Le cirque est en ville !
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"Le cirque est en ville !"

Entretien avec Johannes Eckerström (chant) et John Alfredsson (batterie)
Interview, traduction et édition par Sponge
Photos live par Raphaël Meert

 
Il y a deux ans, le monde prenait en pleine gueule Black Waltz, le quatrième album studio des Suédois d'Avatar, préssenti comme un total renouveau dans la discographie du groupe. Venant d'un death metal mélodique somme toute assez classique, Johannes Eckerström et ses accolytes prenaient alors une direction bien différente, qui si elle garderait sans conteste des racines scandinaves évidentes, dirigerait la formation nordique vers un succès assuré grâce à un univers totalement personnel et vraiment intéressant. Grâce à leurs nouvelles personnalités scéniques, et notamment celle du Clown Loyal qu'est devenu le frontman, Avatar a découvert rapidement une voie bien différente de celle qu'il avait suivie jusqu'alors, avec entre-autres une naissance outre-Atlantique et des critiques uniformément dithyrambiques. Nous avons récemment eu la chance d'accueillir les Suédois chez nous lors de l'Alcatraz Festival en août dernier, et ce fut donc l'occasion de rencontrer en face à face ces nouveaux pionners du death'n'roll, qui se sont révélés hyper sympathiques et très conscients de leur potentiel mais aussi de l'éventuelle éphémérité de leur succès.

Sponge (Rock'N'Balls) : Hello les gars ! Je suis bien content de vous rencontrer en vrai pour la première fois ! Tout d'abord, comment vous sentez-vous alors que vous venez de jouer ici à l'Alcatraz Festival ? Est-ce la première fois que vous venez dans notre pays ?

Johannes Eckerström : En fait, nous avions déjà fait quelques dates en salles et un festival en intérieur en Belgique par le passé, mais c'était il y a très longtemps. L'Alcatraz aujourd'hui était notre prmier vrai festival en plein-air dans ce pays.

John Alfredsson : Le concert était très bon ! C'était presque un concert matinal (rires) mais les gens ne l'ont apparemment pas pris comme tel, c'était cool, nous avons passé un bon moment ensemble. Il a plu un peu, mais le public est resté, donc c'est plutôt positif.

Johannes : Nous avons été meilleurs que la météo !

S : Quand je vous ai interviewés par téléphone en 2012, vous veniez tout juste de publier votre album précédent intitulé Black Waltz, et les médias étaient plutôt impressionnés par la nouvelle direction qu'avait pris votre musique. Quel regard avez-vous par rapport à cet album deux ans plus tard ?

Johannes : Le truc, c'est que nous avons grandi et appris à jouer ensemble, et les premières années ont vraiment servi à notre apprentissage. Et avec Black Waltz, nous avons commencé à expérimenter ! Nous avons défini quelque chose à propos de nous-même, et nous avons trouvé notre voie, un chemin que nous n'avions jamais emprunté jusque là.

S : Cette année, vous présentez un tout nouveau disque qui s'appelle Hail The Apocalypse, et il poursuit l'établissement de cet univers que vous avez créé avec Black Waltz, c'est toujours très efficace et original. Quel était en fait votre but avec cette nouvelle plaque ?

Johannes : Dans cette nouvelle voie, nous avons commencé à comprendre ce que nous voulions accomplir avec notre musique, différement de ce que nous avions fait jusque là. Nous avons réalisé que nous ne tenions pas à faire quoi que ce soit pour faire plaisir à d'autres, car nous étions passé par une période, étant jeune, où c'était plutôt “S'il vous plait, aimez-nous !” (rires), ensuite nous avons grandi et avons compris que nous ne nous soucions pas vraiment de l'avis des autres, même si ils n'aiment pas ce que nous faisons. Mais NOUS devons aimer ce que nous faisons ! En fait, Black Waltz était sensé être notre dernier album, de toute façon ! Nous étions tellement frustrés que John et moi avons quitté le groupe pendant quinze minutes ! (rires)

John : Ouais, nous avions décidé de quitter le groupe car nous pensions que nous n'allions nulle part et que tout le monde s'en foutait, ensuite nous avons bu une autre bière, et puis c'était du genre “Tiens, écoute un peu ce riff.” et puis “Ouais... on doit faire quelque chose avec ça !”.

