Boucherie entre amis
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"Boucherie entre amis"

Entretien avec Sven « Svencho » de Caluwé (chant)
Interview, traduction et édition par Mastema

 
Après une courte période moins excitante, Aborted est revenu, ces dernières années, à une formule qu’on peut qualifier de « gagnante » sans avoir peur d’exagérer. Deux disques féroces, certes, mais surtout une envie retrouvée et une fidélité à un extrémisme musical dont il est un des représentants les plus jouissifs. Notre compatriote Svencho nous parle de tout cela dans son style honnête et sans esbroufe dont il est coutumier.

M : Aborted jouant une musique particulièrement « physique », les tournées doivent être exténuantes pour vous. Quels sont vos secrets pour rester en forme tout au long d’une tournée qui s’étend sur plusieurs mois, parfois sans dates de repos ? Particulièrement toi qui ne ménage pas tes cordes vocales ?

Svencho : Le sommeil est important, du moins à titre personnel, pas seulement pour livrer ensuite de bonnes performances, mais aussi pour ne pas perdre ma voix. Je le conçois comme un boulot, même si c’est quelque chose que j’adore faire. Après tout, personne n’a dit qu’on ne peut pas aimer son boulot, n’est-ce pas ? Et j’estime que chaque personne qui a payé son billet pour te voir, même s’il n’y a que cinq pelés dans le public, mérite de te voir à 100% de tes capacités. Ce qui implique que je vais m’empêcher de faire (trop souvent) la fête ou de faire des conneries, afin d’être en pleine forme le lendemain. Hormis cela, l’an dernier j’ai commencé à travailler ma condition, que ce soit en salle de sport ou chez moi, et ça fait une vraie différence en termes d’endurance et dans la façon dont on se sent, mais ça c’est un sujet de discussion à part entière. Il m’est important de pouvoir me livrer à 100%, et si je n’en étais plus capable je préférerais arrêter. Le secret pour y arriver, c’est de rester en former, de boire beaucoup d’eau et de faire en sorte d’avoir assez de sommeil.

M : Parlons de The Necrotic Manifesto. L’album est sorti, parmi d’autres versions, dans une version limitée accompagnée d’un objet assez original…

Svencho : Oui. Dans cette version, l’album sera accompagné d’un jeu personnalisé « Aborted », un jeu de cartes d’aventure où chaque joueur incarne un membre du groupe, combat une bande de démons et apprend à connaître un peu mieux les musiciens, le tout avec quelques inside jokes et d’autres trucs. Nous sommes tous des gamers confirmés, des nerds et des fans de jeux de plateau, on s’est donc dit que non seulement aucun groupe n’avait fait un truc pareil, mais qu’en plus cela nous correspondait parfaitement.

M : Global Flatline avait été bien reçu par les fans et les critiques, surtout après un Strychnine.213 qui était loin d’avoir fait l’unanimité. Par conséquent, dans quel état d’esprit avez-vous abordé The Necrotic Manifesto ? Imaginiez-vous l’album comme le successeur naturel du précédent ?

Svencho : Nous avons simplement écrit ce qui nous est naturellement venu à l’esprit. Cet album est un effort collectif de A à Z, chacun des membres ayant contribué de façon égale, et chacun sachant parfaitement comment Aborted est supposé sonner. Cela étant dit, c’est vrai qu’on s’est mis d’accord dès le départ sur une volonté de proposer quelque chose de très agressif, d’extrême même par rapport aux standards de ce groupe, et c’est exactement ce que nous avons fait.


« Chaque personne qui a payé son billet pour te voir, même s’il n’y a que cinq pelés dans le public, mérite de te voir à 100% de tes capacités. […] Il m’est important de pouvoir me livrer à 100%, et si je n’en étais plus capable je préférerais arrêter. (Sven « Svencho » de Caluwé)

M : Avec quelques années de distance, comment juges-tu Strychnine.213 (2008), un disque singulier dans votre carrière ?

