine a été conçu par le duo en l’honneur du défunt guitariste de Ministry et Rigor Mortis Mike (Mikey) Saccia. Celui est décédé sur scène en décembre 2012 alors qu’il venait juste de terminer ses prises pour l’album de Ministry qui deviendra From Beer To Eternity (lire ici). Donc au départ, l’album Surgical Meth Machine devait sonner comme le morceau « Side FX Include Mikey's Middle Finger (T.V.4) » que je qualifiais dans ma chronique de "l’un des morceaux les plus rapides et violents de Ministry ces dernières années". Pour être clair et d’après les explications des deux protagonistes, ils voulaient faire quelque chose qui pulse à au moins 220 beats par minute.

C’est effectivement le cas des 4 premiers morceaux. « I'm Sensitive » plante assez bien le décor. Pendant une minute, un gros beat techno accompagne un commentaire de Uncle Al, très en verve et remonté contre les médias sociaux. Avec son humour sarcastique, il critique "face de bouc" et la façon dont on peut facilement et lâchement y cracher et y répandre sa haine. Le refrain "I don’t fucking care !!" risque de devenir un classique. Musicalement, ce titre est du techno metal bruitiste, extrême et très rapide. C’est très synthétique, la guitare paraît fort en retrait par rapport à la rythmique programmée mais on reste dans un univers musical proche de Ministry. « Tragic Alert » suit le même principe : un rythme artificiel très rapide et parfois assommant. C’est vraiment très très rapide et on y retrouve les éternels samples cher à ce bon vieux Al. La guitare étant un peu plus présente, on entend de bons moments bien heavy. Le riff du début de « I Want More » est identique à celui de « South of Heaven », un riff bien metal dans un morceau où la guitare est à la fête. N’oublions pas que pour Jourgensen, Mikey Saccia était probablement le meilleur shredder du monde. C’est donc normal d’avoir un morceau thrash. A la différence près que la batterie programmée donne un côté artificiel, fou et débridé qui est totalement revendiqué. Je pense même que c’est ce que les deux hommes cherchaient. Toujours plein d’ironie grinçante, « Rich People Problems » suit la même idée de départ de faire le disque le plus rapide et colérique possible avec un solo de shredder.

Avec son pote Jello Biafra en invité au chant (ils se connaissent bien, le groupe Lard était leur projet commun), « I Don't Wanna » possède évidemment un esprit punk appréciable. Cela dit, les beats techno dominent encore mais la grosse guitare est bien présente aussi. En bref, c’est du pur industriel façon Ministry en mode encore plus chaotique. Est-ce possible ? Eh bien oui à l’écoute de la suite…

« Smash and Grab » est un morceau de hard techno. Pour ce que j’en connais, c’est du Front 242 en 10 fois plus rapide et brutal. Pour intéressant que ça peut être, cela sonne quand même trop artificiel pour moi. « Unlistenable », this is a fucking joke, right ? On dirait qu’il a voulu faire un truc vraiment inaudible et pour le coup, c’est une réussite totale. C’est très haché, comme si on zappait ou comme s’il y avait des ratés sur le CD. Des samples et encore des bruits sur des gros beats dominant une guitare tout aussi trafiquée que discrète. C’est une grosse blague inécoutable. Autant la musique me déplait, autant j’aime l’ironie, l’autodérision et le foutage de gueule total des paroles. Il ne faut pas prendre personnellement le fait qu’il dézingue Iron Maiden, Megadeth, Lamb Of God ou Nickelback. Il se moque à nouveau des gens qui passent leur temps à déverser leur haine sur Facebook. Mais quand il dit "Dude, did you hear the last Lamb Of God ?" suivi par un gros rire ou "Ministry ? I hate fucking industrial" suivi par un bruit de chasse d’eau, c’est assez hilarant.

Jusqu’à ce 7ème morceau, Surgical Meth Machine suivait son cahier des charges initial. Mais en réalité le projet a commencé à changer de direction en cours de composition. A cette époque, tonton Al a déménagé du Texas pour la Californie. Une fois là-bas, la première chose qu’il a fait, c’est obtenir sa weed card. Non, ce n’est pas une carte bonus dans un jeu, c’est une carte pour obtenir de la marijuana à des fins médicales ! Une fois obtenue, il semblerait que la musique composée s’est considérablement ralentie. Comme il l’a souligné avec son humour à lui, ils sont passés du liquor power au weed power ! Le résultat est d’abord la reprise « Gates of Steel » du groupe américain de rock new wave Devo. Voilà tout l’intérêt d’une reprise : faire découvrir un groupe méconnu (à des gens comme moi du moins). D’après ce que j’en ai lu, ce groupe est apparu en 1972. Avec un commentaire social satirique dans des chansons pop aux synthétiseurs discordants et des rythmiques souvent inhabituelles, Devo semble être le digne parrain de Monsieur Jourgensen. La reprise ici est donc logiquement un morceau pop rock survitaminé qui me fait penser à Wednesday 13. L’instrumental « Spudnik » prolonge le morceau précédent. On dirait de l’électro bon marché de jeu vidéo (ces bonnes vieilles années 80). Ici, l’humour est dans la musique tellement ça semble être un gros canular… qui continue avec « Just Go Home ». Comment décrire ça ? De la musique synthétique, un beat plus léger et puis des samples et des samples qu’il semble zapper, bidouiller, scratcher ou que sais-je encore. Et ça m’énerve sérieusement à la longue. Passons le 100% électro « Just Keep Going » qui est tout aussi incongru dans mon univers pour terminer avec « I'm Invisible », un morceau de jazz trip hop. Attention, je n’y connais absolument rien, je nomme et décris cela comme je peux. Tout ce que je sais, c’est que je déteste ça. Al et Sammy devaient avoir bien utilisé leur weed card pour pondre un truc aussi psychédélique.

Conclusion : 5 morceaux qui vous secouent par leur rapidité déjantée, 2 morceaux qui vont trop loin dans l’inaudible et 5 morceaux sous influence qui font plus tripper leurs auteurs que les auditeurs. C’est un album en demi-teinte qui n’en reste pas moins amusant à découvrir. Sur conseil de docteur Al, il ne faut d’ailleurs pas prendre tout cela trop sérieusement. Ils l’ont fait pour le fun, sans les contraintes et attentes habituelles. Et comme il le dit dans « Smash and Grab » : "Don't listen to this, It's nothing at all, It doesn't mean a thing, Blah blah blah blah blah".

Tracklist :

1. I'm Sensitive
2. Tragic Alert
3. I Want More
4. Rich People Problems
5. I Don't Wanna (feat. Jello Biafra)
6. Smash and Grab
7. Unlistenable
8. Gates of Steel (Devo cover)
9. Spudnik
10. Just Go Home
11. Just Keep Going
12. I'm Invisible



À ÉCOUTER EN PRIORITÉ : "Tragic Alert", "I Want More"

 
Chroniqué par : VANARKH
 
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