EUROBLAST Festival 2013

Siegfabrik (Cologne, DE)

C'est en 2008 que John Giulio Sprich et sa petite bande ont décidé de se lancer dans l'organisation de concerts dans la région de Cologne, en Allemagne. Ayant débuté avec quelques groupes et des affiches relativement raisonnables, l'EUROBLAST est petit à petit devenu un rendez-vous incontournable pour les fans européens de djent et de metal progressif moderne. L'édition 2012 ayant déjà accueilli certaines belles pointures du genre, l'annonce du line-up de cette année fut pour beaucoup un choc psychologique, tant la qualité de celui-ci était impressionnante. Rock'N'Balls n'avait jamais eu l'occasion de se rendre sur place pour vous rapporter ses impressions sur ce festival dont nous entendions depuis un moment le plus grand bien, mais c'est maintenant chose faite, puisque j'étais il y a quelques jours à la Siegfabrik de Cologne pour ce qui s'apprêtait à être un week-end absolument culte !

JOUR 1
Vendredi 11 octobre. J'arrive sur place, et si l'endroit ne paye franchement pas de mine vu de l'extérieur, nous sommes déjà accueillis par une équipe très souriante. La découverte de la salle où se trouve la mainstage est une très bonne surprise, il y a de l'espace et une belle scène pour accueillir les groupes qui s'y produiront pendant les trois jours à venir. A l'extérieur se trouvent des stands de bouffe, évidemment, mais aussi des stands Ibanez, Randall et Rhines, où les visiteurs pourront à leur aise essayer guitares, amplis et émetteurs, et où les organisateurs nous réserveront des petites surprises tout au long du week-end. La seconde scène, pas très grande par contre, se trouve au sous-sol, dans une petite salle underground un peu étroite, mais où les fans seront toutefois nombreux à venir écouter leurs groupes préférés.

Pour ce premier jour de festival, ce sont les Anglais de NO CONSEQUENCE qui ont ce qu'on a l'habitude d'appeler la « lourde tâche » de lancer les hostilités. Pourtant, nous serons assez surpris de la qualité de ce premier show, le groupe enchaînant les titres avec beaucoup d'aisance. Dans un style clairement djent-prog très à la mode mais relativement classique, les gars sont venus présenter leur second album intitulé Io, sorti il y a quelques mois, et s'acquitteront de leur tâche avec beaucoup de professionnalisme. D'autres Anglais, ceux d'ALIASES cette fois, qui eux n'ont pas encore d'album longue durée à promouvoir, prendront la suite de leurs compatriotes. Dans un genre relativement semblable, la partie instrumentale des morceaux de ce groupe tourne à plein régime, alors que le chant semble moins assuré et moins personnel. C'est alors le moment d'aller découvrir le premier groupe à se produire sur la petite scène, un groupe british à nouveau : CAMBION. Avec une image un peu plus tribale et une musique plus rentre-dedans, cette formation mettra déjà le feu à l'audience alors qu'il est à peine 15h30 en Allemagne. Un set sûr et un son très dur feront de cette playlist une réussite. Place ensuite aux Belges de BEAR sur la mainstage. J'avais eu l'occasion de les voir en live à l'AB Club en Belgique l'année dernière, aux côtés de Periphery, et le groupe m'avait déjà laissé une bonne impression. Celle-ci fut plus que confirmée par le set absolument énorme que ces gars-là nous offriront à l'Euroblast. Pas de concessions dans leur musique, on pourrait parler d'un bon clône de The Dillinger Escape Plan, le physique en plus, car ces gars-là en impose clairement ! Le groupe termine son set en explosant ses instruments sur la batterie, sort de scène, et tout le monde en prend plein la gueule.

Les Suédois de GRAND EXIT prendront ensuite la relève sur l'autre scène, mais leur death metal progressif n'arrivera malheureusement pas à convaincre un public peut-être pas encore tout à fait prêt pour ce style plus extrême. Les Norvégiens de BENEA REACH, déjà en fonction depuis 2003 et avec trois albums studio en poche, feront eux nettement plus d'effet aux fans sur la grande scène, avec un set puissant, mais qui souffrait pourtant d'une certaine inertie qui donnait l'impression que ces musiciens étaient déjà blasés. Aucun doute toutefois sur la qualité de leur show et sur leur place au sein de cette affiche ce jour-là. Les formations viennent de partout pour jouer à l'Euroblast, et même de Russie ! C'est le cas de KARTIKEYA, qui nous offrira ce jour-là un bon concert sur la deuxième scène, dans un style assez original, mélange de metal progressif et de musique ethnique, un peu le Ill-Nino du djent-prog, avec des percussions et un look complètement folk. Certes, le groupe n'aurait peut-être pas eu sa place dans la grande salle, mais aura fait bonne impression à la place qui était la sienne ce jour-là. Arrive alors la première grosse sensation de ce festival : les Canadiens de THREAT SIGNAL, emmenés par le maintenant connu Jon Howard ! Etant fan depuis leurs débuts, mais n'ayant jamais eu l'occasion de les voir en live, j'appréhendais ce moment avec beaucoup d'impatience, et je fus loin d'être déçu. Threat Signal, c'est en fait une énorme déferlante de puissance et de gros riffs à la Fear Factory, la mélodie et le côté sympa en plus ! Avec trois albums en sept ans, le groupe a su mettre en place une playlist hyper solide, et l'énorme son qui l'accompagnait fit de ce concert un des meilleurs du week-end, à n'en pas douter.