Johannes : Nous avons donc reformé le groupe quinze minutes plus tard (rires), et c'était brillant !

John : Oui, et le jour suivant, nous avons travaillé ce nouveau morceau. Cette nuit-là, nous avons compris que nous ne devions pas faire de la musique pour plaire aux autres, mais bien pour nous-même ! Nous voulons simplement être fiers de ce que nous produisons. Et si les gens n'aiment pas, on les emmerde !

Johannes : À la base, Hail The Apocalypse honore cette nuit-là. Avec Black Waltz nous étions vraiment heureux que les gens l'apprécient que nous avons voulu faire encore mieux, mais sans nous répéter ! Car tu peux avoir une voie à suivre, mais c'est aussi très facile de tomber dans le piège. Une voie signifie aussi qu'il te faut avancer et progresser ! Le but ici était de commencer par nous impressionner, et si nous considérions que ce n'était pas un flop, alors pour nous c'était une réussite. Ce n'était pas important si les gens considéraient que c'était nul, le plus important était que nous soyons convaincus de notre travail. Si le monde ne le comprend pas, le monde a tort !


« Tu peux avoir une voie à suivre, mais c'est aussi très facile de tomber dans le piège. Une voie signifie aussi qu'il te faut avancer et progresser ! Le but ici était de commencer par nous impressionner, et si nous considérions que ce n'était pas un flop, alors pour nous c'était une réussite. » (Johannes Eckerström)

S : Pourquoi avoir choisi ce titre, Hail The Apocalypse ? Que signifie-t-il pour vous, et de quoi parlez-vous dans vos textes ?

Johannes : Selon moi, ce titre a plusieurs significations. La chanson qui porte le même titre parle explicitement du fait de faire face aux conséquences, d'affronter la tempête et toutes ces merdes, et d'en sortir. Mais tout cela est aussi dépeint sur la toile de fond de ce qu'il se passe un peu partout dans le monde, et de l'humanité dans son ensemble. Et musicalement, nous voulions que cette chanson soit “un grand et sombre travail” dans “un grand et sombre monde”, grâce également à la pochette de l'album qui montre cette tempête sur l'océan, où tout se casse la gueule, mais où on peut voir que le personnage s'en sort avec le sourire.

S : En 2012, vous aviez travaillé avec Tobias Lindeel pour la production de Black Waltz. Avez-vous renouvellé cette collaboration pour ce nouvel album, ou avez-vous préféré explorer de nouveaux horizons ?

Johannes : Oui, nous avons effectivement à nouveau travaillé avec lui sur cet album. Nous pensions avoir seulement débuté notre aventure avec lui sur Black Waltz, notre travail commun était encore frais, et je pense que le résultat le montre bien. Mais cette fois-ci, nous avons également apporté la contribution d'un autre gars pour le mixage, en la personne de Jay Ruston (Anthrax, Stone Sour), ça a aussi ajouté quelque chose de neuf au produit sur le plan sonore, même si nous étions un peu inquiets car... il est américain, tu vois (rires). Je me disais “uhm... est-ce qu'on va sonner comme Nickelback... ?” (rires). Mais finalement, il a vraiment bien compris ce que nous étions en train faire.

Avatar

S : Quel est votre morceau favori sur ce nouveau disque, et pourquoi ? Si vous voulez connaître mon propre choix, je dirais probablement “Bloody Angel”, car c'est une chanson très variée, avec différentes ambiances, mais c'est aussi très violent et mélodique à la fois.

John : Je ne pourrais jamais te dire lequel j'aime le plus, car si tu dis qu'un morceau est le meilleur, alors les autres sont forcément moins bons !

Johannes : Personnellement, je les aime tous à différents niveaux, et pour diverses raisons. Dans un sens, “Hail The Apocalypse capture le mieux l'intensité de l'album, mais il y a aussi “Vultures Fly” ou “What I Don't Know” car ce sont des titres qui montrent plusieurs aspects de notre musique. Il y a quelque chose à savoir à propre de notre méthode d'écriture : en metal, le riff est roi ! Mais si ce riff est le meilleur du monde, vous vous devez également de trouver le groove qui fonctionnera le mieux avec ce riff. Donc pour nous, le secret est de trouver le bon groove ! “Vultures Fly” est une des chansons les plus groovy du disque, et quand l'avons enregistrée, il a fallu 47 prises live pour trouver le bon groove !

