Des justiciers dans la ville

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"Des justiciers dans la ville"

Entretien avec Rich Ward (Guitare et chant)
Interview, traduction et édition par SPONGE

On oublie souvent qu'avant Rage Against The Machine, il y avait Stuck Mojo ! Le groupe de rap metal originaire d'Atlanta en Géorgie a su, à partir de 1989, imposer son style pourtant pas forcément à la mode à sa sortie. Avec des albums cultes tels que Rising (1998) et Declaration of A Headhunter (2001), la musique de Rich Ward et ses comparses a planné sur la scène internationale depuis vingt cinq ans, et même si une bonne partie de leur carrière a été construite en studio plutôt que sur les routes, les Américains ont su garder le groupe en vie jusqu'à aujourd'hui. Avec quelques changements majeurs au niveau du line-up, Stuck Mojo nous revient en 2016 avec une musique rafraîchie et un nouvel album, Here Come The Infidels, dont seul le titre vous fera comprendre à qui vous avez affaire. C'est Rich Ward lui-même qui a accepté de répondre à nos questions, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le sieur a pris son temps et a apprécié l'échange !

Sponge (Rock'N'Balls) : Salut Rich ! C'est un réel plaisir de t'avoir sur nos pages pour la première fois ! Puisque Stuck Mojo n'a plus été vraiment actif depuis 2008 et que de nombreux jeunes lecteurs pourraient ne pas vous connaître du tout, pourrais-tu présenter le groupe à tout le monde ? Quel a été votre parcours musical ?

Rich Ward : Le groupe s'est formé en 1989, en plein dans la période du mouvement hair metal en Amérique, j'avais rencontré un bassiste black qui était dans le reggae et le funk, un truc jazz assez expérimental, nous travaillions tous les deux dans un restaurant, et il jouait avec un batteur assez fusion, ils composaient des choses intéressantes et assez différentes de ce que j'avais l'habitude d'entendre de la part des autres groupes. J'ai grandi en écoutant du metal et du rock, de Metallica à Van Halen, en passant par des classiques comme Deep Purple et Black Sabbath, c'était donc assez tenant de bosser avec des gars qui essayaient de faire quelque chose de différent. Nous avons donc bossé pendant six mois, en essayant de trouver le bon chanteur, nous voulions essayer de suivre les traces d'autres groupes tendances de l'époque comme Faith No More et Red Hot Chili Peppers, qui expérimentaient avec le rock, le funk, le reggae, le hardcore, le punk... et sur un coup de chance j'ai rencontré un rappeur, il était assez cool, et je lui ai dit "Eh pourquoi tu ne viendrais pas à notre local de répétition ? On a un chanteur mais on aimerait incorporer des éléments un peu rap à notre musique !", je pensais qu'il pourrait assister la voix principale. Il s'appelait Bonz. Il est venu, et dès qu'il a commencé à rapper sur nos riffs, nous nous sommes regardés et dit "Il faut qu'on vire le chanteur ! C'est tellement cool !", c'était arrivé vraiment par hasard mais c'était parfait ! Ensuite nous avons expérimenté pas mal de choses pendant quatre ou cinq ans, tournée partout aux States, joué cent à deux cents concerts par an dans chaque salle qui voulait bien de nous, et nous sommes devenus un peu plus heavy, car nous découvrions des groupes comme Sepultura et Pantera, Morbid Angel, je suis tombé amoureux du metal, mais nous avons toujours gardé un pied dans le monde du funk et de la musique groovy. C'est devenu le son de Stuck Mojo, nous mélangions tous ces éléments intéressants de différents styles.

S : Vous avez eu une première longue période avec Bonz au chant, avant de vous séparer une première fois en 2000, pour revenir en 2005 avec Lord Nelson au micro, mais vous avez à nouveau splitté. Peux-tu noux expliquer pourquoi ça n'a jamais bien fonctionné ?

Rich : En 2000, quand Stuck Mojo s'est séparé, nous nous sommes assurés de ne jamais dire que le groupe n'existait plus, mais nous savions que nous ne pouvions pas continuer avec les tensions qui existaient au sein du groupe, c'était devenu vraiment malsain pour tout le monde. J'ai alors formé Fozzy, un nouveau groupe avec Chris Jericho et aussi certains membres de Stuck Mojo. Mais j'ai toujours voulu gardé le groupe "actif", car même si j'adore Fozzy et suis très fier des albums que nous faison, une partie de moi continue d'adorer jouer les morceaux de Stuck Mojo et composer de la nouvelle musique sous ce drapeau ! Nous avons donc essayé plusieurs fois de nous réunir avec Bonz, mais ça n'a jamais fonctionné, à cause des mêmes raisons qu'au début. J'ai ensuite rencontré Lord Nelson, c'est un gars génial et un chanteur vraiment talentueux ! À ce moment-là il avait dit un job à temps-plein, il avait déjà quarante ans, sa vie était déterminée, et il n'avait jamais été un musicien professionnel. Nous avons donc décidé que Stuck Mojo resterait un projet studio que nous ferions à côté de Fozzy, pour pouvoir faire des tournées occasionnelles.

S : En 2014, vous avez à nouveau tenté une réunion du line-up original, avec Bonz au chant, vous aviez prévu quelques concerts, mais apparemment ça a foiré. Qu'est-il arrivé ?

Rich : Oui, il y a un an nous avons à nouveau tenté l'expérience avec Bonz et Corey Lowery, histoire de fêter le 20ème anniversaire de notre album Snappin' Necks, en disant à Lord Nelson que nous ne savions pas à quoi nous attendre avec ce projet. Le premier concert était cool, mais les suivants beaucoup moins... les mêmes tensions réapparaissaient... Mais nous avions déjà commencé à écrire de nouveaux morceaux, et à cette période Corey avait reçu une offre pour rejoindre un très chouette groupe qui s'appelle Saint Asonia, avec d'excellents musiciens, je savais donc que ça ne marcherait pas car Corey allait bosser avec son nouveau groupe, et nous ne pouvions pas travailler dans ces conditions avec Bonz. Nous nous sommes donc assis et avons réfléchi à ce que nous allions faire par la suite.


"Il s'appelait Bonz. Il est venu, et dès qu'il a commencé à rapper sur nos riffs, nous nous sommes regardés et dit "Il faut qu'on vire le chanteur ! C'est tellement cool !", c'était arrivé vraiment par hasard mais c'était parfait !" (Rich Ward)


S : Et vous êtes finalement de retour avec un nouveau line-up tout frais, et surtout un nouveau chanteur vraiment excellent ! Que peux-tu nous dire de Robby J., comment l'as-tu rencontré et pourquoi avez-vous décidé de bosser ensemble ?