La tête d'affiche de la seconde scène en ce premier jour était tenue par les Anglais de XERATH, dont j'avais déjà pu apprécier la musique sur album, mais qui ne me firent ni chaud ni froid en live. Le public est présent et très emballé, mais les riffs trop simples et un chant trop banal n'arriveront pas du tout à me convaincre. Même impression ensuite avec THE AGONIST sur la mainstage, alors que ce groupe québécois semble avoir déjà rallié le public à sa cause. Je resterai personnellement pantois devant une musique assez ordinaire, voire même impersonnelle, dont la seule originalité (si ç'en est encore une aujourd'hui) est d'être emmenée par une chanteuse/beugleuse dont le charisme est inversement proportionnel à son physique (si si, elle était pas mal foutue...). Bref, pour ma part, ce fût loin d'être une révélation, tant mieux pour ceux qui auront pris leur pied. Heureusement, cette première journée se terminera en beauté, avec la tête d'affiche du genre : les dieux néerlandais de TEXTURES ! Ce n'était évidemment pas la première fois que je les voyais en live, ni la première fois qu'ils se produisaient à l'Euroblast, mais le nouveau line-up avec l'arrivée de Joe Tal en remplacement du guitariste fondateur Jochem Jacobs aura finalement donné un petit coup de fraîcheur au groupe, après le changement de chanteur il y a quelques années. Le groupe est vraiment très en forme, nous offrant une setlist merveilleuse, contenant même un titre de l'album Drawing Circles qu'ils n'ont pas joué en live depuis très longtemps (était-ce « Denying Gravity » ou « Stream of Consciousness », j'ai un doute). Le nouveau gratteux est maintenant parfaitement intégré, et la musique de Textures est toujours aussi intelligente et jouissive. Il sera ensuite l'heure pour moi d'aller me coucher, en attendant impatiemment la suite...

JOUR 2 Samedi matin, de retour sur le site du festival pour une deuxième journée qui s'annonçait pas mal, et qui au final nous aura offert quelques belles claques également. Les Américains de LIFEFORMS et leur premier album Multidimensional ont fait le voyage depuis Sacramento pour se produire très tôt ce jour-là, mais nous offriront un tout bon show, dans un style très lourd et puissant, grâce notamment à un son de basse impressionnant et un chanteur qui ne se la laisse pas raconter. La suite sera prise sur la seconde scène par un autre groupe d'outre-Atlantique, TORRENTIAL DOWNPOUR, dont la présence scénique n'était pas optimale, mais dont l'apport du chanteur et de ses machines électroniques à la Mike Patton sera intéressant. Les Allemands se SYQEM, finalement absents de cette édition de l'Euroblast, seront remplacés par THE ULEX, le projet d'un gars seul en scène avec synthé, qui dit faire de l'électro-metal progressif, mais peut-on encore appeler ça du metal quand on n'a affaire à aucun instrument acoustique... ? Les Polonais de DISPERSE, sur la mainstage, seront probablement rapidement oubliés par le public de ce festival, tant leur prestation était inintéressante et je dirais même presque risible, se réduisant à un show de teenagers pas encore mûrs, dont le chanteur était franchement mauvais. Place ensuite aux Brésiliens de THIRD EAR sur la scène underground, qui nous proposeront quarante minutes de metal entre djent et thrash/groove à la Soulfly, un mélange subtil qui fera mouche après de la plupart des personnes présentes, même si cela manquait peut-être encore un peu de mise en place. L'Australie était également représentée ce week-end là à Cologne, grâce notamment à la présence de CIRCLES, dont j'avais vaguement entendu parlé, et qui fit carton plein auprès des fans, avec un show hyper en place, et un chanteur à la voix assez exceptionnelle, malgré un physique qui ne se prête pas forcément à la scène, comme quoi, l'habit ne fait pas toujours le moine, bien au contraire. La première claque de la journée nous viendra sûrement des cervelles bien tordues des New-Yorkais d'EVER FORTHRIGHT, savamment emmenés par le talentueux Chris Barretto, ex-frontman de PERIPHERY mais également actuel chanteur de MONUMENTS ! Dans un genre clairement metal expérimental jazzy, Barretto ira même jusqu'à nous foutre un peu de saxophone dans certains morceaux, et le tout passera sans aucun souci. Puissance, technique, mélodie, tout est au programme, pour une prestation absolument délicieuse. Place ensuite à un projet sur lequel j'émettais quelques doutes, THE ALGORITHM, mené par le français Rémi Gallego et ses machines electro, et accompagné à la batterie par Mike Malyan (MONUMENTS) et à la guitare par Max Michel.

