Quand la musique et le talent s'entrechoquent

Read the English version
Partagez cette interview sur Facebook

"Quand la musique et le talent s'entrechoquent"

Entretien avec Stef Broks (Batterie)
Interview, traduction et édition par SPONGE

En à peine plus de dix ans, il est devenu totalement impossible de passer à côté d'une nouvelle sortie de Textures, tant le groupe batave a su créer son propre univers, son propre style de metal, et s'imposer comme des précurseurs au sein de la scène européenne, voire internationale. Un tant perçus comme des descendants de Meshuggah, la formation néerlandaise a su rapidement se créer une zone de confort dans laquelle elle évolue de plus en plus sereinement. Avec Silhouettes en 2008, Textures avait mis la barre très haut en terme de metal progressif, et la sortie de Dualism trois années plus tard n'avait fait que confirmer le talent qu'on leur connaissait déjà. En 2016, le groupe publie Phenotype, le premier volet d'un diptyque conceptuel dont le second, Genotype, verra le jour dans un an. Lors de leur récent passage au Muziekodroom d'Hasselt, j'ai eu la chance de discuter longuement avec l'immense batteur Stef Broks, toujours aussi simple et cool, du processus d'écriture de ce nouveau disque, et des changements importants qui ont été opérés au sein de Textures ces dernières années.

Sponge (Rock'N'Balls) : Hello Stef ! Tout d'abord, qu'est-ce que ça fait d'être à nouveau sur les routes avec un nouvel album ?

Stef Broks : C'est vraiment super ! C'est aussi très rafraîchissant grâce aux nouveaux musiciens qui ont rejoint le groupe. C'est la première tournée que nous faison avec Joe Tal, notre nouveau guitariste. Et pour les deux autres, notre claviériste Uri et notre chanteur Daniel, c'est la première tournée de Textures qu'ils font avec des morceaux qu'ils ont écrits avec nous ! Car pour Dualism, notre album précédent, presque tout était écrit quand ils sont arrivés, c'est donc beaucoup plus agréable aujourd'hui de tourner avec des titres que nous avons écrits ensemble tous les six. En plus, ça fait vraiment longtemps que nous n'avons plus tourné ! Ca me semble avoir été dans une autre vie, mais même si nous avons tous plus de trente ans maintenant, nous sommes toujours très jeunes dans nos têtes.

S : Le moins que l'on puisse dire, c'est que vous avez pris votre temps pour composer Phenotype, puisque Dualism est sorti il y a cinq ans ! Est-ce parce que vous vouliez vraiment écrire le meilleur album possible, ou plutôt à cause du départ de Jochem [note : Jacobs, l'ancien guitariste] et l'intégration de Joe dans le groupe ?

Stef Broks : Il y a de nombreuses raisons, mais ce que tu dis est correct : ça nous prend toujours beaucoup de temps car nous voulons que nos albums soient pertinents ! Si notre musique ne l'était plus, le groupe s'arrêterait. Même si une seule chanson n'est pas pertinente, nous ne sortirons pas l'album, il nous faut donc du temps pour que tout soit prêt. La démocratie règne dans le groupe, ça prend donc du temps et parfois c'est tellement chiant... mais au final, c'est génial car tous ensemble nous atteignions un très haut niveau d'écriture ! Chaque musicien dans le groupe compose des choses, par exemple Bart écrit des parties de batterie, ou des lignes de chant, chacun écrit pour les autres, et c'est génial, mais parfois ça prend du temps de s'habituer aux idées des autres. À côté de ça, trois d'entre-nous ont eu des enfants, Remko, Joe et moi, sur une courte période, genre la même année. Mais c'est une pure coïncidence, nous n'avons pas baisé exprès à la même date... (rires), mais ça nous prend aussi beaucoup de temps, tu vois. Et la troisième raison, c'est effectivement le départ de Jochem, qui était co-fondateur de Textures avec Bart et moi, et au niveau business il était un peu un leader dans le groupe, il a donc fallu que nous reprenions son travail à notre compte, que nous commencions à travailler avec les nouveaux gars, et que nous créions une nouvelle ambiance. Mais tout se passe très bien aujourd'hui !