Rich : Nous avions ces nouveaux morceaux, cette nouvelle énergie et beaucoup d'envie, et le lendemain du jour où j'ai dit à Bonz que nous n'allions pas continuer avec lui, ce soir-là j'ai vu une vidéo d'un groupe sur YouTube, et le chanteur m'a vraiment scotché ! J'ai tout de suite appelé mon manager et lui ai dit "J'ai vu ce gars sur YouTube, il est génial ! Il va devenir notre nouveau chanteur !" (rires) Je crois qu'il a pensé que j'étais devenu fou, me disant "Quoi tu ne vas faire passer aucun audition ?!" et j'ai répondu "Non ! Pourquoi ?! C'est lui qu'il nous faut !". Il me disait "Tu vas engager un mec de Montréal, Canada, juste parce que tu l'as vu sur YouTube ?!" et j'ai répondu "Ouais !" (rires) Et j'ai eu de la chance, car mon instinct avait raison, je l'ai fait venir de Montréal, nous avons bossé ensemble en studio pendant quatre ou cinq jours, et c'est un gars tellement bien, pas seulement un artiste et un musicien mais aussi un mec intelligent, et quelqu'un de très agréable avec qui passer du temps. En fait, il a l'âme d'artiste la plus vraie de tous ceux qui sont passés par Stuck Mojo, car nous sommes plutôt du genre bruyants, des je-sais-tout, voulant tout le temps parler de politique et du monde... mais Robby est calme, très réfléchi, réservé. Nous avons maintenant répété quelques fois avec lui et c'est une vraie bête ! Il a une énergie incroyable mais il la canalise pour l'utiliser sur scène. C'était la première fois que je bossais en studio avec quelqu'un dont j'avais l'impression qu'il se produisait réellement devant nous ! Il était complètement fou, il gesticulait devant son micro comme si il se battait, c'était génial ! J'ai vraiment l'impression d'avoir enfin rencontré mon âme soeur en terme de rap rock. Nous sommes très chanceux.

S : Robby chante-t-il toutes les voix sur cet album, les voix claires rappés ET les voix agressives comme sur les couplets de "The Business of Hate", par exemple ?

Rich: Ouais, Robby fait tout cela, mais c'est toujours la même formule que sur les anciens albums de Stuck Mojo, dans le sens où il y a toujours des "questions/réponses" entre Robby et moi, sur ce morceau il chante la première moitié des couplets, et je fais les deuxièmes moitiés. Mais nous partageons aussi une partie des voix plus mélodiques, c'est plus cool d'avoir différentes voix. Car si tu écoutes Rage Against The Machine par exemple, ou un album de hardcore new-yorkais, il y a toujours ce côté un peu monotone au niveau du chant, et même si les guitares peuvent aider à injecter des éléments de mélodies, ou des claviers aussi par exemple, je pense que le meilleur moyen de se connecter au public est à travers la voix ! Utiliser à la fois les voix rappées, chantées, et criées a toujours été le secret du son de Stuck Mojo.

S : Pour enregistrer ce nouvel album, vous avez choisi de bosser à nouveau avec Andy Sneap, qui avait déjà collaboré avec le groupe par le passé. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Rich : Andy est un de mes meilleurs amis, nous partons souvent en vacances ensemble, depuis des années, et la seule raison pour laquelle nous n'avons jamais bossé avec lui pour Fozzy est que nous faisons nos albums différemment, sur de longues périodes de time car nous vivons dans des états différents, Chris est en Floride et il bosse comme catcheur professionnel, donc nous n'allons pas simplement trois semaines en studio pour faire notre album, les sessions d'enregistrement sont souvent étalées sur une longue période. Mais pour Stuck Mojo, nous savions que nous pourrions nous retrouver tous ensemble au même moment, et que ce serait un projet plus cohésif qui nous permettrait d'utiliser Andy. Mais il vit en Angleterre, nous ne pouvions donc pas le faire venir à Atlanta pour quatre mois ! Nous devions absolument tout planifier. Je pense vraiment qu'il est le plus talentueux producteur de metal sur la planète, et c'est aussi un excellent musicien, un guitariste hors-pair, il comprend rapidement qui est le groupe, et c'était très important pour nous. Il nous a dit "Écoutez les gars, je sais que vous avez fait ces albums il y a longtemps, mais c'est très important que vous vous souveniez de la formule que vous utilisiez dans ce groupe !", il a été très important pour moi car, à l'époque, il était présent dans la pièce quand nous avons écrit Rising et Declaration of A Headhunter ! Il savait vraiment qui nous étions en tant que groupe, et j'avais besoin de quelqu'un d'extérieur qui pouvait nous aider à rester sur les bons rails, afin de protéger l'intégrité de Stuck Mojo.

S : Comment s'est déroulé l'enregistrement ? Cela a-t-il été difficile pour toi d'à nouveau composer pour Stuck Mojo ? Avais-tu déjà écrit toutes les chansons quand Robby est arrivé ? Et comment cela s'est-il passé avec lui en studio ?

Rich : J'avais seulement deux morceaux terminés avec les paroles et les arrangements quand Robby nous a rejoints. J'avais beaucoup d'autres idées, mais rien n'était fixé, uniquement des démos. Nous avons vraiment bien bossé ensemble, car il a une vision du monde qui est très bonne, même si très différente de la mienne, car il vient de Montréal au Canada, qui possède une culture plus "européenne", alors qu'à Atlante la culture est évidemment très américaine. Nous avons donc pu écrire un nouvel album sur des sujets que nous abordions déjà sur les disques précédents, mais à travers une vision plus neuve de quelqu'un qui avait une expérience différente et a grandi dans une autre partie du monde, c'était très rafraîchissant. Et aussi, il est plus jeune que nous ! Mes héros à moi, c'était Judas Priest et Iron Maiden, Ozzy et Dio, mais lui a grandi en admirant la génération Slipknot ! Il adore Corey Taylor, il aime Eminem, il écoute des rappeurs qui n'ont pas commencé à faire des albums avant que j'aie presque atteint mes quarante ans (rires). Donc c'était bien pour un "vieux" groupe qui parfois a tendance à puiser dans ses influences plus anciennes de pouvoir bosser avec quelqu'un qui a une vision plus neuve de la musique en général.


"Ce soir-là j'ai vu une vidéo d'un groupe sur YouTube, et le chanteur m'a vraiment scotché ! J'ai tout de suite appelé mon manager et lui ai dit "J'ai vu ce gars sur YouTube, il est génial ! Il va devenir notre nouveau chanteur !" (rires) Je crois qu'il a pensé que j'étais devenu fou..." (Rich Ward)


S : Ce nouveau disque s'appelle Here Come The Infidels, qui est un titre plutôt osé en ces temps troublés que nous vivons ! Pourquoi avoir choisi ce titre, que signifie-t-il, et quelle est l'histoire derrière la chanson du même nom ?