Et là, c'est une nouvelle claque ! Ce gars derrière ses machines est absolument fou, mais plutôt du genre génial, et nous offre un set électro-djent somptueux et heavy à souhait. Tout le monde est sur le cul pendant ce show, et les acclamations du public à la fin de sa prestation ne feront qu'accroître les bonnes impressions que j'eus pendant ce spectacle impressionnant. Les Grecs de TARDIVE DYSKINESIA se produiront ensuite sur la deuxième scène, mais leur show trop statique et leur style musique pas très original ne feront pas de ce concert un souvenir impérissable. De retour ensuite du côté de l'Australie, c'était la première fois que j'avais l'occasion de voir TWELVE FOOT NINJA en live, et pour cause, puisqu'il s'agissait là de leur première sortie en dehors de leur continent ! Leur metal progressif fusion, mix intelligent entre TEXTURES, FAITH NO MORE et MR BUNGLE , fonctionne à merveille avec l'audience présente à l'Euroblast, et la bonne humeur et la sympathie des membres du groupe rend leur show encore plus incroyable. Pendant un moment, la mélodie prend le pas sur la technique, et c'est un pur bonheur que de découvrir ce groupe en live, après avoir écouté leur premier album Silent Machine et vu leurs clips vidéos absolument déjantés. L'une de mes plus grandes attentes ce jour-là était certainement le show des Français de HORD, que je suis avec beaucoup d'intérêt depuis la sortie de leur deuxième album The Waste Land en 2010, et dont la sortie du nouvel opus The Book of Eliot il y a à peine quelques mois, ne fit que confirmer la suprématie dans leur pays. Avec pour tâche de clôturer la journée sur la seconde scène, ces gars-là mirent une ambiance du tonnerre avec une setlist absolument magistrale et un son hyper précis, avant de laisser filer les fans vers la mainstage où s'apprêtait à jouer la grosse tête d'affiche du jour : THE OCEAN ! Avec sept albums studio à leur actif, le talent des Allemands pour le metal expérimental n'est clairement plus à prouver, même si personnellement, je n'ai jamais réussi à comprendre pourquoi ce groupe était aussi adulé. Certes la musique et la mélodie de leur morceaux sont parfaites, et il est clair que ces gars-là savent ce qu'ils font. Mais de là à en faire une tête d'affiche au même titre que TEXTURES ou MESHUGGAH (!), j'ai quand même un peu de mal à comprendre. Toutefois, je n'enlèverai pas à ce groupe le fait que leur prestation fut en tous points parfaites, et qu'ils me permirent de rentrer à mon hôtel de bonne humeur, me préparer pour une dernière journée tout aussi énorme que les deux premières.

JOUR 3 C'est la dernière, et tout le monde est triste. Parce que l'Euroblast s'est révélé être un festival familial, basé sur un site très petit, mais où l'on rencontre pourtant des tas de gens super sympas venus du monde entier, Etats-Unis, Espagne, Australie, et j'en passe. Nous commençons la journée avec THE OMEGA EXPERIMENT et je suis désolé mais... on a bien rigolé. Les Américains ne sont absolument pas au point, et surtout le chanteur est un peu ridicule comparé à tout ce que nous avons entendu durant le week-end. Sa voix est fausse, ses mélodies inutiles, c'est malheureusement un gros raté pour ce groupe. Place alors à une autre grosse sensation du festival avec les Français d'HYPNO5E, que j'attendais de voir en live depuis très longtemps. Avec un nouvel album sorti l'année dernière, Emmanuel Jessua et ses potes nous assènent un set d'une émotion incomparable et d'une justesse incroyable. Leurs morceaux donnent aussi bien en concert que sur album, et malgré leur place très tôt sur l'affiche, ils mettront la claque à tous ceux présents dans la salle à ce moment-là.

