La Ligue des Métalleux Extraordinaires
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"La Ligue des Métalleux Extraordinaires"

Entretien avec Greg Puciato (chant et guitare)
Interview et édition par Sponge
Traduction par Mastema

 
Rarement on aura vu association plus extraordinaire que celle officiant au sein de Killer Be Killed, ce nouveau supergroupe américain fondé par Max Cavalera (Soufly, Cavalera Conspiracy), Greg Puciato (The Dillinger Escape Plan), Troy Sanders (Mastodon) et Dave Elitch (The Mars Volta) ! Le concept étant relativement simple : du metal pur jus, bourré de mélodies, et dont le point fort est sans nul doute la conjugaison des trois voix des chanteurs attitrés, qui offrent des possibilités presque infinies aux onze titres qui forment le premier album éponyme sorti en mai dernier. On attendait depuis longtemps un effort musical digne de ce nom de la part de Max Cavalera, qui l'on a vu s'essouffler créativement ces dernières années, mais ce nouvel effort collectif prouve qu'une fois bien entouré, le Brésilien en a toujours sous la pédale (wah-wah, évidemment). Greg Puciato, guitariste/chanteur du groupe, a gentillement répondu à nos questions pour nous présenter ce nouveau projet.

Sponge (Rock'N'Balls) : Salut Greg ! Tout d’abord, comment quatre mecs comme Max, Troy, Dave et toi se sont-ils retrouvés dans un groupe ensemble ?

Greg Puciato : Eh bien, il y a quelques années, Max m’a demandé de jouer les invités au chant sur un album de Soulfly, et lorsque je me suis pointé au studio, il n’y avait rien, pas de morceau, pas de paroles, aucune idée de chant, et Max m’a dit « écrivons ça ensemble ! ». On a donc composé tout un morceau à deux et on s’est éclatés à le faire ! Au vu de cette expérience, nous nous sommes dits que ça serait cool d’écrire davantage de musique ensemble. On s’est réuni pendant environ quatre jours et on a composé tout le temps. On a fait cela quelques fois. Ensuite, alors que The Dillinger Escape Plan tournait avec Mastodon, Troy a entendu parler de ce projet et m’a demandé si nous avions un bassiste, ce qui n’était pas le cas. Il m’a répondu : « si vous avez besoin d’un bassiste, j’en suis ! », et je me suis dit que ce projet devenait plus intéressant encore que je ne l’avais imaginé au départ.

S : J’ai lu quelque part que Troy et Max ne se connaissaient pas avant de former ce groupe. Est-ce vrai ?

Greg : Oui c’est vrai, ils ne s’étaient jamais rencontrés. Mais après cette tournée dont je viens de te parler, Troy a joué sur quelques festivals en Argentine avec Cavalera Conspiracy. Il est allé à la rencontre de Max et lui a dit un truc du genre : « hey mec, j’aimerais vraiment faire partie de votre groupe ! », et ça s’est fait. Mais avant cela, ils ne se connaissaient pas, en effet.

S : Comment avez-vous choisi le nom du groupe, et que signifie-t-il ?

Greg : Le nom Killer Be Killed est directement lié aux paroles des morceaux. Le thème principal de ce disque est le fait de faire face à ses démons intérieurs, de contrôler ses tendances autodestructrices. Il s’agit également d’une référence : le dernier disque de The Dillinger Escape Plan s’intitule One of Us Is the Killer. Il s’agissait donc de dire que ce tueur, c’est nous, nous avons tous ces tendances autodestructrices. Ce disque a été composé à une période de ma vie où j’essayais de contrôler beaucoup de manifestations de cette énergie dans ma vie personnelle, et c’était aussi le cas pour Max Cavalera, car nous étions tous deux dans un processus d’écriture d’une musique très violente. Killer Be Killed est donc une référence claire à la « tentative de détruire ses démons ».

S : Vous allez donc publier le premier opus du groupe dans deux mois. Je l’ai écouté et c’est de la bombe ! Comment décrirais-tu la musique de ce disque ?