Svencho : J’en garde un souvenir amer. Slaughter & Apparatus [note : 2007] et Strychnine sont deux albums dont je ne suis pas vraiment fier, ce pourquoi nous n’en jouons aucun morceau en concert. Strychnine est essentiellement le fruit d’une décision de l’ancien line-up qui ambitionnait de toucher un public plus large. Certains morceaux sonnaient nettement mieux en pré-production mais ont été ralentis en studio. En concert on les jouait plus rapidement, mais leurs versions studio ont vraiment perdu une bonne partie de leur charme. On avait des problèmes en studio, avec le mix, au sein même du groupe,… Rien ne tournait vraiment bien et je ne suis pas satisfait de cet album. Je pense qu’il aurait fait un bon disque, mais pas sous le nom Aborted. Il n’est pas étonnant qu’un gros changement de line-up ait eu lieu à ce moment-là : il était important pour moi de revenir aux sources du groupe et de ressusciter l’essence et l’intensité de notre son.

Aborted

M : Puisque tu parles de line-up, celui-ci a encore changé, puisque les guitaristes Mendel bij de Leij et Danny Tunker vont ont rejoint. Qu’est-il arrivé à Eran Segal (2009-2012) et Michael Wilson (2011-2012) ?

Svencho : Tous deux ont été virés pour des problèmes d’égo. C’est aussi simple que ça. Nous avions un line-up stable depuis trois ans. Eran et Mike n’ont participé qu’à une seule tournée avec nous – aux Etats-Unis en compagnie d’Origin – mais les choses ont tourné si mal qu’il a bien fallu agir. Des membres de notre équipe qui bossaient avec nous depuis sept ans se tiraient, des bassistes et bassistes de session [note : JB van der Wal, Kevin Von Lary et Josh Neale] se tiraient en raison de ce qui se passait au sein du groupe… Dès que Danny et Mendel nous ont rejoint, JB est revenu, les membres de l’équipe sont revenus et nous avions à nouveau une équipe solide qui bossait ensemble et nouait des relations d’amitié. Ça se voit sur scène et ça s’entend sur l’album, si tu veux mon avis.

M : Il semble que Mendel et Danny ont apporté leur touche personnelle car The Necrotic Manifesto est sans doute le disque d’Aborted comportant le plus grand nombre de soli de guitare, qui jouent de surcroît un rôle mélodique de premier plan. Est-ce une des raisons de leur recrutement ? Quel a été leur impact sur l’écriture du disque ?

Svencho : Honnêtement, comme je l’ai dit précédemment, l’album a été composé par les cinq membres de ce groupe, tous les morceaux et toutes les sections sont le fruit d’un effort d’équipe. Bien sûr, Danny et Mendel ont créé leurs propres soli, et il faut saluer leur travail, mais ce disque n’aurait vraiment pu voir le jour sans la collaboration de tout un chacun. Nous n’avions qu’un peu plus de trois mois pour tout composer et il n’aurait pas été possible d’en venir à bout si tout le monde n’avait pas eu la même implication et la même vision. Mendel a été recruté parce qu’il faisait déjà partie d’un groupe dans lequel Ken [note : Ken Bedene, batterie] et moi étions déjà actifs et qui s’appelait System Divide (RIP) [note : ce combo international, dont faisait notamment partie l’épouse israélienne de Sven, Miri Milman, a été dissous à la suite de leur divorce, mais le projet a été relancé sous le nom de Oracles, avec une nouvelle chanteuse, grecque cette fois, Sanna Salou]. Je savais donc qu’on pouvait bien bosser ensemble, nous étions déjà amis. Danny, quant à lui, m’a été recommandé par JB. On l’a contacté et il a pu faire ses preuves sur notre tournée avec Cannibal Corpse. C’est un excellent guitariste et un mec en or qui est devenu également un ami. Comme tu l’as remarqué, il est évident que tous deux ont eu un impact sur la composition de ce disque, et je suis fier de les avoir à nos côtés.


« On s’est mis d’accord dès le départ sur une volonté de proposer quelque chose de très agressif, d’extrême même par rapport aux standards de ce groupe, et c’est exactement ce que nous avons fait. (Sven « Svencho » de Caluwé, à propos de The Necrotic Manifesto)

Aborted

M : Dis-nous-en plus sur les paroles que tu as écrites pour ce disque. Tu peux éventuellement isoler l’un ou l’autre morceau.