Rich : Nous vivons une période où des gens ont décidé de déterminer ce que l'on peut dire et ce qu'on ne peut pas. Et si tu dis des choses avec lesquelles ils ne sont pas d'accord, où qui blessent leur amour-propre, ils te traitent de noms que les gens n'apprécient pas ! Mais notre société tend à assumer ce qu'elle pense, et ça ne plait pas, car les codes ont changé ces dernières années ! Ce qui était acceptable il y a vingt ans ne l'est plus forcément aujourd'hui et ça changera encore. L'idée du mariage gay était très différente dans les années 70 de ce qu'elle est aujourd'hui, et c'est très bien, car nous devons évoluer. Mais les codes changent, et aujourd'hui il faudra se taire parce que notre parole blesse certains ! Personnellement, je ne crois pas qu'il existe un "discours de haine", je pense qu'il existe des ACTIONS de haine ! Rien ne me fait plus rire que quand quelqu'un, dans les commentaires d'un site web par exemple, me traite de tous les noms, dit que je suis le pire guitariste de tous les temps (rires)... mon préféré était "Qu'est-il arrivé à Stuck Mojo, vous n'avez pas réussi à trouver un autre black pour chanter ?!" ahah (rires), je trouve ça génial ! Quand j'étais plus jeune, il y avait une expression qui disait "Des bâtons et des pierres peuvent me briser les os, mais des mots ne me blesseront jamais !", et c'est ma façon de voir la vie. Donc l'idée de dire "Les infidèles arrivent", c'était d'abord notre façon de repousser les codes ! Et ensuite, c'était notre façon d'adopter un mot qui selon moi définit bien Stuck Mojo, les infidèles sont ceux qui sont haïs, par vrai ? Regarde : nous sommes un groupe de rap metal en 2016, qui n'est pas vraiment une musique très populaire ces temps-ci. Et quand nous avons formé le groupe à l'époque, ça ne l'était pas non plus ! Nous étions en plein dans la période "hair metal" et grunge, nous avons donc toujours été un peu "à part", et j'aime toujours lire les critiques qui disent "Mon dieu, j'adore ces riffs, et les mélodies sont excellentes, et il y une vraie entente musicale. C'est vraiment dommage qu'il s'agisse d'un groupe de rap rock en 2016, car tout le monde s'en fout... Et Rich Ward est un idiot de raciste d'Atlanta !", nous ne sommes pas populaires, tu vois. De mon point de vue d'Américain, la Constituion protège notre liberté d'expression, mais l'expression populaire n'a pas besoin d'être protégée ! Le discours populaire est acceptable par définition, mais l'idée de "liberté d'expression" est plutôt de protéger les discours plus violents, ceux avec lesquels nous ne sommes pas forcément d'accord. Et notre société a décidé que même si nous pensons que ce discours est terrifiant, vous avez le droit de le tenir ! Et c'est le thème de ce nouvel album : en vérité, la liberté a un prix, elle nécéssite que chacun d'entre-nous prenne ses responsabilités, et je pense que beaucoup de musiciens préférent rester bien droits sur les rails et parler de sujets populaires, et souvent je suis d'accord avec eux ! Mais pourquoi devrais-je personnellement écrire des chansons sur les mêmes sujets déjà éculés par des centaines de groupes ? Je voulais vraiment composer un disque qui aborde des sujets qui ne sont pas souvent abordés par les musiciens ou les réalisateurs d'Hollywood. Ce n'est pas seulement une position à laquelle j'adhère, je pense également qu'elle a sa place dans le discours public ! La discussion a toujours du bon.

S : L'artwork est aussi très fort et marquant. Qui l'a créé, et que représente-t-il selon toi ?

Rich : J'ai rencontré Tom Bejgrowicz quand Stuck Mojo était signé sur Century Media à la fin des années 90, il était le responsable A&R (note: Artists & Repertoire) du label. Il soutient énormément le groupe, même si il avait une vision politique du monde totalement opposée à la nôtre ! Nous avions une vision libérale traditionnelle pour laquelle un gouvernement est la pire chose qui puisse arriver à une société, car les gouvernements ont toujours pris de très mauvaises décisions par le passé, comme l'esclavage, les camps d'internement pendant la seconde guerre mondiale, ce sont des créations du gouvernement ! Mais Tom est plutôt de gauche, il voit les choses différemment, mais nous l'aimons car c'est quelqu'un d'intelligent et je respecte beaucoup ses opinions, nous ne nous disputons jamais, nous avons des conversations très respectueuses. Et quand nous avons dû penser à l'artwork de l'album, je l'ai appelé et lui ai demandé si il voudrait s'y coller, car A) c'est un artiste brillant, et B) je savais qu'il avait une vision différente de la mienne, et qu'à travers nos discussions nous en viendrions à un résultat bien plus intéressant qu'un artwork qui reflèterait uniquement ma seule vision des choses, nous aurions une perspective différente. En fait, nous avons juste discuté pendant un moment au téléphone, une fois par semaine pendant une heure ou deux, à propos du monde, de la liberté d'expression, il a pris des notes, et ensuite il m'a envoyé cette pochette ! Il m'avait envoyé une autre option, mais j'ai tout de suite su que celle-ci était la bonne. Il a donc créé l'artwork complet uniquement sur base des conversations que nous avons eues, et je trouve ça brillant !

S : Stuck Mojo est connu pour ses "opinions politiques". Par le passé, un journaliste a dit à votre propos : "Ce quartet d'Atlanta est l'image inverse des gauchistes agités de Rage Against The Machine". Es-tu d'accord avec cette déclaration ? Et te considères-tu comme un activiste ?