Greg : Il est vraiment difficile de décrire la façon dont sonne quelque chose, surtout lorsqu’il s’agit d’une chose sur laquelle tu as bossé pendant si longtemps. C’est dur de prendre du recul et de décrire cette musique. C’est un peu comme un peintre qui serait obligé de décrire sa peinture, je ne suis pas très bon pour étiqueter ma musique. C’est sûr que la façon la plus aisée de décrire ce disque serait de dire « c’est en partie du Mastodon, en partie du Cavalerie, en partie du Dillinger… », mais ça n’est pas vrai ! Ça serait la plus stupide des manières pour décrire notre musique. La chose la plus intéressante concernant ce projet, à mon sens, est le fait que trois chanteurs chantent sur chaque titre.

Killer Be Killed

S : L’artwork de l’album est quelque peu étrange. Peux-tu nous dire qui est représenté sur la couverture, et ce que cela représente ?

Greg : Le mec sur la couverture est un ouvrier polonais qui apparaissait dans un numéro du magazine Life des années 1920. Nous voulions une couverture qui soit un peu pâle, en noir et blanc, et un peu nihiliste, sans être trop agressif, l’objectif de la photo était de poser davantage de questions sans donner de réponses. Je pense qu’il y a quelque chose d’intrigant dans le visage de ce type, car on ne sait pas vraiment qui il est, son expression faciale est assez neutre, et évidemment le fait de diviser son image en trois fait référence à la nature schizophrénique de ce groupe qui introduit trois chanteurs sur chaque titre ! Le fait de placer le nom du groupe sur le côté de l’image est une référence au groupe Discharge que Max adore, c’est un peu notre hommage à ce combo.


« Ce disque a été composé à une période de ma vie où j’essayais de contrôler beaucoup de manifestations de cette énergie dans ma vie personnelle, et c’était aussi le cas pour Max Cavalera, car nous étions tous deux dans un processus d’écriture d’une musique très violente. Killer Be Killed est donc une référence claire à la « tentative de détruire ses démons ». » (Greg Puciato)

S : Ce disque a été mixé par Josh Wilbur, avec lequel aucun d’entre vous n’avait bossé auparavant, je pense. Pourquoi l’avoir choisi lui pour bosser sur ces morceaux ?

Greg : Nous voulions que la nature collaborative de ce projet s’étende également au choix de production, ce pourquoi nous voulions quelqu’un avec qui aucun d’entre vous n’avait bossé auparavant. Josh Wilbur était vraiment super excité à l’idée de collaborer sur ce disque. Nous avions répertorié toute une liste d’albums dont nous avions le son et nous avions donc également une liste de candidats producteurs, mais Josh s’est montré extrêmement impliqué et a insisté pour travailler ensemble. Techniquement, je savais qu’il possédait toutes les qualités requises, puisqu’il a bossé avec des groupes comme Lamb of God et Gojira, mais également des artistes comme Lil’ Kim et Pink ! Il a réalisé des choses tellement différentes que j’étais convaincu qu’il trouverait le bon son pour nous, qu’il pouvait travailler rapidement et être efficace sur le plan technique.

S : Comment avez-vous composé ces morceaux ? Les quatre membres ont-ils été impliqués dans l’écriture à 100% ou Max et toi avez-vous fourni les titres aux autres ?

Greg : Ça a commencé par une collaboration entre Max et moi. Nous avons abouti à une masse importante de matériel, et Troy est alors entré dans le processus avec pas mal de matériel à lui également. On a donc répété tous ensemble, avec Dave, et nous avons tout passé en revue afin que chacun propose des adaptations. Tout a donc été composé avec tout le groupe réuni dans une même pièce, il n’y a pas eu d’envois de fichiers par e-mail, etc., tout a été écrit ensemble dans une même pièce. C’est donc clairement ce qu’on peut appeler un disque collaboratif.

S : Le mixage des trois voix, celles de Troy et de Max et la tienne, qui sont si reconnaissables, est très réussi. Comment avez-vous décidé qui chanterait quoi sur ces morceaux ? Cela a-t-il été un choix naturel ?