S : Nous savons qu'il y a un second album intitulé Genotype qui sortira en 2017. Cette double sortie est-elle une sorte de concept-album ? Comment expliquerais-tu l'histoire de ces deux disques ?

Stef Broks : Au départ, nous composions et j'ai dit "eh les gars, on ne peut pas juste sortir un album normal pour notre cinquième sortie !", comme tous les groupes font, je pensais que ce n'était pas la bonne solution, car pour moi il faut que chacun de nos albums soit pertinent, comme je le disais précédemment, que nos albums vivent même plus longtemps que nous, c'est ce dont chaque artiste rêve ! Nous avons alors eu l'idée de sortir deux albums, mais au départ l'idée c'était un seul double-album, mais notre label Nuclear Blast n'aimait pas trop l'idée, et nous ont proposé de séparer les morceaux en deux et de publier deux albums à un an d'intervalle. C'était une autre possibilité à laquelle nous avions pensé. Ensuite tout s'est enchaîné, car nous avions déjà du matériel composé mais sous forme d'une seule très longue chanson, avec beaucoup de trucs dedans, mais avec cette même longue chanson nous avons composé plusieurs morceaux différents, les mêmes riffs sont donc devenus des chansons de Textures plus "classiques" ! Et c'est devenu évident pour nous que c'était la bonne solution : sortir un album normal, et ensuite un album sous forme d'une longue chanson.

S : Que peux-tu nous dire à propos de ces deux titres Phenotype et Genotype ? Que signifient-ils ?

Stef Broks : Ce que vous devez savoir, c'est que le frère de Uri bosse dans la biologie, et quand Uri et lui discutaient de nos idées, son frère lui a parlé d'une idée, genre "hey ça sonne un peu comme en biologie, il existe ce phénomène des organismes qui ont un génotype et mais aussi un phénotype ! Le génotype est en fait le matériel de base, les gènes de l'organisme, et le phénotype est ce même organisme mais influencé par tout ce qui l'entoure, tout son environnement !", et voilà, c'était tout trouvé ! Il s'agit en fait d'un double album très musical, plutôt que littéral comme The Wall de Pink Floyd par exemple, qui est un album avec une vraie histoire. Oui notre album est assez conceptuel.


« La démocratie règne dans le groupe, ça prend donc du temps et parfois c'est tellement chiant... mais au final, c'est génial car tous ensemble nous atteignions un très haut niveau d'écriture ! » (Stef Broks)

S : Quels sont justement les thèmes que vous abordez dans ce nouvel album ? Y a-t-il un fil rouge entre les morceaux au niveau des paroles ?

Stef Broks : Il y a toujours un sujet commun dans nos textes, il s'agit de la conscience. Je ne suis pas vr. aiment la bonne personne avec qui parler de ça, car Uri et Daniel sont beaucoup plus impliqués dans ce sujet. Mais pour ce nouvel album, en gros, la série-documentaire Cosmos (13 épisodes diffusés en 2014 par la FOX) fut une grande inspiration pour nous, pour moi aussi même si je n'ai pas écrit de paroles pour cet album. Mais être conscient de qui on est, de la place qui est la nôtre dans l'univers, toujours se poser des questions, voilà les sujets que nous traîtons en général. C'était déjà le cas sur nos albums précédents, nous avons toujours écrit sur ces sujets-là, à propos d'atteindre un autre niveau de conscience, toujours dans un esprit positif.

S : Pour Dualism, je pense qu'Eric [note : l'ancien chanteur] avait écrit toutes les paroles et les mélodies, et que Daniel les avaient enregistrées lors de son arrivée. Donc pour Phenotype, c'était la première fois que ce dernier composait pour Textures ! Comment a-t-il vécu cette expérience ? Cela a-t-il été difficile pour lui ?

Stef Broks : Non, ça n'a pas été vraiment difficile. Bien qu'en fait ce soit toujours dur d'écrire des paroles et de la musique pour Textures ! Car nous voulons toujours obtenir le meilleur, ce n'est pas un job, facile. Mais Daniel chantait déjà dans d'autres groupes, il avait donc de l'expérience. Mais Bart et moi écrivons toujours aussi des paroles, j'ai personnellement beaucoup écrit pour Dualism, pour Drawing Circles, nous pouvions donc aider Daniel avec ce nouveau matériel, et Uri l'a également fait beaucoup, comme je te le disais. Tout le monde s'occupe d'un peu tout, nous nous entraidons quand ça devient difficile ou quand nous sommes à court d'idées.