Rich : Non, je ne suis pas un activiste, car je n'ai aucun intérêt à essayer de changer les choses. Je crois en l'individu, que chacun est libre de décider de ce qui est bon pour lui-même, et c'est valable pour moi aussi. Je ne pense pas qu'un énorme gouvernement puisse faire les choix pour tout le monde. Car nous sommes tous différents, nous vivions dans une société multiculturelle, nous avons tous une vision différente de la façon d'élever nos enfants, de construire notre famille, et nos systèmes de valeurs sont différents, c'est virtuellement impossible d'avoir un grand gouvernement basé à Londres, à Paris ou à Washington qui représenterait les intérêts de tout le monde ! Rage Against The Machine pense totalement l'inverse ! Ils adorent des gars comme Hugo Chavez, ils aiment l'idée d'un grand dictateur comme à Cuba qui sait ce qui est bon pour le peuple. Pourtant nous avons beaucoup d'immigrés cubains qui viennent aux États-Unis, mais très peu d'Américain s"échappent vers Cuba... car si tu déclares quelque chose que Fidel Castro n'aime pas, ils te balancent dans un donjon ! (rires) Il n'y a aucun discours politique, c'est comme en Corée du Nord ! C'est vrai que dans une véritable société libre, certains n'auraient pas autant de succès que d'autres, mais selon ma philosophie, on devrait partir sur une base équitable, et je ne crois pas que ce soit au gouvernement de fabriquer des les résultats sociaux, je ne veux pas que le gouvernement aille prendre l'argent de RATM pour nous le donner parce qu'ils ont vendu beaucoup plus d'albums que nous ! (rires) Tom Morello vous parlerait une journée entière de ces énormes sociétés corporatistes qui ne pensent qu'au profit et qui pourtant n'auraient pas besoin de ces milliards de dollars, qui exploitent leurs employés... Moi je vous guarantis que Tom Morello ne paie pas autant ses guitar techs ou son chauffeur de bus autant qu'il se paie lui-même ! Et je vous guarantis que Tom Morello n'appelera jamais Rich Ward pour lui dire "Hey vous êtes un groupe depuis plus longtemps que nous, vous étiez un des premiers groupes de rap rock qui a lancé le style, donc pour te remercier je vais partager ma fortune avec toi !", mais pourtant il croit à la redistribution des richesses ! Et c'est le souci avec les gauchistes comme Tom Morello, cette théorie lui permet de se sentir bien dans sa peau car, en tant que multimillionnaire, il peut dire "Je pense que l'avidité c'est mal ! Et je pense que les riches devraient redistribuer leur argent dans les poches des autres ! Je ne parle pas de MON argent, mais de VOTRE argent, évidemment !", je dis que c'est le défaut des gauchistes ! Al Gore est un des plus importants gauchistes d'Amérique, et il fvit dans un manoire de trente mille pieds carrés, au bord de la mer ! Si il pensait vraiment que le niveau des océans est tellement en train de monter, pourquoi achèterait-il une maison sur la page ?! Ces gens sont des hypocrites, ils ne pensent pas ce qu'ils disent ! Personnellement, je crois vraiment à la liberté ! Je pense que si Tom Morello vend dix millions d'albums et devient multimillionnaire, il devrait garder cet argent car c'est le sien, il le mérite ! Si Rich Ward vend dix milles copies de Here Come The Infidels, je ne pense pas que Tom Morello doive payer la différence entre ses ventes et les miennes (rires). Ca ne me pose pas de problème ! L'échec est une vraie motivation, j'ai échoué plusieurs fois, j'ai fait plusieurs albums qui ne se sont pas bien vendus, mais j'en ai tiré des leçons, c'est comme de tomber de son vélo ou de son skate ! Ca fait mal, mais ça t'apprend à ne pas tomber à nouveau. Tu sais, je suis volontaire dans une église, notre premier concert de Stuck Mojo sera un concert de soutien pour l'abri local des sans-domicile-fixe, car je me soucie de ma communauté, de mes gens qui sont dans le besoin, simplement je ne pense pas que ce soit le rôle du gouvernement de prendre l'argent de Tom Morello et de le donner aux pauvres de notre communauté ! Je pense que c'est à nous-même de prendre cette décision, la charité est une grand vertu, et en tant que société nous devrions nous soucier de ceux qui sont dans le besoin, il y a bien plus de compassion chez un voisin qui aide son voisin que dans un chèque d'allocations !


"Moi je vous guarantis que Tom Morello ne paie pas autant ses guitar techs ou son chauffeur de bus autant qu'il se paie lui-même ! Et je vous guarantis que Tom Morello n'appelera jamais Rich Ward pour lui dire "Hey vous êtes un groupe depuis plus longtemps que nous, vous étiez un des premiers groupes de rap rock qui a lancé le style, donc pour te remercier je vais partager ma fortune avec toi !", mais pourtant il croit à la redistribution des richesses !" (Rich Ward)


S : Un des nouveaux morceaux s'appelle "Charles Bronson" et est assez épique. D'où vous est venue cette chanson, et de quoi parlez-vous dans ce texte ?

Rich : Charles Bronson (note: un acteur américain, pour les plus jeunes d'entre-nous)avait tourné une série de films très célèbres dans les années 80 qui s'appelaient Un justicier dans la ville, et son personnage était assez proche d'un Batman ! C'était un homme bon qui faisait de laides choses à de méchantes personnes, et c'est un peu l'histoire de cette chanson : dans notre société, la police ne peut pas protéger tout le monde. Car il y a beaucoup d'officiers de police, mais souvent ils arrivent après que le crime ait eu lieu ! "Charles Bronson" est donc une chanson imaginaire où tu vois au journal télévisé le type qui a violé et tué des enfants, et le seul truc auquel tu arrives à penser c'est combien tu aimerais le chopper et le buter (rires), ça parle de cet instinct primal que beaucoup, voire la plupart d'entre-nous avons quand nous voyons des événements atroces se dérouler sous nos yeux. Qui n'aurait pas aimé tuer Hitler ?! Ou Saddam Hussein ?! Ou Jeffrey Dammer (note: un tueur en série américain, le "cannibal de Milwaukee", qui a avoué avoir assassiné dix-sept jeunes hommes entre 1978 et 1991), je crois que ça remonte aux hommes primitifs, l'instinct de protection de sa famille, de sa vie et de qui on est. La société nous a appris que ce n'est pas notre job mais celui de la police, mais celle-ci ne peut pas toujours être là, cette chanson parle donc de ce que ça ferait de se lancer à la poursuite de Ben Laden, en quelque sorte.

S : Par le passé, Stuck Mojo a travaillé avec des labels professionnels comme Century Media, par exemple, mais cette fois-ci vous avez choisi de sortir votre nouvel album via Pledge Music. Peux-tu nous expliquer ce choix ? Quels sont les retours que vous en avez déjà eu ? Les fans ont-ils répondu à votre appel ?

Rich : La seule raison pour laquelle nous y avons pensé au début, c'est que mon manager m'a appelé en me disant "Je discute avec quelques labels et certains sont intéressés de sortir l'album, mais j'ai aussi eu cette idée : j'aimerais que tu ailles sur Pledge Music et que tu jettes un oeil. Megadeth, Rob Zombie, Twelve Foot Ninja, beaucoup de groupes y sortent leurs albums parce que ça leur permet de se connecter directement à leur public, ça élimine les intermédiaires comme les labels, les magasins etc...". Mais je voulais trouver un juste milieu, nous avons donc choisi de financer nous-même l'album, et au lieu de choisir le crowdfunding comme le font d'autres groupes, nous avons utilisé Pledge Music uniquement comme magasin en ligne ! Les gens peuvent venir y acheter directement, mais nous avons aussi vendu des produits à quelques distributeurs dans différents territoires pour qu'il y ait également de la vente en magasins physiques, mais tu peux aussi trouver l'album sur iTunes, Amazon, Spotify. Nous utilisons les moyens traditionnels mais nous collaborons aussi avec Pledge Music, car les fans de musique aujourd'hui se fournissent un peu partout où ils le peuvent, ils aiment même à nouveau les vinyls... J'ai donc pensé que le meilleur choix pour nous était d'essayer un peu tout plutôt que de croire que le seul moyen de faire était celui qu'on avait à notre disposition il y a vingt ans.