Greg: Eh bien, j’imaginais que ça serait compliqué, je nous voyais bien chanter tous les trois sur les mêmes parties dans un bordel géant, mais en fait, lorsque nous avions terminé d’enregistrer la musique d’un morceau et qu’on s’asseyait pour l’écouter, à chaque que l’un de nous sentait bien une partie, il disait simplement : « OK les gars, je tiens le couplet de ce morceau, j’ai une mélodie en tête ainsi que quelques paroles. Je sens vraiment bien cette section, donc si ça ne vous dérange pas, j’aimerais m’en charger. ». Lorsqu’un de nous prenait ainsi le rôle principal sur un morceau, c’était plus facile pour les autres de s’occuper des parties restantes, de remplir les trous, si l’on veut.

Killer Be Killed

S : On sent pas mal d’influences différentes dans votre musique, étant donné que vous venez d’horizons musicaux assez différents, mais le résultat final est très cohérent et convaincant ! Comment expliques-tu cette alchimie particulière ?

Greg: Je l’attribue vraiment à nos efforts pour server la musique. La clé de cette collaboration fut de mettre les égos de côté ! Lorsqu’on s’est lancés, on a vraiment fait en sorte qu’il n’y ai pas de guerres d’égo ou d’idées préconçues du genre « ça doit sonner comme ci ou comme ça », on a travaillé sur ces titres comme si on était des gamins de quinze ans qui n’avaient jamais joué de guitare avant. On aurait pu se forcer à composer un certain type d’album, mais on a préféré laisser les choses aller et voir ce qui se passe.


« La clé de cette collaboration fut de mettre les égos de côté ! Lorsqu’on s’est lancés, on a vraiment fait en sorte qu’il n’y ai pas de guerres d’égo ou d’idées préconçues du genre « ça doit sonner comme ci ou comme ça », on a travaillé sur ces titres comme si on était des gamins de quinze ans qui n’avaient jamais joué de guitare avant. » (Greg Puciato)

S : A titre personnel, ressentais-tu le besoin de te lancer dans un projet comme celui-ci pour exprimer ta musique, étant donné que Dillinger reflète essentiellement l’expression musicale de Ben Weinman ? Ressentais-tu un besoin de liberté ?

Greg : Tu sais, Ben est certes en charge de l’aspect musical dans Dillinger, mais c’est un boulot à 50% : il écrit toute la musique et j’écris le chant, et nous n’avons pas besoin de casser cet équilibre. Il ne me donne pas d’instructions au niveau du chant, et vice-versa pour la musique. Mais j’adore composer de la musique. Il faut dire aussi que Dillinger s’exprime d’une certaine façon, c’est brutal, violent, agressif, c’est très exigeant – physiquement et mentalement – de jouer du Dillinger, et ça l’est sur chacun de nos disques. Il est impossible d’être constamment dans cet état d’esprit, et j’ai en moi des envies d’expression qui dépassent le carcan sauvage et violent de Dillinger. Il s’agit plus d’exprimer de l’énergie créative que je ne peux canaliser dans une seule forme de musique.

S : Pour être parfaitement honnête avec toi, je suis d’avis que ça fait un sacré bout de temps que je n’ai entendu une qualité de musique pareille venant de Max Cavalera. Je trouve que les disques de Soulfly et Cavalera Conspiracy suivent une courbe descendante. Penses-tu que Max avait besoin d’une collaboration comme celle-ci pour retrouver ses sensations au niveau de l’écriture ?

Greg : Pour être honnête, je n’écoute pas vraiment sa musique (rires), je n’écoute pas beaucoup de metal ces derniers temps et Max publie tellement de trucs ces dernières années… Cela étant donné, je pense que lorsque Max faisait partie de Sepultura, ils formaient une vraie équipe avec Igor, Andreas et Paulo, et Max pouvait compter sur eux en termes de composition. Mais depuis qu’il a lancé Soulfly, il est seul maître à bord dans ses divers projets. Et il y a forcément des limites à ce qu’une personne peut faire seule ! Ce disque de Killer Be Killed, par exemple, je n’aurais pu l’écrire seul, idem pour Troy, c’est la somme des apports de chacun qui a fait ce disque ! Et peut-être que bénéficier de ce stimulus créatif d’être entouré par d’autres personnes qui viennent avec des idées, ne plus jouer le rôle de leader unique mais être un élément d’un ensemble, fut une expérience rafraîchissante pour Max.

