Iced Earth / Warbringer / Elm Street

Trix (Antwerp, BE)

C’est comme si on ne les avait jamais quittés. Un an à peine après les avoir vus au Trix à Anvers, c’est dans la même salle surchauffée que nous retrouvons Iced Earth. Une seule différence, mais de taille : entre leurs deux prestations, les Floridiens ont publié Plagues of Babylon, leur (déjà) douzième opus. Un disque qui nous a quelque peu déçus après l’incroyable enthousiasme qu’avait soulevé (chez nous comme chez la plupart des médias et des fans) Dystopia, sur lequel on avait découvert le petit prodige Stu Block. Dès lors, on était curieux de savoir si les nouveaux morceaux passeraient mieux le test de la scène que celui du studio, d’autant plus au vu de la prestation surpuissante de fin 2012. Signalons, au passage, l’amour qu’Iced Earth porte visiblement à la Belgique, puisque le groupe s’est déjà produit à Bruxelles il y a quelques mois à peine, en ouverture de Volbeat. La différence, une fois encore, est ce nouvel album qui n’était pas encore sorti et que la band à Jon Schaffer était impatiente de défendre sur les planches…

Dois-je encore préciser que nous ratons la prestation des deux groupes d’ouverture du soir ? Enfin, pas tout à fait, puisque nous assistons de loin à quelques moments du concert de Warbringer, combo de thrash ricain assez expérimenté mais qui ne nous laisse pas un souvenir impérissable, la faute à un thrash très bourrin et peu original, bien que déployé avec énergie. Sans surprise, avec les hôtes du soir, on élève sacrément le niveau, et ce dès les premières mesures du morceau-titre du nouvel album, un des sept (!) extraits qui nous en seront joués ce soir. D’un point de vue stylistique, le choix de l’ouverture du bal peut surprendre, « Plagues of Babylon » étant un titre mid-tempo pas mauvais du tout mais qui se refuse, pour l’essentiel, à exploser. De surcroît, le son est trop fort à l’entame et Stu Block a bien du mal à s’extraire du mix. Heureusement, tout cela est arrangé avant même la fin de ce premier titre.

Question setlist, Iced Earth a décidé de gâter son public, et nous l’en remercions ! En deux heures bien remplies, le quintet (accompagné sur cette tournée par le batteur Jon Dette, qui a déjà joué avec Testament et Slayer) pioche dans pas moins de huit de ses albums ! La prestation est, elle aussi, de haut vol. Les musiciens sont toujours aussi carrés et Stu Block a encore gagné en assurance, n’hésitant pas à haranguer la foule, nombreuse et bouillante ce soir, et à se lancer dans plusieurs discours avec aisance. Afin d’être objectif, signalons tout de même quelques fautes de justesse, notamment sur « Blessed are You » (superbe extrait de Something Wicked This Way Comes), prouvant que malgré les nombreuses qualités du « petit nouveau », il est décidément très difficile de remplacer Matt Barlow… Mais rassurez-vous, les faux pas de Block sont rares ce soir, et bien vite oubliés au vu de sa prestation globale et de son enthousiasme.

Si nous apprécions évidemment les efforts d’Iced Earth dans son choix de morceaux (et notamment les vraies surprises « A Question of Heaven », tiré de The Dark Saga, et « Red Baron / Blue Max » tiré de The Glorious Burden), on se permettra néanmoins quelques réserves. Tout d’abord, les trop nombreux extraits du dernier opus. Admettons que dans l’ensemble, Plagues of Babylon fait bonne figure sur scène. Le menaçant « Among the Living Dead », que Stu Block annonce en avouant le plaisir qu’il a eu à collaborer avec Hansi Kürsch (Blind Guradian), est par exemple un excellent moment. Par contre, on se serait volontiers passés d’autres titres moins marquants, comme « The End? » ou « Peacemaker ». Lorsque les Américains étaient venus défendre Dystopia, ils avaient plus ou moins joué le même nombre de titres de leur dernière œuvre, mais celle-ci était nettement mieux adaptée à la scène. Notre second (léger) regret porte sur l’indispensable Horror Show, dont seul un titre (« Jekyll & Hyde ») est interprété ce soir. Franchement, on aurait volontiers troqué quelques titres de Plagues of Babylon contre « Wolf », « Jack » ou autres « Dracula »…

J’insiste cependant sur le caractère mineur de ces remarques car, indiscutablement, Iced Earth a encore sorti le grand jeu. Le public, très réactif et ne se faisant pas prier pour chanter les refrains les plus emblématiques de leur combo favori (« Watching Over Me », « My Own Savior », etc.), ne s’y trompe d’ailleurs pas. Le groupe sait aussi équilibrer intelligemment son set, entre fameux uppercuts (« Disciples of the Lie », par exemple, sur lequel Schaffer laboure comme un beau diable) et cajoleries à l’instar de « If I Could See You », ballade tirée du dernier opus « composée par Jon en hommage à son grand-père, une personne qui a beaucoup compté pour lui », confie Block avant de se lancer dans une interprétation convaincante de ce morceau. Après seize titres et bon nombre de grands moments, les Américains reviennent pour achever leur public comme il se doit. C’est d’abord l’énergique « Dystopia » que le groupe dégoupille pour faire remuer un public qui n’en a guère besoin (plusieurs slammeurs s’en sont donnés à cœur joie tout au long de la soirée), avant un « Watching Over Me » repris à gorge déployée par ce même public (« Vous êtes vraiment incroyables ! », conclut le chanteur). Block sait comment faire monter la pression avant le dernier titre de la soirée : « Je pense que vous savez parfaitement comment on termine habituellement nos concerts, n’est-ce pas ? Iced… ? Iced… ? », et le public d’hurler « Earth ! » avant de se voir récompenser avec ce vieux classique issu du premier album du groupe, sorti il y a déjà bientôt 25 ans… Les cinq musiciens, en nage (comme nous) mais ravis (comme nous aussi), saluent le public et puis s’en vont. Rien à dire, ce soir Iced Earth a livré un nouveau concert très, très solide. Le line-up comprenant Stu Block semble vraiment très fort et soudé, et l’épreuve de la scène l’illustre mieux que tout. Les fans comme les amateurs de metal au sens large peuvent encore espérer de grandes choses de la part de ce combo qui semble vraiment vivre une seconde jeunesse. Pour notre part, nous avons en tout cas passés une superbe soirée !

Tracklist :
1. Plagues of Babylon
2. Democide
3. Dark Saga
4. Pure Evil
5. If I Could See You
6. Disciples of the Lie
7. Jekyll & Hyde
8. Among the Living Dead
9. Red Baron/Blue Max
10. Blessed Are You
11. Peacemaker
12. Vengeance Is Mine
13. Cthulhu
14. My Own Savior
15. The End?
16. A Question of Heaven

Rappel :
17. Dystopia
18. Watching Over Me
19. Iced Earth


Chroniqué par : MASTEMA
 
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