S : Le rôle de Jochem semblait être très important dans le groupe, comment avez-vous donc adapté votre méthode de travail et d'écriture au sein de Textures sans lui et en ajoutant Joe au processus ?

Stef Broks : Vous devez savoir que... Polars, notre premier album, était le résultat du travail de Jochem. Il avait tout fait, la production, l'idée dans sa globalité, tous les morceaux, je n'y avais fait que quelques arrangements. Bart avait aussi écrit quelques textes. Après Polars, Jochem s'est beaucoup plus intéressé à la production d'albums, il a lancé son studio à Amsterdam, et il a commencé à être beaucoup plus impliqué dans la composition ! C'était plutôt le travail d'Eric, Bart et moi-même, c'est pourquoi les albums suivants sonnent différemment. C'était l'esprit du groupe avant que Daniel, Joe et Uri nous rejoignent. Quand Joe est arrivé, c'était cool de voir un guitariste qui aime son instrument à tous les niveaux, qui aime jouer et composer des riffs, sa contribution fut tout de suite importante, car il venait avec une chiée de nouveaux riffs et idées ! C'était très rafraîchissant ! Peut-être que Textures ne peut vivre qu'avec de nouveaux musiciens, en fait, car ils apportent de nouvelles idées, une nouvelle énergie, peut-être que sans eux nous n'existerions plus ! Je ne sais pas... Mais aujourd'hui nous avons un accord : si l'un de nous six quitte le groupe, on arrête. Nous voulons que tout cela arrive avec nous six, et pas autrement.

S : Selon moi, Phenotype est un album incroyable, mais personnellement j'ai dû l'écouter de nombreuses fois avant de pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Comment expliques-tu cela ? Et comment le compares-tu à Dualism, par exemple ?

Stef Broks : Ce nouvel album représente certainement tout ce que nous pouvons proposer actuellement. Dualism était un peu plus mid-tempo, mais ce nouveau revient plutôt à ce qu'on faisait sur Polars, sur Drawing Circles, sur Silhouettes, et apporte aussi quelques nouveaux éléments. C'est difficile de comprendre un album de Textures du premier coup, car nous croyons sincèrement en deux méthodes d'écriture : la première c'est de haut en bas, dans l'ordre de la tracklist, la seconde c'est de composer "horizontallement", chaque partie qui se trouve dans un morceau, que ce soit une intro ou un refrain, un break, chaque instrument même à sa propre dynamique, et si tu retires tous les instruments à part la batterie, tu dois encore savoir reconnaître de quelle chanson il s'agit, simplement en écoutant la batterie ! Chaque détail doit être intéressant, nous pensons à chaque note. Donc ça prend du temps pour que tout se mette en place, mais quand tu l'écoutes en entier pour la première, fois, c'est comme une claque dans la gueule, genre "Waow qu'est-ce qu'il se passe là ?!", tu vois. La quantité d'informations que nous mettons dans notre musique est impressionnante, et parfois c'est difficile de le comprendre.


« Quand Joe est arrivé, c'était cool de voir un guitariste qui aime son instrument à tous les niveaux, qui aime jouer et composer des riffs, sa contribution fut tout de suite importante, car il venait avec une chiée de nouveaux riffs et idées ! C'était très rafraîchissant ! » (Stef Broks)

S : Selon toi, quel est le morceau le plus important sur cet album pour comprendre le concept Phenotype / Genotype ?

