Ill Nino / Ektomorf / Fhobi

Biebob (Vosselaar, BE)

Cela faisait plus de sept années que je n'avais pas eu l'occasion de voir Ill Nino en live, la faute à toute cette période pendant laquelle le groupe américano-mexicain avait connu le creux de la vague suite à son départ de Roadrunner Records, et aussi un peu au hasard des calendriers. Avec leur retour sur le devant de la scène grâce à un nouveau contrat pro chez Victory Records et la sortie de Dead New World en 2010, Cristian Machado, Dave Chavarri, Lazaro Pina, Ahrue Luster, Diego Verduzco et Daniel Couto s'étaient enfin fait une nouvelle santé sur les routes, et comptaient bien remettre ça sérieusement pour la promotion de leur nouvel album Epidemia sorti en octobre dernier. C'est accompagné de leurs potes d'Ektomorf qu'Ill Nino faisait donc la tournée des salles européennes en ce mois de mars 2013, en passant par la Belgique et le Biebob de Vosselaar, pour notre plus grand plaisir !

Alors qu'ils n'étaient pas annoncés sur le site web du Biebob, le groupe latino/suisse Fhobi ouvre la soirée dans un style groove-metal teinté d'influences latino-jazz-rock-metal. Pour avoir entendu l'enregistrement de leur album quelques mois plus tôt, je savais à quoi m'attendre en ce qui les concernait, et je ne fus pas déçu. Une musique technique et groovy, menée par un frontman au passé plus que douloureux (allez lire la biographie du groupe sur son site web, c'est assez... rock'n'roll), et un bassiste dont la technique est aussi évidente que ses origines sud-américaines sont marqués sur son visage. Un bon petit moment donc que ce show de Fhobi, qui plaira à une grande partie du public ce soir-là.

En ce qui concerne Ektomorf, je dois bien avouer ne jamais avoir aimé leurs albums, que j'ai toujours considérés comme du sous-Soulfly (et je sais ne pas être le seul dans ce cas). Ce concert des Hongrois fût dont une excellente surprise pour moi ! Ektomorf mettra le feu au Biebob avec une douzaine de titres certes fort influencés par le groupe de Max Cavalera, mais très bien exécutés, avec beaucoup d'envie de la part du chanteur-guitariste Zoltan Farkas et ses potes. Le nouvel album du groupe, intitulé Black Flag, fut bien représenté ce soir-là, avec cinq titres au sein de la setlist, ainsi que d'autres déjà plus connus des fans, comme « Gypsy » ou « Fuck You All », qu'énormément de gens reprendront en coeur avec Ektomorf. Si j'appréhendais beaucoup cette prestation, je dois bien avouer avoir beaucoup aimé la façon dont le frontman vivait sa musique sur scène, et cela m'a même donné envie de réécouter leurs albums et d'approfondir un peu ma façon d'entendre leur musique. Une chose est sûr, j'ai clairement préféré ce concert d'Ektomorg aux derniers de Soulfly que j'ai pu voir chez nous !

Mais si je m'étais déplacé ce soir là jusqu'au Biebob, comme les quelques centaines de personnes dans ce cas (le Biebob n'était pas rempli, dommage pour le groupe), c'était évidemment pour revoir un des groupes qui a marqué ma vie musicale dans ma jeune vingtaine : ILL NINO !! Après les avoir vus deux fois en live lors de la sortie de leur premier album en 2001, je n'avais plus jamais eu l'occasion de les revoir, et c'était avec beaucoup de plaisir que j'attends ce concert, surtout après avoir apprécié leur retour en force ces dernières années et leurs deux derniers albums. Les lumières s'éteignent à l'heure prévue, et c'est comme à leur habitude (c'est comme ça depuis leurs débuts) avec « If You Still Hate Me » que le groupe ouvre le bal ! Un morceau parfaitement calibré pour ouvrir les hostilités, plein de rage et aussi de nostalgie pour les fans de la première heure comme moi. Les gars d'Ill Nino sont en forme, c'est déjà une certitude, et leur son ce jour-là est plus qu'excellent. Après à peine trois minutes de musique, ma nuque est déjà ruinée, et j'ai encore mal au moment où j'écris ce live report, deux jours plus tard (rires). Toutes les conditions sont donc réunies pour nous offrir un concert d'anthologie, et le « God Save Us » qui s'en suivra ne sera pas là pour nier les faits. Ce premier album qu'était Revolution... Revolucion se révèle toujours aussi excellent douze ans plus tard, et Ill Nino n'a rien perdu de sa superbe en live ! Le public est déchaîné, tout comme le groupe qui se donne également à fond, comme toujours. Cristian Machado assure bien au chant, autant sur les growls que sur les parties chantées, et ça fait du bien. Place ensuite au deuxième album avec « Te Amo I Hate You », le morceau qui à l'époque avait confirmé qu'Ill Nino était sur une pente ascendante. On prend toujours un pied énorme à se secouer sur les couplets et à chanter les refrains en choeur avec eux, et le final de ce titre sera toujours autant jouissif. C'est « This Is War » qui prendra la suite de son prédécesseur, un morceau tout aussi représentatif de la musique d'Ill Nino et de la forme qu'ils tenaient en 2005 lors de la sortie de One Nation Underground. Une pure tuerie de metal groovy, parsemée de rythmes latinos, et conclue sur un passage dantesque d'agressivité pure. Retour ensuite aux premiers amours des fans avec « I Am Loco », plus lent et heavy, mais toujours aussi efficace grâce à ses lyrics bien ancrés dans nos petites têtes depuis si longtemps ! Si Ahrue Luster reste comme toujours relativement discret en live, ses collègues Diego Verduzco et Lazaro Pina de l'autre côté de la scène s'en donne à coeur joie sur les riffs évidents d'efficacité qu'offre ce titre, n'hésitant pas à venir cotoyer le public et à serrer quelques pinces au passage. On aura ensuite droit à une chanson de plus tirée de O.N.U, « Corazon Of Mine », l'occasion de constater que les deux gratteux manient toujours aussi bien la guitare acoustique, jonglant entre celle-ci et l'électrique qui leur pend sur les épaules avec beaucoup d'adresse.