Svencho : (rires) Les paroles aussi ont dû être expédiées en vitesse, j’ai écrit la plupart la veille de l’enregistrement. Inutile de dire qu’à la fin des sessions, j’étais complètement cramé. Si je devais isoler quelques morceaux, j’en citerais d’abord un marrant, « Excremental Veracity ». J’y réinterprète l’histoire de Herbert Mullin, un tueur en série qui a assassiné des gens parce qu’une voix le lui ordonnait afin d’éviter qu’un tremblement de terre ne se produise [note : Mullin a tué 13 personnes entre octobre 1972 et février 1973. Il a été condamné à la prison à perpétuité.]. Il voyait des prédictions dans les entrailles de ses victimes. Dans « Excremental Veracity », le tueur en série voit l’avenir dans ses propres matières fécales, ne me demande pas pourquoi (rires) [note : ben voyons !]. Pour citer un exemple plus sérieux, « The Davidian Deceit » parle des Davidiens, une secte dont le leader David Koresh était un pédophile qui a forcé ses disciples à se suicider, etc. [note : 82 membres de la secte, dont Koresh lui-même, périrent lors du siège et de l’attaque de leur quartier général au Texas le 19 avril 1993. Si certains membres ont été abattus par les forces de l’ordre, un incendie – dont la cause est encore incertaine, même si la thèse du suicide collectif est la plus souvent avancée – a causé la mort des autres personnes.].

M : Comme à votre habitude, chaque morceau est gavé d’une myriade d’idées, c’est d’une intensité folle. Comment parvenez-vous à mémoriser tout ça ? Cela constitue une partie importante de votre identité, à ton avis ?

Svencho : Nous recherchons la variété afin de ne pas proposer de disques ennuyeux. Hormis l’aspect intense ou technique, nous aimons aussi injecter une bonne dose de groove afin de stimuler l’intérêt. J’imagine qu’on y parvient parce que chacun d’entre nous écoute beaucoup de choses différentes et qu’on a beaucoup d’idées. Mémoriser toutes nos idées n’est pas trop difficile, nous jouons tous au Scrabble.

M : Une fois de plus vous avez bossé avec Jacob Hansen (Destruction, Evergrey, Volbeat, Tyr,…), c’est une collaboration plus que fructueuse ! Comment décrirais-tu l’apport de Jacob et l’alchimie entre lui et le groupe ?

Svencho : Nous sommes amis et nous nous connaissons depuis longtemps. Je pense qu’il est le meilleur pour s’occuper de notre son. C’est un plaisir de travailler avec Jacob, il sait comment retirer le meilleur du groupe tout en cultivant une ambiance détendue. On avait 22 jours pour mettre en boîte 18 morceaux, ce qui est assez dingue, et je ne pense pas qu’on y serait arrivé ailleurs que dans son studio. Jacob et son assistant Jonas [note : Jonas Haagensen, également guitariste d’Asphyxion] ont bossé vraiment dur pour obtenir le meilleur résultat possible.


« Mémoriser toutes nos idées n’est pas trop difficile, nous jouons tous au scrabble. » (Sven « Svencho » de Caluwé)

M : En 2011, tu as rejoint le supergroupe Bent Sea, formé par Dirk Verbeuren (batterie/Soilwork, Scarve) et où l’on retrouve également Shane Embury (basse/Napalm Death, Brujeria, Lock Up). Comment ce projet est-il né, et quel est son avenir ?

Aborted

Svencho : Dirk a composé toute la musique. Il recherchait un moyen d’évacuer toutes les pulsions grindcore qu’il avait en lui. Nous sommes toujours restés de bons amis [note : le batteur belge a joué sur le classique Goremageddon, en 2003, ainsi que sur l’EP Coronary Reconstruction, sorti en 2010] et avons gardé contact même si nous sommes tous deux extrêmement occupés, sans parler de Shane… Dirk m’a proposé de chanter dans ce projet il y a plusieurs années et de temps en temps il enregistre des morceaux et me les envoie. Je mets alors le chant en boîte en une prise car c’est dans cet esprit que ce groupe a été formé, et Shane ajoute ses lignes de basse (sourire). C’est un projet dont le but est avant tout de se faire plaisir. On a encore publié du matériel récemment [note : un split avec To Dust, l’an dernier] et d’autres sorties sont prévues !