Stef Broks : [note : Stef profite de l'interview pour manger en même temps] Argh, il y a de la coriandre dans ma bouffe ! Eurk je déteste ça !! ... Mmm la chanson la plus importante sur cet album... on peut voir ça de différentes façons, en fait. Si tu y penses au niveau de la promo, de façon "commerciale", "New Horizons" est probablement la plus importante car c'est la plus catchy. Mais je pense que "Illuminate The Trail" représente plus ce qu'est réellement Textures : une chanson de sept minutes, avec un climax aux deux tiers [note : un climax est le point culminant dans une progression à travers le temps], avec beaucoup d'éléments musicaux, beaucoup de dynamique, des parties plus heavy, d'autres plus calmes, c'est ce que nous préférons : écrire de longues histoires, comme nous aimons les longs films ou les longs livres avec une bonne histoire. C'est une histoire compliquée, bien sûr, mais c'est ce que nous sommes, ce n'est pas facile d'écouter du Textures, ni même de faire partie du groupe, mais finalement ça n'a pas forcément à être facile.

S : Que pourrais-tu déjà nous dire à propos de Genotype ? Cet album sera-t-il la suite logique de Phenotype, ou quelque chose de musicalement différent ? Doit-on s'attendre à des surprises ?

Stef Broks : Ce sera différent de ce que nous avons fait jusqu'à aujourd'hui, car comme je te le disais plus tôt, il s'agira d'une seule longue chanson. Peut-être qu'elle sera divisée en plusieurs pistes, car notre label Nuclear Blast n'aime pas trop l'idée qu'il n'y en aie qu'une seule, mais en fait tout s'enchaîne sans aucune pause. En fait, c'est plus proche de la musique de films, plutôt que d'un album de metal classique. En fait, la chanson "Polars" de l'album du même nom est peut-être ce qu'il y a de plus proche de ce que nous faisons sur Genotype. Ce sera peut-être difficile à appréhender pour nos fans, et certainement pour ceux qui ne nous connaissent pas encore, mais c'est ce qu'on aime, tu vois ! Nous ne voulons tellement pas que Textures soit commercial, on s'en fout ! (rires)

S : Vous avez déjà publié un clip vidéo pour la chanson "Shaping A Single Grain Of Sand". Prévoyez-vous d'en faire d'autres pour cet album ?

Stef Broks : Non, car ça coûte énormément d'argent de faire un vrai clip, pas un truc animé ou une lyrics video. Donc rien n'est prévu pour moment. C'est juste une question de pognon.

S : Quand on interroge vos fans, ils semblent toujours partagés en deux "clans" : ceux qui aiment le nouveau Textures, et ceux qui aimaient surtout Polars et Drawing Circles, et à qui Eric manque énormément ! Que dirais-tu à ces fans de la première heure pour les convaincre que le Textures d'aujourd''hui est aussi bon voire meilleur qu'il y a dix ans ?

Stef Broks : J'ai une chouette histoire à ce propos ! Les Pays-Bas sont un petit pays, mais il y a 17 millions de gens qui y vivent, mais peu de musiciens de metal vraiment doués, la scène metal est assez réduite. Il n'y a qu'une seule école, la Rock Academy à Tillburg, où l'on peut réellement étudier la musique rock, elle a été fondée autour des années 2000... Notre ancien chanteur Eric est allé à cette école, et Daniel était dans la même classe que lui ! C'est une vraie coïncidence. Ils se connaissaient plutôt bien, mais à l'époque Daniel était plutôt un chanteur style R'n'B / Soul, il ne criait pas dans son micro. Eric est venu dans Textures, nous avons fait nos albums ensemble, et c'est un artiste incroyable, il écoute énormément de styles de musique différents, comme nous tous, et il a vraiment un énormé bagage musical. Il peut chopper une guitare et immédiatement sonner comme Jeff Buckley, ou s'asseoir au piano et pondre un truc du genre "cabaret", tu vois, incroyable, tellement talentueux ! Mais finalement, il en avait marre d'être dans le groupe, ça ne lui plaisait plus du tout. Il est venu nous voir et nous a dit "J'en ai fini avec Textures, les gars. Mais vous devez absolument prendre Daniel pour me remplacer ! Il était dans ma classe à la Rock Academy." et on lui a répondu "Quoi ?! Daniel De Jong ? Qui chantait du Lenny Kravitz ?!". Et lui "Ouais, il chante maintenant dans un groupe qui s'appelle Cilice, il sait gueuler, et il chante ce qu'il veut !". Et en fait, quand je l'ai entendu la première fois dans notre local de répétition, je me suis souvenu que je l'avais vu chanter ce morceau de Lenny Kravitz à l'école, et il n'avait que 18 ans ! Et Eric nous avait dit que Daniel avait une plus grande tessiture que lui, il peut crier plus grave, plus aigu, ses capacités vocales vont un peu plus loin que celles d'Eric, et il nous a dit tout de suite qu'on devait l'engager. C'est donc selon moi une histoire intéressante que tous nos fans doivent connaître.


