Slayer / Anthrax / Kvelertak

Ancienne Belgique (Bruxelles, BE)

C’est sous un temps maussade que Bruxelles accueillait deux légendes du Metal, à savoir Anthrax et Slayer. Pour l’évènement, l’Ancienne Belgique affichait complet, ce qui n’a rien d’étonnant. C’était également l’occasion pour moi d’enfin voir Slayer dans une salle, ceux-ci privilégiant à mon grand désarroi les festivals. Je ne mentionnerai pas la prestation de la première partie, Kvelertak, tout simplement parce que je n’ai pas su arriver à temps. L’Ancienne Belgique fait toujours en sorte que ses concerts ne finissent pas trop tard et les Norvégiens en ont payé le prix en jouant à 18h30.

J’arrive donc vers 19h15, juste le temps de me positionner pour Anthrax. Les musiciens arrivent pour donner le premier coup de marteau d’une soirée qui s’annonce sous les meilleurs hospices. C’est un « Caught in A Mosh » un peu timide et toujours joué de façon plus lente que sur album qui démarre le set. Le morceau servira aux ingés son de balance avant qu’Anthrax ne puisse réellement délivrer sa puissance sur « Got The Time » et « Madhouse » où le groupe, même s’il a vieilli, affiche toujours une belle énergie. Une énergie communicative lorsque le public reprendra en chœur « Antisocial » (reprise du groupe Trust pour les incultes), tel un hommage au peuple français suite aux attentats. Anthrax profite de cette tournée pré nouvel album pour jouer un titre de For All Kings. Il s’agit de « Evil Twin ». Force est de constater que Scott Ian a dû s’y reprendre à deux fois en scandant « Do you like Thrash Metal ? » afin de réellement motiver le public pour ce nouveau morceau. « Evil Twin », bien que sonnant Thrash Metal, ne parvient pas à convaincre le public qui reste statique. Heureusement, l’enchaînement suivant « Fight’Em ‘Till You Can’t » - « Indians » va redonner du baume au cœur à un public de nouveau réactif. Anthrax terminera son set avec « In The End », chanté par Joey Belladonna tel un hommage au Metal et à ses musiciens décédés (on notera les calicots de Ronnie James Dio et Dimebag Darrell) et « Among The Living » un peu massacré par leur batteur intérimaire Jon Dette qui a visiblement perdu sa concentration sur ce dernier morceau. Anthrax, c’est toujours la bonne humeur sur scène. Franck Bello, le sourire aux lèvres, part dans tous les sens avec sa basse, Scott Ian n’hésite pas à communiquer avec le public. Il est juste regrettable que le petit nouveau Jonathan Donais, soit mis en retrait par rapport aux autres, que ce soit scéniquement ou au niveau sonore, d’autant plus que c’est lui que se farcit tous les solos.

Une petite demi-heure d’attente, j’ai le temps de me placer tout devant pour LE groupe de la soirée. Une énorme toile blanche cache la scène en attendant 21h. Et puis ça y est, l’intro « Delusions of Savior » se fait entendre. L’énorme toile fait apparaître des logos de Slayer. La pression monte du côté du public et soudain le rideau tombe : Slayer est bien là et débute tout en puissance sur « Repentless ». Il n’aura même pas fallu attendre quelques secondes pour que la fosse se déchaîne sous les riffs des 4 Américains. Je me fais très vite éjecter sur le côté droit la salle. Pas grave, je suis là pour admirer le show des musiciens et non pour pogoter. En première partie du concert, Slayer va faire la part belle à des morceaux du nouvel album et des titres plus confidentiels. « Postmortem », « Hate Worldwide », « God Send Death » ou encore « Vices ». Ce ne sont pas les titres les plus marquants de Slayer mais ils auront eu le mérite d’installer une ambiance survoltée. Dans cette première partie du concert, on retrouve aussi l’indécrottable « Disciple » où les gens scanderont à l’unisson « God hates us all » (tellement d’actualité) ainsi que le mythique « War Ensemble », une des pièces maîtresses de la carrière du groupe. Le groupe est très à l’aise. Tom Araya hurle de plus belle, nous faisant oublier qu’il a (déjà !) 54 ans. Tom en profitera plusieurs fois pendant le show pour prendre la température, n’hésitant pas à regarder son public avec un grand sourire de satisfaction. Il nous remerciera d’ailleurs à maintes reprises d’être là, à continuer d’entretenir le culte Slayer. Comme j’étais du côté de Kerry King, c’est principalement lui que j’ai pu voir. Kerry semblait très impliqué sur son jeu, un petit côté sobre tout en gardant ce charisme imposant. Par contre, je ne sais pas si c’est dû au fait que j’étais tout à droite de la salle mais je n’ai pratiquement pas entendu Gary Holt, ce qui me semble très étonnant.

Je ne sais pas si c’était volontaire de la part du groupe ou non, mais le set comportait 20 titres et la deuxième partie a commencé pour moi au 10e titre. Hasard ou pas, Slayer va maintenant nous écraser de violence avec ses vieux titres. « Chemical Warfare », un peu confus va vite céder sa place à « Die By The Sword » du premier album Show No Mercy. Un titre vraiment bien exécuté venant d’un autre temps (32 ans déjà). On aura même droit à « Black Magic » du même album. Il est maintenant temps de passer aux hits du groupe. A partir de « Season In The Abyss », toujours aussi lourd, le groupe ne s’arrêtera plus. « Hell Awaits », « Dead Skin Mask » et « World Painted Blood » s’enchaînent et le public devient fou, les pogos n’arrêtent plus. La scène est ensuite plongée dans l’obscurité, le temps d’un bref répit (ou est-ce le rappel ?). Kerry King lance « South Of Heaven », morceau joué « calmement » avant que celui-ci ne se termine sous les coups de toms de Paul Bostaph. Le public a compris. Il forme un géant circle pit qui explose dès les premières notes de « Raining Blood » où Tom Araya monte dans les aigues bien plus haut que sur l’album. Slayer n’en a pas totalement fini avec nous et lance en coup de grâce l’inévitable « Angel Of Death », dernier morceau qui manquait à l’appel pour une setlist réussie.

Durant 1h30, le public n’aura pratiquement jamais arrêté de faire des pogos et des slams, donnant du boulot à la sécurité. J’ai beaucoup apprécié l’énorme toile arrière du dernier album Repentless représentant le visage du Christ en sang, les yeux en billes. Dans le noir, le sang apparaissait fluorescent, ce qui était esthétiquement superbe. Le groupe a également placé 4 croix sataniques en l’air qui bougeaient durant le show.

Pas d’étonnement à la fin de cette soirée, je n’avais aucune crainte concernant les prestations des 2 groupes. Anthrax et Slayer restent fidèles à eux-mêmes. Pour ma part, Slayer garde un côté imposant qui force le respect. Certains pourront les critiquer, dire que le groupe fait toujours la même chose mais en live ça reste d’une grande puissance (mention spéciale aussi à la salle de l’Ancienne Belgique qui reste une référence en matière de son). Il est maintenant temps pour moi de chiquer une vilaine bière, de faire un tour au stand de merchandising (et de constater que les prix pratiqués sont honteux : 35 euros le t-shirt, faut pas déconner) et de m’en aller, encore tout content d’avoir assister à ce concert.



Chroniqué par : PROPHET
 
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