S : Vous avez déjà publié quelques lyrics vidéos avant la sortie de l'album, mais prévoyez-vous de film un vrai clip dans lequel vous montreriez le nouveau visage de Stuck Mojo ? Si oui, quelle chanson allez-vous choisir ?

Rich : Oui, nous avons en fait filmé trois vidéos que nous allons publier une à la foi, la première probablement d'ici quelques semaines. Puisque nous tournons peu jusqu'à l'automne (nous avons seulement deux concerts locaux prévus, ensuite une date au Bloodstock Festival en Angleterre et un show en République Tchèque), nous ne voulions pas tout sortir en une seule fois, nous voulons garder cet album vivant pendant un moment en utilisant ces clips. Nous avons deux vidéos où on voit le groupe en entier, une pour le titre "Here Come The Infidels" et l'autre pour "Rape Whistle", et nous avons aussi filmé un troisième clip avec seulement Robby sur fond noir et quelques paroles qui défilent pour la chanson "Destroyer". Il y a donc pas mal de contenu qui va arriver car je veux que les gens nous voient même si nous ne sommes pas sur les routes.

S : Prévoyez-vous de venir jouer en Europe et plus particulièrement dans notre pays la Belgique ? Quels sont les plans futurs pour Stuck Mojo ?

Rich : Oui, nous travaillons en ce moment sur une tournée qui commencerait le 9 novembre prochain, et j'ai vu dans la liste qu'il y aurait trois dates en Belgique ! Ce sera une grosse tournée sur un mois uniquement en Europe, et ensuite une dizaine de jours en Angleterre. Nous sommes vraiment très excités à cette idée !


"Charles Bronson est donc une chanson imaginaire où tu vois au journal télévisé le type qui a violé et tué des enfants, et le seul truc auquel tu arrives à penser c'est combien tu aimerais le chopper et le buter (rires)" (Rich Ward)


S : Eh bien merci beaucoup pour cette interview, Rich. Encore une fois, c'était un réel plaisir de t'avoir sur Rock'N'Balls ! Un dernier mot pour vos fans et nos lecteurs ?

Rich : Tu sais, le tout premier concert que j'ai fait en Europe, c'était en Belgique ! Nous avions joué au Biebob à Vosselaar, je me souviens encore comme j'étais excité car comme la plupart des musiciens, ce qui te tient vraiment à coeur c'est de jouer de ton instrument et la musique que tu aimes, mais je n'aurais jamais imaginé que je jouerais dans un groupe et que je jouerais dans un pays de l'autre côté de l'océan ! Ce n'était même pas un rêve, car ça me paraissait impossible, comme si seulement les superstars comme Kiss pouvaient y arriver. Je me souviens être descendu de l'avion et être allé à ce concert en tourbus, notre chambre à l'hôtel était remplie de fans, c'était magique ! Et je n'oublierai jamais comme les fans belges étaient généreux avec nous, ils connaissaient les paroles de nos chansons par coeur, et encore une fois pour un jeune mec d'Atlanta qui avait grandi en rêvant du football anglais et allemand c'était génial. Mon père est Anglais donc j'ai toujours adoré la culture européenne, et surtout la musique. Je suis vraiment heureux de pouvoir revenir et rejouer chez vous ! Laisse-moi aussi te remercier personnellement du fond du coeur, car plus je vieillis et plus je me rends compte que nous devons tous être unis pour que ce business fonctionne, je pourrais faire des albums et engager Andy Sneap comme producteur, mais si il n'y avait pas des gens comme toi qui prennent le temps de me parler et de m'aider à faire des interviews et à faire connaître mon groupe et mes disques, je ne serais simplement nulle part ! Donc merci à toi d'avoir pris de ton temps, ça représente beaucoup pour moi et je t'en suis très reconnaissant.








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"Death wish"

Conversation with Rich Ward (Guitar and vocals)
Interview and editing by SPONGE

We often forget that before Rage Against The Machine, there was Stuck Mojo ! The rap metal band from Atlanta, Georgia, succeeded from 1989 in imposing his style, that was not necessarily in fashion when it came out. With some cult albums like Rising (1998) and Declaration of A Headhunter (2001), Rich Ward and his bandmates music has been hanging over the international scene for twenty five years, et even if a great part of their career has been build in the studio more than on the roads, the American guys kept the band alive until today. With some major line-up changes, Stuck Mojo is back in 2016 with a fresh music and a brand new record, Here Come The Infidels, whose title alone will help you understand who you're dealing with. Rich Ward himself accepted to answer our questions, and the less we can say is that he took his time and really enjoy the conversation!

Sponge (Rock'N'Balls): Hi Rich! It's a REAL pleasure to have you for the first time on our pages! As Stuck Mojo hasn't been active since 2008 and as a lot of our younger readers maybe don't know about you at all, could you please reintroduce Stuck Mojo to everyone? What's been your musical path?

Rich Ward: We formed as a band in 1989, right at the tail of the hair metal movement in America, I met a black bass player who was into reggae and funk, a kinda of experimental fusionny jazz music, he and I both worked at a restaurant together, and he was playing with a kind of fusion drummer doing some really interesting things that were really different from anything else that I was hearing from a lot of other bands. I grew up playing metal and rock music, everything from Metallica to Van Halen, classic stuffs like Deep Purple and Black Sabbath, so that was really attractive to work with some guys who were doing something really different from what I was doing. So we work as a band for about six months, trying to find the right type of vocalist, we were really into the idea of trying to follow in the footsteps of some other new bands like Faith No More, and the Red Hot Chili Peppers, who were experimenting with rock and funk and reggae, hardcore, punk... and just by chance I met a guy who was a rapper, there was something cool about this guy, so I told him "eh why don't you come to our rehearsal space? We've been working with a singer but we'd like to incorporate some rap style vocals!", and I thought this guy could help co-job our singer. His name was Bonz, he came by, and as soon as he started rapping on top of our riffs, we looked at each other and said "We have to fire the singer! This is so coooool!", it was totally by accident but it was perfect! It was some organic thing that was just supposed to happen. Then we experimented with a lot of things during four or five years, we toured all around the US, playing one to two hundred shows per year, in every little place that would have us, then we started to become a little bit heavier, 'cause we discovered bands like Sepultura and Pantera, Morbid Angel, I fall in love with heavy music, but we always kept a foot in the world of funk and groove music. That was what really became the initial sound of Stuck Mojo, blending all these interesting groove elements from different styles in my real love of heavy metal!