S : Qu’est-ce que Killer Be Killed prévoit dans l’avenir ? Peut-on espérer des concerts, ou cela va-t-il être difficile à mettre sur pied compte tenu de vos agendas respectifs ?

Greg : Nous adorerions en effet jouer ensemble sur scène ! Et nous ferons un autre album ensemble, je ne pense pas qu’on va s’arrêter à ce coup d’essai. Nous voulons faire des concerts mais nous devons beaucoup nous parler afin de dégager des moments dans nos emplois du temps. On s’y prend des mois à l’avance : par exemple, pour décembre, on essaie de trouver une semaine de libre ou quelques jours par-ci par-là pour nous réunir et jouer sur scène. Je ne sais pas si on sera capables de nous lancer dans une tournée complète, mais il est évident qu’on trouvera bien une semaine ou quelques jours pour faire des concerts, ce n’est qu’une question d’organisation.

S : Comptez-vous tourner un clip pour un morceau de l’album, est-ce quelque chose qui vous tente ?

Greg : Oui, je pense qu’on fera le plus possible pour ce disque, dans les limites de nos emplois du temps. Là je pars en tournée pour une semaine et demie, Dave est également en tournée en ce moment, Max aussi je pense, donc on essaye de trouver une journée de libre pour chacun qu’on pourrait mettre à profit pour se retrouver et tourner un clip ou quelque chose comme ça. C’est dur… c’était déjà tellement dur de trouver le temps de mettre cet album en boîte (rires).

Killer Be Killed

« Peut-être que bénéficier de ce stimulus créatif d’être entouré par d’autres personnes qui viennent avec des idées, ne plus jouer le rôle de leader unique mais être un élément d’un ensemble, fut une expérience rafraîchissante pour Max. » (Greg Puciato)

S : Merci beaucoup pour cet entretien, Greg. As-tu un dernier message à adresser à vos fans et à nos lecteurs, en Belgique comme ailleurs ?

Greg : Tous ceux qui apprécient Killer Be Killed, The Dillinger Escape Plan, Mastodon, Soulfly ou quelque autre groupe dans lequel nous sommes impliqués, nous vous remercions pour votre soutien. Et il est évident qu’on se verra en Belgique à un moment ou un autre !








Lire la version française

"The League of Extraordinary Metalheads"

Conversation with Greg Puciato (vocals and guitar)
Interview and editing by Sponge

 
We've rarely seen a more extraordinary association than the one inside Killer Be Killed, this new American superband founded by Max Cavalera (Soufly, Cavalera Conspiracy), Greg Puciato (The Dillinger Escape Plan), Troy Sanders (Mastodon) and Dave Elitch (The Mars Volta)! The concept is relatively simple: hard line metal, melodies-packed, whose key point is without a doubt the conjugation of the three singers voices, that offers almost infinite possibilities to the eleven tracks that form this first eponyme album released last May. We were waiting for a while for a musical effort from Max Cavalera, who we've seen get out of creative breath these last years, but this new collective effort proves that once he's well surrounded, the Brasilian guy still has more matter in his hands. Greg Puciato, guitarist/singer of the band, kindly answered to our questions to introduce this new project.

Sponge (Rock'N'Balls): Hi Greg! So first of all, how did four guys like Max, Troy, Dave and you end up forming a band together?

Greg Puciato: Well, some years ago, Max invited me to do some guest vocals on a Soulfly record, and when I got there, I didn't write any lyrics, there was no vocals on the song at all, and he was like "Hey we got to write 'em together!". So we wrote a whole song together and it was such a fun time! So after that, we thought that it would be cool to write more music together, so we got together for four days or so, we just wrote the entire time, we did that a couple of times. Then I was on tour with Mastodon, and Troy has heard about that project, he came to me and asked if we had a bass player, but we didn't. So he told me "If you want me to play bass, I'm in!", and I thought it was becoming more exciting that I've never expected.

S: I've read somewhere that Troy and Max didn't know each other before forming this band. Is it true, and how is that possible?

Greg: Yeah, indeed they never met before. But after that tour, Troy played some festivals in Argentina with Cavalera Conspiracy, so I walked up to Max and said like "Hey man, I'd really like to be in the band with your guys!", and that's how it happened, but they didn't knew each other before that.

