Les indignés de la piste de danse
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"Les indignés de la piste de danse"

Entretien avec Viber (Guitare et chant)
Interview, traduction et édition par VANARKH

Sincères, honnêtes, indépendants, ouverts, constants, indignés, autant de qualificatifs qui collent bien aux toulousains de Sidilarsen. On peut aussi rajouter disponibles et sympathiques. Le 10 décembre dernier après leur chouette concert à l’Entrepôt d’Arlon, une petite causette avec Didou (chant) et Viber (guitare et chant) a été l’occasion de leur demander s’ils étaient d’accord de consacrer un peu de temps pour une interview par email (question de facilité et rapidité, eh oui !). Voici donc les réponses de Viber qui nous éclaire sur quelques aspects de leur dernier et excellent album Dancefloor Bastards. Parole aux sales gosses du Dancefloor…

Vanarkh (Rock'N'Balls): Salut Viber et Sidilarsen ! Comment allez-vous ? Dancefloor Bastards est déjà votre 6ème album. Comment évaluez-vous votre progression musicale ainsi que votre statut sur la scène française ? Est-ce quelque chose dont vous parlez dans le groupe ?

Viber : Salut Vanarkh. Nous allons fort bien, merci. Oui, on a pu constater que notre place est faite sur la scène metal française. Notre ascension lente mais constante nous permet de compter aujourd’hui parmi les groupes importants, au même titre que certains de nos ainés, et c’est bien agréable.

V : Comment se passe la composition des morceaux dans Sidilarsen ? Travail collectif, individuel avec mise en commun, répartition des tâches ?

Viber : Voilà, c’est bien résumé. Il y a tout ça. Pour être un peu plus précis, sur Dancefloor Bastards, on a plus laissé s’exprimer les idées personnelles avant d’imposer le filtre Sidilarsen. Pour garder de la fraicheur et éviter les redites. Mais ce n’est pas figé. C’est aussi très intéressant de travailler en live en répétition.

V : Les beats électros sont essentiels dans votre univers sonore. Qui est responsable de la partie électro dans le groupe ? Est-ce que ça vient avant, pendant ou ça se greffe à la fin sur une compo ? Est-il envisageable que vous en mettiez encore plus ?

Viber : Fryzzzer, Sam et Benben, ont mis la main à la pâte. Certains morceaux ont une ossature électro, d’autres pas du tout. Il faut que ce soit pertinent, sur « Frapper la terre » il n’y a pas de machines par exemple. Notre identité est surtout dans le chant et les guitares. Il n’y a rien d’obligatoire, questions ingrédients musicaux. On peut faire du tout électro, ou du tout organique, l’important est la qualité des morceaux.

V : Plus que sur les précédents albums, ton chant et celui de Didou se complètent très bien. D’une manière générale, je trouve que Dancefloor Bastards est votre album le plus varié à ce jour. C’est aussi le plus captivant et le plus solide selon moi. J’aime un peu moins « Le jour Médian » et « 1976 » (sans doute par ce sont les moins métal du lot) mais je trouve qu’il n’y a rien à jeter. La diversité était-elle une volonté claire au départ ? Où le situerais-tu par rapport aux albums précédents ?

Viber : Merci ! Mais à part les deux digressions dont tu parles, « 1976 » et « Le jour médian », on a conçu cet album pour être le plus compact et cohérent possible. Je pense qu’auparavant il y a eu des incartades beaucoup plus franches et osées, notamment avec des manières de poser la voix hip hop ou ragga. Sur ce disque, les registres vocaux sont plus cohérents et constants, et les ¾ des morceaux sont metal rock et saturés. C’est un album de métal. Après, on a toujours besoin de quelques respirations, c’est dans l’ADN de Sidi.

V : Il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dans l’univers Sidilarsen et j’ai eu besoin d’une période d’adaptation à chacun de vos albums mais une fois familiarisé, chaque disque devient très attachant. Un peu à l’image de ce que dégage le groupe sur scène. Pour tout dire, j’éprouve même une certaine tendresse pour Sidilarsen, une chose rare dans le style agressif dont on parle dans ce webzine. Qu’en dis-tu ? Est-ce la raison du grand attachement que vous portent vos fans ? Vous avez d’ailleurs une grosse fanbase près de chez moi à Sélange (Donkey Rock Festival)…

Viber : OUI et c’est très agréable ! Je pense qu’on doit énormément à nos fans, ils sont fidèles depuis fort longtemps. Nous avons probablement su rester proche de notre public et faire preuve de « tendresse » !

V : Concernant les paroles, cela alterne des sujets plus légers (« Dancefloor Bastards », « Go Fast », « I Feel Fine ») et d’autres plus graves (« Guerres à vendre », « Religare », « Walls Of Shame », « Méditerranée Damnée »). Est-ce important d’avoir un peu de légèreté parfois ? Ce qui marque le plus, ce sont quand même les textes engagés et lucides (« tuons nos dieux, sauvons les hommes », « plus de réaction à l’affect, employer la force est un échec », etc.). Es-tu d’accord si je dis que votre œuvre respire humanisme, idéalisme et sincérité ?