John : C'est probablement la chanson la plus facile de l'album, mais le simple c'est toujours le plus compliqué pour un batteur ! Et enregistrer ce titre en tant que groupe, puisque nous avons tout enregistré live, était vraiment difficile. Tout était pourri jusqu'à la 47ème prise ! Et à la 47ème, tout le monde a senti qu'on l'avait enfin trouvé. Et d'ailleurs ça s'entend si tu écoutes attentivement le morceau, la dernière fois que le riff principal revient, le tempo augmente un peu parce que tout le monde se regardait dans la pièce et était super excité (rires).

S : Grâce à l'album précédent, vous aviez signé un deal avec eOne Music qui devait vous distribuer outre-Atlantique. Avez-vous finalement réussi à exporter Avatar aux États-Unis, et à présenter votre show là-bas ?

John : Ouais, énormément en fait ! Et l'Amérique est certainement le meilleur marché pour nous.

Johannes : Et c'est bizarre. Car nous avons voyagé à l'intérieur de notre propre continent depuis treize ans maintenant, et quand nous sommes arrivés aux States, c'était totalement nouveau ! Mais nous avons eu la chance de travailler avec les bonnes personnes dès le départ, et nous avions engrangé beaucoup d'expérience en live depuis toutes ces années. Je pense aussi que le metal en général fonctionne sur un tempo plus organique ici en Europe...

John : Les Américains sont un peu étranges pour nous. Si tu es un métalleux chez nous, ton coeur est METAL, tu aimes tout ce qui concerne le metal. Mais les métalleux américains sont plutôt du genre “Waow mec, t'es un clown ! C'est génial !” (rires).

Johannes : Bien sûr, il y a aussi là-bas beaucoup de gens qui sont à fond dedans comme ici en Europe, mais l'Amérique a une culture beaucoup plus superficielle, tu vois.

Avatar

John : Mais nous nous devons d'être toujours prudent, car tu vois... Avatar pourrait juste être le “parfum de la semaine”, tout pourrait avoir disparu demain ! Ce que je veux surtout dire, c'est que c'est en Europe que nous tournerons encore dans soixante ans, dans des petits clubs, on sera devenus “goeb rock”, on jouera pour dix personnes...

Johannes : “goeb rock” est un terme suédois pour parler du genre de rock que ton père écoute, en gros. Et c'est marrant parce que chaque décénnie, soudainement un autre truc devient goeb rock ! Au départ c'était Creedance, une génération plus tard c'était AC/DC ! Ensuite, c'était Judas Priest, et même Iron Maiden est devenu goeb rock ! (rires) Mais le fait d'être goeb rock signifie aussi que ton groupe résiste aux épreuves du temps, donc finalement c'est plutôt positif. Aux États-Unis, nous sommes une espèce de 'phénomène' en ce moment, et c'est effectivement phénoménal, mais on ne sait jamais...

John : Après tout, les vrais métalleux... peu importe que tu sois de New York ou de Belgique, au final tu es le même !

Johannes : Nous avons également beaucoup de fans qui nous contactent depuis le Moyen-Orient, mais je ne sais pas comment arriver à organiser une tournée là-bas, ce genre de choses... Mon plus grand rêve serait d'aller jouer en Afrique ! Parce que là-bas, si tu es un métalleux, c'est pour de VRAI ! Parce que je ne pourrais jamais trouver un job en ressemblant à ça en Afrique ou en Irak... Je me sens très authentique par rapport à mes idéaux, mais cela n'a jamais vraiment été difficile de devenir ce que nous sommes, car c'est accepté dans notre culture. Mais si tu vis en Iran, que tu as seize ans, que tu es un métalleux, et que tu portes nos t-shirts, TU ES VRAI ! J'adorerais pouvoir jouer là-bas pour tous ces gens.


« Je me sens très authentique par rapport à mes idéaux, mais cela n'a jamais vraiment été difficile de devenir ce que nous sommes, car c'est accepté dans notre culture. Mais si tu vis en Iran, que tu as seize ans, que tu es un métalleux, et que tu portes nos t-shirts, TU ES VRAI ! J'adorerais pouvoir jouer là-bas pour tous ces gens. » (Johannes Eckerström)

S : L'univers que vous avez créé ces trois dernières années est très impressionnant, et les clips vidéos que vous avez publiés pour certaines chansons font aussi partie intégrante de cette atmosphère. Travaillez-vous personnellement sur les idées de scénarios de ces vidéos, ou engagez-vous un spécialiste ?