S: How did you choose the name of the band, and what's its meaning?

Greg: Well, Killer Be Killed... it's directly related to the lyrics of the songs. The main theme on this album is about taking control of your personal demons, about can't get control of your own self-destructive tendencies, you know. It's also a reference, you know... 'cause the latest The Dillinger Escape Plan album is called One of Us Is The Killer, so it was like realizing that you personaly have these self-destructive tendencies... For me, it was written in a period of me trying to correct a lot of manifestations of that energy that were happening in my life at that time, at that was also the case for Max Cavalera, 'cause we were both in a process of writting very violent music, so Killer Be Killed is clearly referencing to "trying to destroy your demons".

S: So you will release the band's first album in less than two months now, I've listened to it, and it's a killer one! How would you best describe this new music?

Greg: It's tought, you know, it's really hard to describe the way something sounds, especially when you're working on it for so long, it's difficult to step outside and describe it. It's kinda like someone trying to describe a painting he did, I'm not very good at categorizing my own stuff. I mean, the easiest thing would be to tell "it's part Mastodon, part Cavalera, part Dillinger..." but it's not! That would be the dumbest way to talk about our music. There are three singers on every song, that's the most interesting thing about this project, according to me.

Killer Be Killed

S: The artwork of this record is a little bit strange. Can you tell us who's the guy on the front cover, and what does it represent?

Greg: This guy on the cover is a Polish worker, he’s from a Life magazine of the 1920’s. You know, we wanted a cover that was kinda bleak, black and white, and kinda nihilistic, without being too much aggressive, the goal with the picture was to ask more questions and not getting any answers. I think there’s something intriguing about that guy’s face, as we don’t really know who he is, his expression is kinda blank, and obviously the splitting of him into three is kind of a reference to the schizophrenic multiple personality nature of having three singer on each song! And the name of the band put on the side was a reference to a band called Discharge that Max like a lot, so it was kinda like a tribute from us to this band.


« It was written in a period of me trying to correct a lot of manifestations of that energy that were happening in my life at that time, at that was also the case for Max Cavalera, 'cause we were both in a process of writting very violent music, so Killer Be Killed is clearly referencing to "trying to destroy your demons". » (Greg Puciato)

S: The album has been mixed by Josh Wilbur, with whom none of you worked before, I think. So why did you choose him to work on these songs?

Greg: We wanted our collaborative nature to extend to the production side, so we wanted a producer to which none of us was used to. Josh Wilbur was really aggressively excited about this project, we had a bunch of records that we loved the way they sounded, so we had a list of producers, and Josh was really excited and persistent about it. And I knew that technically he was gonna be perfectly capable, ‘cause he worked for bands like Lamb of God and Gojira, but also artists like Lil’Kim or Pink! So he’s done so much different stuffs that I knew he was gonna be able to find the right tones, to move quickly, and be technically efficient.

S: How did you work to write these songs? Have the four of you been completely involved in the writing process, or has it been just Max and you delivering full tracks to the other guys?

Greg: We kinda started off just Max and I, and we had a giant chunk of materials, and then Troy came on board and he also brang a lot of stuff of his own too, so we all got in the room with Dave and started to set all the things through the corrective mind of every member. So everything has been written with everyone in the room, there was never like a file sent to anyone, we didn’t email any stuff to each other, every single thing was recorded with every single person there. It’s definitely a full collaborative record.

S: The mix of three voices like Troy's, Max's and yours, that are so recognizable, is a real success on these songs. How did you manage to decide who's gonna sing which parts on which songs? Has it been a natural choice?

Greg: Well I thought it was gonna be difficult, ‘cause you imagine every three of us singing on the same parts, and it was gonna be a giant mess, but in fact when we were starting to finish recording the music of a song, we were being sitting in the room and listening to the song, and everytime one of us had a very strong opinion on one part of each song, like “Ok guys, I’ve really got the verse of that song in my head, I’ve got a melody and some lyrics and I feel really good about, so if you guys don’t mind, I’d like to take that part.”. So when one of us was taking the lead of a song, it was easier for the other two of us to begin on the other parts kinda fill the gaps, you know.