Viber : Si tu ressens cette sincérité, c’est parfait ! Tous ces mots parlent de nous, de notre rapport à la société, de nos expériences, on ne ment pas.

V : Vous voyez-vous plus comme des contestataires et des indignés ou comme des poètes adeptes d’un discours ouvert et métissé ?

Viber : Indignés c’est sûr ! Il faut l’être face à toutes les formes d’oppression. Il est important de questionner la société. Pour rendre l’existence plus agréable sur cette planète, il faut se parler, se comprendre, rester ouvert. Je pense que le rock est une musique contestataire, mais ce n’est que de la musique. Finalement, nous essayons simplement d’écrire de bons morceaux !

V : Je sais que les sujets d’inquiétudes sont plus nombreux que jamais mais qu’est-ce qui vous préoccupe le plus actuellement en France ou dans le monde ?

Viber : Les réfugiés et en parallèle la montée du populisme d’extrême droite. La population mondiale augmente sans cesse, les frontières sont obsolètes. Le repli identitaire est ridicule. Soyons solidaires. Laissons les cons en connardie et on va s’entendre !

V : Vous avez fait une tournée de 5 dates en Russie en novembre dernier. Est-ce la première fois ? Comment ça s’est passé ? Est-ce que vous jouez beaucoup à l’étranger ? Plus largement, est-ce que vous sentez un intérêt pour votre musique par les non-francophones ?

Viber : La musique dépasse les frontières. Ça sonne cliché mais c’est vrai. C’était notre première fois en Russie en première partie de Severny Flot. C’était magique, entente cordiale avec nos amis de Severny, et accueil incroyable de la part du public. Nous allons d’ailleurs y retourner. On va élargir notre zone d’influence ! On a joué dans pas mal d’endroits en Europe, en Allemagne par exemple, et la langue n’est pas une barrière, l’essentiel est dans le son.

V : Vous avez souvent mélangé un peu d’anglais dans vos textes et cette fois-ci, c’est carrément un nom d’album et un morceau complet en anglais. A quand un album intégral en anglais pour un grand breakthrough sur le marché mondial ?

Viber : Un album entièrement en anglais n’entre pas dans le cadre de Sidilarsen. Même si on ne s’interdit rien, la langue Française est constituante de l’identité du groupe, elle permet une expression frontale, directe et sincère.

V : Peux-tu me dire ce qu’on doit comprendre par le titre d’album Dancefloor Bastards et le lien avec le dessin de la pochette ? Ce dessin avec le tire-bouchon dans un crâne d’animal me donne l’image de la chosification des animaux qui sont considérés comme des objets dont on tire tout ce qu’on peut… Ou bien c’est juste pour garde ce tire-bouchon qui revient en permanence sur vos pochettes depuis Biotop ? Vous avez un amour irraisonné pour le pinard ?

Viber : C’est une célébration de notre liberté et de notre indépendance artistique. Avec notre style bâtard, toujours debout contre vents et marées. Bastards en anglais veut dire salopards, comme une mauvaise herbe qui repousse toujours. Bastards évoque au moins ces deux notions. Dancefloor c’est la scène, la piste de danse et nous sommes un groupe de scène, en France ça évoque aussi l’électro, le beat. Donc, les sales gosses de la piste de danse. Tu vois bien que ça sonne mieux en Anglais. ;-) Pour le dessin de la pochette de Veks Van Hillik, on voulait le retour de notre bon vieil emblème, le tire-bouchon, avec de l’animalité et une connotation clairement métal. C’est son œuvre, et ça cadre parfaitement avec le contenu de l’album.

V : A part un changement de guitariste en 2005, votre line-up est très stable. Quel est votre secret pour garder la flamme ?

Viber : Envoyer du gaz ! Tout simplement le plaisir de jouer ensemble.

V : L’année prochaine vous fêterez vos 20 ans. Des choses spéciales de prévues ? Avez-vous encore des objectifs à atteindre, des rêves à réaliser ?

Viber : Nous allons tourner notre premier DVD. Et comme objectif, devenir riches et célèbres, conquérir le monde bien sûr ;-)

V : Question traditionnelle pour Rock'N'Balls : quel est ton top 3 des meilleurs albums de tous les temps ?

Viber : Nevermind de Nirvana, Aftermath des Rolling Stones, Dirt d’Alice In Chains….Par exemple, je change souvent d’avis…

V : Merci beaucoup pour le temps consacré à ces questions ! Merci aussi pour votre musique et le bonheur que ça procure en ces temps sombres. Continuez encore au moins 20 ans comme ça ! Si tu as un dernier mot à ajouter pour nos lecteurs…

Viber : Merci à toi et à Rock’n Balls, venez nous voir en live en 2017 !


 
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