Johannes : Oui, nous faisons tout nous-même. Ensemble, avec un autre gars qui s'appelle Johan Carlén, qui est notre photographe sur tous nos projets, qui fait partie de l'équipe, et qui est aussi notre réalisateur en ce qui concerne les vidéos. Nous avons une espèce de 'collectif punk-rock' qui travaille avec nous sur ce genre de trucs (rires).

John : Ouais, personne d'autre ne vient pour nous dire comment nous devrions faire les choses. Nous traitons nos clips comme nous traitons nos chansons. Et c'est une part importante de notre 'art'.

Johannes : C'est tellement un élément-clé de ce que nous voulons accomplir, surtout depuis que nous avons choisi de donner autant d'importance à l'aspect visuel. La tâche nous revient donc naturellement, ça doit venir du coeur, pour que nous puissions atteindre les résultats qui nous intéressent vraiment. Sinon, tu pourrais nous mettre dans un garage avec un stroboscope et une machine à fumigènes, et nous ferions de notre mieux également (rires).

S : Je ne vous ai pas posé cette question lors de notre dernier entretien, alors quels sont les groupes ou artistes qui vous ont vraiment influencés lors de la création de cet univers ? Selon moi, Avatar aujourd'hui sonne un peu comme un mélange de Rammstein, Marilyn Manson et Rob Zombie !

Johannes : Un groupe très important est certainement The Hives ! Surtout parce que tout ce qui concerne The Hives EST The Hives. Il n'y a rien dans leur univers qui ne soit pas The Hives. Ensuite, nous prendrons toujours des exemples comme Kiss, comment ils sont devenus le groupe de metal préféré de tellement de gosses bien avant qu'on entende seulement parler d'eux ! Mais j'aimerais aussi parler d'un groupe comme Foo Fighters, car même si ils ne font rien d'aussi théâtral que nous, c'est un groupe qui apparait comme il sonne, et qui parle comme il chante, et tout semble tellement connecté chez eux ! Dans ce sens, la liste de nos influences peut devenir très longue. Et évidemment, nous adorons Rammstein.

John : Mais si ce n'était pas à cause de la séance de dédicaces que nous ferons dans quelques minutes, nous ne porterions pas notre maquillage pour l'instant, nous ressemblerions à des gens ordinaires. Nous n'avons pas besoin de ça pour être Avatar.

Johannes : Et surtout pour moi, ce clown est devenu une autre personnalité qui se tient constamment à mes côtés, mais c'est devenu une entité à part entière. Ma copine n'aime pas traîner avec moi avant les concerts (rires). C'est un peu bizarre de me tenir comme ça devant toi, parce qu'en fait j'ai laissé tout ça sur scène tout à l'heure.

Avatar

S : Votre univers est tellement personnelle et original que j'aimerais vous poser cette question : pensez-vous qu'il sera facile pour Avatar d'évoluer à l'avenir ? Cette excentricité ne pourrait-elle pas vous bloquer dans votre progression ? Ce sera toujours un avantage et jamais un obstacle, selon vous ?

Johannes : Je ne pense pas, car l'évolution est un élément-clé en ce qui nous concerne, et finalement si ça devient un obstacle, eh bien merde, on arrêtera ! (rires)

John : Nous vivons ça au jour le jour, nous le prenons rien pour acquis. Nous prenons tellement de plaisir à faire ça pour l'instant ! Personne ne sait si nous serons encore là la semaine prochaine, tout ce que nous pouvons faire est donc en profiter. Kiss est devenu un obstacle pour lui-même à un moment donné, alors ils ont ôté leurs masques, et ce ne fut plus un obstacle ! Ensuite, ils ont remis leurs masques et ce n'était plus un problème. Il y a tellement de choses que nous pourrions faire ! Nous pourrions couper les bras de Johannes ! Il deviendrait le premier chanteur de metal à ressembler à un clown sans bras (rires). Tant que nous ne commençons pas à nous sentir trop à l'aise... nous devrions garder nos cheveux longs et un job de musicien.