Aborted

M : Un grand merci pour cet entretien, Sven ! Un dernier mot ?

Svencho : Merci à toi ! Jetez une oreille au nouvel album. GRIND !








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"Slaughter among friends"

Conversation with Sven “Svencho” de Caluwé (vocals)
Interview and editing by Mastema

 
After a couple of uninspired years, Aborted has recently returned to an indisputably “winning” formula. Two ferocious records have been released, but the most positive thing to mention about the band is the will to do things right and a loyalty towards musical extremism of which Aborted is one of the most prominent representatives. Our compatriot Svencho talked about all of this in his usual honest and no-bullshit fashion…

M: Aborted plays quite a “physical” music which must make tours exhausting! Do you have any “secrets” to stay fit for several months playing a show almost every day? Especially for you, as the band’s singer.

Svencho: Sleep is important, for me personally at least, not only for the performance part, but also for not losing your voice. To me this is a job, even if it’s something I love doing. Nobody says you can’t love your job right? And I think everyone who pays to see you, even if there are only five people in the crowd, deserve a 100% show, which means I will refrain from partying (too hard) or doing stupid shit as I want to be 100% fit for the next day. Besides that the last year I have started actually working out and going to a gym or working out at home, which does make a difference as far as endurance goes and just feeling better with yourself but that is an entirely different discussion. To me every show I want to be able to give 100% of myself. If not then I would rather quit. Secrets are to remain in shape, drink a lot of water and make sure you rest enough.

M: Let’s talk about The Necrotic Manifesto. It was released, amongst other versions, in a limited edition with some original stuff, can you tell us a bit about it?

Svencho: Yeah we actually released our very own Aborted card game with the album, it’s an adventure card game where you play one of the band members and battle a bunch of demons and get to know the band members better personally, with some inside jokes and whatnot. We are all big gamers, nerds and board game fanatics so we figured it was something that no band had ever done and it just fitted completely with our personality.

M: Global Flatline had been well received by fans and critics, especially after Strychnine.213 which didn’t please everyone. What was your mind set when starting to work on The Necrotic Manifesto? Did you want it to be a natural successor to the previous album?

Svencho: We just wrote what came naturally to everyone, it was totally a group effort where all five individuals in the band contributed equally and everyone knew what Aborted is supposed to sound like you know. That being said we all agreed we wanted to write something very aggressive and over the top for this band, so that’s what we did.


“Everyone who pays to see you, even if there are only five people in the crowd, deserve a 100% show. To me every show I want to be able to give 100% of myself. If not then I would rather quit.” (Sven “Svencho” de Caluwé)

M: With a few years distance, how do you judge Strychnine.213 (2008), which is quite a peculiar record in the band’s career?

Svencho: With a bitter taste, both Slaughter & Apparatus and Strychnine are albums I am not really proud of, which is why we don’t play any of those songs live. Strychnine was mainly a call of the former line-up who wanted to try to reach a broader audience. Some of the songs sounded much better in pre-production and were slowed down in the studio, yet played way faster live. On record it lost a lot of its appeal. We had issues recording I the studio, issues with the mix, issues within the band… Nothing really worked out and I was never really happy with it. That being said I think it would have been a fine album under another name, just not under the Aborted moniker. Which is why we had that big line-up change. It was important for me to go back to the roots of the band and bring back the essence and intensity of our sound.

Aborted

M: Once again, there have been some changes in the band’s line-up with the arrival of guitarists Mendel bij de Leij and Danny Tunker. What happened to Eran Segal (2009-2012) and Michael Wilson (2011-2012)?

Both were fired because of ego problems. As simple as that. We have had a stable line-up for about three years now. Both Eran and Mike actually only did one tour, for Global Flatline, and things got so out of hand on our US tour with Origin that something had to be done to continue the band. We had crew members that worked for us for seven years who quit, bass players and session bass players who quit mid-tour because of what was going on there. As soon as Danny and Mendel stepped in JB came back in the band, crew members returned and we had a solid unit working together again and actually being friends, which you can also see on stage and hear on record, if you ask me.

