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Date de sortie : 15/06/2009

Style : Deathcore progressif

Pays : Grande-Bretagne


Note : 18/20
Viatrophy
“Viatrophy”

“Deathcore Deathmatch – Round Two"

 

A l'affiche de votre “Deathcore Deathmatch” du jour, 2 poids lourds de la musique extrême dont vos parents feraient probablement mieux d'ignorer l'existence. A ma droite, originaires de Riverside (USA) et détenteurs d'un EP et de deux albums, Impending Doom. A ma gauche, en provenance de Reading (GB) et détenteurs d'un EP et d'un album, Viatrophy. Duel fratricide pour ces deux poulains de l'écurie Siege of Amida Records. Le résumé du combat livré par Viatrophy sera diffusé dans le cadre de la présente chronique. Pour connaître les détails de la performance d'Impending Doom, merci de consulter la chronique consacrée à son album. Retour au direct. Round Two, fight!

 

Le challenger d'Outre-Manche fait preuve de clairvoyance et tempère l'ouverture des hostilités en distillant l'ambiance qui guidera la bataille. Une ouverture digne d'un ... d'un ... d'un groupe de new-wave aux sonorités électroniques détourne l'attention de l'adversaire pour permettre une frappe optimale mieux connue sous le nom de “Mistress of Misery”. C'est pas parce qu'on est jeunes et Anglais qu'on va se laisser faire. Niveau technique: présent! Qualité sonore: parée! Virtuosité: au rapport! Force de frappe: incontestable! La batterie débite du beat à tout va, accompagnée de guitares tranchantes, le tout guidé par un leader vocal offrant un panel de gueulantes oscillant entre grognements death et hurlantes black metal. Déferlent ensuite les mers orageuses de “Seas of Storms”, brillante brutitude dont son concurrent américain aurait très bien pu être responsable. La finesse et la singulière beauté en plus. C'est pas parce qu'on fait que beugler en deathcore que toute tentative musicale un tant soit peu atmosphérique ou mélodique éjecte le candidat dans la catégorie extrême inférieure. Les règles sont les règles sauf si c'est fait de manière à éviter de dénaturer le genre. L'ambiance. C'est dans ce registre que Viatrophy gagne ses galons. Fier porte-drapeau de la cause, “Eternal Darkness” dresse un tableau gothique et oppressant qui fait si cruellement défaut à son adversaire. Malsain et percutant à la fois, le morceau vous agrippe les chevilles pour vous engloutir bien en-deçà des ravages provoqués par son opposant. Oubliez les fleurs, les papillons et Impending Doom. Plus qu'une machine à tuer dépressive, Viatrophy réussit à faire la part des choses et à délivrer le rayon de soleil après la tempête grâce au sublime “Aurora”. “Scenes of Extended Peril” relève d'un digne hommage au thrash de grand-papa (enfin, pas le mien) pour terminer sur une ribambelle de passages de tous bords d'une efficacité à toute épreuve. Et comme c'est dans les vieilles casseroles qu'on fait les meilleurs moshpits, “Sufferance” en rajoute une couche, les gros breaks metalcore à l'appui et le tout ponctué d'un superbe final atmosphérique. Vu la vitesse à laquelle défile “Futile Prayer”, le KO semble acquis. Là où la plupart des groupes du genre se rétament le museau, Viatrophy va chercher les sonorités propices à susciter une trépignement le long de l'échine. Pas besoin de recourir au “gore” pour faire réagir l'audience. Rien de tel que les émotions justes au bon moment et le tour est joué. D'un point de vue métaphorique, c'est un peu comme grincer des dents devant un “Seven” oppressant mais toujours suggéré plutôt que de pouffer devant un “Destination finale” plus explicite que vraiment réfléchi. 

 

Non, “Viatrophy” n'est pas un album facile d'accès car on navigue tout de même en mers agitées. Mais oui, cet album regorge de beauté, outre la brutale performance de ses exécutants. Le groupe le démontre au travers de “The Final Light”, morceau de metal progressif sur toute la ligne. Ca fleure bon le Mastodon et le Tool. Les nappes de synthé viennent épaissir la sauce pour générer un bijou de plus de sept minutes. Bon, je trouve pas de superlatif suffisament super pour qualifier cette plage donc si vous devez jeter une rapide oreille à l'album, commencez par ce morceau. Pas le plus représentatif, certes, mais démonstrateur de la démarche et des qualités du groupe. L'album touche - malheureusement - à sa fin. Le KO semble incontesté. La dernière frappe confirmera la donne. “Treachery” clos ce chapitre de la discographie du groupe avec panache. De manière culotée de par l'expérimentation mais brillante de par la réalisation. Une formation trés prometteuse.

 

Viatrophy met définitivement fin à mes doutes quant au potentiel des groupes extrêmes battant pavillon anglais. Après Johnny Truant, Architects, ... la scène britannique n'a plus rien à envier à la machine de guerre américaine qui ne délivre, à ce jour, que trop de groupes un peu trop formatés. Ce nouveau-venu dans la catégorie n'offre, au contraire, que surprises et fraîcheur à chaque écoute de sa performance. Richesse et variété se partagent la tête de cette réussite, procurant à cet album une âme propre et une assurance de longévité. Viatrophy, un groupe du style comme on en fait si peu.

 

 

    Tracklist:

    01. Lux E Tenebris

    02. Mistress of Misery

    03. Seas of Storms

    04. Eternal Darkness

    05. Aurora

    06. Scenes of Extended Peril

    07. Sufferance

    08. Futile Prayer

    09. The Final Light

    10. Treachery


 
Chroniqué par : KWISS
 
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