« Il y a tellement de choses que nous pourrions faire ! Nous pourrions couper les bras de Johannes ! Il deviendrait le premier chanteur de metal à ressembler à un clown sans bras (rires). Tant que nous ne commençons pas à nous sentir trop à l'aise... nous devrions garder nos cheveux longs et un job de musicien. » (Johannes Eckerström)

Avatar

S : Eh bien merci pour cette super interview, les gars ! Avez-vous un dernier mot pour vos fans et nos lecteurs ici en Belgique et partout ailleurs ?

John : Vous devriez tous revenr ici à Courtrai le 10 décembre prochain, car nous serons de retour ! Et cette fois-ci pour un show complet en tête d'affiche, et nous viendrons avec toute notre production que nous n'avons pas pu utiliser aujourd'hui, et là vous découvrirez le vrai Avatar ! Donnez-nous votre argent et achetez un ticket.








Lire la version française

"The circus is in town!"

Conversation with Johannes Eckerström (vocals) and John Alfredsson (drums)
Interview and editing by Sponge
Live pictures by Raphaël Meert

 
Two years ago, the world took Black Waltz in the face, the fourth studio record of the Swedish of Avatar, approached as a complete revival in the band's discography. Coming from a pretty classical melodic death metal, Johanns Eckerström and his friends were taking a very different direction, and even if it was keeping some evident Scandinavian roots, it was leading the nordic formation to a certain success, thanks to a very personal and pretty interesting universe. With their new stage personalities, in particular the frontman's one as a Loyal Clown, Avatar quickly discovered a path that was really different than the one they followed until then, with among others a birth in the United States and a lot uniformly eulogistic critics. We recently had the chance to welcome the band in our country for the Alcatraz Festival last August, and it's been the opportunity to meet these new death'n'roll pioneers, who revealed themselves really friendly and very conscious about their potential but also about the possible ephemeral success.

Sponge (Rock'N'Balls): Hi guys! I'm really happy to meet you for the first time! So first of all, how do you feel as you've just played here at Alcatraz Festival? Is this the first time you come here in our country of Belgium?

Johannes Eckerström: Well in fact we had some club shows and an indoor festival date in Belgium in the past, but it was a really long time ago. But Alcatraz today was our first real open-air festival here in Belgium.

John Alfredsson: Today's show was really good! It was almost a morning show (laughs) but people did'nt seem to approach it as a morning show, that was great, we had a great time together. It started to rain a little bit, but the people stayed, so it's very positive.

Johannes: We were better than the weather!

S: When I interviewed you on the phone in 2012, you've just released your previous record called Black Waltz, and the medias were pretty impressed by the new redirection you took with your music. How do you look to this album two years later?

Johannes: Well, thething is we grew up learning to play together, and the first years have been lot about learning, and with Black Waltz it became more about exploring! We defined something about ourselves and found a path to walk down in a way that we didn't before that.

S: This year, you are presenting a brand new record called Hail The Apocalypse, and it's really following the universe you've creating with Black Waltz, it's still very efficient and original. What was in fact the goal of the band with this new disc?

Johannes: With this path, we started to understand what we wanted to achieve with our music, in a different way that we did before, we started to realize that we don't want to do something for somebody else. 'cause we had a period when we were younger where we were like “Oh please love me!” (laughs), then we grew up a bit and realized that we don't really care about other people think, if they don't like it, you know. But WE have to like it! So basically, Black Waltz was intended to be our last album anyway! We were so frustrated that me and John quit the band for fifteen minutes! (laughs)

John: Yeah we decided to quit because we thought we were getting nowhere and that nobody cared, then we had another beer, and then like “You know that riff?”, and “Yeah... we have to do something about that...”.

Johannes: So we had a band reunion fifteen minutes later (laughs), and it was glorious!

John: Yes, and the next day we started to work on this new song. But that night, we learned that we don't have to do something for anybody else except us! We just wanna be proud of what we did. And if people doesn't like it, fuck them!

Johannes: And basically, Hail The Apocalypse is honoring that evening. With Black Waltz we were so pleased that people liked it, that we wanted to make it even better, but without repeating ourselves! 'cause you can have a path, but it's also very easy to fall in the trap. A path means also moving! The goal here was to impress ourselves and if we considered it was not a flop, than it was a success for us. It was not important if the people thought it was a flop, the most important was to be convinced about what we did. If the world doesn't get it, the world is wrong!