« Ce sera peut-être difficile à appréhender pour nos fans, et certainement pour ceux qui ne nous connaissent pas encore, mais c'est ce qu'on aime, tu vois ! Nous ne voulons tellement pas que Textures soit commercial, on s'en fout ! (rires) » (Stef Broks, à propos du prochain album Genotype)

S : Quels sont vos plans futures ? J'imagine que vous allez beaucoup tourner avant la sortie de Genotype, mais avez-vous d'autres projets/idées ?

Stef Broks : Nous allons tourner plus que nous ne l'avons jamais fait ! Et je suis déjà un peu inquiet à ce propos, car il y aura vraiment beaucoup de concerts. Nous venons de démarrer une première série de quinze dates en Europe, ce soir sera le dernier show en tête d'affiche. Ensuite, nous tournerons pendant un mois avec Amorphis partout en Europe, de l'Irlande jusqu'à la Roumanie, nous jouerons 27 fois en 30 jours ! Ca va vraiment être quelque chose (rires), après ça nous ferons quelques dates éparses en tête d'affiche, quelques festivals, puis une nouvelle tournée en première partie d'un gros groupe dont je ne peux pas encore révéler le nom, mais nous passerons certainement par la Scandinavie, par quelques festivals progressifs [note : s'agirait-il de Meshuggah ?!], nous ferons aussi certainement une tournée aux États-Unis... L'année prochaine, nous aurons une grosse tournée en tête d'affiche en Europe, nous serons donc également de retour, et puis ce sera la sortie de Genotype ! Donc beaucoup de concerts en approche, comme tu peux le voir, et j'ai trois enfants, et ma propre société, donc... Je ne sais pas quand je vais dormir ahah (rires). Mais c'est ok, parce que nous aimons ça et... un jour nous arrêterons.

S : Eh bien merci beaucoup pour cette nouvelle interview, Stef ! Un dernier mot pour vos fans et nos lecteurs ?

Stef Broks : Ouais, la coriandre c'est vraiment dégueulasse ! C'est tout ce que je voulais dire, la coriandre ça goûte vraiment le savon ou le produit d'entretien... c'est tellement à chier, et c'est dans ma bouffe pour le moment (rires)... Les Belges savent vraiment bien cuisiner mais... pas de la coriande, s'il vous plait !








Lire la version française
Partagez cette interview sur Facebook

"When music and talent collide"

Conversation with Stef Broks (Drums)
Interview and editing by SPONGE

In barely ten years, it has become almost impossible to miss a new release from Textures, as the Dutch band succeeded in creating their own universe, their own style of metal, and in making their mark as some forerunners on the European, if not international scene. Once perceived as some Meshuggah's descendants, this formation quickly created itself a comfort zone in which it's more and more serenely moving on. With Silhouettes in 2008, Textures had set the bar very high in terms of progressive metal, and the release of Dualism three years later just confirmed their well-known talent. In 2016, le band published Phenotype, the first part of a conceptual diptych, the second one called Genotype coming in one year. When they recently came at the Muziekodroom in Hasselt, I had the chance to talk for a long time with the awesome drummer Stef Broks, still so cool and simple, about the writing process of this new disc, and the important changes proceeded in Textures these last years.

Sponge (Rock'N'Balls): First of all, how does it feel to be on the road again with a new record ?

Stef Broks: It feels really great! It also feels very "new", with the new guys in the band. Joe Tal, our new guitar player is like "fresh" (laughs), it's the first long tour we are doing with him. And for the two other guys, our keyboard player Uri, and our singer Daniel, it's the first tour they do with us with material they actually wrote with us! 'Cause for Dualism, our previous record, most of the stuffs were already written when they arrived, so now it feels even better to be on the road with the material the six of us wrote together. On the other hand, it's been a fucking long time we've been on the road! It looks like another life for me, and altough we are like past the thirties, we still feel very young in our heads.