S: You've had a first long period with Bonz singing, before disbanding a first time in 2000. Then you came back in 2005 with Lord Nelson remplacing him, but you've once again splitted. Could you explain why it didn't work well and that you had to disband twice?

Rich: Well, in 2000 when Stuck Mojo disbanded, we made sure not to say that we were breaking up, we knew that we couldn't continue as things were 'cause there was so much friction within the band and went to a point that it wasn't healthy for us to continue. So I joined up with a guy named Chris Jericho and we formed a band together called Fozzy, and it was with a couple of members from Stuck Mojo as well, so we kinda moved from one band to the other. But I always wanted to still try to keep Stuck Mojo active, because even tough I love Fozzy and I'm really passionate about that band and proud of the records that we make, there's a part of me who still loves to play Stuck Mojo songs and make new music under that umbrella! So we tried several times to reunite with Bonz, but each time it didn't quite work for all the same reasons it didn't work the first time. Then I met Lord Nelson and he's such an amazing guy and such a talented vocalist! At that time he had a full time career, he was already fourty years old, his life was already determined, he had never been a professional musician, so we put ourselves in the mindset that Stuck Mojo would be like a recording project that we would do on the side of Fozzy, so that we would do occasional tours.

S: In 2014, you tried a reunion with the original line-up, with Bonz singing, you planned some shows, but apparently it didn't work out. What happened?

Yeah a year ago, we tried once again to do a reunion show with Bonz and Corey Lowery, so it would be the 20th anniversary of our album Snappin' Necks, so we told Lord Nelson that we didn't know what to expect about that. We did the first show and it was great, but the next couple of shows weren't quite as great, as some of the same tensions and dysfunction were starting to become present again... But we already started writing music for a new album, and at that time Corey got an offer to join this really great band called Saint Asonia, which is kind of a superband with great musicians, so I knew that it wasn't gonna work 'cause Corey was gonna work with his new band, and the dysfunction with Bonz was probably more than we could work through, so we just decided to sit back and figure out what we were going to do moving forward.


"His name was Bonz, he came by, and as soon as he started rapping on top of our riffs, we looked at each other and said "We have to fire the singer! This is so coooool!", it was totally by accident but it was perfect!" (Rich Ward)


S: But now you are finally back with a fresh new line-up, and especially with a new kick-ass singer! Can you tell us who's Robby J., how you met with him and how you decided to work together?

We had these new songs, this new energy and enthousiasm, and the day after we talked to Bonz to tell him that we were not going to move forward, that night I saw a video of a band on YouTube, and the singer just blew me away! I immediately called my manager, told him "eh I saw this guy on YouTube, he's amazing! He's gonna be the new vocalist for the band!" (laughs) And I guess my manager thought I was crazy, telling me "What, you're not going to audition anybody?" and I say "No! Why?! He's the guy!". He told me "You'll just hire a guy from Montréal, Canada, just because you saw his video on YouTube?!" and I said "Yes!" (laughs). And I was lucky because all my instincts were right, I flew him down from Montréal, we worked in the studio together for four or five days writing, and he's a beautiful person, not just as an artist and musician but he's such a smart person, and a great guy to hang around with. He actually has kind of the most true artist soul of anyone that ever been in Stuck Mojo, 'cause the rest of us are kind of loud, know-it-all, wants to talk everyday about politics and the world, but Robby's quiet, he's very thoughtful, very reserved. And now we've done some rehearsals with him and he's an absolute beast! His energy is crazy but he's channeling it for these moments when he's on stage performing. It's the first time that I've ever been in the studio with someone that I felt like he was performing! Robby was going crazy! He was like shadow-boxking the microphone, he was great! I feel like I just met my rap-rock musical soulmate. We are really lucky.

S: Does Robby sing all the vocals on this album, the clean rap vocals AND the agressive voice like on the verses of "The Business of Hate", for example?

Rich: Yes Robby's doing the aggressive vocals on "The Business of Hate", but it's a bit like the old Stuck Mojo stuff, there's a little bit of vocals interplay, so Robby does the first half of the verses and then I come in with the second half growl. But we're also sharing some of the melodic vocals as well, it's a really cool thing, with different guys singing different parts, and we do that because when you listen to a Rage Agains The Machine record, or a New York hardcore record, you have a tendancy for the whole record to have a kind of monotonous vibe on the vocal plan, and even tough the guitars can do quite a bit to inject some melodic elements, or use keyboard for example, I think that the best way to connect with an audience is through the voice! Using melodic vocals along with aggressive barking vocals and the rap has been the secret to our sound in Stuck Mojo.

S: To record your new album, you chose to work once again with Andy Sneap, who collaborated with Stuck Mojo in the past. Why did you make this choice?

Rich: Well Andy's one of my best friends, even when we're not working together we go in holiday together and maintained a great friendship over the years, and the only reason why we haven't used him to work with Fozzy in the past is just strictly because we make records differently, we make 'em over long periods of time because we live in different states, Chris lives in Florida and he has his job as a professional wrestler, so we just don't go in the studio and make an album in three weeks or a month, all the different recording sessions are spread over a long period of time. But for this new Stuck Mojo album, we kned that we'd be able to be all together and work in the studio at the same time as a band, so it would be much more a cohesive project which would allow us to use Andy. But he lives in England, so we couldn't have him to move in Atlanta for four months! We really had to have a schedule where we could put all our time together. I really think he's the most talented metal producer on the planet, and he's a great musical himself, he's a great guitar player, he has a great sense of who a band is, and it was very important for us. He was like "Listen guys, except for the sound, I know that you made these records a long time ago, but it's very important for you to remember what's the formula for this band!", and it was very important for me to have Andy there 'cause he was in the room when we were creating Rising and Declaration of A Headhunter! He really knew who we are as a band and I needed someone outside of us who can keep us on target, and make sure to protect the integrity of who we are as a band!

S: How did the recording process go? Has it been something difficult for you to write Stuck Mojo stuffs again? Did you already have all the songs done when you welcomed Robby? And how has his studio recording work?