« You can have a path, but it's also very easy to fall in the trap. A path means also moving! The goal here was to impress ourselves and if we considered it was not a flop, than it was a success for us. » (Johannes Eckerström)

S: Why did you choose this title, Hail The Apocalypse? What's its meaning, and what do you speak about in these eleven new songs?

Johannes: Well to me it has multiple layers. This song in itself talks explicitly about facing consequences, facing the shit storm and dealing with it. But that's also painted on the backdrop of what's going on in the world, and humanity as a whole. And musically, we wanted this song to be a “big dark work” describing a “big dark world”, with also the album's artwork showing the storm on the ocean, where everything falls apart, but the character is still enjoying it.

S: In 2012, you worked with producer Tobias Lindell for Black Waltz. Did you once again work with him on this new album, or did you choose to explore some new sound horizons?

Johannes: Yes, we worked with Tobias again on this new album. We felt that we just started our journey with him, our work together was still fresh, and I think the result shows that. But this time we brought in another guy to mix it, it was Jay Ruston (Anthrax, Stone Sour), so it also brought something new to the table soundwise, even if we were a little bit scared 'cause... he's an American (laughs). I was like “uhm... will we sound like Nickelback...?” (laughs). But he really understood what we were doing.

Avatar

S: What's your personal favorite song on this album, and for what reasons? If you wanna know what's mine, I would probably say “Bloody Angel”, 'cause it's a song that's varied, with a lot of different atmospheres, but it's also really violent and melodic at the same time.

John: I could never tell you which one I like the most, 'cause if you tell that one song is the best, than the other ones suck!

Johannes: I personaly love each one of them on a different level, and for different reasons. In a sense, “Hail The Apocalypse” still captures more of the intensity of the album, but also “Vultures Fly” or “What I Don't Know” because they are songs that show multiple sides of our music. We have a simple truth about the way we write music: in metal, the riff is king! But the if that riff is the best riff in the world, you also have to find the best groove to fit with it. So for us it's all about finding the right groove! “Vultures Fly” is one of the groovier songs of this record, and when we recorded it, it took 47 live takes to find the right groove for it!

John: This is probably the easiest song to play on this album, but easiest is always the hardest for a drummer! And to record it as a group, as we recorded all the album live, it was really difficult. Everything sucked until take 47! And on take 47, everybody felt like “Now we got it!”, everybody felt it. And you can also hear it if you listen to the song, the last time the riff comes the tempo raises a little bit because everyone was looking at each other and was so excited (laughs).

S: With the previous record, you signed a deal with eOne Music who had to distribute your album overseas. Did you finally succeed in exporting Avatar in the United-States, and did you have the opportunity to present your show there?

John: Yeah quite a lot actually! And America is probably the best market for us.

Johannes: And it's weird. Because we've been going back and forth inside our home continent for thirteen years now, and once we arrived in the United-States it was completely fresh! But we had the chance to work with the right people there from the beginning, and we had all the live experience we gathered through the years. I also think metal in general works on a more organic tempo here in Europe...

John: The American people are a little bit strange for us. If you're a metalhead here, you heart is METAL, you love everything about metal. But the American metalhead is like “Wow man, you're a clown! That's awesome!” (laughs).

Johannes: Of course there are also lots of people that gets it deeper like here in Europe, but America's a more superficial culture, you know.

Avatar

John: But you always have to be careful, 'cause you know... Avatar could just be the flavour of the week, everything could be gone tomorrow! But what I mean is that it's gonna be in Europe that we're gonna be touring in sixty years in small clubs, being like “goeb rock”, playing for ten people...

Johannes: “goeb rock” is a Swedish term for the kind of rock your dad listens to basically. And it's kinda funny because for every decade, suddenly something else has become goeb rock! It'd just be Creedance, then a generation later it's AC/DC! And then Judas Priest, and even Iron Maiden now is goeb rock! (laughs) But the fact to be goeb rock also means that your band stands, so it's finally a positive thing. The American thing feels now like a phenomena, and it feels phenomenal, but we don't know...

John: Afterall, the real metalheads... it doesn't matter if you're in New York or in Belgium, you're all the same!