Killer Be Killed

S: There are a lot of different influences in this music, given that you guys come from very different musical horizons, but in the end this album is very compact and convincing! How do you explain this chemistry?

Greg: I really attribute it to us trying to serve each song, you know. I think the key was not to have any ego in this collaboration! We really made sure, when we started, that we didn’t have any ego battles or any preconceived ideas, like “it has to be like that, or that way”, we just came in and operated like we were fifteen year old kids that had never played guitar before. We could have forced ourselves to write a certain type of record, but we preferred to kinda let it go and see what happens, you know.


« I think the key was not to have any ego in this collaboration! We really made sure, when we started, that we didn’t have any ego battles or any preconceived ideas, like “it has to be like that, or that way”, we just came in and operated like we were fifteen year old kids that had never played guitar before. » (Greg Puciato)

S: Did you personaly need to create such a new band to express your music, mainly because Dillinger is mostly Ben Weinman's personal expression? Did you need to feel a little bit more free?

Greg: Well you know, Ben is the musical side of Dillinger, it’s like 50/50, he writes all the music and I write all the vocals, we don’t need to fuck with that. He doesn’t really has something to say to me about vocals, same thing for me about the music side. But I personaly love to write music, and Dillinger is a certain type of expression, it’s so brutal, violent an aggressive, it takes a lot out of you, really, to play Dillinger is physically and mentally demanding, it’s challenging on every single album. You can’t be in that spirit all the time, and I have a lot more creatively in me than just being ruthlessly violent and aggressive all the time. It’s more about to get more creative energy than I can channel into one specific form.

S: To be completely honest, I must say that it's been awhile since I've heard such good music coming from Max Cavalera. I personaly think that his Soulfly and Cavalery Conspiracy albums have been in decline these last years. Do you think he needed such a new collaboration to start again writing amazing songs? Or maybe you don't agree with me? :-)

Greg: You know, in fact I don’t really listen a lot to his music (laughs), I don’t listen to a lot of metal recently, and Max put so much stuff out these last years. But I think that… the thing with Max is that when he was in Sepultura, they were a band together, with Igor, Andreas and Paulo, they were a team and sometimes Max could rely on them musically. But since the beginning of Soulfly, he’s been the boss for everyone of his bands. There’s so much you can do when you’re in charge of everything! I couldn’t have recorded this whole record by myself, Troy couldn’t have done it either, the sum of the parts is what makes it what it is! And maybe for Max, to have the creative stimulus of being around other people who were also putting out ideas, and being forced to not being the main guy, and to be an equal part with other people, it was probably creatively refreshing for him.

S: What are the future plans for Killer Be Killed? Can we expect any live shows? Or will it be difficult because of your personal schedules?

Greg: Yeah we definitely want to play! And we’ll definitely make new music in the future, I don’t think it’s just gonna be a one-shot. We want to play shows, we have to talk a lot about that because of our schedules, but we’re looking at that with months and months of advance, like for December, we’re just trying to figure out where there’s even like a week or two halfs where we all can join together and play. I don’t know if we’re gonna be doing like a full tour, but I clearly know we’re gonna make a week here, or one half there, it’s just a matter of organization.

S: And do you plan to film any video for a song from this record? Is it something you'd really like to do?

Greg: Yeah, I think we’ll do eveything that we can do given the amount of time that we have together. Now I’ll leave to tour like a week and a half, Dave is also out right now, I think Max is too, so we’re trying to figure out maybe if we have a day off somewhere, then we could fly to each other and maybe film a video or something, it’s really tough, it was just so hard just to get the album together! (laughs)

Killer Be Killed

« Maybe for Max, to have the creative stimulus of being around other people who were also putting out ideas, and being forced to not being the main guy, and to be an equal part with other people, it was probably creatively refreshing for him. » (Greg Puciato)

S: Well, thanks a lot for this interview, Greg. Do you have a last word for your fans and our readers here in Belgium and everywhere else?

Greg: Yeah, everyone who cares about Killer Be Killed, The Dillinger Escape Plan, or Mastodon, or Soulfly, or any band we are involved in, we want to thank you for the support, and of course we’ll see in Belgium at some point!





Interviewé par : SPONGE
 
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