S: The less we can say is that you took your time to write Phenotype, as Dualism came out five years ago! Is it because you really wanted to write the best album you could, or rather because of the departure of Jochem and the integration of Joe in the band?

Stef Broks: It has to do with many things, and what you're saying is correct: it always takes a long time because we want to write an album that is relevant! If our music is not relevant anymore, the band will stop. Even if a single song is not relevant, we're not going to release the album, so it takes us a lot of time for the album to be ready. We are all very democratical, so it takes a fucking long time and it's sooo boring sometimes... but in the end it's great 'cause you get to the highest level of making an album with these guys! Every guy in the band writes stuff, for instance Bart writes drums, or some vocal parts, everybody in the band writes for other people, and it's really great, but sometimes it takes some time to get used to the ideas of the other guys. Besides that, three of us had children, Remko, Joe and me, and in a short period of time, like the same year. But it's pure coincidence, we did not fuck on purpose on the same date... (laughs), but it takes some time, you know. And the third reason why it took some time is because Jochem left the band, and he was a co-founder of the band with me and Bart, and business-wise he was some kind of leader in the band, so it took us some time to get over it, to start to work with the new guys and to create a new vibe. But we feel good about it!

S: We know that there's a second album called Genotype that will be released in 2017. So is this dual release some kind of a concept album? How would you explain the story of this two records?

Stef Broks: First of all, we were writing music and I said "hey guys, we can't release just a regular album, our fifth album!", just like every band does, but I thought it was not the way to go, 'cause for me it always count very much if the album is relevant, if it lasts longer maybe than ourselves, that's what every artist like! It had to be more than just a regular album, so we came with the idea of releasing two albums, but at first it was meant to be a regular double-album, but our label Nuclear Blast didn't really like the idea, and they came out with splitting the material in two and release two albums, but we were ok, that was another situation we had in mind. And then the whole vibe began, because we had material already written in one long song, with a lot of stuff in it, but with this long song we also wrote some other stuff, so the same riffs ended up in sort of regular Textures kind of songs! And it became apparent that was the way to go: one regular album, and a long-track album, that was the basic setup.

Stef Broks: What you have to know is that the brother of Uri works in biology, and when Uri and he discussed this whole plan, his brother came up with the idea like "hey it sounds like in biology, you have this phenomenon of organisms have a genotype and organisms have a phenotype! The genotype is actually the root material, the root genes of the organism, and the phenotype is that same but with all the influences from its surroundings, and environment!", and there it was! So it's very much a musical double album, instead of lyrical, like The Wall (Pink Floyd) for instance, which is very much about the story, this is very much about a musical concept.


« We are all very democratical, so it takes a fucking long time and it's sooo boring sometimes... but in the end it's great 'cause you get to the highest level of making an album with these guys! » (Stef Broks)

S: What themes/subjetcs did you want to tackle on this first new record? Is there a common thread in the lyrics?

Stef Broks: There's always a topic going on in our lyrics, and that is consciousness. I am not the right guy to speak about this, because Uri and Daniel are way more into this topic. But for this record, in short, the documentary series Cosmos (13 episodes on Fox Television in 2014) were a big inspiration for us, for me as well, but I personaly didn't write lyrics for this present album. But becoming aware of who you are, what's your place in the universe, always asking questions, those are the topics that we deal with. And that was actually the same thing with the previous albums, we always wrote about that thing, becoming aware of what you do, who you are, reaching a new level, alway in a positive way.

S: For Dualism, I think Eric wrote all the lyrics and melodies and Daniel only recorded them. So for Phenotype, it was the first time he wrote lyrics and melodies for Textures ! How did he live this experience? Has it been difficult for him?

Stef Broks: No, it's not been really difficult. On the other hand, it's always hard to write lyrics and music for Textures! Because we always want the best, it's not an easy job. But Daniel was a singer in some other bands, so he had some experience. But Bart, and I, and the rest of the guys, we always write lyrics too, I wrote a shitload of lyrics for Dualism, for Drawing Circles, so we could help Daniel with this new material, and Uri did that a lot, as I told you. So everybody's busy with everything, we help each other out with it's becoming too hard, or we're out of ideas.