Johannes: We also have lots of fans in the Middle-East contacting us, and I don't know how to make a tour there happen, and stuff like that... But my biggest tour desire would be Africa! Because there, if you're a metalhead, it's REAL! Because I couldn't get a job looking like this in Africa or in Irak... I feel very true to my metal ideals, but it has never been a real challenge to be that, it's accepted in our culture. But if you're in Iran, and you're sixteen years old, and you're a metalhead, and you're wearing our t-shirts, YOU ARE TRUE. I would love to play there, for all those people.


« I feel very true to my metal ideals, but it has never been a real challenge to be that, it's accepted in our culture. But if you're in Iran, and you're sixteen years old, and you're a metalhead, and you're wearing our t-shirts, YOU ARE TRUE. I would love to play there, for all those people. » (Johannes Eckerström)

S: The universe you've created these last three years is very impressive, and the videos you've released for some songs are also an important part of this atmosphere. Do you personaly work on the ideas for the scripts of these videos, or do you hire someone to write this down?

Johannes: Yes, we do everything by ourselves. Together with a guy called Johan Carlén, he's our photographer for pretty much everything we do, and our video director also. We have a whole kind of 'punk-rock collective' working with us on these kind of stuff (laughs).

John: Yeah there's nobody else coming and telling us how we should do this. We treat our music videos like we treat our songs. That's a big part of our 'art'.

Johannes: It's sych a key thing to what we wanna achieve, especially since we took this step of doing something so visual. So it has to be us, it has to come from the heart, for us to reach the kind of results that we are interested in. Otherwide you can put us in a garage with a flashing light and a smoke machine, and we'll do our best (laughs).

S: I didn't ask you that question the last time I've interviewed you, so what are the bands or artists that really influenced you guys while creating this new universe? 'cause to me, today Avatar sounds like some mix between Rammstein, Marilyn Manson and Rob Zombie!

Johannes: One that is very important to us is The Hives! Specially because how everything about The Hives is The Hives. There's nothing is their universe that is NOT The Hives. And then we will always return to some examples like Kiss, and how they became the favorite metal band of so many kids before we really heard 'em! But I'd also like to bring up a band like Foo Fighters in the list, because they're not doing anything theatrical like that, but they are also a band that looks the way they sound, and talk the way they sing, and everything also feels connected there! In that sense, the list becomes very long. And then of course we love Rammstein.

John: But if it wasn't because of the signing session we're about to handle, we would not wear the make-up right now, we would look like ordinary people. We don't need that to be Avatar.

Johannes: And specifically for me, this clown has grown to be some kind of personality that stands next to me, but it has become an whole entity. My girlfriend doesn't like to hang out with me before the shows (laughs), so it's actually weird to stand here like that because I left all that on stage.

Avatar

S: Your new universe is so personal and original that I'd like to ask you this question: do you think it will be easy for Avatar to keep evolving with its music in the future? Don't you think this eccentricity could kinda block you in your progression? Will it always be an advantage and not an obstacle?

Johannes: I don't think so, because evolvement is such a key component as it is, and also if it does, then fuck it, we'll stop! (laughs)

John: We take it day by day, we don't take anything for granted. We are having so much fun doing it right now! We don't if we'll be here next week, so the only thing we can do is to enjoy it right now. Kiss became an obstacle at some point, then they unmasked, and it was not an obstacle anymore! After that they masked again, and it was not a problem anymore. There's so much we can do! We could cut Johannes arms! So he would be the first metal singer looking like a clown with no arms (laughs). So as long as we don't start to feel comfortable... we should keep our hair and get a job as musicians.


« There's so much we can do! We could cut Johannes arms! So he would be the first metal singer looking like a clown with no arms (laughs). So as long as we don't start to feel comfortable... we should keep our hair and get a job as musicians. » (Johannes Eckerström)

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S: Well, thanks a lot for this interview, guys! Do yo have a last word for your fans and our readers here in Belgium and everywhere else?

John: Well you should all come to this town, Kortrijjk, on December 10th, 'cause we'll play again! And there we're gonna bring the entire show with us, all the production that we didn't have the time to take on stage with us today, there you'll see what Avatar is really about! So give us your money and buy a ticket.





Interviewé par : SPONGE
 
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