M: It seems to me Mendel and Danny have really brought their own thing, as The Necrotic Manifesto is probably the Aborted record with the most prominent guitar solos, which are paramount as melodic elements on this album. Was that the plan when you recruited them? What has been their impact on the writing of the album?

Svencho: Honestly as said before the record has been equally written by all five band members, we all wrote songs and parts of songs, many songs were the result of a  cooperation of several people and it really was a joint effort. Of course Danny and Mendel wrote their leads which is all credit to them, but the album would have not existed without the collaboration of everybody. We had little more than three months to write the entire thing and it wouldn’t have been possible if we didn't all have the same level of dedication and vision towards it. Mendel was hired because he was already in a band with Ken and I called System Divide (RIP) so I knew what it was going to work with him, and we were friends. Danny actually got recommended by JB so we hit him up and we tried him out on the Cannibal Corpse tour. He is a great guitar player and a great human being who turned up to be a great friend as well. Obviously both Mendel and Danny had their impact on the writing as you said, and I am proud to have both of them in the band.


“We all agreed we wanted to write something very aggressive and over the top for this band, so that’s what we did.” (Sven “Svencho” de Caluwé, regarding The Necrotic Manifesto)

Aborted

M: Can you tell us more about some of the lyrics you wrote for the record? If you want you can choose one or two songs to give us some detailed explanations.

Svencho: (laughs) That had to go quick as well really. I wrote most lyrics the night before recording the songs, needless to say I was absolutely brain-dead at the end of the recordings. As far as the songs go, let’s choose a funny one, “Excremental Veracity”, which is my own take on Herbert Mullin, a serial killer who killed people because a voice told him he had to kill a certain amount of people to prevent an earthquake from happening. He would see these predictions in his victims’ guts. In “Excremental Veracity” it’s about a serial killer who predicts the future by checking out his own faecal matter. Don’t ask me why (laughs). As for a more serious one, “The Davidian Deceit” speaks about the branch Davidian, an American cult whose leader David Koresh was a paedophile who forced people to suicide, etc.

M: As always, each song is filled to the brim with tons of ideas, it’s definitely very hectic. How do you guys achieve this and how do you memorize all this stuff? Would you say it’s an important part of your style?

Svencho: We believe in variation and try not to make too much of a boring album, besides things being hectic or technical we also love adding a good dose of groove, to keep things interesting. I guess we achieve it because everyone listens to a lot of different things and we all have a lot of ideas. Memorizing all our ideas isn't too hard, we all play Scrabble.

M: Once again you’ve worked with Jacob Hansen on this record, and it seems this association is really working well! How would you describe Jacob’s contribution to the band and the chemistry with him?

Svencho: Well we are friends and have known him for ages, I believe he is the right guy for our sound. Jacob is a pleasure to work with and knows how to get the best out of you while keeping you relaxed. We had 22 days to finish about 18 songs which was quite insane and I don’t think it would have been possible anywhere else, Jacob and his assistant Jonas really worked hard and got the best out of all of us .


“Memorizing all our ideas isn't too hard, we all play Scrabble.” (Sven “Svencho” de Caluwé)

M: In 2011, you joined the supergroup Bent Sea with Dirk Verbeuren and Shane Embury. Please tell us how this project came about. What is the band’s project and its future plans?

Aborted

Svencho: Well Dirk wrote all the material as he wanted an outlet for the grind core kid inside of him. We have always remained good friends and in contact through the years even if we are both super busy, not to mention Shane. Dirk hit me up about doing vocals for it years ago and every now and then he records his songs and sends ‘em through. I recorded the vocals in one take as that was the mind-set going into it and then Shane added the bass (smiles). It’s really more of a fun project. A whole bunch of songs should be published in the near future!

Aborted

M: Thank you very much for this interview, Sven! You can leave a last message to your Belgian fans right here… Thanks again, take care!

Svencho: Thank you sir! Check out the new record. GRIND!





Interviewé par : MASTEMA
 
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