S: The role of Jochem has always been very important in the band, so how did you change or adapt the way of writing in Textures without him and adding Joe in the process?

Stef Broks: You have to know that... Polars, our first album, was very much Jochem's work. He probably did everything on it, producing, getting the whole idea together, and every songs, I only did some arrangements for these songs, Bart as well wrote some lyrics. After Polars, Jochem became more interested in producing albums, he got his own studio in Amsterdam, and he was actually less involved in the writing! It was more Eric, Bart and I who wrote more stuff, and it's why the albums sound different, by the way. And that was the spirit until Daniel, Joe and Uri came in. So when Joe came in, it was great to see a guitar player that loves his instrument in instrument in every ways, to play and to write riffs, it was a big contribution to see a new guy coming with a shitload of riffs and ideas! Very fresh! Maybe Textures can only exist with new people, fresh meat, they're bringing new ideas, a new energy, maybe without them we would never exist! I don't know... But now we have an agreement, that if one of the six of us quit, it's over. We want this to happen with these six guys.

S: To me, Phenotype is an amazing album, but I personaly had to listen to it a lot of times before completely fall into it and appreciate its fair value. How would you explain that? And how you compare it to Dualism, for example?

Stef Broks: This new album is probably everything we have to share with the people. Dualism was a bit more mid-tempo, but this album goes back to Polars, to Drawing Circles, to Silhouettes, and maybe it has some new things on it. It's hard to understand a Textures album just in one time, because we very much believe in two ways of writing music: the first is from top to bottom, which means actually the whole songs structure. The other way we believe in is to write music in "horizontally", every single part that's in the music, whether it's an intro or a choris, or a middle part, every single instrument has its own dynamics, its own very part in it, so if you would take all the instruments except the drums, you have to immediately recognize what song it is, if you play only the drums! Every single detail has to be interesting, every single note is thought about. So it takes a lot of time to get it all together, but to listen to it for the first time is like a smack in the face, like "waow what's happening here?!", you know. The amount of information we put in this music is quite something, so sometimes it's difficult to understand.


« When Joe came in, it was great to see a guitar player that loves his instrument in instrument in every ways, to play and to write riffs, it was a big contribution to see a new guy coming with a shitload of riffs and ideas! Very fresh! » (Stef Broks)

S: According to you, what's the most important song on this record to fully understand what is really the Phenotype / Genotype concept?

Stef Broks: [note: Stef is eating during the interview] Man, there's coriander in my food! Eeerrkkk I hate this shit!! Well, the most important song on this album... you can see it in many different ways. You can see it like promo-wise, commercial-wise, so "New Horizons" would be the most important song, 'cause it's the most catchy. But I guess "Illuminate The Trail" is what Textures is about: a 7-minute long song, climax on two-third of the song, a lot of musical things going on, a lot of dynamics, a lot of heavy things, quite things, this is what we actually like most: to write long stories, just like we like long movies, long books with a good story in it. It's a difficult story, of course, but this is what we are about, it's not an easy thing to listen to us, or even to be the band, but it doesn't have to be like that.

S: What could you already tell us about Genotype? Will it be a logical continuation of Phenotype, or something musically different? Should we expect some surprises?

Stef Broks: It's different from the rest that we ever did, in the way that it's just one long song. Maybe it will be divided in some tracks, 'cause our label Nuclear Blast doesn't like it to be just one song, but in fact it's just one long track. In that way, it's more related to soundtracks music, instead of regular metal albums. Maybe the song "Polars" in the album Polars is the best related to what we are doing on Genotype. So it's gonna be a hardass for the Textures fans and maybe for some new fans to come as well, but this is what we like, you know! And we are so not commercial in this whole thing, but we don't care! (laughs)

S: You've already released a video for the song "Shaping A Single Grain Of Sand". Do you plan to release some other videos for this album?

Stef Broks: No, 'cause it really costs a lot of money to make a real video, not an animated or lyrics video, so nothing's planned for the moment. It's just a money thing.