Les Suédois de FEARED, qui prendront la suite des Français sur la mainstage, pratique une musique certes un peu progressive, mais beaucoup plus death que les autres groupes présents ce week-end là. Ca aura donc déplu à certains, et ça aurait certainement changé les idées à d'autres, le fait est que ce show fut assez intense et puissant pour mériter sa place en ce dimanche. Entre deux interviews très sympathiques avec HYPNO5E et TWELVE FOOT NINJA, j'aurai également le temps de voir la prestation d'HACRIDE, également venus de France, qui nous servira une musique très professionnelle, mais avec très peu de présence scénique, ni assez de dynamiste et d'émotions pour vraiment nous toucher comme nous l'espérions. Les Français ont reçu d'excellentes critiques cette année pour leur nouveau disque Back To Where You've Never Been, mais ne semblent pas assurer tout cela en live. Entre les concerts sur les deux scènes, nous aurons également droit à quelques petits workshops donnés par les musiciens de MONUMENTS qui se prêteront au jeu des questions/réponses avec le public, mais aussi et surtout à une signing session sur le stand Ibanez avec les deux gratteux de MESHUGGAH Fredrik Thordendal et Marten Hagström, qui signèrent ce jour-là des centaines d'autographes et posèrent avec plaisir pour des photos qui raviront tous les fans présents. Les organisateurs de l'Euroblast nous avaient ensuite réservé une surprise avec un 'secret act', dont le nom avait déjà beaucoup filtré durant le week-end, puisqu'il s'agissait d'UNEVEN STRUCTURE, qui s'invitaient juste avant les deux derniers groupes du week-end. Cette formation, à nouveau française, nous laissera elle aussi un peu déconcertés par le niveau assez faible de leurs capacités. Nous savions que le groupe faisait partie de l'écurie Euroblast depuis plusieurs années maintenant, mais de là à les faire jouer à cette place sur l'affiche, c'était un peu exagéré, et je pense que nombre de gens présents en auront également convenu. Il était alors temps d'accueillir ceux qui faisaient partie des plus attendus lors de cette édition 2013, j'ai nommé : MONUMENTS. Et je n'aurai qu'un mot pour qualifier leur show ce jour-là : extraordinaire ! Le groupe anglais n'aura jamais aussi bien porté son nom, surtout depuis l'arrivée dans ses rangs de Chris Barretto pour assurer les parties vocales. L'instrumental est impressionnant, le son est gigantesque, le show est parfait, nous n'aurons vraiment rien trouvé à redire du concert de ces nouvelles bêtes du djent-metal prog, qui dans les années à venir risquent bien de devenir une des nouvelles sensations mondiales, à n'en point douter !

Nous aurons ensuite droit à un petit discours de la part de John Sprich pour clôturer cet Euroblast, discours intense et émouvant d'un homme, d'un fan, qui en 2008 rêvait de monter un festival de metal prog qui pourrait accueillir de nombreux groupes qu'il adorait, et dont le plus grand nom n'était autre que MESHUGGAH. Et cette année, John réalisait son rêve, puisque les Suédois avaient accepté de faire le déplacement jusqu'à Cologne, et de nous offrir un nouveau show absolument gigantesque, comme à leur habitude. Dès les premières secondes, nous nous rendons compte que tout ce que nous avons entendu pendant trois jours n'étaient que des bribes de musique progressive, que les vrais patrons étaient seulement arrivés sur scène, et que personne ne les empêcheraient de nous mettre une branlée que nous avions bien méritée ! Les meilleurs albums du groupe, et surtout le dernier en date, Koloss, sont représentés ce jour-là par des morceaux tous plus puissants les uns que les autres, Jens Kidman est toujours aussi impressionnant derrière son micro, et la mise en scène de ce concert ainsi que ses décors sont absolument parfaits.

Il est clair qu'en me rendant à Cologne ce week-end là, je m'attendais à vivre trois jours d'émotion intense et de musicalité pure, mais je dois avouer que je n'avais pas appréhendé les choses de la façon dont elles se sont déroulées, avec autant de passion et de générosité de la part des organisateurs, mais aussi des groupes, qui tout au long du week-end auront passé énormément de temps avec leur public dans les espaces communs du festival pour discuter et échanger leurs avis sur ce style de musique qui prend de plus en plus d'importance partout dans le monde. Je vis les derniers instants de cette édition 2013 comme une bouffée d'air frais, qui me ravive et me donne la force de continuer mon travail avec toute la passion qui m'anime, jusqu'à l'année prochaine où il est clair que je remettrai ça, parce que l'EUROBLAST est un festival qui vaut vraiment le déplacement !



Chroniqué par : SPONGE
 
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