Symphony X / Myrath / Melted Space

Biebob (Vosselaar, BE)

On a beau ne pas avoir été totalement conquis par Underworld, la dernière livraison de Symphony X publiée à l’été 2015, les excellents souvenirs live du combo nous insufflent suffisamment de volonté pour braver un temps infect et nous rendre au Biebob pour un soirée prog/power de haut vol. C’est un trio « Rock ‘n Balls » qui prend la route détrempée en ce samedi soir, puisque à Corvus et moi-même s’ajoute cet illustre ex-membre de l’équipe rédactionnelle qu’est Downey. De nature bougonne, l’énergumène est particulièrement en forme ce soir puisqu’il traîne déjà les pieds avant de commencer… Alors que nous pensons d’abord qu’il craint de se voir refuser l’entrée de la salle à cause d’une tenue fort peu « règlementaire » (un pull-over vert et une chemise d’un grand couturier), nous comprenons bien vite que c’est le Biebob en tant que tel qui refroidit ses ardeurs. Une fois arrivés sur place, nous sommes bien obligés de nous ranger à l’avis de l’acariâtre Downey : une fois de plus, la salle est bondée et une fois de plus, la visibilité sera exécrable ce soir au Biebob. Pourquoi accepter tant de monde dans ce club de taille modeste qui, utilisé pour des shows plus modestes, se muerait en un lieu tellement plus convivial ? Je vous livre déjà la conclusion de la soirée : nous ne retournerons plus au Biebob (sauf exception).

S’ils veulent convaincre vos serviteurs, la partie n’est donc pas gagnée d’avance pour les Américains de Symphony X, d’autant plus que deux handicaps viennent rapidement s’ajouter. Le son, d’abord, très fort et brut, avec une batterie bien trop triggée parasitant notamment les leads du sieur Romeo. La setlist, ensuite, puisque SymX a décidé de jouer sur cette tournée l’entièreté de ce fameux dernier opus qui ne nous a pas excités plus que cela…

Soyons clairs, nous n’avons pas passé la meilleure soirée de notre vie mais pour ma part, le groupe est pourtant presque parvenu à faire oublier les conditions difficiles du soir en livrant une prestation intense et passionnée. Si les meilleurs titres de Underworld passent, sans surprise, le test de la scène avec éclat (« Nevermore », « To Hell and Back » et « Charon »), force est de constater que des moments plus faibles sur disque prennent une autre dimension en live. Il en va ainsi de la ballade « Without You », chantée avec finesse par Russell Allen, de l’énergique « Kiss of Fire » et de « Swansong », titre qui ne semblait pas taillé pour la scène et qui surprend donc agréablement. On ne changera par contre pas d’avis en ce qui concerne « In My Darkest Hour » et « Run with the Devil », qui représentent assurément le ventre mou du concert. Une fois encore, la prestation des Américains repose en grande partie sur leur vocaliste, le reste de la bande demeurant assez discret à l’exception du bassiste au talent inversement proportionnel au look, Mike LePond, dont le plaisir d’être là est communicatif. On s’amuse de constater qu’Allen a récemment pris des airs de playboy, débarquant sur les planches avec un veston sans manches ouvert jusqu’au nombril et des lunettes solaires vissées sur le crâne. L’effet recherché sera brisé quelque temps plus tard, lorsque le bougre enfilera deux masques théâtraux peu appropriés dans un contexte comme celui-ci où le groupe évolue sans aucun décor de scène… Il n’empêche, la démarche prouve qu’Allen est à fond ce soir, à l’image de sa prestation vocale irréprochable (les morceaux du dernier album représentent un défi vocal que l’homme remporte aisément).

Si la représentation intégrale du dernier opus de la bande a révélé quelques surprises agréables, le public exulte néanmoins à l’entame de la courte séquence du show consacrée aux autres albums. Celle-ci est inaugurée par l’interlude instrumental « The Death of Balance / Lacrymosa », seul titre de V joué ce soir… et seule surprise du set, également. Le duo qui suit, tiré de The Divine Wings of Tragedy, est en effet plus convenu, mais d’une efficacité jamais remise en cause. « Out of the Ashes » est l’occasion de constater l’énorme fossé stylistique entre l’album culte de 1997 et les aspirations récentes du combo : c’est même presque un choc ! Allen rappelle d’ailleurs le succès remporté au Japon par ce disque et cette chanson en particulier, à une époque où le gang était encore largement inconnu dans sa propre patrie. « Sea of Lies » et son mythique solo en tapping (que Romeo joue à l’aveugle après que son chanteur lui ait mis une serviette sur le visage – Allen lui-même n’en revient visiblement pas !) déclenchent une réaction énorme dans le public, qui reprend le refrain à pleins poumons. Le groupe disparaît alors quelques minutes, avant de revenir délivrer un « Set the World on Fire (The Lie of Lies) » téléphoné mais toujours aussi jouissif. La prestation se termine sur une nouvelle note positive, lorsque Russell Allen se lance dans un discours sincère sur la « communauté metal » (le bougre parvient à être convaincant malgré des paroles entendues mille fois, c’est dire son charisme), qu’il ponctue en faisant monter un enfant sur scène. Joli moment ! Et l’homme d’enchaîner subtilement avec « Legend », dernier titre de Underworld qui ponctue ce set d’une touche bienvenue d’old school.

Il est évident que notre regret principal, ce soir, tient à la setlist proposée. Trois titres (quatre si l’on compte l’interlude) plus anciens, dont une seule demi-surprise, voilà qui est peu. C’est forcément le prix à payer compte tenu du « concept » proposé par le groupe, mais nous aurions dans ce cas apprécié un temps de jeu quelque peu rallongé. Dix minutes auraient suffi pour permettre à SymX de balancer deux compositions supplémentaires, dont peut-être une rareté à l’attention des fans plus anciens. En conclusion, le groupe a « fait le boulot » de bien belle manière, même s’il est indéniable que nous avons déjà assisté à des prestations plus fringantes de sa part…

Setlist :

1. Nevermore
2. Underworld
3. Kiss of Fire
4. Without You
5. Charon
6. To Hell and Back
7. In My Darkest Hour
8. Run with the Devil
9. Swan Song
10. The Death of Balance / Lacrymosa
11. Out of the Ashes
12. Sea of Lies

Rappels :
13. Set the World on Fire (The Lie of Lies)
14. Legend


Chroniqué par : MASTEMA
 
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