Rich: I only had two songs completed with the lyrics and everything, all the music and arrangements were finished when I met Robby. I had several other musical ideas, but nothing was refined, it was kind of in the demo stages. When I started working with Robby, we were really working as a team, he was the captain of the vocal side of things and I was the captain of the music side. And we worked really well, 'cause he has a great perspective on the world which is different from mine, 'cause he's from Montréal, Canada, which is more of a European style culture, very different than Atlanta's culture, so we were able to write a record that expressed the same ideas that we always have and stay on the same type of topics that we have in the past, but it was through the vision of somebody else who had different experiences and grew up in a different part of the world, which I think was a really great refreshing part of the process. And Robby's also younger than us! My heroes were Judas Priest and Iron Maiden, Ozzy and Dio, but his heroes growing up were the Slipnot generation! So he loves Corey Taylor, he loves Eminem, he listens to rappers who didn't start making albums until I was well into my thirties (laughs), so it was great for an older band 'cause sometimes you have a tendency to dig into these older influences, so it's nice to work with somebody who has a different perspective of music


"That night I saw a video of a band on YouTube, and the singer just blew me away! I immediately called my manager, told him "eh I saw this guy on YouTube, he's amazing! He's gonna be the new vocalist for the band!" (laughs) And I guess my manager thought I was crazy..." (Rich Ward)


S: This new record is called Here Come The Infidels, which is a pretty daring title, considering the confused times the world is recently going through! Why did you choose this title, what does it mean, and what's the story of the song "Here Come The Infidels"?

Rich: You know, we live in a time where there are people who have determined what is ok and what is not ok to say. And the way that they keep you from saying things they disagree with, if it hurts their feelings, they just call you awful names that generally people don't want to be called! And as soon as us as a society say that we are going to say what we want to say and we're not gonna be moved by you calling us names, 'cause let's be honest, speech codes have changed over the years! What was acceptable twenty years ago is different today and it will continue to change. The ideas of same sex mariage in the seventies was very different from what it is today, and good, we should evolve as people. But as we modify speech, it makes that all of your feelings are justified, so if you feel bad, we have to do something about it, right? And it's like "No no, you just feel bad, we don't have to do anything about it! 'cause we're accountable for your feelings!", I personaly don't believe that there's such things as "hate speech", what's hateful is action! Nothing makes me laugh harder than when someone tells me in a website's commentaries that I suck and that I'm the shittiest guitar player they've ever heard (laughs), and my favorite was "What happened to Stuck Mojo, couldn't you find another black guy?!" ahah (laughs), to me that's amazing! Growing up there was this saying like "Sticks and stones can hurt my bones, but words can never hurt me!", and that's the way I live. So this idea of saying "Here come the infidels", first of all, it was our way to say something that was going to push back against speech codes! And then secondly, it was our way of embrassing a word that I think applies to Stuck Mojo, the infidels are the ones that are hated, right? Let's face it: we're a rap rock band in 2016, that's not exactly a popular musical direction to take in these day and time. And when we formed as a band, it was not! It was all hair metal and grunge, so we've always felt about being a bit of an outsider, and I always love reading reviews where the guys are saying "God I love the riffs, and the melodies are great, and there's a great musicianship. But it's too bad that it's a rap rock band in 2016, because who gives a shit about that... And Rich Ward is an idiot racist redneck from Atlanta!", because we're not popular, you know! I'll just speak in terms of my culture, where I live in America: our Constitution protects free speech, but popular speech doesn't need to be protected! Popular speech by definition is acceptable, but the idea of free speech is to protect the most violent speech, the speech that we disagree with, but we have this society saying that even tough we disagree with it and we think it's terrible that you say it, we want to defend your right to be able to say it! And that's kind of the theme of this new album, which is that freedom is ugly, it requires all of us to take responsability for ourselves, and I think there's a lot of musicians who like to stand in line and talk about popular topics, and a lot of them I agree with! But why would I continue to write songs about the same shit that everybody else does? I really wanted to write an album that tackled topics that you don't hear musicians or your don't see things in Hollywood making things about. Not only is a position that I believe in, but it's also something that I believe there's a place for in the public discourse! The discussion is good.

S: The artwork of this new disc his also very strong and striking. Who created it, and what does it mean to you?

Rich: Well, I met Tom B. When Stuck Mojo was signed on Century Media in the late 90's, he was the head of A&R. He was a strong supporter of the band, except he saw the world politically through the exact opposite view that we did! We saw the world through traditional liberal views which is "the more government the worse the things are", because the government has made such terrible decisions through history, when we talk about slavery, internment camps during world war two, these are things that governments did! So it doesn't have a good history in America of making good decisions, you know. But Tom is much more of a leftist, he sees things completely differently than we do, but we love that 'cause he's a very smart person and I really respect his views, we don't argue, we have very respectful conversions. And when we decided to make the artwork for the album, I called Tom and asked him if he would make it, because A) he's a brilliant artist, and B) I knew that he saw the world differently than I did, and I knew that through our conversations we would come out with something better than if we use artworks that just reflected my kind of opinions, it would give a different perspective. In fact, we just got on the phone and spoke together about once a week for an hour or two, and we just talked about things, about the world, about freedom of speech, of expression, we just had all these conversations, and through these he made notes, and he sent me the album cover! He sent me one other option, but I knew that the one we chose was the right one. So he just created the entire album's artwork just based on these conversations that he and I had! I think it's brilliant.

S: Stuck Mojo is know for having some "political opinions". In the past, some journalist said about you: "This Atlanta quartet is the mirror image of leftist agit-metal band Rage Against The Machine". Are you ok with this statement? And do you consider yourself as a political activist?

Rich: No I'm not an activist, because I don't really have any interest in trying to change anything. I believe in the individual, I believe that you should decide what's best for you, and I should decide what's best for me. I don't think that a big government can answer the call and appeal to the needs of everyone. 'Cause we're all different, we live in such a multicultural society, we all have different views about how to raise our family, and our values systems are different, it's virtually impossible to have a huge government based in London, or Paris, or Washington D.C. that can represent the views of all people! Rage Against The Machine, their view point is the opposite! They love guys like Hugo Chavez, they love the idea of the strong dictator like in Cuba that knows what's best for the people. But we have lots of Cuban immigrants that come in America, but never people trying to escape America to go to Cuba... and the reason is that if you say something that Fidel Castro doesn't like, he throws you in a donjon! (laughs) There is no political discourse, it's just like North Korea! It is true that in a true free society, some people would not be as successful as others, but in my philosophy, there should be a level-playing field at the starting line, I don't think the government should socially ingeneer results, I don't want the government to go and get money from RATM to give it to us because they sold a lot more albums! (laughs) Tom Morello will sit and talk all day long about how these evil huge corporations are only about profits and that they don't need all these millions of dollars, and they're exploiting the workers... I guarantee you that Tom Morello doesn't pay his guitar techs as much as he pays himself! Neither his bus driver! And I guarantee you that Tom Morello will not call Rich Ward and say "Hey you've been a band longer than us, you were one of the first rap rock bands that started the whole thing, so as a thank you I'm going to share the wealth with you!", but he believes in redistribution for all the people! And that's the problem with leftists like Tom Morello, this theory makes him fell better 'cause it allows him, as a multimillionnaire, to say "I believe that greediness is bad! And I believe that rich people should redistribute that money into other people's pockets! I don't mean MY money, but YOUR money over there!", and I think that's the flaw of all leftists! Al Gore is one of the biggest leftists in America, and he lives in a thirty thousands square foot mansion, and he has a huge mansion on the beach! If he thinks that ocean currents are going to rise as much as he says, why would he buy a house on the beach?! These people are hypocrits, they don't believe what they're saying! I personaly just ultimately believe in freedom! I think if Tom Morello sells ten million albums and he becomes a multimillionnaire, he should keep that money, it's his, he made it! If Rich Ward sells ten thousand copies of Here Come The Infidels, I don't think that Tom Morello should pay me any for the short fall between our two albums sells (laughs). I'm ok! 'cause failure is a great motivator! I failed many times, I've made many albums that didn't sell as well as I thought it would, but it's a great teacher, it's like falling down on your bicycle or your skateboard! It hurts, but it teaches you not to fall down. The pain is a great motivator. Again... listen, I volunteer at a church, our first Stuck Mojo show is a big benefit show for our local homeless shelter, 'cause I care about my community, for my people who are in need, I just don't think that it's the responsability of the government to take money from Tom Morello and give it to poor people of the community! I think that I should do it myself, charity is a great virtue, and as a society we should take care of those in need, there's a lot more compassion behind a neighbor helping a neighbor than a welfare check.