S: When we question your fans, they are always split in two sides: the ones who love the new Textures, and the ones who especially loved Polars and Drawing Circles, and who miss Eric! What would you tell these old fans to convince them that today's Textures is as good as ten years ago, maybe better?

Stef Broks: I have a cool story about this! Holland is a small country, but there are 17 millions of people living there, but not a lot of skilled metal musicians, the scene is kinda small. There's a just one school in Tillburg, called the Rock Academy, it's the only place where you can actually study rock music, founded in 2000 or so... And our singer Eric went to that school, and Daniel was in the same class! That is a hell of a coincidence. They actually knew each other quite well, but Daniel was a sort of R'n'B / sould vocals, he didn't do groans or screams. Eric went into Textures, we made these albums with him, and he's an amazing artist, he listens to a lot of different types of music, like we do, and he's very musical! He actually could grab a guitar and immediately sound like Jeff Buckley, or sit behind a piano and immediately comes up with some "cabaret" kind of thing, you know, amazing, so talented! But in the end he was fed up with being in the band, he just didn't like it at all. So he came to us and said "I'm done with this, guys. But you have to pick up Daniel! He was in my class at Rock Academy." and we were like "What?! Daniel De Jong? Who used to sing that Lenny Kravitz stuffs?!". He said "Yeah, he's now in a band called Cilice, and he can scream, he can groan, he can sing everything he wants!". And actually when I heard him for the first time in our rehearsal room, I remembered that I already saw him at Rock Academy singing that Lenny Kravitz song and he was eighteen years old! And Eric already told that Daniel had a wider range in his vocals, he can scream lower, and higher, his vocals skills are going a little bit further than Eric's, and he immediately told us that we had to pick up Daniel. So it's an interesting story to tell to the fans who miss Eric.


« It's gonna be a hardass for the Textures fans and maybe for some new fans to come as well, but this is what we like, you know! And we are so not commercial in this whole thing, but we don't care! (laughs) » (Stef Broks, about the next album Genotype)

S: What are the future plans for the band? I suppose a lot of tours before the release of Genotype, but do you work on other ideas or projects?

Stef Broks: We are going to tour more than we ever did! And I'm already a bit afraid of it, like it's going to be a big pile of shows. We actually just started with fifteen shows in Europe, tonight is almost the last headline show. After this we're going to do a month-long tour with Amorphis all over Europe, from Ireland to Romania, we'll play twenty-seven shows in thirty days! That will be quite something (laughs), aftet that we'll do some one-off headline shows, some festivals, then we'll tour over Europe as a support for an other big bang, I cannot already mention the name but we'll go to Scandinavia probably, we'll do some progressive festivals, also probably a tour in the United States. Next year we're going to do a big headline tour in Europe, so we're coming back as well, and then Genotype will be released! So a lot of stuffs going on, and I have three kids, and my own company, so... I don't know when I'm going to sleep ahah (laughs). But it's ok, 'cause we like it and... someday we'll stop.

S: Well thanks a lot Stef for this new interview! Do you have a last word for your fans and our readers?

Stef Broks: Yeah, coriander is clearly not the way to go!!! That's what I wanted to say, coriander is really not tasteful, it just tastes like soap or cleaning stuff or whatever... it's so shitty and it's in my food now (laughs)... Belgians can cook very well but... not with coriander!




Interviewé par : SPONGE
 
RETOUR
 
+ DE LIVE REPORTS

16-06-2016
  TREMONTI + MAN THE MIGHTY + CROBOT
Theater (Heerlen, NL)

30-05-2016
  KORN / BEYOND THE BLACK
Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

20-02-2016
  SYMPHONY X / MYRATH / MELTED SPACE
Biebob (Vosselaar, BE)

14-02-2016
  DAGOBA / LIGHTMARE
L'Entrepôt (Arlon, BE)

 

30-12-2015
  MONARCH / BIRUSHANAH / ORNA
Magasin 4 (Bruxelles, BE)

17-11-2015
  SLAYER / ANTHRAX / KVELERTAK
Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

11-11-2015
  VREID / KEEP OF KALESSIN
Kultur Fabrik (Esch-sur-Alzette, LU)