Chelsea Wolfe / Mongolito

Le Brass (Forest, BE)

Mongolito ouvrant pour Chelsea Wolfe, c’est sur papier une soirée à ne pas louper, même si le départ pour tes vacances est programmé pour le lendemain dès l’aube. Avec un line up pareil, on aurait pu s’attendre à devoir se rendre au Magasin 4 mais c’est bien au Brass à Forest qu’a eu lieu la cérémonie. Lieu atypique vu les infrastructures -cela mélange bar, espace culturel et mini skatepark- à moins que ces bosses ne soient là que pour rendre le tout « branché ». Point de vue affluence, le Brass peut accueillir 350 personnes. La scène est de taille plus que suffisante pour du rock, cependant les enceintes ne sont pas exceptionnelles. Le rendu sonore sera correct mais clairement pas assez fort (et c’est un mec qui des acouphènes qui vous le dit).

Lorsque Mongolito entame son set, une bonne centaine de plus que curieux sont déjà présents. Marc De Backer est comme toujours seul à la guitare, aidé de ses samples et boucles qu’il contrôle à la nanoseconde sans que le côté organique de sa musique ne s’en ressente. Mongolito, c’est en live que ça touche les étoiles : les projections, le solos musicaux old school, l’ambiance malsaine « à la Hammer » qui se dégage du tout. Cela, vous ne pouvez l’avoir sur cd ! De Backer, caché sous son masque, ressemble au squelette burtonien Jack avec la tronche d’Anonymous. Les projections nous présentent une sorte de spectacle de monstre du début du 20e qui fait son effet, avec des digressions de scènes de transe d’une secte. Mongolito, c’est finalement une bande-son qui accompagne ces images glauques. On se surprend à fixer l’écran au point de s’oublier. C’est malheureusement au moment où on est vraiment en début de trip que la prestation du soliste touche à sa fin. Et c’est bien là le drame quand on voit Mongolito en première partie : 30 minutes, c’est trop court pour pénétrer (ou se faire pénétrer par) l’univers « Mongolito ». J’ai cru entendre qu’un concert est prévu au Magasin 4 en septembr avec Nadja), ce qui signifie un son plus puissant et un plus grand écran à projection. Si le set est plus long, cela promet un moment magique pour entamer le dernier tiers de 2014.

Chelsea Wolfe n’attend que 20 petites minutes pour entamer son concert. Je ne vais pas vous faire croire que je connais chacune de ses chansons par cœur. Cela dit, je les ai toutes entendues au cours de ces 2 dernières années, et certaines m’ont bien retournées. J’attendais donc ce concert avec beaucoup d’espoir ; il y avait en moi l’impression que Chelsea Wolfe, c’est la top classe et une étoile en devenir, mais trop de fois ai-je eu ce sentiment avant de voir un classique massacré en live. Il n’en sera rien ce mercredi 13 août car Wolfe en concert, c’est encore mieux qu’en cd. « Pain is Beauty » est un bon album mais il ne m’avait pas autant plus que le premier. Pourtant ce soir, c’est bien ce deuxième album qui sera transcendé par la façon dont ces titres sont, si pas revisités, rendus totalement organiques par un quatuor improbable. Accompagnée d’un bassiste-claviériste-choriste-sampliste, d’un batteur et d’un violoniste à pédalier d’effets, Chelsea Wolfe aura été éblouissante. Sa voix est belle et pure sans être cucul. Elle monte dans les aigus sans être stridente, toute en finesse. Son chant est à fleur de peau. Toujours juste mais jamais lisse. Utilisant des pédales de chant lui permettant de faire des loops, elle envoie le public dans un univers parallèle qui vous fout un cafard positif. Cela sonne étrange, je sais, mais c’est exactement ça. Un mal-être bienfaisant en quelque sorte, sans tomber dans les clichés adolescents.Elle n’est pas à proprement dit charismatique, toutefois on sent le public captivé. C’est là sa force ; cette fille dégage un truc bizarre. Elle a presque l’air gênée d’être là et ce fut particulièrement évident lorsqu’elle quitta la scène en devant passer dans le public, avant de bluffer tout le monde sur un final guitare-chant troublant.

S’il y avait ce soir environ 300 personnes, il y a fort à parier que lorsque Chelsea Wolfe reviendra, elle aura droit à une bien plus grosse audience. Sa carrière suit en tout cas une courbe ascendante sans que les émotions fortes ne s’en ressentent. Vivement son retour en Belgique avec je l’espère un niveau sonore plus élevé.



Chroniqué par : CORVUS
 
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