Korn / Beyond The Black

Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

C’est toujours un petit évènement de voir un groupe comme Korn débarquer en Belgique. Le groupe a posé ses valises pour un soir à l’Ancienne Belgique en vue de sa tournée européenne 2016 post The Paradigm Shift. Le concert fut sold out peu de temps après son annonce, ce qui montre l’engouement que suscite encore Korn pas loin de 15 ans après son âge d’or. Aux alentours de la salle, quelques personnes tentent désespérément de se procurer des places sous une pluie battante. Pour ma part, c’est la première fois que je voyais les Américains et je savais d’avance que le groupe était très bon en live, ce qui n’a fait qu’accroître mon impatience. J’arrive un peu avant 20 heures dans le but de voir la première partie de la soirée : Beyond The Black, groupe allemand de metal symphonique.

Et c’est à 20 heures pile que les Allemands montent sur scène, un peu timides aux premiers abords mais visiblement très contents d’être là. Cette timidité, on la ressent auprès de la chanteuse Jennifer Haben qui va néanmoins la surmonter tout au long du concert. Les autres musiciens se montrent aussi assez réservés mais le guitariste Christopher Hummels va débloquer la situation à coups de renforts vocaux (il effectue les backing vocals et les quelques growls) mais aussi en motivant le public, en l’incitant à se faire entendre. Au final, ça aura fait son petit effet. Musicalement, c’est dans la lignée de groupes comme Nightwish ou Within Temptation. Jennifer Haben donne tout ce qu’elle possède mais elle manque de coffre et est techniquement encore loin de ses compères à la renommée internationale. Le côté sirupeux et naïf n’est pas vraiment fait pour me plaire, je dois l’avouer. Ce qui me déplait également, c’est ce style synthétique et « eurovision » où ils ne feraient clairement pas tâche (« Germany 10 points… »). Quoi qu’il en soit, il y a déjà pas mal de monde et les gens semblent enthousiastes. C’est après quelques morceaux que mes impressions changeront. Le groupe est de plus en plus à l’aise sur scène et ça devient tout de suite plus entraînant. A peine ai-je le temps de rentrer dans le concert que je dois déjà en ressortir car le groupe termine son show au bout de 30 petites minutes. Bien que Beyond The Black ne soit pas une mauvaise première partie, ce n’était pas le groupe le plus légitime pour supporter Korn.

Les roadies vont se charger de préparer les instruments et de régler la balance pendant plus de 30 minutes. J’ai d’ailleurs rarement vu autant de préparation avant un concert à l’Ancienne Belgique. Un technicien enlève le voile de la batterie de Ray Luzier et nous dévoile une vraie machine de guerre. Les tests sonores effectués sur la batterie nous donneront un avant-goût de la toute la puissance qu’elle dégage. L’attente commence à se faire longue quand soudain, Fieldy apparait pour prendre le pouls dans la salle à l’aide de son smartphone et disparait ensuite. C’est avec 15 minutes de retard que le groupe entre en scène sur « Right Now ». Le sound check ne nous a pas trompés, le son est simplement monstrueux. Le début du concert me prend par surprise car c’est à ce moment-là que l’intensité fut à son paroxysme. L’enchainement « Right Now » - « Here To Stay » - « Somebody Someone » est tout simplement dantesque et même si le groupe va faire du début à la fin un super concert, c’est vraiment ce début qui met une grosse claque. « Narcissistic Cannbibal » fera diminuer la tension mais va définitivement mettre en place Korn qui est pour le coup comme à la maison. Les grands classiques sont passés au peigne fin : « Falling Away From Me » est tout aussi malsain et puissant que « Somebody Someone » (les titres provenant de Issues ont vraiment quelque chose en plus), « Shoots And Ladders » fera apparaitre Jonathan Davis et sa cornemuse (la fin du morceau est enlevée pour faire place au pont de « One » de Metallica, vraiment sympathique), un « Twist » complètement barré ou encore le très lourd « Y’All Want A Single » où Jonathan incite le public à scander « Fuck That ! ». C’est une reprise, « Another Brick in The Wall » de Pink Floyd qui terminera le set. Autant je ne suis pas grand fan de la version studio, autant la version live est plus que bienvenue, entrainante et motivante (vous imaginez bien que le public a repris en chœur les paroles). Même si Munky a toujours du mal à mettre du feeling dans le solo, ça reste un excellent moment. Le groupe part alors rapidement et les lumières s’éteignent. Korn aime se faire attendre, le public va les réclamer à corps et âme. Après plusieurs minutes d’attente, les 5 musiciens (voire 6 car un musicien live s’occupe sobrement des synthés et divers samples derrière les amplis) remontent sur scène pour un ultime rappel de 4 morceaux. En guise de relance, « 4 U » paraissait dispensable devant ce qui nous attendait. On se quitte très bons amis avec « Blind » qui nous a littéralement transportés 20 ans en arrière (ah cette intro magique), « Got The Life » et « Freak On A Leash ». Voilà, Korn c’est déjà fini ! Les musiciens vont une dernière fois remercier chaleureusement leur public et les inonder généreusement de médiators entre autres.

Si durant le concert, Fieldy semblait absent par moments, Jonathan, était en voix et motivé. Il garde ce côté un peu dérangé si propre à lui-même. Head et Munky restent sobres mais charismatiques. Etant à droite, j’ai surtout pu observer Munky qui était concentré sur son jeu tout en essayant de bouger quand il le pouvait. Ray Luzier, quant à lui, est un beau cogneur. Comme dit plus haut, sa batterie est visuellement impressionnante. Son jeu est vraiment percutant et dynamique. Le fait que les musiciens essaient de reproduire au mieux les divers effets (principalement sur les guitares) utilisés sur les morceaux est vraiment agréable. Faire sonner « Somebody Someone » en live comme sur l’album est pratiquement impossible mais c’est travaillé et soigné pour ne pas faire vide. Pareil sur l’intro de « Blind » qui a été respectée au mieux et donne les mêmes sensations que sur album.

Korn peut aussi compter sur un public fidèle qui le lui a bien rendu. Ce ne sont pas vraiment les pogos qui ont marqué ce concert même s’il y en eu quelques-uns en général de courte durée mais plutôt l’indéfectible allégeance du public à rendre au groupe l’intensité que les Californiens dégagent eux-mêmes. Plusieurs fois, le public chantera plus fort que Jonathan et ne ratera aucune occasion de l’accompagner. Des chansons comme « Alone I Break », « Falling Away From Me », « Blind » ou encore « Got The Life », le public les connait par cœur et ça a dû faire chaud aux cœurs des membres du groupe.

Le set aura duré environ 1h30 dans une ambiance dynamique et captivante. De quoi motiver le groupe qui n’en était qu’à sa deuxième date européenne et recharger les batteries de fans comme moi, qui en avaient besoin.

Setlist :

1. Right Now
2. Here To Stay
3. Somebody Someone
4. Narcissistic Cannibal
5. Falling Away From Me
6. Coming Undone
7. Shoots And Ladders
8. Alone I Break
9. Hater
10. Twist
11. Did My Time
12. Y'All Want a Single
13. Another Brick in The Wall

Rappel :

14. 4 U
15. Blind
16. Got The Life
17. Freak On A leash


Chroniqué par : PROPHET
 
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