"I guarantee you that Tom Morello doesn't pay his guitar techs as much as he pays himself! Neither his bus driver! And I guarantee you that Tom Morello will not call Rich Ward and say "Hey you've been a band longer than us, you were one of the first rap rock bands that started the whole thing, so as a thank you I'm going to share the wealth with you!", but he believes in redistribution for all the people!" (Rich Ward)


S: There's one song in this new tracklist that's called "Charles Bronson", and it's really epic. Where does this song come from, and what do you talk about in this text?

Rich: Well Charles Bronson made a serie of famous movies in the 80's called Death Wish, and his character was a lot like Batman! It was a good man that did bad things to bad people, and that's kind of the story of that song which is that as a society, the police cannot protect all of us. Because you know, there are so much police officers that could be there, and most of the time they're just there to respond after the crime has occured! So "Charles Bronson" is a sort of Batman fantasy song where you see the guy on the news who has raped and killed children, and the only thing you can think of in your heart is how badly you would like to stop and murder him (laughs) and it's kinda like that primal instinct that a lot of us have, that most of us have when we see terrible atrocities happening. Who wouldn't have wanted to have been the person to kill Hitler?! Or Saddam Hussein? Or Jeffrey Dammer? I think it goes back to the primitive men, of protecting our family, protecting our life and who we are, we've been taught by the society that it's not a job for us but for the police, but the police can't always be there, so this song is about what it would feel like to go out after Oussama Bin Laden.

S: In the past, Stuck Mojo worked with professional labels like Century Media, for example, but this time you chose to release your new record with Pledge Music. Can you explain this choice? What are the feedbacks you already had about it? Are the fans answering to this new form of call?

Rich: The only reason that we considered in the first place was when my manager came to me and said "Hey I'm talking to a few record companies, and some are interested in putting the album out, but I have this idea, I'd like you to go to Pledge Music and look around. Megadeth, Rob Zombie, Twelve Foot Ninja, there are a lot of bands that are releasing through Pledge because it really allows the bands to connect directly to their audience, it eliminates the record company, it eliminates the retail stores...". But I wanted to find a balance, something in between, so what we decided to do is self-finance the album, and instead of what some bands do, like crowdfunding, we only used Pledge as our online merch store! People can come there to directly buy from us, but we also sold a bunch of products directly to distributors in different territories so there can be products in the stores, but you can also purchase it on iTunes, Amazon, Spotify, so we're using traditional ways to sell music but also collaborating with Pledge in conjunction with those things, 'cause honestly music fans are getting the content from so many resources now, from YouTube or iTunes or physical Cds, they're loving vinyl again... So I thought that the best move for us was to try everything instead of thinking that the only way to do this was the way that we did twenty years ago.

S: You've already published a bunch of lyrics videos before the release of the album, but do you plan to film a real video in which you could show the new face of Stuck Mojo will all the guys? If yes, which song will you choose?

Rich: Yes we got three videos that we shot and that we're going to release one at a time, we'll probably have one out here in a couple of weeks, we felt like because there are not a lot of touring coming up, we only have two shows localy where we live, and then we have a show at Bloodstock in the UK, and then we have a show in the Czech Republic, but that's the only few shows that we have until the fall, so we wouldn't want to release everything at the same time, we try to keep the album alive for a longer period of time using videos. So we do have two performance videos, full band, one is for the title track "Here Come The Infidels" and the other is for "Rape Whistle", and then we filmed another video just with Robby, the vocalist, for "Destroyer", so it's just him in front of a black screen, with some lyrics. So there's a lot of content coming out 'cause I want people to see us even if we're not on the road.

S: Do you have plans to come and play here in Europe and particularly in our country of Belgium? What are the future plans for Stuck Mojo?

Rich: We do, as a matter of fact we are working on a tour right now starting on November 9th, and in the list I've seen there are three show in Belgium! It's gonna be an extensive tour over a month just in Europe alone, and then like ten days or two weeks in the UK. We are really excited about that!


"Charles Bronson is a sort of Batman fantasy song where you see the guy on the news who has raped and killed children, and the only thing you can think of in your heart is how badly you would like to stop and murder him (laughs)" (Rich Ward)



S: Well thanks a lot for this interview, Rich. Once again, it's a real pleasure to have you on Rock'N'Balls! Do you have a last word for your fans and our readers?

Rich: You know, the first show we ever played in Europe was in Belgium! We played the Biebob club, and I just remember how excited I was because as most musicians, the only thing you really care about is to play your instrument and the music that you love, but never did I ever imagined that I would be in a band making albums and play in a different country across the ocean! It wasn't even a dream that I had, 'cause it just seemed like it was impossible, like a thing only the huge superstars like Kiss did, I never imagined that. So I remember just getting off the plane and going to the first show on a nightliner tourbus and having a room full of fans, this was magic! And I will never forget the fact that the Belgian fans were just so good to us, knew our lyrics and knew our songs, and again for a young guy from Atlanta who grew up dreaming about English and German soccer, and my father's English so I always loved the European culture, and especially the music. So I'm really excited to be able to come back and do it again! And please let me just say thank you so much to you as well, 'cause the older I get the more I recognize that it takes all of us in this community to make this business happened, and I can make records and use producers like Andy Sneap, but if there's not people like you speaking to me and helping to do interviews and tell people about the album, I'm going nowhere! So thank you for taking the time with me, it means a lot and I'm very thankful.




Interviewé par : SPONGE
 
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