On attendait évidemment impatiemment le moment où Ill Nino jouerait des morceaux tirés de leur nouvelle plaque, et ce fut chose faite à ce moment de la setlist avec « Eva », un titre dédicacé aux demoiselles présentes dans la salle, que Cristian chantera à la perfection. Si il s'agit ici d'un morceau plus mélodique dans l'ensemble, il faudra reconnaître la qualité des arrangements et de la section rythmique en particulier, Dave Chavarri derrière ses fûts et Daniel Couto aux percussions se complètant parfaitement en live, tout comme sur les albums studio d'ailleurs. Il fallait bien sûr que le groupe joue son premier single « La Epidemia » lors de cette tournée, sans la présence de leur invité Frankie Palmeri (Emmure), mais avec tout autant de haine dans le chant du frontman et un gros moment de déchaînement pour les fans présents, puisqu'il s'agissait clairement du titre le plus agressif de la soirée. Ceux qui préfèrent les morceaux plus groove et mélodiques d'Ill Nino seront ensuite servis avec « When It Cuts » et son refrain presque mainstream mais toujours emballant, et « What Comes Around » toujours tiré du premier album, que la salle entière entonnera avec plaisir et détermination. On profitera donc d'un petit passage plus latino, toujours joué à l'acoustique histoire de rester vrais même en live, avant de terminer sur un refrain toujours bien venu. « Lifeless... Life... » faisait partie des titres que j'attendais personnellement avec beaucoup d'impatience, et je ne fus absolument pas déçu de m'être déplacé, si ce n'est que la groupe semblait tellement puissant à ce moment du concert qu'il fit exploser le circuit électrique du Biebob (rires) et qu'il nous fallu attendre quelques minutes avant qu'Ill Nino puisse reprendre sa marche métallique vers un succès évident ce soir-là.

Même si Enigma est probablement l'album qui aura le moins marqué les fans du groupe, la faute à un gros passage à vide, le groupe choisit d'interpréter son single « The Alibi of Tyrants », qui se révèle d'ailleurs tout à fait apte à faire très mal en live et au milieu des autres morceaux. On s'étonnera plutôt ce samedi de n'entendre aucun titre tiré de Dead New World, l'avant-dernier album d'Ill Nino, que ceux-ci ont apparemment choisi d'ignorer sur cette tournée. Après une petite pause dans le noir et un pseudo-rappel des fans, le groupe est de retour sur scène pour terminer la soirée en beauté. Chavarri et Couto nous offriront un petit solo batterie/percussions du plus bel effet, avant d'accueillir leurs potes sur scène et d'entamer « How Can I Live », toujours aussi groove et mélodique, peut-être un poil mielleux au niveau des paroles, mais assez efficace pour préparer le terrain et laisser « Liar » clôturer la setlist (c'est également le cas pour tous les concerts du groupe depuis leurs débuts) de façon hyper pêchue. Tout le public présent se déchaîne pour ces dernières minutes d'un concert qui fut absolument magique et magistral.

Ill Nino aura montré ce soir-là à tous les fans présents qu'ils ne les ont pas oublié, pas le moins du monde, et que le groupe n'oubliera jamais de rendre à son public ce qu'il lui a donné depuis douze ans. Ma seule déception (un bien grand mot) aura été de ne pas entendre ça n'a jamais été le cas en live) mon titre préféré, « Rip Out Your Eyes », mais je ne désespère pas. Ce show d'Ill Nino aura donc été un grand moment pour tous, que ce soit sur scène ou dans le pit, et on espèrera pouvoir remettre ça rapidement, puisque le groupe semble bien vouloir repasser par chez nous dès que possible !



Chroniqué par : SPONGE
 
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